Fam. Astronychidae. Bras non ramifiés
Asironijx M. Tr. Disque grand, à peau nue, cl ;i bras simples non ramifiés. Pas de plaques buccales. Bouche munie de papilles en forme de piquants sur ses bords. Papilles des bras munis de crochets. Fentes génitales situées par paires dans chaque inlervalle interbrachial, dans une fossette près de la bouche. .4. Loveni M. Tr., Norvège. Astroschema. Gerst. Disque petit, à peau granuleuse, à bras simples, filiformes. A. oligacles l'ail., Antilles. Aslroporpa Oerst. Disque petit, gibbeux, bras très longs, simples. Bouche munie de papilles coniques, pointues. A. annulata Liilk. A. a/finis Lùtk., Antilles. Astrotoma Lym. Ophioplax Lym.
± sous-ordki:
Ophiureae, Ophiures
Tiras simples, non ramifiés, qui servent à l'animal pour ramper. Sillons ambulacraires recouverts de plaques ventrales. Entre l'origine des bras sont situées, autour de la bouche, cinq plaques buccales.
A. Pas de véritables papilles dentiformes; disque et bras recouverts d'écaillés ou de granules.
1. Fam. Ophiodermatidae. Disque recouvert de petits granules. Plaques buccales triangulaires, arrondies, le plus souvent plus larges que longues. Dents et papilles buccales très nombreuses. Pas de papilles dentiformes. Bras munis de courts piquants, qui sont situés sur le bord externe des plaques latérales. Quatre fentes génitales dans chaque aire interbrachiale.
Ophiura Lam. (Ophioderma M. Tr.). Disque granuleux. Plaques buccales non prolongées dans les aires interbrachiales. 0. longicauda Linck. , Méditerranée. 0. Jamiarii Lùtk., 0. brevispina Say, 0. brevicauda Lùtk., etc.
Avec deux fentes dans chaque aire interbrachiale : Ophiopsammus Liitk. Plaques radiales non visibles. Sept papilles buccales. Bras naissant dans des échancruresdu bord du disque Ophiopeza Pet, Pectinura Forb.
2. Fam. Ophiolepididae. Écailles du disque nues. Dents et papilles buccales nombreuses. Pas de papilles dentiformes. Plaques buccales empiétant plus ou moins dans les aires interbrachiales. Plaques radiales d'ordinaire grandes, nues.
Ophiolepis Liitk. (M. Tr. p. p.). Disque recouvert de plaques radiales et d'écaillés nues, entourées d'une couronne de petites écailles. Plaques buccales larges se prolongeant dans les aires interbrachiales. De chaque côté cinq papilles buccales. Piquants des bras courts et lisses, en nombre variable. 0. paucispina Say, côtes de la Floride. 0. annulosa Blv., mer de l'Inde. 0. cincta M. Tr., mer Bouge. Ophioglypha Lym. Disque recouvert d'écaillés nues et inégales. Plaques radiales nues. Bras naissant dans des échancrures du disque. Piquants des Lias d'ordinaire au nombre de trois. Écailles tentaculaires nombreuses. 0. lacertosa Linck. (Ophiolepis ciliata M. Tr. ), mers d'Europe. 0. Sarsii Lûtk. 0. albida Forb., etc. Ophioceramis Lym. Dans les Ophiocten Liilk. et Ophiopus Lym. les bras naissent sur la face ventrale du disque, sans qu'il y ait des échancrures marginale^.
B. Téguments rugueux et épineux. Piquants des bras sur les plaques latérales
carénées.
OPHIURES. 427
5. Fam. Ophiacanthidae. De quatre à huit papilles buccales, auxquelles s'ajoute souvent une papille infradentaire impaire. Disque nu, granuleux, ou recouvert de petites écailles.
Ophiacantha M. Tr. Écailles du disque couvertes de tubercules ou de corpuscules calcaires dentelés. Piquants des bras nombreux (6-9), Torts et rudes, tellement développés à l'origine des bras, qu'ils se rejoignent presque sur le dos sur la Rgne médiane ; il en est de même sur la face ventrale. Quatre à cinq papilles buccales, dont aucune n'est infradentaire. 0. setosa lielz., Sicile. 0. spinulosa M. Tr., Spitzberg. OphiaracHna M. Tr. bisque recouvert de petites écailles granuleuses. Plaques buccales divisées par une suture transversale 7 à S papilles buccales, 3-6 piquants brachiaux. Très voisins du genre Pectù mira. Il faut y joindre le genre Ophioblenna Liilk. et les genres Ophionereis Lûtk. et Ophioplocus Lym., dont les piquants des bras sont courts.
4. Fam. Amphiuridae. 1 à 3, rarement 4 papilles buccales. Pas de papille infradentaire. Piquants des bras courts.
Ophiopholis M. Tr. Disque plus ou moins granuleux, ou plus ou moins recouvert de petites épines. De chaque côté, 5 papilles buccales. Plaques brachiales dorsales entourées de petites plaques. 0. bellis [scolopendrina) Linck. 0. aculeata 0. F. Midi., mers du nord de l'Europe. Ophiosligma Liilk. Ecailles du disque granuleuses ou recouvertes de petites épines. Des trois papilles buccales, l'interne est infradentaire. Trois courts piquants brachiaux. 0. tenue Lùtk. 0. hacanthum Say., Floride. Amphipholis Lym.
Oplriaciis Lùtk. Le 'disque rond, recouvert d'écaillés qui portent de courts piquants. Seulement i à 2 papilles buccales, dont aucune n'est infradentaire. D'ordinaire six bras. 0. simptex Le Comte, Panama. 0. virescens Lûtk., Amérique centrale. Hemipliolis Lym.
Amphiura Forb. Disque recouvert d'écaillés nues ; plaques radiales non recouvertes. 2 papilles buccales seulement, dont l'interne est infradentaire. ; Piquants des bras courts et réguliers. Bras minces, plus ou moins aplatis. A. filiformis 0. F. MùIL, mer du Nord. .4. squamala Délie Ch. (A. Chiajei Forb.), depuis la Méditerranée jusque dans la baie de Massachusetts. Amphilepis Lym. Une seule papille buccale.
5. Fam. Ophiocomidae. Corps recouvert de téguments durs et épineux. Fente buccale avec des papilles buccales, des dents et des papilles dentilbrmes nombreuses. Qphiocoma M. Tr. Disque uniformément granuleux, avec des plaques radiales recouvertes, 3-7 piquants latéraux lisses, 4-5 dents, de nombreuses papilles dentaires et 4 papilles buccales. Une ou deux écailles sur les pores tentaculaires. 0. pumila Lûtk., côtes de la Floride. 0. scolopendrina Lam., océan Indien. 0. nigra 0. F. Midi., mers du nord de l'Europe, etc. Ophiomastix M. Tr. Face dorsale du disque recouverte d'une peau molle ou d'une peau munie de petites écailles avec des piquants isolés. Au-dessus des piquants des bras, des pièces claviformes plusieurs fois dentelées à leur extrémité. 0. annulosa Lam., Java. 0. venosa Pet., Zanzibar. Ophiopsila Forb. 2 papilles buccales et. 2 à 5 piquants latéraux. 0. aranea Forb. Ophiarthrum Pet.
6. Fam. Ofhiotrichidae. Fentes buccales nues, dépourvues de papilles, mais munies de nombreuses dents. Plaques radiales très grandes. Ophiothrix M. Tr. Écailles du disque granuleuses ou recouvertes de poils mobiles, ou de piquants très grêles. Sur le dos, des plaques radiales, qui peuvent être nues. Des dents et des papilles dentilbrmes. Piquants des bras échinulés au nombre de 5 à 10. Les écailles sur les pores tentaculaires sont indistinctes ou font défaut. 0. fragilis 0. Fr. Midi., mers d'Europe, etc. OpIiiocnemisN. Tr. Fente génitale divisée en deux par une plaque calcaire ; par suite ces fentes sont au nombre de cinq fois deux paires. Aires interbrachiales presque entièrement nues. Trois piquants latéraux aplatis. 0. marmorata Lam. Ophiogynma Lym.
7. Fam. Ophiomyxidae. Disque à tégument mou. Armature de la bouche formée de petites plaques dentées ou de piquants. Ophiomijxa M. Tr. 5 papilles buccales. Papilles buccales et dents sous la forme de petites écailles dentelées. Piquants des bras au nombre de 4-G, en partie revêtus par la peau nue, libres vers l'extrémité, qui est échinulée. bras ronds, munis de plaques incomplètement développées. Pores tentaculaires sans écailles.
428 ÉCHLNOÏDES.
0. pentagona Lam., Sicile. Ophioscolex M. Tr. Papilles buccales et dents en forme d'épines. Les 5 à 4 piquants des bras lisses, enveloppés dans toute leur longueur par la peau formant une gaine nue et rétractile. Pores tentaculaires sans écailles. 0. glacialis M. Tr. (Spitzberg).
ECHINOIDEA ÊCHINOÏDES, OURSINS
Eckinodermes à corps globuleux, ovale ou discoïde, entouré d'une enve^ loppe solide calcaire, ou test, composée de plaques polygonales non mobiles portant des piquants, et toujours pourvus d'une bouche, d'un anus et d'appendices ambulacraires pour la locomotion et parfois aussi pour la respiration.
Les plaques du squelette dermique se réunissent pour former un test solide, non mobile, dépourvu de prolongements brachiaux dans la direction des rayons, et qui est tantôt régulier et rayonné, tantôt irrégulier et symétrique. Sauf chez un petit nombre de Périschoéchinides fossiles, tels que les Lepidocenlrus, ces plaques calcaires sont contiguës et solidement réunies les unes aux autres par des sutures; elles constituent dans les espèces actuellement vivantes vingt rangées méridiennes, disposées par paires et correspondant alternativement aux zones ambulacraires et aux zones interambulacraires. Les cinq premières paires, désignées sous le nom de plaques ambulacraires, sont percées de trous, par lesquels sortent les pieds ou tubes ambulacraires, et portent, de même que les larges plaques interambulacraires , des mamelons ou tubercules, sur lesquels s'articulent des piquants mobiles, de forme extrêmement variée.
La disposition en séries méridiennes de ces plaques, dont les rangées ambulacraires sont représentées au pôle apical par les cinq plaques ocellaires et les rangées interambulacraires par les cinq plaques génitales, en même temps que
1 Voyez Ch. Des Moulins, Études sur les Échinides. Bordeaux, 1835-1857. — L. Agassiz, Monographies d' Eckinodermes vivants et fossiles. NeufcMtel, 1858-1843. La 3e livraison renferme l'anatomie du genre Echinus de Valentin. — L. Agassiz et Desor, Catalogue raisonné des familles, des genres et des espèces d'Échinides. Ann. se. nat., 5° sér., vol. VI, VII et VIII, 1846- 1847. — Joli. Millier, Dau der Echinodermen. Berlin. Akad. 1834. — J. Gray, Catalogue of the récent Echinida or Sea-Eggs in the collection of the Britisk Muséum, 1855. — E. Desor, Synopsis des Echinides fossiles. Paris et Wiesbaden . 1855-1858. — Liitken, Bidrag til Kundskab om Echinoderme. Vidensk. Meddelelser. Kjobenhavn, 1863. — L.-J. de Pourlalès, Preliminary Report of the Echini and Starfis/ies dredged in deep icater beliveen Cuba and the Florida. Bullet. of the Muséum ofeompar. Zool.. 5e sér., 1869. — S. Lovén, Sur la structure des Echinoidccs. Œleisigt atlvongl. Vetensk. Akad. Forh., 1871. Traduit in Arcbiv. fur Naturg., 1873. — Etudes sur les Echinoidées. Kongl. Svenska, Vetenskaps-Academiens, Handlingar., vol. XI, n° 7, 1875. — A. Agassiz, Revision of the Echini. Illustrated Catalogue of the Mus. ofeomp. Zool. at Harvard collège, Vil. Cambridge, 1872-1874.— Id., Challenger Echini. Proceed. Amer. Acad., vol. XIV.
Voyez en outre les nombreux mémoires de Lamarck, A. Agassiz, L. Agassiz, Veril', Gray, Lûtken, Cailliaud, Lovén, v. Martens, Troschel, Derbès, Desor, Grube, Pefers, Cotteau, de Loriol, Hoffmann Metschnikoff, Stewart, W. Thompson. Pourtalès, Bolau, etc.
ÊCHINOÏDES. 429
la soudure dos rangées de pièces interambulacraires, détermine les différences que présente la forme de l'Oursin comparée à celle de l'Étoile de nier. L'espace pentagonal ou arrondi, que limitent, au pôle apical, les plaques ocellaires et génitales, et qui est traversé chez les Oursins réguliers par l'anus, est occupé dans le jeune âge, avant que l'anus ait apparu, par une seule pièce, dite plaque sub-anale, parce que cet orifice ne se montre pas à son centre, mais vers le bord (d'ordinaire prés de l'ambulacre postérieur droit). Tandis que le bord des plaques apicales se résorbe, il apparaît à côté de la plaque sub-anale d'autres petites plaques, dont le nombre varie considérablement, et parmi lesquelles la plaque sub-anale est toujours distincte par sa grosseur. Chez les Salénides, ce disque central persiste, et il est probable que chez les Oursins irréguliers il représente l'aire occupée par la plaque madréporique, tandis que chez les Oursins réguliers, il est de plus en plus refoulé par les nombreuses petites plaques du périprocte. Chez les Oursins irréguliers, dont l'anus, éloigné du pôle apical, apparaît dans l'interradius impair (disposition qui est évidemment primaire, si l'on se rapporte à la situation de l'anus des Crinoïdes), la plaque madréporique occupe la place de la plaque apicale ; chez les Cl gpéasl rides elle conserve sa position centrale, chez les Spatangides au contraire elle empiète sur les plaques apicales voisines- Cette disposition des plaques apicales des Oursins ressemble tellement à ce que montre le calice des Crinoïdes, que l'on peut les considérer comme homologues, d'autant plus que, grâce au Marsupites, on reconnaît dans le disque central du jeune Echinus la plaque dorso-centrale des Crinoïdes, dans les plaques apicales interradiales ou génitales, les basales, et dans les plaques ocellaires, les radiales. Des formations nouvelles apparaissent pour constituer les ambulacres et les aires interambulacraires à la périphérie du calice, les basales se continuant avec les plaques interambulacraires et les radiales ou plaques ocellaires avec les plaques ambulacraires. La répétition des doubles séries de plaques dans les aires radiales et interradiales donne aux Oursins réguliers cette forme rayonnée en apparence régulière, qui cependant, comme le prouve un examen attentif, présente une symétrie bilatérale imparfaitement régulière. Lovén particulièrement a montré que les doubles séries des plaques, qui constituent les cinq ambulacres des Oursins réguliers, sont disposées d'après les mêmes lois que chez les Spatangoïdes et les Clypéastroïdes irréguliers, que chez ces animaux le plan principal, qui donne pour les plaques ambulacraires du bord du péristome la même symétrie, doit aussi passer par un rayon déterminé. Ce plan, qui n'est strictement symétrique que pour les plaques ambulacraires du bivium, passe chez les Acrocladia et les Podophora par le petit diamètre du test, et se trouve déterminé par la position de la plaque madréporique dans la plaque apicale antérieure droite.
Pour s'orienter dans l'étude des rangées de plaques ambulacraires des différents rayons, Lovén les compte, ainsi que les interradius correspondants, à partir du bord droit du bivium, faisant ainsi passer le plan médian par le radius et l'interradius impairs. Il désigne les ambulacres par des chiffres romains, et les interambulacraires par des chiffres arabes, de sorte que, par exemple, l'ambulacre postérieur droit porte le chiffre I, l'ambulacre antérieur ou impair le chif-
430 ÊCIHNOÏDES.
fre IIF, l'interambulacre postérieur gauche le chiffre 4 et l'interambulacre postérieur impair le chiffre 5. Les plaques de la première rangée (clans l'ordre naturel des nombres) de chaque ambulacre et de chaque interambulacre sont désignées par la lettre a, ceux de la seconde rangée par la lettre b. Si l'on considère les plaques ambulacraires limitant le péristome d'un Éehinoïde quelconque, on voit que les plaques I a, Il a, III b, IV a, \b sonl plus grandes el présentent un pore de plus, simple ou double, que les plaques I b, II b, III o, IV b, Va, et qu'ainsi partout, aussi bien dans les formes irrégulières que dans les formes régulières, la conformation des plaques ambulacraires péristomales du trivium est asymétrique par rapport au plan médian du rayon impair et de l'inlerradius, tandis que les deux ambulacres du bivium sont parfaitement symétriques, ce qui démontre que la plaque apicale à laquelle aboutit le canal pierreux, ou plaque madréporique, est la même chez les Oursins réguliers que chez les Spatangoïdes, c'est-à-dire est la plaque antérieure droite.
L'organisation interne des Oursins est surtout caractérisée par la position des „-^ - -^; s nerfs et des troncs ambulacraires. Entre les piquants,
particulièrement nombreux dans la zone péristomale autour de la couche, se trouvent des pédicellaires, et chez quelques Échinides aux cinq angles de cet orifice des tubes branchiaux ramifiés.
Les Sphéridies, qui existent partout, excepté chez v/# les Cidaris , appartiennent aux ambulacres, et se trouvent toujours sur les plaques du péristome ; parfois, comme chez les Cassidulides et les Glypéastrides, elles sontrevètues par la substance du test. Lovén, qui les a découvertes, les considère comme Fig. ici. — iiri.ssopsis hjrifem ^s organes des sens (organes du goût). Dans beau-
avec des lascioles ou sémites au- D .
leur ne la rosette, a, anus. coup de formes régulières, tous les tubes ambula-
craires ont la même forme et sont munis d'une ventouse renforcée par des pièces calcaires ; dans d'autres formes, les tubes dorsaux n'ont pas de ventouses et sont pointus, souvent aussi échancrés sur le bord. Les Oursins irréguliers possèdent d'ordinaire entre les tubes ambulacraires des branchies ambulacraires sur une rosette formée de gros pores, à la face dorsale. Les tubes locomoteurs sont très petits chez les Clypéastroides et s'étendent sur toute la surface des ambulacres ou sont limités à la face ventrale. Chez les Spatangoïdes, des bandes spéciales, fasciolcs ou sémites, entourent différentes parties du test; elles portent au lieu de piquants des soies capitées (clavuhej et des cils vibratiies (fig. loi).
Les Échinides passent dans leur développement par la forme de Pluteus pourvus d'épaulettes ciliées (Echinides réguliers), ou de Pluteus munis d'une baguette apicale (Spatangoïdes). Quand le jeune Oursin s'est débarrassé des restes du Pluteus, il a encore de nombreuses modifications à subir, non seulement dans sa forme générale, mais aussi dans la forme et le nombre des plaques du test, la position des ambulacres et même, chez les Spatangoïdes, de la bouche et de l'anus. Le péristome des espèces de Spatangues encore jeunes, par exemple, a une position presque centrale et une forme pentagonale (correspon-
ECIIINOIDES. 431
dante à celle de VEchinopatagus fossile et du Palaeostoma actuellement vivant). On a même créé les genres Echînodiadema et Moulinisia pour des formes jeunes. Ces transformations dans les parties du test ont été étudiées par Al. Agassiz et tout particulièrement par Lovén, qui, par ses découvertes importantes, a fondé avec J. Muller la morphologie comparée des Échinodermes. Les phénomènes d'accroissement du test sont les plus simples et les plus uniformes chez les Lalistellés parmi les Oursins réguliers. La formation de nouvelles parties du squelette a lieu autour du calice; dans les ambulacres apparaissent, au-dessous des plaques oçellaires, une double rangée de plaques primaires simples, qui ne subissent pas de modifications chez les Spatangoïdes et les Angustistellés (Gidarides), mais qui, chez les Échinides, se réunissent pour former de grandes plaques munies de trois, quatre, cinq paires de pores ou davantage. Ces grandes plaques s'élargissent considérablement, en même temps que les paires de pores appartenant aux plaques primaires s'écartent avec régularité, et sont en quelque sorte comprimées dans la direction verticale, à mesure qu'elles s'approchent du péristome pentagonal fixé par les auricules, tandis que chez les Gidarides, où les bases des auricules n'opposent aucun obstacle dans la direction des ambulacres, les plaques primaires se développent régulièrement. Par suite, ici les plaques du péristome passent par-dessus la membrane buccale, qui est ainsi recouverte de nombreuses séries de plaques écailleuses, percées de pores. Chez les Latistellés aussi, sur la membrane buccale sont situées dix plaques percées de pores avec les tubes buccaux, et il est très probable qu'elles se sont séparées de la couronne avant que les auricules ne se soient développées. De jeunes Echinus, longs de 6""", qui viennent de perdre le reste du Pluteus, possèdent en dedans des cinq pieds primitifs cinq paires de disques calcaires réticulés, traversés par un même nombre de petits tubes ambulacraires. Ces disques calcaires ne peuvent pas être autre chose que l'ébauche des premières plaques ambulacraires primaires, d'autant plus qu'il s'intercale entre elles à la périphérie cinq petits disques, qui sont l'origine des interradius. (Comparez les plaques simples péristoinales interambulacraires de l'aire buccale des Spatangides.) Par suite, ces paires de plaques doivent apparaître sur le péristome plus tôt qu'aucune autre paire de la couronne, qui se forme à la périphérie des premières plaques ambulacraires pendant que se développe le squelette buccal, car, de même que chez les Astéroïdes, le point de développement est indiqué par le bord de l'aire apicale. Le tentacule primaire impair serait, suivant Krohn, résorbé avant même (pie l'orifice buccal ne perce au dehors (?). Chez les Échinides irréguliers, qui, dans la plupart des cas, possèdent des branchies ambulacraires, les plaques affectent sur la membrane buccale une symétrie bilatérale. Chez les Cassidulides et les Spatangides, la membrane buccale reste dépourvue de plaques poreuses.
Les Oursins vivent principalement dans le voisinage des côtes; un certain nombre cependant ont été rencontrés dans de grandes profondeurs. Ils rampent lentement et se nourrissent de petits animaux marins, de Mollusques et de Crustacés. Quelques espèces d'Echinus possèdent la propriété de creuser les rochers.
On rencontre déjà des Oursins fossiles dans le Silurien; mais les formes paléozoïques diffèrent considérablement des formes plus récentes et de celles qui vivent actuellement, surtout parce que, entre deux rangées de plaques ambula-
452 ÉCHINOÏDES.
craires, s'intercalent au moins quatre,- le plus souvent même cinq ou six rangées de plaques interambula craires.
On a attribué à ces différences une si grande valeur, qu'on s'en est servi pour établir deux sous-classes : 1° les PÉRISCHŒCHiNIDES1, avec plus de deux rangées de plaques interambulacraires; 2° les ÉCHINIDES, avec deux rangées de plaques interambulacraires seulement. Ce dernier type commence à l'époque secondaire, mais il présente des formes intermédiaires et des particularités qui rappellent les caractères de l'ancien groupe paléozoïque, et qui se sont conservées encore aujourd'hui chez les Spatangoïdes (restes de pièces squelettiques se recouvrant comme des écailles), et chez les Oursins réguliers (Echinolhuridès). Récemment Cotteau a découvert dans les anciennes couches de la craie un Oursin, le Tetracidaris Reynesi, qui présente dans chaque interambulacre deux rangées de plaques intermédiaires, qui se continuent jusqu'au péristome2. Abstraction faite de ce caractère paléozoïque, le Tetracidaris présente tout à fait l'habites des Cidarides.
Morpbologiquement, les rangées moyennes de plaques interambulacraires des Périschœcliinides rappellent les plaques intermédiaires des Astéroïdes, tandis que les rangées latérales chez les Échinides correspondent exclusivement aux rangées, qui ont persisté, des plaques ambulacraires. Le type le plus récent dérive manifestement du type ancien, dont les rangées de plaques intermédiaires ont été reléguées et ont disparu.
Parmi les Échinides qui apparaissent pour la première fois à l'époque secondaire, les Cidarides réguliers (Angustistellés) sont principalement représentés dans le Trias par des formes rappelant singulièrement les Périschœchinides, tandis que les Spatangoïdes, qui sont les représentants les plus élevés du groupe, sont les derniers formés3. Dans le Lias, les Angustistellés et les Latistellés sont à peu près en même nombre. La position sub-centrale de l'anus dans l'aire apicale est donc un caractère primaire, ce qui parait très étonnant, en présence des rapports avec les Cystides. Les anciens Echinides irréguliers du terrain jurassique présentent encore l'habitusdes Cidarides (parmi eux, ÏHeteroderma libycum Cott. présente déjà l'anus dans l'interambulacre), sauf dans la présence de l'anus dans l'interambulacre (Pygaster, Holectypus), et par les Gale'ritides de la craie
1 Oursins avec plus de deux rangées de plaques dans chaque aire interambulacraire. Les plaques intermédiaires sont hexagonales, tandis que les plaques adambulacraires, qui seules s'étendent jusqu'au sommet apical et jusqu'au péristome, sont pentagonales. Les plaques ambulacraires. qui restent petites et sont percées chacune de deux pores, tonnent souvent aussi plusieurs rangées; anus situé dans l'aire apicale.
1. Lepidocentridae. Plaques interradiales écailleuses. Les plaques adambulacraires sont plus grandes que les autres. Paraissent avoir des rapports avec les Cystides. Lejiidocentrus J. MûU. L. eifclianus J. Midi. Perischodonus M. Coy. Phoiidocidaris Meek et Worthen.
2. Palaechinidae. Toutes les plaques squelettiques interradiales granuleuses, sans tubercules primaires. Palaechinus Scouter. P. clegans M. Coy. Melonitcs Norw. Ow. Oligoporus Meek et Worthen. Lepidesthes Meek et Worthen. Protoechinus Austin.
ô. Archaeocideridae. Toutes les plaques interradiales possèdent un tubercule primaire Archaeocidaris M. Coy. A. trUerialis M. Coy. Eocidaris Desor. Lepidocidaris Meek et Worthen. Lepidcchinus Hall. Xcnocidaris L. Sch.
- M. Cotteau, Sur le Tetracidaris. Bulletin delà Société géologique. Paris. 1 S 7 Ti .
5 Yoy. E. Desor, L'Evolution des Echinides dans la série géologique et leur rôle dans la formation jurassique. Bull. Soc. sciences natur. Neul'châtel. T. IX, 2cah. lhw-J.