I. Estropié [contraclut
S. Mot formé par corrupUoii de hier soir. On Ut>uve dans U Chanson de Kuland her soir. I^ fomie plus moderne har vienl de la prononclaUon hiar, pour hier y dont nous parlerons dans la noie 3.
la dureté de ce monosyllabe, u Hier, comme oa Ta d^i dh, est toujours aujourd'hui de deux syllabaa» La proïKMiciitk» serait trop gênée en le faisant d'une seule t comme s'il y avait her. v
On trouve déjà au xvr siècle quelques exemples de U diérèse hi-er :
ËQCore hier, sa puissance j'atteste, ronsakd. £t vos œillets mignons, auxquels aviez dooné Hier au soir de l'eau d'uae main si soigoeuse. lo.
Quoique De Lacroix donne encore ce mot omnme douteux, déjà 9 d'après les plus graves autorités, il était disyllabeàla fin du xvu* siècle, et aujourd'hui il ne doit plus dtr«em|iloyé que comme tel :
Sur ce qu'Oclave eufin hi$r me fit eutendre* àoTAOVi Et non comme témoin de ce qu* Aier vous vllei. mol^ Il eut encore hier la fièvre et la migraine. BOtL. Mais hier il m'aborde , et me serrant la main... Hiery dtt-o&, de voua on parla chei le roi. id. Hier avec la nuit arriva dans l'armée, ràc. Jel'observois hier, et je vuyoisses yeux, etc. iD.
Le composé avant-hier se trouve avec la double quantité; et toutes deux elles nous semblent admissibles , parce qu'ici la contraction n'est pas aussi dure que dans le simple :
Que l'évèque en fui mis en terre devant-hier. (lUBiifAt.) Le bruit court qnUwant-hier on vous assassina, boil. Madame eut avant *hier la fièvre jusqu'au soir. Mot. Si triste avant -hier matiu. SAiNT^tikLAls. Avant-hier advint que de fortune Je rencontrai ce Guignard sur la brune, volt.
Nous répéterons que , suivant l'analogie , hier devrait être monosyllabe ; niais la règle générale a dû céder à uûe raison d'harmonie.
7° Hiéroglyphe doit commencer par deux syllabes :
Des hy[)Ocondres inconstans Le vérilablo hiéroglyphe, desharets.
Mieux \autoncoi ijorler rUiérogUjphe D'imperli lient, que celui de vaurien. Roiss.
QUANTITÉ 6YLLABIQUE. 299
11 en est de même d*un autre composé :
Ayant réglé leur rang hiéarchiqvê. aovM.
La Fontaine a fait un vers très- dur quand il a réuni ces ;ux lettres en une diphthonguo :
Lui dit : Ce sout ici hiéroglyphes t^ut pure.
6* Le mot vièle ou vielie^ comme Hoie, vioion, conserve à une valeur distincte :
S'ont vtfUes et harpes prises*.
Trom|ies, harpes, naquaires et vielles sonnoient. (luauiAL.)
Ue harpe et de vielle apprit. (PLoamoNT.) El il a endroit àoi sa vielle altremp^'*. uuon ub villinbcvi.
Ma vielle ai mis sous le banc', villon. Que Pbébus à leur ton accorde sa vieUe, eégnisb.
Sibilet indique cette quantité, que Tanalogie exige.
ir Piuriel est disyllabe. A Tcxemple de Molière j'ijouterai
lui-ci de Marot :
Or prouverai par bons témoins
Que lousp/urtWff n'en sont pas moins.
10* La bivocale se contracte aujourd'hui dans WÊkite, Hr^
ttte :
Là agogne au long bec n'en put attraper miette, la fOMT. Deux uiarmilons crasseux, revétuâ de servieties. aoiL.
Cette contraction n*avait pas lieu d'abord :
Que le gras veulent cl le maigre,
El les croules et la miette :
Rien y parut à Damielle. (jibixal.) Ses viandes plus prisées C'éloient miettes brisées, du bbllat.
Être servie à rudes serviettes. J. marot.
!!• Miei a toujours été d'une seule syllabe (et régulièreeol, puisque le latin est mvl}. Le composé emmiêlUr doil la même quanlilr :
t. N r—motem^nê ée VÀnt^'chritt, |>o«iti« compote sans lifl taiiii.
!> h«i et lia M vMlo accortfSe.
1^ Irflf f «oHJ U bûmc, tsïn fairt banqueroute.
300 TfOTBS.
Cesl chose emmidUe et non pore, (jcbinal.) Ei du flatteur lee propos emmiellés, pruic.
Les exemples suivants sont donc foutib :
Que la mouche du Grec leurs lèvres emmtetts. A^Giau. Pour mieux brouter la feuille emmiellée, eoiisabd.
12* Le mot nièce n'est que de deux syllabes. C'est i tort que Clément Marot Ta fait de trois :
Venez saisir la dolente niepce.
La diérèse est condamnée par la règle générale que nous avons donnée. L't n'est pas une lettre du radical : on dit eo latin neptis. Voici des exemples anciens :
Icèle étoit nièce Lavine. (bbut.) Elle edl ma nièce, ce sachiez vous de fi '. (gésabo M viaks/
I^ masculin de nièce était mé ou niés, qu'on trouve souvent dans les vieux auteurs , et qui était monosyllabe :
Jà m*eu veut si li niez Karlo* porter. (cisABD in yiàta.) Biaux niéa vis-tu, par sainte charité*?
Id"" Piéton n'a que deux syllabes, puisque pied n*en i qu'une.
J. Marot emploie souvent ce mot :
Piétons courir aux armes, gendarmes à cheval.
Clément Marot dit également :
Bien deux cent mil piétons, hardis soudards.
11 y a donc lieu de s'étonner quand on lit dans le m^me auteur :
Dieu doint au chef suite de son bonheur, Aui chevaliers désir de los acquerre, Aux piéUms profit joint à Thonneur^.
\. Sûrement ( /i, foi, d*où, ma /i).