‹ Traité de versification françaiseChapitre 98 sur 212 · I. Estropié [contraclut · texte numérisé non relu

I. Estropié [contraclut

S. Mot formé par corrupUoii de hier soir. On Ut>uve dans U Chanson de Kuland her soir. I^ fomie plus moderne har vienl de la prononclaUon hiar, pour hier y dont nous parlerons dans la noie 3.

la dureté de ce monosyllabe, u Hier, comme oa Ta d^i dh, est toujours aujourd'hui de deux syllabaa» La proïKMiciitk» serait trop gênée en le faisant d'une seule t comme s'il y avait her. v

On trouve déjà au xvr siècle quelques exemples de U diérèse hi-er :

ËQCore hier, sa puissance j'atteste, ronsakd. £t vos œillets mignons, auxquels aviez dooné Hier au soir de l'eau d'uae main si soigoeuse. lo.

Quoique De Lacroix donne encore ce mot omnme douteux, déjà 9 d'après les plus graves autorités, il était disyllabeàla fin du xvu* siècle, et aujourd'hui il ne doit plus dtr«em|iloyé que comme tel :

Sur ce qu'Oclave eufin hi$r me fit eutendre* àoTAOVi Et non comme témoin de ce qu* Aier vous vllei. mol^ Il eut encore hier la fièvre et la migraine. BOtL. Mais hier il m'aborde , et me serrant la main... Hiery dtt-o&, de voua on parla chei le roi. id. Hier avec la nuit arriva dans l'armée, ràc. Jel'observois hier, et je vuyoisses yeux, etc. iD.

Le composé avant-hier se trouve avec la double quantité; et toutes deux elles nous semblent admissibles , parce qu'ici la contraction n'est pas aussi dure que dans le simple :

Que l'évèque en fui mis en terre devant-hier. (lUBiifAt.) Le bruit court qnUwant-hier on vous assassina, boil. Madame eut avant *hier la fièvre jusqu'au soir. Mot. Si triste avant -hier matiu. SAiNT^tikLAls. Avant-hier advint que de fortune Je rencontrai ce Guignard sur la brune, volt.

Nous répéterons que , suivant l'analogie , hier devrait être monosyllabe ; niais la règle générale a dû céder à uûe raison d'harmonie.

7° Hiéroglyphe doit commencer par deux syllabes :

Des hy[)Ocondres inconstans Le vérilablo hiéroglyphe, desharets.

Mieux \autoncoi ijorler rUiérogUjphe D'imperli lient, que celui de vaurien. Roiss.

QUANTITÉ 6YLLABIQUE. 299

11 en est de même d*un autre composé :

Ayant réglé leur rang hiéarchiqvê. aovM.

La Fontaine a fait un vers très- dur quand il a réuni ces ;ux lettres en une diphthonguo :

Lui dit : Ce sout ici hiéroglyphes t^ut pure.

6* Le mot vièle ou vielie^ comme Hoie, vioion, conserve à une valeur distincte :

S'ont vtfUes et harpes prises*.

Trom|ies, harpes, naquaires et vielles sonnoient. (luauiAL.)

Ue harpe et de vielle apprit. (PLoamoNT.) El il a endroit àoi sa vielle altremp^'*. uuon ub villinbcvi.

Ma vielle ai mis sous le banc', villon. Que Pbébus à leur ton accorde sa vieUe, eégnisb.

Sibilet indique cette quantité, que Tanalogie exige.

ir Piuriel est disyllabe. A Tcxemple de Molière j'ijouterai

lui-ci de Marot :

Or prouverai par bons témoins

Que lousp/urtWff n'en sont pas moins.

10* La bivocale se contracte aujourd'hui dans WÊkite, Hr^

ttte :

Là agogne au long bec n'en put attraper miette, la fOMT. Deux uiarmilons crasseux, revétuâ de servieties. aoiL.

Cette contraction n*avait pas lieu d'abord :

Que le gras veulent cl le maigre,

El les croules et la miette :

Rien y parut à Damielle. (jibixal.) Ses viandes plus prisées C'éloient miettes brisées, du bbllat.

Être servie à rudes serviettes. J. marot.

!!• Miei a toujours été d'une seule syllabe (et régulièreeol, puisque le latin est mvl}. Le composé emmiêlUr doil la même quanlilr :

t. N r—motem^nê ée VÀnt^'chritt, |>o«iti« compote sans lifl taiiii.

!> h«i et lia M vMlo accortfSe.

1^ Irflf f «oHJ U bûmc, tsïn fairt banqueroute.

300 TfOTBS.

Cesl chose emmidUe et non pore, (jcbinal.) Ei du flatteur lee propos emmiellés, pruic.

Les exemples suivants sont donc foutib :

Que la mouche du Grec leurs lèvres emmtetts. A^Giau. Pour mieux brouter la feuille emmiellée, eoiisabd.

12* Le mot nièce n'est que de deux syllabes. C'est i tort que Clément Marot Ta fait de trois :

Venez saisir la dolente niepce.

La diérèse est condamnée par la règle générale que nous avons donnée. L't n'est pas une lettre du radical : on dit eo latin neptis. Voici des exemples anciens :

Icèle étoit nièce Lavine. (bbut.) Elle edl ma nièce, ce sachiez vous de fi '. (gésabo M viaks/

I^ masculin de nièce était mé ou niés, qu'on trouve souvent dans les vieux auteurs , et qui était monosyllabe :

Jà m*eu veut si li niez Karlo* porter. (cisABD in yiàta.) Biaux niéa vis-tu, par sainte charité*?

Id"" Piéton n'a que deux syllabes, puisque pied n*en i qu'une.

J. Marot emploie souvent ce mot :

Piétons courir aux armes, gendarmes à cheval.

Clément Marot dit également :

Bien deux cent mil piétons, hardis soudards.

11 y a donc lieu de s'étonner quand on lit dans le m^me auteur :

Dieu doint au chef suite de son bonheur, Aui chevaliers désir de los acquerre, Aux piéUms profit joint à Thonneur^.

\. Sûrement ( /i, foi, d*où, ma /i).

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