‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 148 sur 271 · ORDRE CL1PEASTROIDE1E. CXYPÉASTROÏDES · texte numérisé non relu

ORDRE CL1PEASTROIDE1E. CXYPÉASTROÏDES

Oursins irréguliers, déprimés, en forme de bouclier, à bouche centrale pourvue d'un appareil dentaire, à rosette ambulaeraire à cinq pétales autour du pôle apical et à anus excentrique.

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Le corps aplati et en forme de bouclier possède le plus souvent des prolongements internes du squelette, piliers et lamelles, qui réunissent les faces dorsale et ventrale. La plaque madréporique est centrale et le plus souvent s'étend sur toutes les plaques apicales, d'où les pores génitaux peuvent descendre dans les interradius. Les ambulacres sont très larges; leurs plaques sont percées de nombreux petits pores tentaculaires, qui empiètent sur les inlerradius. Il est ■are que les cinq ambulacres soient semblables; le plus souvent les paires de plaques du bivium et celles du trivium sont différentes; celles du bivium se font remarquer de bonne heure par leur grandeur. On peut considérer comme réguliers — abstraction faite de la position de l'anus — Echinocyamus (pusillus) et Laganum (depressum), cbez lequel aussi les rangées de plaques des interradius ne sont pas interrompues, de même Europe (Valenciennesi), Clypeaster (rosaceus) et Stolonoclypus (prostratus), cbez lesquels les deuxièmes et parfois aussi les troisièmes plaques des cinq ambulacres se touchent, et par suite les plaques interambulacraires périslomales sont séparées des rangées de plaques interambulacraires. Par contre sont irréguliers; Melitta (hexapora) et Rotula (Rumphii), dont la deuxième et la troisième plaque ambulacraire sont élargies en dedans seulement dans le trivium et en \b et Va, de sorte que l'interambulacre postérieur impair n'est pas interrompu. Cbez YEehinarachiius (parma) et le Lobophora au contraire, les plaques en la et \b sont plus élargies que dans le trivium, de sorte que l'interambulacre impair est fortement interrompu. Chez Y Arachnoïdes, les premières plaques ambulacraires sont si élargies, que les cinq plaques interambulacraires péristomales sont complètement rejetées en dehors. L'étude des phases jeunes montre que la conformation régulière avec cinq interradius égaux est la forme primaire, qui est le moins modifiée chez Echinocyamus et Laganum. Pendant le développement le bord du test subit des modifications, les plaques marginales passant peu à peu sur la face ventrale. C'est de la sorte que le périprocte, qui est primitivement situé sur le dos, finit par être en grande partie ventral.

Les Clypéastroïdes présentent encore sous d'autres rapports des particularités, que l'on ne rencontre dans aucun autre groupe des Échinides. Il n'est pas rare que les plaques du squelette se séparent sur le bord du test (Rotula), ou s'écartent les unes des autres sur le parcours des rayons, de façon à limiter entre elles des ouvertures en forme de fentes (Encope).

Les mâchoires de l'appareil masticateur, auxquelles les auricules servent d'appui, sont partagées en deux et sont situées horizontalement; les dents qu'elles portent, sont tantôt horizontales, tantôt verticales.

Les cinq larges ambulacres pétaloïdes n'apparaissent que pendant le développement, et ne sont donc phylogénétiquement que des différenciations secondaires. Chez les Echinocyamus, ils sont tout à fait rudimentaires. Il est probable que ce dernier n'est qu'une forme jeune de Clypeaster, de même que les Moulinsia, Lenita et Runa, qui, suivant A. Agassiz, ne sont autre chose que des phases jeunes de Scutellides. Les Echinocyamus auraient donc avec les Clypeaster les mêmes rapports que chez les Cassidulides les Caratomus avec les Echinolampas. La membrane buccale du péristome porte dix plaques ambulacraires, auxquelles s'ajoutent encore le plus souvent cinq plaques interradiales.

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Si l'on vient, en outre, à comparer la structure des Clypéastrides avec celle des Échinoconides (Galeritides), dont l'irrégularité du test est plus ou moins marquée, en même temps que les ambulacres ne sont pas pétaloïdes, on est autorisé à admettre que ces derniers sont au point de vue phylogénétique les formes intermédiaires entre les Cidarides réguliers et les Clypéastrides, qui ont commencé à apparaître dans les assises supérieures de la Craie. C'est pourquoi on doit les ranger dans ce dernier ordre, où ils forment un sous-ordre spécial opposé à celui des vrais Clypéastrides (Euclypeastrideae)1.

1. Fam. Clypeastridae. Test plus ou moins aplati, pentagonal, avec une bouche centrale munie d'un appareil masticateur, et une rosette ambulacraire très large. Faces dorsale et ventrale du test réunies par des piliers ou des cloisons radiaires. Surface recouverte de fins piquants égaux. Plaque madréporique apicale entourée ordinairement de 5 ouvertures génitales. A l'exception des espèces d'Echinocyamus de la Craie, commencent a apparaître dans les premières couches tertiaires.

1. Sous-Fam. Fibularinae. Petites formes globuleuses avec des ambulacres rudimentaires et des cloisons radiaires internes. Les mâchoires, avec de longues dents, s'appuient chacune sur un des 5 appendices auriculaires. Echinocyamus Van Phels. Test petit, déprimé et elliptique, tronqué postérieurement, muni de cloisons internes et d'anibuiacres pétaloïdes tout à fait rudimentaires. Pores non conjugués. E. angulosus Lesk., Mer du INord. E. pusillus 0. Fr. Miiil. [tareniinus Ag.) Méditerranée. Fibularia Lam., Test globuleux/ ovoïde. Ambulacres pétaloïdes, longs, ouverts. Pores conjugués. F. ovulum Lam., Méditerranée. F. volva Ag., Mer Rouge.

2. Sous-Fam. Clypeastrinae. Test grand et large pourvu de piliers internes. Pétales de la rosette ambulacraire très développés. .Mâchoires articulées sur les auricules. Clypeaster Lam. C. humilis Lesk. C. scutiformis Gm. Cl. (Echinanthus) rosaceus Lam., Antilles.

3. Sous-Fam. Laganïnae. Test déprimé. Ambulacres lancéolés. Aires interainbulacraires étroites sur la face ventrale. Laganum Klein. Test gros, aplati, à rosette péristomale, sans cloisons internes. Rosette ambulacraire pétaloïde presque fermée. Vires interainbulacraires étroites, à peu près la moitié aussi larges que les ambulacres. L. orbiculare Ag., Java. L. dcpressum Less., Australie. Rumphia Desor. Se distingue du genre Laganum par ses ambulacres longs et ouverts. Ii. rostralaXg.

2. Fam. Scutellidae (Mellilina). Test déprimé, discoïde, souvent lobé ou perforé. La face inférieure porte des sillons ramifiés. Les tubercules, ainsi que leurs piquants diffèrent sur les deux faces.

a. Genres dépourvus d'incisures et de perforations. Anus près du bord.

Dendrasler Ag. Sommet ambulacraire excentrique. Sillons anibulacraires inférieurs très ramifiés, s'étendant même sur la face supérieure. Anus plus près du bord que de la bouche. D. excentrions Ag., Californie. Le genre Scaphechinus, créé par A. Agassiz, se distingue par l'anus qui est marginal. Echinarachnius Leske (Scutella). Ambulacres pétaloïdes largement ouverts. 4 pores génitaux. Sillons ambulacraires de la face inférieure une seule fois ramifiés. Anus marginal. E. parma Gray., océan Atlantique, krachnoides Klein. Test très plat. Sillons de la face inférieure au nombre de 5 simples et droits. 5 pores génitaux. A. placenta Ag., océan Pacifique. Ici se place les genres fossiles Moiionia, Sculella.

1 Le sous-ordre des Galeritideae se différencierait des Clypéastrides par le contour arrondi ou pentagonal du disque, la position tantôt supérieure, tantôt marginale, tantôt inférieure de l'anus et les bandes anibulacraires toutes égales. Pygaster Ag., Jurassique et Craie. Holectypus Desor, presque toutes les espèces jurassiques. Discoidea Klein, Craie. Eclnnoconus Breyn, Couches supérieures de la Craie. Galerites Lam., Craie, etc.

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b. Genres présentant des perforations ou des incisures dans les rayons, mais sans perforation derrière l'anus.

Lobophora Ag. Incisures ou perforations seulement dans les deux rayons postérieurs. Ambulacres pétaloïdes courts et larges. 4 pores génitaux. L. bifora Ag., Madagascar. Le genre fossile Amphiope Ag., est très voisin. Aslroclypeus Voit. (Crustitluui Tr.). Perforations dans les 5 rayons. 4 pores génitaux. A. gratulans Tr.

c. Genres présentant des perforations ou des incisures dans les rayons et une perforation impaire derrière l'anus, qui est situé près de la bouche.

Meîlita Klein. Ambulacres pétaloïdes, larges, fermés, i pores génitaux. M. quinquefora kg. M. hexapora Ag. M. testudinata Klein, Amérique. Encope Ag. Les deux ambulacres pétaloïdes postérieurs plus longs. 5 pores génitaux et une cloison interne autour de la cavité buccale. E. subclausa Ag. E. micropora Ag. E. emarginata Ag., Amérique. Leoriia Gray. Ambulacres pétaloïdes étroits et ouverts. Sillons de la face inférieure ramifiés seulement près du bord, avec des pores génitaux.

(I. Genres présentant des incisures au bord postérieur du test, dont l'une située derrière l'anus rapproche celui-ci de la bouche.

Rotula Klein. Test profondément digité en arrière, en avant percé de trous. Sillons ambulacraires deux fois ramifiés. 4 pores génitaux. R. Rumphii Klein., Afrique. Echinodiscus Breyn. Se distingue du genre précédent par l'absence de trous.

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