‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 155 sur 271 · ORDRE TREM1TODES. TRÉMATODES · texte numérisé non relu

ORDRE TREM1TODES. TRÉMATODES

Vers plats parasites, à corps inarticulé, le plus souvent foliacé, rarement cylindrique, présentant une bouche et un tube digestif bifurqué dépourvu d'anus. Souvent un organe de fixation ventral.

On a comparé morphologiquement les Trématodes, dont le nom est tiré de la présence de une ou plusieurs ventouses, aux proglottis des Ténias, et on les a considérés comme des progloltis d'une organisation supérieure, pourvus d'une bouche, d'un canal digestif et d'appareils de fixation particuliers. Mais il est plus exact, pour rapprocher ces deux groupes de Platodes, de prendre pour point de départ un genre de Cestodes, tel que le genre Caryophyllaeus, dont le corps ne

1 Voyez, outre G. Wagener, hoc. cit., AV. Salensky, Ueber den Bau und die Entwickelungsgeschichte der Amphilina. Zeitschr. fur wiss- Zool., T. XXIV, 1874.

a Voy. A. v. Nordmann, Mikrographische Beitrâge zur Kenntniss der wirbdlosen Thiere, Berlin, 1832. — G. G. Carus, Beobachtunqcn àber Leucochloridium paradoxum, etc. Nov. Act. Acad. Leop.,vol. XVII, 1855. — De Filippi, Mémoire pour servir à l'histoire génétique des Trématodes, Mém. R. Adac. d. Torino, 2= sér., 1, vol. XV, 1854, et Ann. se. nat., 4° sér., vol. II, 1854, II, vol. XVI, 1855, et III, vol. XVIII, 1857. — De la Valette Saint-Georges, Symbolœ ad Trematodum evolutionis historiam. Berolini, 1855. — Moulinié, Résumé de l'histoire du développement des Trématodes. Mém. Institut genevois, 1855. — Pagenstecher, Trematodenlarven und Trematoden. Heidelberg, 1857. — G. Wagener, Beitrâge zur Entwickelùngsgeschichte der Eingeweidewurrner. Haarlem, 1857. — ld., Ueber Gyrodaclglus elegans, Muller's Arcliiv., 18G0. — Id. Redien und Sporocysten. Ibid. — Diesing, Révision der Myzelminthen. Sitzungsber. der Wiener Akad., vol. XXXII, 18c8, et vol. XXXIII, 1850. — Van Beneden, Mémoire sur les vers intestinaux. Paris, 1861.

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TKAITÉ DE ZOOLOGIE. — 2e EUT. 51

TKEMTODES.

présente pas de segmentation, et auquel il suffirait d'ajouter une bouche, un tube digestif et un seul appareil génital pour obtenir l'organisation d'une Douve; et effectivement il existe certaines formes, qui présentent mie structure tout à fait analogue, comme VAmphilina (Monostomum foliaceum) et VAmphiptyches, qui forment la transition entre les deux ordres. Aussi comprend-on qu'on ait ballotté ces formes de passage entre l'un ou l'autre groupe. C'est ainsi que (i. Wagener et Salensky considèrent VAmphilina, dont la ventouse rappelle la ventouse antérieure des Trématodes, comme un Cestode, à cause des rapports que l'organisation de ce parasite présente (en particulier dans l'appareil mâle) avec celle des Bothi iocéphalides, tandis que Grimm et d'autres le placent, de même que VAmphiptyches, parmi les Trématodes.

Le corps, nettement individualisé par suite de son organisation supérieure, n'atteint jamais une longueur pareille à celui des Cestodes ; il reste d'ordinaire 0 court, ovale et n'est jamais annelé. La substance

fondamentale est constituée ici aussi par une masse de tissu conjonclif cellulaire, qui forme souvent la plus grande partie du corps tout entier et qui dans beaucoup de cas, par exemple chez le Distomum hepaticum, se compose de grosses cellules pressées les unes contre les autres. La peau et son re vêtement musculaire présentent lesmêmes particularités que chez les Cestodes ; on y trouve assez fréquemment des glandes cutanées unicellulaires accumulées en certains endroits, particulièrement à la ventouse orale.

La bouche est située à l'extrémité antérieure du corps, d'ordinaire au fond d'une petite ventouse, de la ventouse orale, que nous venons de mentionner (fig. 461). Elle conduit dans un pliarynx musculeux, puis dans un œsophage plus ou moins allongé, qui se continue avec un tube digestif bifurqué, fréquemment ramifié. Les deuxbranches de la bifurcation sont terminées en cul-de-sac et sont tapissées d'épithéliuni. Dans certains cas aussi la paroi intestinale paraît contractile et par conséquent contient des fibres musculaires. L'appareil excréteur consiste en un réseau de vaisseaux très fins répandus dans tous les organes, qui, suivant Fraipont, auraient leur origine dans les lacunes du parenchyme entre les cellules conjonctives, et en deux gros troncs latéraux qui débouchent au pôle postérieur dans une vésicule contractile commune. Son contenu est un liquide aqueux renfermant des concrétions granuleuses, un produit d'excrétion probablement analogue à l'urine des animaux supérieurs. Les vaisseaux sanguins et les organes respiratoires font complètement défaut. Le système nerveux se compose d'un double ganglion, situé sur l'œsophage, d'où partent, outre plusieurs petits nerfs, deux troncs latéraux dirigés en arrière (fig. 402). Malheureusement on n'a pas encore prouvé partout hislologiquement leur nature nerveuse, comme l'ont montré les recherches récentes sur les Polystomiens. où il a été impos-

Fig. 161. — Jeune Dislomum (d'après La Valette). — Ex, tronc du système aquilere; Ep, pore excréteur; 0, bouche et ventouse orale; S, ventouse abdominale ; /', pharynx; D, branche du tube disrestif.

TRÉMA.TODES.

sible de découvrir «les contres nerveux. Des tacites oculaires munies de corps réfringents exîstenl parfois chez les larves en voie d'émigration. Les organes Locomoteurs sont représentés, outre l'enveloppe musculo-cutanée, par des organes de fixation, tols que des ventouses et des crochets, dont le nombre, la forme et la position offrent des modifications variées. En général la grandeur et le développement de ces organes correspondent au genre de vie, et principalement au mode de parasitisme soit intérieur, soit extérieur. Les Trématodes, qui vivent dans l'intérieur des animaux, possèdent des organes de fixation moins développés. 11 existe d'ordinaire, à cùlé de la ventouse orale, une deuxième grosse ventouse sur la face ventrale, tantôt près de la bouche, Distomum, tantôt à l'extrémité postérieure, Ampkistomum. Cependant cette grosse ventouse peut aussi

rr

lr i y . it>2. — Système nerveux du Tristomum moine (d'après A. Lang). — ms, ventouse orale; bs, ventouse abdominale; g, cerveau; In, nerfs ongitudinaux internes; sln, nerfs longitudinaux externes; du, nerfs longitudinaux dorsaux; wg, vésicule contractile et tronc du système aquifére.

Fig. 463. — Distomum liepaticum (d'après Sommer). — 0, ouverture buccale:

D, branche ramifiée du tube digestif; S, ventouse abdominale; 7', testicules:

Dr, ovaire; Do, vitellogènes ; Or, pviducte ou utérus.

manquer, Monoslomum. Les Polystomiens ectoparasites se distinguent au contraire par une armature beaucoup plus puissante, car ils possèdent, outre deux petites ventouses sur les côtés de la bouche, une ou plusieurs grosses ventouses à l'extrémité postérieure du corps, qui peuvent encore être renforcées par -des baguettes chitineuses. Enfin il existe surtout des crochets chitineux, particulièrement deux assez considérables entre les ventouses postérieures sur la ligne médiane.

Les organes sexuels mâles et femelles sont, à de rares exceptions près, unis sur le même individu (fig. 463). D'ordinaire les deux orifices génitaux

sont situés sur la face ventrale, non loin de la ligne médiane, à côté ou derrière l'un de l'autre, et assez rapprochés de l'extrémité antérieure. A l'orifice mâle fait suite la poche du cirrhe, sac qui entoure la portion terminale protractile du canal déférent (cirre), qui se divise ensuite en deux rameaux pour aboutir à deux gros testicules simples ou multilobés. Le prétendu troisième conduit déférent, qui, d'après de Siebold, va d'un testicule à l'appareil femelle et qui permettrait ainsi une fécondation directe sans accouplement, a été considéré par Stieda comme un vagin (canal de Laurer), qui s'ouvre à l'extérieur sur la face dorsale, mais qui n'a aucun rapport avec les testicules. Cependant chez certaines formes (Polystomum) il existe certainement, à côté du canal copulateur simple ou double, un canal de communication de ce genre. Les organes femelles sont composés d'un vagin très-sinueux, qui sert en même temps d'utérus, et de glandes qui sécrètent les différentes parties de l'œuf, et qui, comme chez les Cestodes, se divisent en un germigène, deux vitellogènes, et parfois encore en une glande coquillière particulière. La première glande, le véritable ovaire, produit l'œuf primitif et constitue un corps rond, situé en général en avant des testicules, les autres sont des tubes ramifiés, 'qui remplissent les parties latérales du corps et sécrètent la substance vilelline. Celle-ci rencontre, à l'origine de l'utérus, les œufs primitifs et entoure chacun d'eux en quantité plus ou moins considérable. Les œufs ainsi constitués sont environnés en outre de membranes résistantes, provenant de la sécrétion de la grande coquillière. La fécondation a lieu F^L~d-ap"èbXLuc\at avant que la coque se soit formée, car on trouve des — a, embryon cilié et libre; spermatozoïdes dans la portion initiale de l'utérus ou

b, le même contracté avec , , tl ■ • 1 • 1 • t • » ■ r

l'ébauche du tube digestif (D) dans un réceptacle séminal qui lui est surajoute. Les et un amas de cellules (Ov) œufs s'accumulent souvent en masse considérable dans

qui formeront plus tard la ,,, . , ,, ,, , , . .11

yiande sexuelle; Ex, appareil toute 1 étendue de 1 utérus et y subissent même les phaciiié du système aquifère. ses <ju développement embryonnaire . La plupart des Trémalodes sont ovipares, un petit nombre seulement sont vivipares.

Les jeunes une fois éclos, ou bien (la plupart des Polystomiens) possèdent la forme et l'organisation des individus adultes, ou bien présentent les phénomènes de la génération alternante ou de l'hétérogonie liés à des métamorphoses compliquées (Distomiens). Dans le premier cas, les œufs ont une taille relativement considérable et se fixent dans le milieu habité par l'individu qui les a produits; dans le second, les œufs, beaucoup plus petits, arrivés dans des milieux humides, généralement dans l'eau, laissent échapper, au bout d'un temps plus ou moins long, des embryons contractiles (fig. 464), tantôt nus, tantôt ciliés1, qui cherchent à émigrer dans un nouvel animal, d'ordinaire dans un Mollusque, où ils perdent leurs cils, et entrent dans une nouvelle phase de leur évolution. Le plus souvent ils possèdent déjà l'ébauche de l'appareil aquifère, plus

1 Comme le fait remarquer avec raison R. Leuckart, les Dicyémides, que Ed. v. Beneden considère comme des Mésozoaires, ainsi que les Orlhonedides récemment étudiés par Giard et E. Metsclmikoff. qui ne présentent pas, pendant la phase où elles se reproduisent, une organisation supérieure aux embryons des Trématodes, rappellent les larves de Distomes.

TRÉMA TODES. 485

rarement une ventouse avec une ouverture buccale et un canal digestif. Dans ce nouvel hôte, les embryons se transforment en sacs germinatifs simples ou ramilles en Sporocystes (sans bouche, ni tube digestif, fig. 465), ou en Rédies (avec une bouche et un tube digestif, fig. 400), dont le contenu deviendra une nouvelle génération de Vers1. Ces sacs germinatifs sont des nourrices qui produisent pailles germes ou des spores des Cercaires, ou même des grand'nourrices2 qui engendrent une génération de sacs germinatifs d'où proviendront les Gercaires. Ces dernières, que l'on considérait jadis, par erreur, comme des espèces distinctes, ne sont pas autre chose que des larves de Distomes qui souvent ne parviennent dans le milieu où elles se transformeront en Vers sexués qu'après une double émigration active et passive. Munies d'un appendice caudal très mobile, fréquemment d'un aiguillon céphalique et parfois aussi d'yeux, elles offrent, dans le reste de leur organisation, les plus grandesressemblances avec les Distomes adultes, sauf qu'elles sont dépourvues d'organes génitaux. Sous cette forme elles abandonnent le corps de leur nourrice (souvent par une ouverture spéciale située sur un point de la Rédie), ainsi que l'hôte chez lequel celle-ci est parasite, et se meuvent librement dans l'eau, tantôt nageant, tantôt rampant (fig. 407).

Elles y rencontrent un nouvel animal aquatique (Mollusque, Ver, larve d'insecte, Crustacé, Poisson, Batracien), pénètrent dans ses tissus, aidées des mouvements énergiques de leur

■iïâ. — Sporocytcs, provenant d'un embryon de Distomum, rempli de Cercaires(C).

B, aiguillon d'une Cercaire.

ig. 466. — Hédie de Distomum. — 0, bouche ; I'h, pharynx; D, tube digestif; Ex, appareil excréteur; C, Cercaires.

et après l'avoir

Fig. 467. — Cercaire devenue libre. — 0, bouche située au milieu de la ventouse orale; S.

ventouse abdominale ; D, tube digestif; Ex, appareil excréteur.

perdu s'en-

appendice caudal

tourent d'un kyste. Les larves provenant d'un Mollusque se répandent ainsi sur différents animaux, et la Cercaire munie d'une queue se change en jeune Distome enkysté et dépourvu encore d'organes sexuels, qui sera transporté passivement avec la chair de son hôte dans l'estomac d'un autre animal, et qui de là, délivré de son kyste, arrive dans l'organe déterminé (intestin, vessie ur in aire, etc.), où il achèvera son développement. Il existe donc en général trois hôtes différents, dont les organes logent les différentes phases du développement des Distomes (sac germinalif, forme enkystée, animal sexué).

1 Le développement de ces germes exige de nouvelles recherches.

2 Dans la Cercaria cyslophora du Planorbis marginatus, les grand'nourrices sont des Sporoci/sles et les nourrices les Rédies.

Le passage de l'un de ces hôtes dans un autre a lieu, tantôt par des migrations actives (Embryons, Cercaires), tantôt par transports passifs (formes enkystées). Cependant il peut se produire dans certains cas des modifications dans ce schéma général de l'évolution, des complications aussi bien que des simplifications. Les embryons (Mono&tomum flavum et M. mutabile) font plus que de perdre des cils pour se transformer en sacs germinatifs, ils se comportent plutôt comme une larve Pluteus par rapport à un Échinoderme. Ils portent déjà le sac germinatif dans leur corps comme un parasite constant (fig. 468), et, arrivés dans un Mollusque, les cils vibratiles, les taches oculaires, les papilles tactiles, les organes d'excrétion se détruisent et il ne reste que le sac germinatif central. Dans d'autres cas, le développement se simplifie par la disparition du deuxième hôte intermédiaire et de la phase enkystée. Et alors, tantôt les'Cercaires produites par les nourrices émigrent directement dans l'hôte où elles se transformeront en Distomes sexués, par exemple la Cercaria macrocerca, qui émigré des Sporocystes situés sur les branchies du Pisidium et du Cyclas dans la vessie urinaire de la Grenouille pour s'y transformer en Distomum cygnoides, tantôt les Cercaires vont s'enkyster dans des plantes, tantôt enfin la génération engendrée par le sporocyste est dépourvue d'appendice caudal et représente le jeune Distome qui après émigration passera dans un autre hôte, deviendra individu sexué sans passer par la phase d'enkystement ; ce cas se présente, comme Zeller l'a montré récemment pour les larves du Leucochloridum. Celles-ci sont dépourvues de l'appendice caudal des Cercaires et présentent la conformation des jeunes Distomes avec l'ébauche des organes génitaux et la peau mince et stratifiée à la place du kyste. Les Oiseaux insectivores avalent avec les tentacules vermiformes du Succinea amphibia une partie du Leucochloridium et de sa progéniture, qui se transforme dans l'intestin du nouvel hôte en Distomum macrostomum (holostomum des Rallides). Il y a aussi de jeunes Distomes non enkystés, qui ne deviennent jamais sexués dans le milieu où ils habitent, tels que de petits Distomes dans le cristallin et dans le corps vitré des animaux supérieurs ainsi que dans le tissu gélatineux des Cœlentérés, et au contraire on a observé des exemples (Gasterostomum gracilescens clans des kystes de l'Égrefin, Distomum âgamos des Gammarines) de Distomes enkystés qui arrivent à maturité sexuelle et produisent des œufs probablement après s'être fécondés eux-mêmes.

Enfin il faut encore mentionner des Cercaires marines appartenant au genre Distomum, qui, comparables à un roi de Rats, sont unies entre elles par l'extrémité renflée de leurs appendices caudaux, et forment des masses globuleuses de filaments nageant librement dans la mer. Elles sont produites par des Dédies sacciforrres dans des Gastéropodes marins, et émigrent probablement après leur séparation dans la substance gélatineuse de Méduses, de Siphonophores, de Cténophores, et s'y transforment en petits Distomes asexués.

w7 Fig. -468. — 1. Embryon de Diplodiscus subclavatus. D, tube digeslif; Ex, système aquif'ère (d'après G. Wagener). — 2. Embryon de Monostomum mutabile. P, tacbes de pigment; R, rédie (d'après v. Sieboldj.

DISTOMIENS.

La génération alternante desDistomos, (|ni dérivent probablement de Turbellariés planariformes, phylogénétiquement s'explique d'une autre façon que par exemple la génération alternante des Méduses. Les sacsgerminatifs et demêmeles

Cercaires ne doivent pas être considérés comme des formes primaires, mais comme des formes d'adaptation simplifiées et secondaires. LesSporoeystesel les Hédies, restés très en arriére des individus sexués par la forme et l'organisation, ont subi dans l'ébauche des organes sexuels, c'est-à-dire des cellules ectodermiques (peut-être une sorte de pseudovarium), un développement particulier, et ont acquis la faculté de produire agamogénètiquement une nouvelle génération aux dépens des cellules de leur gerinigène, tandis que leurs descendants, se rapprochant davantage de l'organisation des individus sexués, ont développé des organes transitoires nécessaires à leur développement. Dans tous les cas cette tentative d'explication, surtout si on la rapproche du développement des Cestodes, est beaucoup plus naturelle que l'hypothèse que le sac germinatif a représenté jadis la forme primaire sexuée, ou était plus rapprochée de la forme ancestrale que l'organisme des Distomes.

Distomae '. Distomiens

Vers munis au plus de deux ventouses, sans crochets, qui vivent en parasites dans l'intérieur des organes et se développent par généra- „ .

lion alternante. Les nourrices et les larves vivenl princi- jjjjgfPH^BW

paiement dans les Mollusques, les individus sexués dans le canal digestif des Vertébrés.

Quelques espèces des genres Monostomum et Distomum présentent un dimorphisme sexuel, l'appareil sexuel mâle se développant exclusivement chez certains individus, et l'appareil sexuel femelle chez certains autres (fig. 469). Probablement l'ébauche de l'organe sexuel qui ne fonctionne pas subit une métamorphose régressive plus ou moins profonde. Ces espèces de Distomes sont morphologiquement et originairement hermaphrodites, mais en fait ont les organes séparés.

Malheureusement la biologie complète et l'histoire du développement ne sont suffisamment connues que pour un petit nombre d'espèces, dont on a pu suivre toutes les phases évolutives. Dans beaucoup de cas, et précisément pour tous les Distomes qui vivent sur l'homme et les animaux domestiques, on ne connaît jusqu'ici que les individus sexués, ainsi que les larves ciliées et les embryons qui viennent d'éclore.

1. Fam. Monostomidae. Corps ovale, allongé, plus ou moins arrondi, avec une seule vmtouse entourant la bouche, à la partie antérieure.

1 Voyez, outre les travaux de Dujardin, Creplin, v Siebold, G. Wagener, de la Valette, Zeller, etc., de nombreux mémoires de Linstow dans les Archiv fur Naturgeschichte, ainsi que ceux de Villot, Leydig, Cobbold.

ig. 469. — Distomum haemalobium. Le mâle porte la femelle dans le canal gy necophore. S, ventouse.

488 DISTOMIENS.

Monostomum Zeder. Ventouse, entourant la bouche, pharynx puissant. Ouvertures sexuelles peu éloignées du bord antérieur. M. mutabiie Zeder, dans la cavité viscérale et dans l'œil de plusieurs Oiseaux aquatiques, vivipare. M. flavum Mchlis, chez les Oiseaux aquatiques, provient de la Cercaria ephemera des Planorbes. M. aitenuatum Rud., dans le tube digestif du Canard, et M. lenlis v. Nordm., forme jeune, asexuée dans le cristallin de rilomme. M. faba Brems., sous la peau des Oiseaux chanteurs. M. biparlititm Wedl., par paires dans des kystes, l'un des individus enlouré par la partie postérieure lobée de l'autre. Branchies du Thon.

2. Fa.m. Kolostomidae. Région antérieure du corps distincte en forme de tête ou de disque, plus ou moins élargie, concave sur la face ventrale, armée outre la ventouse orale d'une deuxième ventouse médiane. Orifices sexuels à l'extrémité antérieure. Développement sans génération alternante.

Diploslomum v. Nordm. Partie antérieure du corps discoïde, creusée en forme de ventouse. Les organes sexuels mâles s'ouvrent sur la face ventrale, ha petite fossette située devant la grande ventouse médiane est probablement un orifice sexuel. D. grande Dies. Dans le tube digestif de la grande Aigrette américaine. De nombreuses formes décrites par v. Nordmann comme des espèces de Diplostomum vivent dans le corps vitré ainsi que dans le cristallin des Poissons fluviatiles et des Poissons de mer et n'ont pas les organes sexuels développés. Ce sont probablement des formes jeunes de Holostomum.

Holoslomum Nitzsch1. Partie antérieure du corps arrondie, renflée, creusée en forme de ventouse; partie postérieure un peu rétrécie, cylindrique, un peu aplatie. Ouverture sexuelle femelle à l'extrémité postérieure du corps, et aussi, d'après Wedl, l'ouverture mâle (?). Vivent dans le tube digestif des Oiseaux aquatiques, rarement des Batraciens et des Poissons. //. sphaerula Duj., dans le tube digestif de la Poule. H. variabile Nitsch., dans les viscères du faucon pèlerin et du Héron cendré.

Hemistomum Dies. Extrémité antérieure distincte du reste du corps, recourbée en forme de ventouse. Ventouse médiane entourée par des prolongements des deux testicules. Ouvertures sexuelles à l'extrémité postérieure H. cordatum Dies. Tube digestif du Chat sauvage. H. pedatum Dies., dans le Didelphys. H. trilobum Dies., Cormoran.

5. Fam. Distomidae. Corps lancéolé, souvent large, plus souvent allongé et rond. Outre la ventouse orale, une grosse ventouse sur la face ventrale. Au devant de celle-ci. deux orifices sexuels, d'ordinaire tout près l'un de l'autre.

Distomum Rnd., Ventouse ventrale rapprochée de la ventouse antérieure. D.hc.palicumL. Douve du foie. Extrémité antérieure conique ; de nombreuses épines sur la surface du corps large et foliacé, long d'environ 50 mm. Vit dans les conduits biliaires du Mouton et d'autres animaux domestiques. Se rencontre aussi accidentellement chez l'Homme et pénètre même dans la veine porte et dans le système de la veine cave. L'embryon allongé se développe après un long séjour de l'œuf dans l'eau ; il porte un revêtement ciliaire continu et une tache oculaire en forme d'X. Ouant au développement, il parait très probable, d'après les recherches de R. Leuckart, qu'il se passe dans les individus jeunes des Limnaeus pereger et trimcatulus, que les embryons se transforment en Sporocystes et que ceux-ciproduisent des Bédies, dans lesquelles se forment les jeunes Distomes dépourvus d'appendice caudal. D. crassum Busk., dans le tube digestif des Chinois, long de 1-2 pouces, large d'un demi-pouce. Pas d'épines. Branches de l'intestin simple. D. lanceolaium Mehl. Corps lancéolé, allongé, 8-9 mm. de long. Vit avec le D. liepaticum. L'embryon se développe d'abord dans l'eau; il est piriforme, cilié seulement sur sa moitié antérieure, qui porte sur un mamelon un aiguillon slylil'orme. D. ophthalmobium Dies., espèce douteuse, dont on connaît seulement quatre exemplaires, trouvés dans la capsule du cristallin d'un enfant de neuf mois. D. heterophyes v. Sieb.Bilh. Corps ovale acuminé en avant, long de 1-1.5 mm., dans le canal digestif de l'Homme en Egypte. D. goliath van Ben., long de 80 mm. dans le Plerobalacna .

Distomum clavigerum van Ben., dans le tube digestif de la Grenouille avec la Cercaria

1 Voyez Wedl, Sitzungsberichte der K. Acad. der Wiss. Tom. XXVI.

P0LYST0M1ENS. 489

armata dans les Planorbes. D. relusum Rud.= endolobum Duj., dans la Grenouille avec la Cercaria armata dans les Sporocysles des Lymnées et des Planorbes. La Cercaire s'enkyste dans les larves de Névroptères. D. cygnoides Zed., pharynx immédiatement en arrière de la ventouse buccale, dans la vessie de la Grenouille. L'embryon cilié produit des Sporocysles sur les branchies des Cyclas. Ceux-ci produisent la Cercaria maerocerca, qui émigré directement dans la Grenouille. D. globiporum, dans l'intestin de la Grenouille avec des Sporocysles sur les branchies du Cyclas et du Pisidium. I). militare Van Ben. = echmiferum Paludinae, dans le tube digestif du Canard et de plusieurs Oiseaux aquatiques avec la Cercaria echinifera de la Paludine. D. echinatum van Ben., dans le tube digestif du Canard, Cercaria echinata des Lymnées. D. tereticolle Zed-, dans le Brochet.

Les espèces suivantes, réunies sous le nom collectif de Dislominn appendiculat um, possèdent une ipieue rétractile : Distomum ventricosum Rud., dans le tube digestif des Clupéides; D. excisum Rud., dans le tube digestif du Scomber; D. tornatum Rud., dans le tube digestif des Conjphaena; D. rufoviride Rud., dans le tube digestif du Congre.

Distomum fiUcolle Rud. (D. Okeni Kôll.). Se rencontre par paire dans les enfoncements de la muqueuse de la cavité branchiale du Brama Raji. L'un des individus est cylindrique, petit et niàle, l'autre est renflé dans la portion moyenne et postérieure du corps et rempli d'œufs. Probablement le développement inégal des deux individus est dû à ce que l'accouplement n'est pas réciproque et qu'un seul d'entre eux est fécondé et par conséquent a pu seul exercer les fonctions sexuelles femelles. D. haematobium Billi. v. Sieb. (Bilharzia Cob., Gynaecophorus Dies., Thecosoma Moq.-Tand). Corps mince, allongé; sexes séparés. La femelle grêle, cylindrique; le mâle muni de fortes ventouses, les bords latéraux recourbés en gouttière, et formant un canal gynécophore dans lequel est placée la femelle. Vivent réunis par paire dans la veine porte, les veines de la rate, de l'intestin et de la vessie chez l'Homme enAbyssinie. Les embryons sont, suivant Cobbold, ciliés et possèdent un système aquifère très développé. Les œufs, en s'accumulant en grandes masses, déterminent dans les vaisseaux de la muqueuse des uretères, de la vessie et du gros intestin, des inflammations qui peuvent causer des hématuries. La moitié de la population indigène adulte de l'Egypte en est infestée.

Rhopalophorus Dies. Deux trompes rétractiles munies d'épines près de la ventouse buccale; les autres caractères semblables à ceux du Distomum. Rh. coronatus Dies., dans les Didelphys. Amphistomum Rud. (Diplodiscus). La ventouse abdominale est rapprochée de l'extrémité postérieure et profondément excavée. A. subclavatum Nitsch., dans le gros intestin de la Grenouille avec la Cercaria diplocotylea. A. conicum Rud., dans le Bœuf.

A. Eam. Gasterostomidae. Ventouse buccale au milieu de la face ventrale. Tube digestif simple, contractile. Ventouse discoïde à l'extrémité antérieure. Pore du tronc excréteur et orifices sexuels à l'extrémité postérieure.

Gasterostomum v. Sieb. Au bord antérieur de la ventouse antérieure aplatie se trouvent des appendices contractiles, orifices sexuels ta l'extrémité postérieure. G. fimbriatum v. Sieb. dans l'intestin du Brochet, de l'Anguille, etc., enkysté aussi chez les Cyprins, provient peut-être du Bucephalus polymorphus. D'autres espèces de Gasterostomum, dont quelquesunes sont dépourvues d'appendice à la ventouse buccale, vivent dans le canal digestif du Congre et d'autres Poissons de mer.

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