TISSU NERVEUX
Le système nerveux contient deux sortes d'éléments, des cellules nerveuses ou cellules ganglionnaires et des fibres nerveuses, qui possèdent chacun une structure microscopique, une disposition moléculaire el une composition chimique déterminées.
Les cellules ganglionnaires sont considérées comme les loyers de l'excitation nerveuse, et se trouvent surtout dans les parties centrales, le cerveau, la moelle épinière et les ganglions. Leur contenu est finement granuleux, avec un gros noyau et un nucléole; elles émettent de nombreux prolongements, dont l'un d'eux est la racine d'une, fibre nerveuse (cellules unipolaires, bipolaires, multipolaires) (ûg. 58). Souvent les cellules ganglionnaires sont enveloppées dans une gaine de tissu conjonctif, qui s'étend sur leurs
Fig. 58. — a, cellule ganglionnaire bipolaire ; h, cellule nerveuse de la corne antérieure de la moelle épinière de l'Homme, d'après Gerlach ; /', amas de pigment.
Fig. ;J9. — Cellules ganglionnaires du grand sympathique, à, corps delà cellule; b, enveloppe; c, libre nerveuse droite; d, fibre hélicoïdale; c, prolongement de la première; /, prolongement de la seconde (d'après Beale).
prolongements, et par conséquent aussi sur les fibres nerveuses ; mais plus généralement la même enveloppe en réunit plusieurs (fig. 59).
Les fibres nerveuses sont chargées de transmettre l'excitation, engendrée dans les cellules nerveuses, des organes centraux aux organes périphériques (nerfs moteurs et glandulaires); ou inversement, aux organes centraux les impressions produites à la périphérie du corps (fibres sensibles). Elles sont les prolongements des cellules ganglionnaires, et, comme celles-ci, fréquemment entourées d'une gaine nucléée (gaine de Shcwann), et, réunies en grand nombre, constituent les nerfs. D'après la structure de la substance nerveuse, on distingue deux formes de fibres nerveuses : celles qui ont une moelle, ou fibres à double contour, et celles qui en sont dépourvues ou cylindres-axes nus (fig. 60).
IAITK DE ZOOUMilK.
Les premières offrent celte particularité, qu'après la mort apparaît, par suite d'un phénomène de coagulation, une substance grasse réfractant fortement la lumière, la myéline, qui enveloppe comme une gaine la fibre centrale ou cylindre-axe. Cette gaine médullaire se perd dans le voisinage de la cellule ganglionnaire, dans laquelle pénètre seule la substance du cylindre-axe. Ils possèdent tous une gaine de Schwann (nerfs cérébro-spinaux de la plupart des Vertébrés). Dans les nerfs dépourvus de moelle, la myéline n'existe pas; il ne reste plus qu'un cylindre-axe, soit nu, soit entouré d'une gaine de tissu conjonctif, et qui a les mêmes rapports avec la cellule ganglionnaire (sympathique, nerfs des Cyclostomes, des Invertébrés). 11 n'est pas rare de trouver, principalement dans les nerfs des organes des sens, les cylindres-axes, qui peuvent dans leur trajet se partager,
ig. 60. — Fibres nerveuses, en partie d'après Max Schultze. a, fibres du sympathique dépourvues de moelle; b, fiîives à moelle : dans l'une d'elles la joelle a commencé à se coaguler ; c, fibres à moelle avec la gaine de Schwann.
Fig. 61. — Cellules sensorielles de la légion olfactive, d'après Max Schultze: n. de la Grenouille; Ss, cellule cylindrique à prolongement inférieur ramifié, placée entre deux bâtonnets ciliés; b, de l'Homme; c, du Brochet.
comme les nerfs à myéline, et se ramifier en branches de plus en plus petites, divisés en fibrilles nerveuses très fines, et en quelque sorte décomposés en Leurs éléments. Enfin les nerfs des Invertébrés sont très souvent des assemblages de fibrilles, dans lesquelles, à cause de l'absence de gaine de Schwann, il est impossible de reconnaître aucune séparation bien nette entre les cylindres-axes ou les fibres nerveuses. Les différenciations, dont les terminaisons des nerfs sont le siège dans les organes des sens, consistent en transformations de fibres nerveuses unies à des appareils accessoires, qui sont rarement produits par de la substance conjonctive (organe du tact) et le plus souvent par des cellules épithéliales ou des formations cuticulaires. De la sorte les appareils terminaux des sens sont le plus ordinairement formés par des cellules épithéliales modifiées (épitheliums sensoriels). Fréquemment des cellules ganglionnaires sont intercalées dans le trajet des fibres nerveuses dans les appareils terminaux (fig. 01).
DITISIOn DU TRAVAIL PHYSIOLOGIQUE ET PERFECTIONNEMENT.
ACCROISSEMENT ET ORGANISATION PROGRESSIVE DIVISION DE TRAVAIL PHYSIOLOGIQUE ET PERFECTIONNEMENT
Chez les animaux inférieurs on ne trouve ni organe formé de tissu cellulaire, ni même de tissu cellulaire. L'organisme tout entier correspond à une seule cellule, la masse du corps est représentée par le protoplasma, la peau par la membrane cellulaire, qui parfois même n'offre aucun orifice pour l'introduction d'aliments solides, de sorte que la nutrition s'opère par endosmose. Dans ces conditions, qui se trouvent réalisées par exemple chez les Grégarines et les Opaline* parasites, la paroi du corps suffit (comme la membrane cellulaire pour la cellule) pour assurer l'absorption des substances et l'expulsion des produits d'excrétion, et par conséquent l'exercice des fonctions végétatives. Le protoplasma constitue à lui tout seul le parenchyme du corps; c'est dans son intérieur que s'accomplissent tous les actes, aussi bien de la vie organique que de la vie animale.
On observe, en conséquence, des rapports définis entre les fonctions de la surface périphérique et la masse qu'elle limite, dans les diverses parties de laquelle s'accomplissent les actes de la vie animale et végétative, tandis (pie la première sert en quelque sorte d'intermédiaire à ces deux ordres de phénomènes. Ce fait suppose une relation définie entre l'étendue de la surface et le volume de la masse, relation qui varie avec les progrès du développement du corps de l'animal. Et comme l'accroissement de la masse se fait, suivant les trois dimensions, tandis que celui de la surface ne se fait que suivant deux, il s'ensuit que le rapport se modifie aux dépens de la surface, ou, ce qui revient au même, qu'à mesure que le corps grandit, sa surface devient relativement plus petite. 11 arrive un moment où elle ne suffit plus pour entretenir les actes vitaux; alors, pour que la vie puisse se maintenir, il faut qu'elle s'agrandisse par la production de surfaces nouvelles. Gela se voit non seulement dans les animaux les plus simples, cellulaires, mais aussi dans* les cellules dont la grandeur, comme on le sait, ne dépasse pas certaines limites. Ainsi, à mesure que la masse augmente, non seulement le protoplasma se divise en unités cellulaires plus ou moins nombreuses, mais encore celles-ci se groupent et s'étalent de façon à former des surfaces. De la sorte l'organisme cellulaire acquiert non seulement une surface externe, mais aussi une surface interne, où les cellules sont disposées en couches régulières. L'apparition d'une surface interne a pour résultat une division du travail dans la fonction des deux couches cellulaires. La couche Sterne préside aux fonctions animales et à certains actes végétatifs ayant surtout rapport à la respiration et aux excrétions, tandis que la couche interne, cavité digestive, sert à l'absorption des aliments et à leur dit/exl ion.
Par là, non seulement se trouve prouvée la nécessité d'une organisation se développant en même temps que l'accroissement du corps progresse, mais encore se trouve, caractérisée dans son essence l'organisation animale. Les nombreuses
ZOOLOdE GENERALE.
I i;{. 62. — Colonie ci Volvox globator ji
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(d'après
cellules produites par l'organisme primitivement si simples, au début semblables entre elles et disposées en une couche périphérique colonies de Protozoaires, Volvox, vésicule blastodermique ou blastosphère) liur. 62 ei 63), pour subvenir aux besoins de l'organisme en voie de croissance progressive ont dû peu à peu se diviser pour limiter les deux surfaces, l'une externe, l'autre interne, qui se réunissent dans la région du corps où s'ouvre à l'extérieur la cavité interne, c'est-à-dire dans la région buccale. Leur structure diffère, on le comprend, suivant les fonctions différentes que les deux surfaces ont à remplir. Les cellules de la couche externe, qui concourent principalement à l'exécution des fonctions animales, sont riches en principes albuminoïdes, pâles, cylindriques et pourvues de cils. Celles qui revêtent la poche digestive ont une forme plus arrondie, sont remplies de granulations foncées et peuvent aussi être munies de cils vibratiles destinés à mettre en mouvement le contenu de la cavité. Dans le fait, on trouve cette forme d'un organisme cellulaire différencié, la plus simple que les considérations physiologiques nous fassent entrevoir, réalisée dans la Gastrula, constituée par deux couches de cellules, qui se présente à l'état larvaire dans presque tous les embranchements du régne animal, et qui, dans le groupe des Cœlentérés, se rapproche beaucoup de la forme adulte, douée de la faculté de se reproduire (fig. 64).
Cette organisation se complique au fur et à mesure de l'accroissement ultérieur, et ce perfectionnement est en partie le résultat d'un agrandissement des surfaces, causé par des invaginations secondaires, en partie la conséquence de l'apparition de nouveaux tissus entre les deux couches cellulaires déjà existantes. Ces invaginations remplissent des fonctions spéciales; elles se transforment en organes glandulaires. Les tissus intermédiaires produits par l'une des couches de cellules, ou par les deux à la fois, ont un rôle plus important : ils servent en première ligne de charpente solide et forment le squelette; ils augmentent aussi la puissance de locomotion de l'organisme, et en tant que muscles, sont en rapport intime avec les feuillets cellulaires externe (muscles de la peau) et interne (tunique musculaire du tube digestif). Un espace situé dès l'origine entre ces deux lames cellulaires qui constituent la paroi du corps (cavité viscérale primaire), ou produit par division ultérieure de la couche de tissu intermédiaire, devient la cavité viscérale; c'est aux dépens de cette dernière couche que se forme le système vasculaire. L'apparition des muscles coïncide
Fig. «jô. — Phase de blastosphère d'une larve d'Acalèphe (Aurélia Aurita).
Fig. 64. — Phase de gastrula d'une larve d'Acalèphe (.4 urel in Aurita :
Ec, ectoderme; En, entoderme; o; bouche de la gastrula (blastopore).