ORDRE CALCISPONGIA. ÉPONGES CALCAIRES
Eponges et colonies d'épongés le plus souvent incolores, parfois colorées en rouge, dont le squelette est formé de spicules calcaires. Ceux-ci sont tantôt simples (les premiers qui se développent dans la larve), tantôt représentent des étoiles à 3 ou 4 rayons. Très souvent ces deux, et même ces trois formes de spicules apparaissent dans la même Eponge. La variabilité est excessive dans cet ordre; on trouve, en effet, dans la même espèce, des Eponges simples et des colonies d'Épongés. La structure des oscules est aussi très variable. Ce qui varie le moins, c'est la structure du système des canaux et les formes de spicules. La première sert à caractériser les trois familles qui composent l'ordre tout entier; pour la distinction des genres, les caractères tirés de la forme des spicules sont les plus importants ; Hseckel les a même employés exclusivement à tout autre, et a établi, d'après 7 combinaisons qu'elles présentent, 7 genres différents, par conséquent 21 genres (soi-disant naturels) en tout pour les trois familles, dont les noms ont des terminaisons correspondant au degré de com-
1 Voyez Marschall loc. cit., et en outre Max Schulze, Die Hyalonemen. Bonn, 1800, et C. Claus, Ueber Euplectella aspergillum. Marburg, 1809.
EPONGES CALCAIRES.
plexité des spicules : telles sont les terminaisons yssa (simple), etta (5-radié), illa (4-radié), ortis (simple et 5-radié), ulmis (simple et 4-radié), altis (3-radiê et 4-radié), andra (simple, ô-radié et 4-radié). Les formes intermédiaires sont décrites par lui comme des variétés connexes (fig. 272).
Jadis Hœckel avait établi un grand nombre de genres, suivant que les Eponges sont simples ou polyzoïques, suivant la structure des oscilles, suivant leur présence ou leur absence ; il prétendait que la même Eponge peut appartenir à tous ces différents genres, et que la même colonie présente les formes adultes présentant les caractères de 8 genres différents (Sycometra compressa). Hseckel oppose ces prétendus genres aux genres naturels fondés sur la forme des spicules ! !
1. Fam. Asconidae (Leucosolenidse, Ascom), Éponges calcaires à
parois percées de canaux simples. Grantia Lbkn. (Leucosolenia Bbk.).
D'après la forme des spicules, Haeckel la divise en 7 genres :
Ascijssa, Ascetta, Ascilla, Ascortis, Asculmis, Ascaltis, Ascandra. Gr.
(Ascyssa) troglodytes E. Ilaîck., vit sur les colonies de l'Astroïdes
calycularis (grottes bleues de l'île de Capri), a été observée sous la
forme d'individu simple (Olynllius) et de colonie. Gr. pulchra 0. S.
tudinale d'un Sycon (Ascetta primordialis E. Haeck.), tantôt blanc, tantôt rouge et jaune,
raphanus faiblement répandu depuis l'Adriatique jusqu'en Australie, a été considéré
7adiaT.Tsle;qui commela souche du gr<>«Pe l0llt entier (!!). Gr. claihrus 0. S.,
souvient clans là ca- Adriatique, colonie d'individus ayant la forme de Tarrus et d'Aulo-
viié centrale. plegma (sans oscule). Gr. otryoides Lbkn. [Ascandra complicata
E. Haeck.), Helgoland, observé sous la forme d'Olynlhus, de Soleniscus et de Tarrus
étroitement allié au Gr. LieberkuhniiO. S., de la Méditerranée et de l'Adriatique.
Fig. 272. —Coupe longi-
2. Fam. Leuconidae (Grantiidse, Leucons). Éponges calcaires cà paroi épaisse, percée de canaux ramifiés. Lcuconia Gr., répartis par Hseckel, suivant la disposition des spicules, en 7 genres : Leucyssa, Leucetta, Lcucilla, Leucortis, Leuculmis, Leucaltis et Leucantra. L. (Leucetta) primigenia E. Haeck. Toujours polymorphe. De la Méditerranée jusqu'à l'Australie. L. (Leucaltis) pumila Bbk., répandu dans les deux hémisphères, jusqu'ici observé uniquement sous la forme solitaire avec un oscule nu prolongé en trompe, manquant parfois. L. (Grantia) solida 0. S. Forme solitaire avec un oscule le plus souvent nu ou fermé, et colonie de 2, rarement de i individus. Adriatique. L. (Leucandra) Gossei Bbk. Surface lisse, forme très variable, tantôt solitaire, à oscule nu ou proboscidiforme, tantôt en colonie d'un petit nombre d'individus avec plusieurs ou un seul oscule nu ou proboscidiforme, parfois aussi dépourvue d'oscule. L. (Leuculmis echinus E. Haeck. Spicules en forme de bâtonnets très gros, qui font saillie, armés de piquants; individus de forme sphérique à oscule nu (4-6 millimètres de diamètre). Observée près de Bergen.
• 3. Fam. Syconidae (Sycons). Éponges le plus souvent monozoïques à paroi gastrique épaisse, percée de canaux radiaires droits, qui forment à la périphérie des éminences coniques. Sycon iiiss., divisé par M. Hseckel, d'après la disposition des spicules, en 7 genres : Sycyssa, Sycetta, Sycilla, Sycorlis. Syculmis, Sycaltis, Sycandra. S. (Sycetta) primiiiva E. Haeck. individus à cônes radiaires entièrement libres et à oscule nu. Australie. S. (Sycetta) stauridia E. Haeck. Cône radiaire entièrement soudé, sans canaux intermédiaires, polyzoïque, oscules nus. Mer Rouge. S. (Sycortis) quadrangulata 0. S. Individus à oscule nu, proboscidiforme, entouré d'une couronne ou en étant dépourvu. Adriatique, océan Atlantique. S. (Sycandra) capillosa 0. S. (Ute capiUosa). Eponges
CNIDAIRES. 207
monozoïques de {aille considérable, à tubes radiaires prismatiques, et à canaux intermédiaires, étroits en forme de prismes, à trois faces. Adriatique. S. (Sycandra) ciliata o. l'alu'. (Spongia ciliata). Individus et colonies de configuration variable à tubes radiaires cylindriques, et à cônes soudés seulement à leur base; Belgoland, océan Atlantique. S. (Sycandra) raphanus 0. S. Éponges monozoïques et polyzoïques, à oseilles nus, entourés d'une couronne ou proboscidiformes. Tubes radiaires la plupari à six faces, soudés dans toute leur longueur jusqu'à la base du cône, canaux intermédiaires étroits à trois faces. Adriatique.