‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 211 sur 271 · STOMATOPODES · texte numérisé non relu

STOMATOPODES

ehoires sont relativement petites et faibles ; celles de la première paire garnies

en dedans d'un lobe conique recourbé sur lui-même et terminé en crochet; elles

Fig. GIS — Squilla mantis. — A1, antennules; A", antennes; Kf, Kf", paires antérieures des pattesmâchoires insérées sur le thorax; B\ B", B"\ les trois paires de pattes fourchues.

portent un rudiment de palpe. Celles de la deuxième paire sont lamelleuses et lobées (4 à 5 lobes). Les 5 paires suivantes de membres sont groupées autour de la bouche et appelées pour cela pattes buccales. Toutes portent à leur base une lame discoïde, qui est. très développée sur les deux premières paires. La première paire seule (lrP paire de pattes-mâchoires) est grêle, en forme de palpe, mais terminée cependant par une petite pince; ies autres paires servent à saisir la proie. Les pattes de la deuxième paire (2e paire de pattes-mâchoires) sont de beaucoup les plus développées; elles sont situées plus ou moins en dehors et constituent de puissantes pattes ravisseuses avec une main préhensile très allongée. Les trois paires suivantes ont la même forme et se terminent par une main préhensile arrondie et faible. Il ne reste donc pour la locomotion que les trois paires de membres insérées sur les derniers anneaux du thorax, non recouverts par la carapace. Les pattes natatoires de l'abdomen sont très développées, leur lamelle externe porte les branchies.

Le système nerveux se distingue par la longueur des commissures œsophagiennes, qui présentent, avant leur réunion avec la chaîne ventrale, une branche de communication transversale. Le cerveau est situé en avant de l'anneau antennal, el les ganglions antérieurs du thorax, encore séparés dans la larve, sont réunis en une grosse masse sous-œsophagienne, dont les nerfs se distribuent aux pièces de la bouche et aux pattes ravisseuses. Les trois derniers ganglions thoraciques restent seuls séparés. Ils sont suivis de six gros ganglions situés dans les anneaux de la queue. Il est remarquable que jusqu'ici on n'ait pu découvrir d'organes auditifs, tandis que les poils olfactifs existent en très grand nombre sur le court fouet des antennes internes.

L'œsophage est court, l'estomac plus simple que chez les Décapodes; l'intestin est droit et entouré d'une masse glandulaire, qui est le foie. Le cœur présente de nombreuses paires d'orifices. Il a la forme d'un vaisseau dorsal, situé dans le thorax et l'abdomen, et envoie dans chaque anneau une paire d'artères latérales, en avant une aorte céphalique avec des vaisseaux pour les yeux et les antennes, et en arrière une artère qui se ramifie dans la palette caudale.

Le testicule est un tube impair situé entre le vaisseau dorsal et le tube digestif dans la nageoire caudale. Dans le dernier anneau abdominal il se divise en deux branches, qui s'avancent côte à côte en décrivant de nombreuses circonvolutions jusque dans les anneaux abdominaux antérieurs, où elles se trans-

STOMATOPODES. 723

forment en canaux déférents. En pénétrant dans l'anneau thoracique chaque canal déférent se recourbe en dehors pour venir aboutir, avec un tube glandulaire volumineux pelotonné, au pénis dans la base de la dernière patte thoracique.

L'ovaire est formé, sauf dans sa portion terminale située dans la nageoire caudale, et qui est impaire, de deux moitiés lobées latéralement qui se touchent sur la ligne médiane, et remplissent l'abdomen et les trois grands anneaux thoraciques entre le tube digestif et le cœur. Dans l'antépénultième anneau thoracique, chaque branche de l'ovaire se continue avec l'oviducte, qui se termine par un petit orifice arrondi sur le côté d'une poche médiane fonctionnant comme un réceptacle séminal. Les deux sexes montrent peu de différences. Cependant le mâle est facile à reconnaître par la présence de deux verges, placées à la base de la dernière paire de pattes thoraciques. Les femelles ne transportent pas les œufs avec elles, mais les déposent dans les trous qu'elles habitent.

Le développement post-embryonnaire présente une métamorphose compliquée, qui ne nous est malheureusement que très imparfaitement connue. Les larves les plus jeunes que l'on ait observées jusqu'ici (2 mm. de long), rappellent déjà par leur grande carapace armée de prolongements spiniformes, qui entoure le corps comme un manteau, la forme d'Erichthus; elles possèdent au complet les anneaux thoraciques, mais sont dépourvues d'abdomen, à l'exception de la palette caudale; elles diffèrent par conséquent beaucoup des Zoés des Décapodes. Outre les antennes encore courtes et simples et les pièces buccales dépourvues de palpes, il existe 5 paires de pattes natatoires (les futures cinq paires de pattesmâchoires) qui sont conformées comme les membres des Zoés, bien qu'un peu plus ramassées. Les trois derniers anneaux du thorax ne portent pas de membres et sont terminés par une nageoire caudale large et simple, de telle sorte qu'il est facile de tomber dans l'erreur de les considérer comme des anneaux de l'abdomen. Des larves un peu plus âgées présentent en avant de la nageoire caudale un nouvel anneau offrant les rudiments d'une paire de fausses pattes. A une période encore plus avancée du développement, on observe trois, puis cinq anneaux thoraciques avec les membres correspondants, ainsi que les rudiments des palettes latérales de la nageoire caudale. Sur le thorax, les pattes natatoires de la deuxième paire se transforment de bonne heure en grandes pattes ravisseuses, tandis que les trois pattes postérieures restent pendant longtemps sans éprouver de modifications, puis s'atrophient, perdent leur appendice et deviennent de petites pattes ravisseuses. Ce n'est que lorsque les trois paires de pattes ravisseuses ont apparu, que se montrent des pattes biramées sur les anneaux jusqu'ici dépourvus de membres. Les larves présentent alors tous les caractères essentiels de la forme Erichthus. Puis elles revêtent, peu à peu, après que les fouets des antennes se sont développés ainsi que les branchies, la forme de Squillerichthus ou la forme Squilloïde, plus allongée, et enfin, à ce qu'il semble, celle du genre Gonodactylus.

Une autre série de phases évolutives reproduit la forme des larves d'Alinia (fig. 619), et conduit par quelques stades intermédiaires à celle de Squilla*.

1 Ce mode de développement décrit par Claus, d'après une collection d'individus conservés dans l'alcool, a été depuis confirmé ar Brooks sur des larves vivantes.

STOMATOPODES.

Les plus jeunes de ces larves, qui probablement abandonnent sous cette forme les enveloppes de l'œuf (c'est-à-dire après la métamorphose régressive des trois

paires de pattes natatoires postérieures) , possèdent, outre les antennes encore simples, dont les postérieures sont encore dépourvues même de fouet, et outre des mandibules non munies de palpes et de mâchoires, les pattes-mâchoires longues, palpiformes, et les grandes pattes ravisseuses. Puis viennent six anneaux sans traces de membres, l'abdomen avec ses pattes natatoires biramées et la nageoire caudale encore simple. Plus tard apparaissent, derrière les glandes pattes ravisseuses, les rudiments des trois petites pattes ravisseuses, ainsi que sur les trois anneaux thoraciques suivants, encore recouverts par le bouclier dorsal, les rudiments de trois paires de pattes sous la forme de petits ma- Fig 619. - -Jeune larve a lima. - Af, pattes melons. Dans une phase plus avancée, les

abdominales (pleopodes) ; Mxf, patte-mâchoire . . . ....

antérieure: Mxf", grande paire de pattes ravis- tl'OlS pattes buccales SOnt déjà reCOUliaiSseuses; A' et A", antennes. g^^ neUement articulées, quoique très

courtes, et munies, comme les deux pattes-mâchoires qui les précèdent, d'une petite lamelle branchiale discoïde, tandis que les trois paires de membres placées à leur suite représentent des espèces d'utricules fourchus, non articulés, et (pie les branchies se développent sur les pattes de l'abdomen. Le stade suivant reproduit tous les caractères essentiels des Alima. Enfin les larves revêtent une forme allongée, qui mène à la forme définitive de Squilla.

Les Stomatopodes habitent exclusivement les mers chaudes; ils sont bons nageurs et se nourrissent d'animaux marins vivants.

Fam. Squillidae Bouclier dorsal divisé en trois lobes par deux sillons longitudinaux. Région céphalique antérieure mobile.

Squilla Rond. Bouclier dorsal rétréci en avant, laissant libres au moins les quatre anneaux thoraciques postérieurs. Abdomen à surface cannelée. Appendices des dois dernières pattes thoraciques, grêles, cylindriques et allongés. Griffes des grandes pattes ravisseuses avec de forts crochets. Abdomen s'élargissant en arrière. Sq. mantis Bond. Sq. Desmareslii Bisso, Méditerranée. Sq. nepa Latr., Côtes du Chili. Sq. raphidea Fabr., Mers de l'Inde, etc. Les espèces à surface lisse et à large bouclier arrondi ont été réunies par Dana dans un genre spécial, Lysiosquilla. L- mandata :Lain. Pseudosquilla Dana. La carapace, lisse, ne laisse à découvert que les trois derniers anneaux thoraciques. Ps. Lessonii Guér., Mers du Chili. Ps. slylifera Larn., Iles Sandwich. Gonodactyhts Latr. Griffes des pattes ravisseuses renflées et non dentelées sur le bord préhensile. G. chiragra Fabr., très-commun dans les mers chaudes. Coronis Latr. Appendice latéral des six dernières pattes thoraciques en forme de lame membraneuse presque orbiculaire. C. scolopendra Latr., Brésil.

La famille des Erichthides, admise par Milne Edwards et Dana, ne renferme que des formes larvaires de Squillidcs. Les Alima, de même que les Erichthus et les Squillerhthus, sont des larves de Stomatopodes.

PODOPIITHALMAIRES. 725

Page 1