Appctt
J'ai cité piaffer comme un des mots rares qui fontlasynérèse. En voici un exemple de J.-B. Rousseau :
Se rengorger, piaffer, caracoler.
Je vois cependant que La Fontaine a fait la diérèse :
Or bien je sais celui de qui procède Celle piaffe : apportez-y remède.
Iai. — l"" Ce groupe de voyelles ne fait qu'une syllabe dans bréviaire. Voici des exemples :
Sonl les missels, bréviaires el psaulier. MAaor. J*ai mon bréviaire au poing, je chanle quelquefois ..Ronsard. Car il esl des héros d'une douce manière, Il en est de justice, il en est de bréviaire, saraasin. Vous direz peu votre bréviaire, chapbllb. Le moine disoil son bréviaire, la font. Si vous leniez toujours votre bréviaire, id. De lui présenter son bréviaire. Maître adam. Un curé, que '^ saint bréviaire, etc. désaugibrs.
Je ne connais que Le Franc de Pompignan {Voyage de Imguedoc) qui ait fait la diérèse :
Ce fut, je crois, son bréviaire Qui causa sa désertion.^
Cette prononciation semble plus douce. ^2® Nous avons dit que le mot biais était généralement disyllabe , et quelquefois monosyllabe. Au xvi* siècle on nek trouve que disyllabe :
Par leur descente en biai$ vagabonde, honsaiid. Et tranche de biais tout le ciel an'ondi. baïp. L'Alpe, de la main gauche, en biais s'espandant. Régnier.
Et pour les voir plus à son aise,
Il tourne, il côloie, il biaise, riciibr. Et vous deviez chercher quelque biais plus doux. mol. Il faut voir maintenant quel biais '}e prendrai... Pour tâcher de trouver un biais salulaire... El du biais qu'il faut vous prenez cette affaire, id. Je ne sais quel biais ils ont imaginé, racine.
Ailleurs , cependant , Molière n'a donné qu'une syllabe au
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lime root, et cette quantité est plus conforme à la prononiMion actuelle :
Voyons, voyons un peu par quel 6taij, de quel air
Vous voulez soutenir un mensonge si dair. {Miêonlhr.^ V» 3.)
Par Apollon savant joueur de poche*,
Je fais serment qu'avez jugé de biait, m** dbshouuéus.
9* Le mot niais est toujours disyllabe :
Débousez* les pauvres niaiê. viluni.
Et n*y ait si sot, ne si lourd ,
Si niais ne si mal bâti, coquillart.
En voyant sa grâce niaise,
On n*étoit pas moins gai ni aise, maiot.
Et je chante mi, fa, sol, la,
Et je fais ici du niais, saint-gblais.
Des fiiaf>^ sans prier, je me mets à la place. aAofiiKa.
Ainsi, plus niais qu'un oison,
Je me vois dans une maison, baoan.
Quelques oiseaux niais admirent le hibou*.
D*où vient cet animal si beau.
De quel pays, de quel troupeau?
Et fait ainsi de la niaise, aican.
Cest doDc à tort que La Fontaine n'a donné que trois sylibes an Terbe déniaiser.
là». — 1* Primitivement le mot viande était de troia sylihea. Telle est la règle donnée par l'art poétique provençal éjk dlé; l'étymologie est d'ailleurs un mot laUn de trois sylibet, ritenda (d'où le mot viande signifia d'abord vivres),
ne oreot tant viamie, tuit sont assasiés. cAimiita. Ca borgeois riche, de Hande garni. (oAaiN.) Qu'ooc de viande ne goustèrent. bbnoist. Les nefs, le forment, la viande. (aacT.) Et ce siècle moult précieux N'étoit pas si délicieux Ne de robes ne de viamles. (iioma?i D8 la aoi»a. .
t Ntti «kolofi, BUtnittent nommé pochetu.
^ Cmn H Ml kfi i*wfot qoc je ne compfrmN pet^
^ ^wm traduction (l«* Dioy^'iir l^rcc, faltr %rrt lOCIi.
De vins et de viande orent assez cel jour, (jubuial.) Où chair ont et poisson et leurs viandes prêtes, (ib.)
Lors demanda quelle viande
Il falloit à ce pèlerin, villon.
Cette quantité se maintint au xyi* siècle. Sibilei la prescrivait encore. Ex. :
Et cependant que viande on embroche, crétin. Entretant donc qu'avez viande et mets. j. marot. Et tout ainsi que les fades viandes, marot. Et de faire une rumeur grande, Non pour Tamour de la viande. sAiirr-GSLAis. Ou soit qu'il ravtl de ma bouche La viande sans m'outrager. du bbllat.
Ainsi j*ai peur que mon âme friande D'une si rare et si douce viofide. ronsard. Sans avaler breuvage ni viande, passerat. La viande ne plaist que selon Tappétit. régnisr. Que si Ton vil heureux pour avoir des viandes, rapin. Aux petits des oiseaux il donne la viande. néRÉE*. Car de ces sortes de viandes Les souris sont toujours friandes, sarrasin. Qui mêlent des viandes Les épaisses vapeurs aux douceurs de Tencens. racan.
Depuis Corneille , la contraction est de rigueur :
S'ils n'ont ton corps pour viande et ton sang pour breuvage, oorv. Que de brûler ma viande ou saler trop mon pot. mol. Autour de cet amas de viandes entassées, boil. Il se réjouissoil à l'odeur de la viande, la fo.nt.
De Lacroix , dans son Art de la poésie française (1694), constatait que viande^ après avoir fait trois syllabes, n'en faisait plus que deux.
2*" Le mot diantre commence également par une diphthongue :
Diantre soit fait, dit l'époux en colère, la fo^nt.
D/anfrc/ que do mystère! MOL.
Mais diantre! il ne faut pas déchirer les exploits, rac.
4. Poolc du temps de la Ligue. J'ai cité ce vers à cause de l'imitation que lUcine eu a faite.
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" est permis de soupçonner que ce mot élail priinitiveineitt
lyllabe. L'art poétique provençal lui assigne cette quantité,
Usimile dyantreu à di/ables.
f La Fontaine a eu tort (le fflire, en plusieure endroits,
wé de deux syllabes.
»D. — /au est de deux syllabes; mais il n'en raîsait qu'une
que 1') tenait lieu de Ve muet : ce qui se voit lrès-fré>
mment dans certains dialectes de l'anclûnne langue. Ainsi
disait : tnau, biaulè, nmiviav, iatte ou yave, chasHau, \siau, etc. , au lieu de beau, heavté, nouveau, eau, château, i»niu, etc. Dans ce cas, la prononciation étjiil très-rapide,
i ne ressortait pas plus que dans les finales de lêgiei; ro~
rr Cvarinnles de léger, rocher).
«s exemples abondent ; il suffira d'en riter quelques-uns :
fi'tm sjre, daiiiisiau. ce me vient raoull à gré. (alexanobb.) De son ciHé taii-il g<in hiaumr. nvmevp.
L'è\M)uede Biauvaig etdeSflinl-Pol li qiiptiâ'. (iI'BI.val.)
Je l« ferai venir un ouvrier de cwitiaax. (m.) K, iBB, lÈRK, IK7. — J'ai posé, BU commenremenl dc cel THge p. 4;, un principe qui résout bien des difficultés, à oir que \'i ne compte dans la mesure que lorsqu'il se trouve c une valeur propre dans la racine latine. Il ne compte
lorsque, dans la transcription moderne, il estime simple re d'ornement : riel, mifl, pietl, premirr , chiere, etc. On t mtime remarquer que cet i n'a pas toujours été écrit, ii-i des mots que j'ai recueillis dans nos plus anciens textes: voter, linrhelrr, iiinifter, piler (pilier), (îener (denier), aeer er], her (hier), matàre, manère, rirèrr, derrére, xègr ge), etc. L'(' s'introduisit plus tard dans tous ces mois, il est resté, et dans beaucoup d'autres, d'où il a disparu. i que légier, berr/irr, etc., et tous les înlînitifs de la preste conjugaison, aidier. fnnngier, etc. Nous le retrouvons 18 Difu. lieu (qu'on écrivait anciennement Deii, leu), et ce I composé nefonnc qu'une syllabe, limdis qu'il en a deux