‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 231 sur 271 · SCORPION! DES · texte numérisé non relu

SCORPION! DES

Thelyphonus Latr. Les deux yeux du milieu beaucoup plus grands que les yeux latéraux. Th. caudatus Fabr., Java, Timor. Th. giganteus Luc., Mexico. Th.- rufimanus Luc, Java.

SCORPIOMDEA-. SCORPIOXIDES

Palpes maxillaires 1res longs et chélicères terminées par des pinees didactyles. Préabdomen composé de sep/ anneaux et postabdomen très étroit, formé de six anneaux, présentant à son extrémité postérieure un aiguillon venimeux. Quatre paires de sacs pulmonaires.

Les Scorpions ont élé jadis placés parmi les Thoracostracés, auxquels, en effet,

on peut les comparer à cause de leurs palpes maxillaires puissants et didactyles et de leurs téguments solides et crustacés (fig. 686). Le céphalothorax a une forme l'amassée. L'abdomen, très allongé, s'articule avec lui dans toute sa largeur et se divise en un préabdomen cylindrique composé de sept anneaux et un poslabdomen très étroit, recourbé vers le haut et formé de six anneaux, et dont l'extrémité se termine par un aiguillon acéré et également recourbé, renfermant deux glandes venimeuses. Les chélicères sont triarti culées et terminées par des pinces; les palpes maxillaires portent aussi des pinces très puissantes, tandis que leur base élargie sert à la mastication. Les quatre paires de pattes son) très développées et terminées par de doubles griffes. L'article basilaire de la première paire se transforme aussi poureoncourir à la mastication. Par leur organisante. -Céphalothorax et préabdomen d^ tion interne les Scorpions sont supérieurs

Scorpw africanus (régne animal). — A'/'. r

chélicères; Kt, palpes maxillaires; A', pei- aux autres Arachnides. Le système nerveu i se

gnes; s*, stigmates. compose d'un cerveau petit, bilobé, dune

grosse masse ganglionnaire thoracique ovale et de sept à huit petits renflements

1 Outre Walckenaer, Duvernoy, Ehrenberg, consoliez : P. Gervais, Remarques sur la famille ries Scorpions et description de plusieurs espèces nouvelles. Archives du Muséum, vol. IV. — J. Millier, Bcilrâge zur Anatomie des Scorpions. Arehiv fur Anat. und Physiol. 1828. — Rathke, Zur Entwickelungsgeschichte des Scorpions. 18". — Newport, On the structure, relations and devclopment of the nervous and circulatory Systems in Myriapoda and macrourous Arachnida. Philos. TransacL. 1845. — L. Dufour, Histoire anatomique et physiologique des Scorpions. Méin. présentés à l'Acad. des sciences, vol. XIV, 1856. — E. Blanchard, Organisation du règne animal. Paris, 1853-1 854. — E. Metschnikoff, Embryologie des Scorpions. Leipzig, 1870. — E. Simon, Arachnides de France, t. VII. Paris, 1879.

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ganglionnaires abdominaux, dont, les quatre derniers sont situés dans le postabdomen. On considère comme système nerveux viscéral un petit ganglion placé au commencement <le l'œsophage, relié par des branches avec le cerveau et envoyant des nerfs au tube digestif. Les organes des sens ne sont représentés, outre les peignes situés sur l'abdomen, que par les yeux, qui sonl simples, au nombre de trois à six paires, et placés la plupart sur le milieu du céphalothorax, el les autres à gauche etàdroite sur le bord frontal. Le canal digestif présente un petit sac œsophagien piriforme, don! les parois sont rattachées aux apodèmes de la paroi sternale par des groupes de muscles (dilatateurs); l'œsophage est un tube étroit, qui, après avoir traversé le collier œsophagien, se dilate en une seconde poche, dans laquelle se déversent deux glandes salivaires volumineuses. L'intestin moyen l'orme un tube droit, qui est entouré dans le préabdomen par le foie très volumineux et composé d'un grand nombre de lobes. Dans cette région de l'intestin débouchent les nombreux canaux hépatiques; dans l'intestin terminal débouchent les deux vaisseaux de Malpighi. L'anus est situé dans l' avant-dernier anneau abdominal.

L'appareil circulatoire est beaucoup plus compliqué que chez les autres animaux de la même classe, et, suivant Newport, est même complètement clos; cependant ici, de môme que chez les Décapodes, des sinus se trouvent intercalés dans le système vasculaire. Le vaisseau dorsal allongé, divisé en huit chambres et fixé par huit paires d'expansions musculaires en forme d'ailes, est entouré d'un sac ou sinus péricardique et muni de huit paires d'orifices afférents. Dans l'intérieur du cœur, auprès de chaque orifice, est un repli membraneux, disposé en manière de valvule, qui laisse pénétrer le sang venant du sinus, mais qui se rabat el ferme l'entrée quand le courant tend à s'établir en sens inverse. Le sang est chassé dans les organes par une artère antérieure et une artère postérieure, el par des artères latérales. Les dernières ramifications artérielles semblent communiquer par l'intermédiaire des capillaires avec les veines, d'où le sang passe de chaque côté dans un sinus ou réservoir, situé à la face ventrale de l'abdomen, pour être conduit ensuite dans les organes respiratoires et de là par des veines spéciales dans le sinus péricardique et finalement dans le cœur. La respiration s effectue à l'aide de quatre sacs pulmonaires, qui s'ouvrent du troisième au sixième anneau abdominal par autant de paires de stigmates, et qui sont composés d'un petit nombre de tubes aplatis.

Les organes génitaux sont situés dans le préabdomen et enfouis dans le foie. Les testicules sont des tubes allongés, reliés de distance en distance par des anastomoses transversales. Aux conduits déférents sont annexés, à quelque distance de leur réunion en un canal commun, deux tubes aveugles courts et deux longs. Les premiers sont des glandes, les seconds correspondent probablement à des vésicules séminales proiracfiles( ?). Les deux tubes ovariens, qui présentent de courts follicules saillants, sonl réunis par des anastomoses transversales, et constituent ainsi un tube médian longitudinal. L'ensemble forme un ovaire annulaire. De la région terminale parlent deux oviductes qui, après s'être dilatés notablement, se réunissent sur la ligne médian,; pour donner naissance à un vagin très court. L'orifice génital, dans l'un et l'autre sexe, est situé à la base de l'abdomen, audessous de deux lamelles cornées entre les peignes, qui remplissent probable-

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ment les fonctions d'organes du tact. Ces derniers sont parcourus par un gros nerf, qui envoie dans leurs lamelles des rameaux se terminant dans un grand nombre de papilles tactiles. Les mâles se distinguent des femelles par leurs pinces plus fortes et par leur postabdomen, qui est plus long.

Les femelles, fortement renflées au moment où elles portent, vers la fin du printemps ou au commencement de l'été, sont vivipares. Le développement de l'embryon a été étudié en particulier par Metsclmikolï. Tantôt les embryons se développent entièrement dans les follicules ovariques (Butluts afer), tantôt les premières phases seules s'y passent et les embryons subissent leur évolution ultérieure dans les tubes ovariens (Scorpio). La segmentation est partielle (discoïdale). Les cellules provenant de la segmentation du vi tell us formaiif se groupent en un disque germinatif en forme de verre de montre et constitué par une seule couche de cellules. Au centre se différencie un amas de nouvelles cellules. Celles-ci, renfermant pour la plupart des gouttelettes d'huile, forment un second feuillet qui s'étend au-dessous du feuillet externe, prend un égal développement et se divise ensuite en un feuillet interne et un feuillet moyen. Une autre couche cellulaire entoure le germe, représente une sorte d'amnios, mais son mode d'origine est encore inconnu. Le disque s'allonge, devient ovale et s'élargit à une de ses extrémités, l'extrémité céphalique. En ce point, aussi bien qu'à l'extrémité caudale bien plus étroite, les deux feuillets s'épaississent considérablement. Alors apparaît au centre de la tache embryonnaire un sillon longitudinal, qui ne s'étend pas jusqu'aux deux extrémités, puis s'efface, et à sa place se mon trent des sillons transversaux qui la divisent en segments, un antérieur représentant la tète, un médian et un caudal. Le nombre de ces segments augmente probablement par division du segment médian et par formation successive de nouveaux anneaux à partir du segment caudal. Quand le nombre de ces segments a atteint le chiffre de six ou sept, la tête a la forme d'un lobe élargi, jusqu'auquel s'étend le sillon médian, qui se montre de nouveau. On trouve alors que le second feuillet s'est subdivisé en un feuillet moyen et un feuillet interne. Ce dernier se distingue par la grande quantité de granulations qu'il contient. Ces feuillets s'étendent au delà de la tache embryonnaire, sur la périphérie du vilellus, où ils forment une couche 1res mince. La partie caudale commence à se recourber en avant. Lorsque le corps de l'embryon se trouve composé de douze anneaux, on remarque sur le lobe céphalique un sillon médian et une paire de sillons transverses en forme de croissant, qui marquent la première trace des replis céphaliques. Le deuxième anneau (anneau des chélicères) est petit et encore dépourvu d'appendices; par contre, le troisième est très développé et muni de très grands appendices, les futurs palpes maxillaires, dans lesquels pénètre, comme dans tous les membres, un prolongement du feuillet, moyen. Les quatre anneaux suivants présentent l'ébauche des quatre paires de pattes; on aperçoit même des rudiments de membres sur les anneaux qui précèdent là région caudale. Dans une période plus avancée, dans laquelle le nombre des anneaux est de quatorze, les parties latérales îles lobes céphaliques fout fortement saillie, et, en arrière d'eux et sur la ligne médiane, apparaît la bouche en même temps que les chélicères se développent sur le second anneau. Les deux derniers anneaux du préabdomen sont en partie recouverts sur la face ventrale

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par la queue (fig. 687)l. Les ganglions de la chaîne abdominale se montrenl sur la face ventrale sous la forme de petits renflements cuboïdes géminés, d'abord dans les anneaux céphaliques el Ihoraciques, et, plus tard, dans les anneaux de l'abdomen. L'enveloppe amniotique, &£ formée à cette époque de deux lames Cellulaires, se sépare ^, de l'embryon el s'applique sur la membrane vitelline. Puis la portion antérieure de l'anneau céphalique recouvre vers le B bas la portion inférieure représentant le cerveau, les marne- b* Ions des membres se divisenl en articles, le poslabdomen s'allonge, el six anneaux y apparaissent successivement. Des rudiments d'appendices du préabdomen, la deuxième paire X

seule reste et constitue les peignes: à la place des paires sui- ' : p

vantes apparaissent les stigmates. Wll

Jadis on se servait eu première ligne, pour classer les Scor- *"- v-

pions, des caractères tirés du nombre et de la position des 'de Scor^n (d'après veux. Gervais et Peters1 ont les premiers attribué une im- e. Metscimikort). -

, , , .. . , , A7, chélicèios; KL

portanee plus grande a la lorme du sternum et aux dents palpes mav,uai,.es: des chélicères pour l'établissement des familles, et Thorellse H\h n- le> quatre

base en outre sur les dents des palpes et sur la conformation raciques. L'abd H

des peignes. porte aussi des rudi-

ments de pattes.

1. Fam. Androctonidae. Sternum rétréci en avant, presque triangulaire. Androctonus Hempr. Ëhrbg. {Androctoninae). bord supérieur et bord inférieur de la

brandie immobile des chélicères munis de deux dents. Derrière les trois yeux principaux de chaque côté deux yeux accessoires. A. australis L. Bulhus Leacb. Diffère principalement par l'absence de carène sur le cinquième anneau caudal. B. occitanus Amorx. Depuis l'Espagne jusqu'en Grèce. B. afer L. Afrique.

Centrurus Hempr. Ehrbg. {Centrurinae). bord inférieur de la branche immobile des chélicères avec une seule dent très petite. C. biaculealus Luc. Genres voisins : Isometrus Hempr. Ehrbg. et Phassiis Thor.

Tithyusù. L. Koch [Tilhyinae), bord inférieur de la branche immobile des chélicères dépourvu de dents. T. lineatus C. L. Koch. Lepreus Thor.

2. Fam. Telegonidae. Sternum trèscourt, ayant la forme d'une plaque étroite et recourbée. Ordinairement trois yeux latéraux de chaque côté.

TcLgonus C. L. Koch. Cinquième anneau caudal non caréné et sans area hémi-elliptique. T. vcrsicolor G. L. Koch. Boilnijtrus Pet.

5. Fam. Scorpionidae. Sternum presque pentagonal. D'ordinaire 5. parfois 2 yeux latéraux; rarement en outre un œil accessoire.

Véjovis C. L. Koch (Vejovinaé). V. intrepidus Thor., Mexico.

Heterometms Hempr. Ehrbg. (Ileterometrinae). Trois yeux latéraux éloignés du bord. Les yeux principaux presque au centre du bouclier céphalothoracique. H. maurus L. H. [Pandinus) a frira nus L.

Scorpio L. (Scorpiorinae). Seulement deux yeux latéraux de chaque côté. S. carpaihicus L. S. europaeus L., Italie. S. (Scoipiops) Hardwickii Gerv.

'P. Gervais, Remarques sur la famille des Scorpions. Archives du Muséum d'hist. n.»t., IV. — Peters, Ueber eitieneue Einlheilung der Scorpione, etc. Jlonatsb. der Kônigl. àcad. der Wiss. Berlin. 1861. — Thorell, On the. classification of Scorpions. Ami. and Magaz. of Nat. tiist. sér., t. XVII. 1870 — Id., Etudes scorpionologiqv.es. Aui Soc. ital. d. se. nat. Milano 1x77. — F. Karsch, Scorpionologische Beitrâge. Milth. d. Miiiich. Entom. Ver. 1879.

PSEUDOSCORPIO.MPKS.

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