CHALEUR ANIMALE
qui absorbent peu d'oxygène, n'étant pas en état de brûler beaucoup de principes organiques, ne peuvent transformer qu'une petite quantité de force latente en force vive. Non-seulement la production de travail musculaire et nerveux est relativement, très médiocre, mais encore la quantité de ces mouvements moléculaires particuliers qui se manifestent sous forme de chaleur est extrêmement minime. Les animaux qui produisent peu de chaleur ne peuvent, pas se soustraire aux influences de température du milieu qui les entoure : observation qui s'applique aussi aux animaux à respiration aérienne, chez lesquels la production de chaleur est très considérable, l'échange de la matière très actif, mais dont la masse du corps, très petite, présente une surface relativement considérable au rayonnement de la chaleur (Insectes). Chez ces deux catégories d'animaux, la température du corps est déterminée par celle du milieu ambiant; elle s'élève et s'abaisse avec elle. C'est pourquoi la plupart des animaux inférieurs sont dits à température variable, ou encore, mais avec moins de justesse, à sang froid1. Au contraire, les animaux supérieurs, dont les organes respiratoires sont bien développés et qui sont le siège d'une activité vitale très intense, engendrent une somme de chaleur considérable ; protégés d'ailleurs contre une radiation trop rapide par la grosseur de leur corps et par un revêtement de poils et de plumes, ils peuvent, malgré les variations de 1<*j température extérieure, conserver une partie de leur chaleur, posséder, en un mot, une chaleur propre constante; de là leur est venu le nom d'animaux à sang chaud ou homœothermes. Pour que les phénomènes vitaux s'accomplissent normalement, ou même pour que la vie puisse se maintenir, il est indispensable que la température propre du corps ne varie que dans des limites très étroites, aussi l'organisme possède-t-il une série de régulateurs destinés, quand la température du milieu ambiant augmente, à diminuer la production de la chaleur animale (ralentissement de la nutrition), ou à abaisser la température du corps par accroissement du rayonnement (ôvaporation de la sueur), et inversement, quand la température s'abaisse, à augmenter la production de chaleur (activité de ia nutrition causée par une alimentation plus abondante, mouvements plus rapides), et parfois aussi à diminuer la déperdition de calorique par le développement d'une enveloppe protectrice plus efficace. Quand quelques-unes des conditions nécessaires au fonctionnement de ces régulateurs font défaut (alimentation insuffisante, corps de petite taille dépourvu d'une enveloppe protectrice efficace), l'établissement du sommeil hibernal (sommeil estival), ou, quand l'organisme ne peut pas supporter une diminution passagère dans l'ac-
Fiy. 95. — Système trachéen d'une larve d'Agrion, d'après L.
Dufour. Tst, troncs trachéens; Kt, branchies trachéennes ; Na, les trois stemmates.
1 Voy. Bergmann, Ueber die Verhâltmsse (1er Warmebkonomie der T/iirre zu ihrer Grosse. Gôttinger Studien, 1847. — Bergmann et Leuckart, Anatornisch-physiologische Uebersicht des
Thierreichs. Stuttgart, 1852. — Gavarret, De la chaleur animale produite par les cires vivants Taris, 1855. — Id. Les phénomènes physiques de la vie. Paris, 1869.
tivité de la nutrition, les phénomènes voyageurs) viennent rétablir l'équilibre.
remarquables de la migration (Oiseaux
ExA
Organes «le la sécrétion. —
Les organes de la respiration tiennent en quelque sorte le milieu entre ceux de la nutrition et ceux de l'excrétion ; ils absorbent de l'oxygène et exhalent de l'acide carbonique. Outre ce gaz, il y a encore une foule de substances excrémentitielles, qui des différentes parties du corps passent dans le sang, d'où elles sont expulsées pour la plupart, sous forme liquide, par l'intermédiaire des organes de sécrétion.
Ce sont des glandes, de structure simple ou complexe, formées par des dépressions de la peau ou de la surface intestinale, et qui se laissent ramener à la forme de tubes simples ou ramifiés, de canaux disposés en grappes ou en lobules.
Parmi les substances diverses qui sont expulsées du sang à l'aide du revêtement épithélial des parois glandulaires, et parfois aussi sont employées à d'autres fonctions secondaires, les produits de décomposition azotés sont particulièrement importants.
Les organes, qui sécrètent ces produits ultimes de l'échange de la matière, sont les organes urinaires on reins . Représentés chez les Protozoaires par la vacuole pulsatile, chez les Vers ils constituent les vaisseaux aqvifères.
Ces derniers forment un système de canaux ramifiés qui prennent leur origine dans les tissus parenchymateux ou dans la cavité viscérale du corps par des orifices ciliés en dedans et en forme d'entonnoir. Dans ce dernier cas, les entonnoirs ciliés présentent d'ordinaire une large ouverture. Chez les Vers plats, deux troncs latéraux, s'ouvrant à l'extrémité postérieure du corps par une portion commune dilatée (vésicule contractile), forment l'appareil vecteur (fig. 96).
— Jeune Distome d'après La Valette. Ex, troncs du système aquifère ; Ep, orifice excréteur; 0, bouche située au milieu de la ventouse orale; S, ventouse abdominale; Ph, pharynx; l), branche du tube digestif.
Fi?. 97. - Coupe longitudinale de la Sangsue. D, tube digestif ; b, cerveau; Gk, chaîne ganglionnaire; Ex, canaux excréteurs (système aquifère) (d'après Leuckart).