CLASSE ONYCHOPHORA , PROTRACHEATA. ONYCHOPHORES
Corps vermi forme, présentant une tête distincte, pourvu de deux antennes, de rudiments de pieds courts composés d'un petit nombre d'articles et terminés par deux griffes. Respiration trachéenne.
Les Onychophores, qui ne renferment que le seul genre Peripatus, avaient été jadis considérés comme des Annélides. Mais depuis que Moseley a démontré la présence de trachées, et que l'on a reconnu que les soi-disant parapodes terminés par des griffes sont de véritables pattes articulées, il n'est plus douteux que ces
animaux soient de véritables Arthropodes, qui ont, il est vrai, plus que toute autre, classe
s capensis (d'après Moseley). de Trachéategj con
serve dans leur forme générale et leur organisation, des rapports étroits avec les Annélides. Leur corps, médiocrement long, est formé de quatorze à trente segments ou davantage, portant chacun une paire de membres coniques terminés par deux grilles (fig. 690). La portion antérieure du corps forme une tète nettement distincte, sur laquelle se trouvent deux antennes et deux yeux simples. La bouche est située à la face inférieure de la tête; elle est entourée d'une lèvre
1 L. Guilding, An account of a new genus of Mol/usca. Zool. journal, II, 1820. — E. Blanchard, Sur l'organisation des Vos. Ami. se. nul., 5" sér., t. VIII. 1847. — E. Grube, Ueber den Bau des Peripatus Edwardsii. Arch. de Millier 1855. — Sànger, Untersuchungen ûber Peripatus càpensis und P. Leuckartii. Verhandl. der Moskauer INaturforschervers. Abth. Zool. — Moseley, On the structure and development of Peripatus capensis. PMI. Transact. Roy. soc. London. 1875. — F. W. Hutton, On Peripatus A'owe Zealandiae. Ann. Mag. Naf Hist. 1876 et 1877. — Fr. Balfour. Quart. Journ. of microscop. Science. Avril 1885.
ONYCHOPIIORES.
saillante, qui forme comme une sorte de courte trompe; en dedans de celle-ci se trouvent deux mâchoires pèdiformes terminées chacune par deux griffes (fig. 691). Indépendamment de ces appendices, comparables aux mandibules des Myriapodes et des Insectes, il existe une paire de papilles buccales, non surmontées de griffes, qui représentent les pattes de la deuxième paire, et sur lesquelles viennent déboucher des glandes volumineuses.
Les organes de la respiration sont des trachées, découvertes par Moseley el qui aboutissent à un grand nombre de stigmates dispersés à la surface du corps. Sur la lace ventrale on observe en outre, sur la ligne médiane, une rangée de stigmates. Les trachées son! assez simples; ce sont de petits tubes lins qui se distribuent sur les viscères sous la forme de touffes de très fines ramifications. Le système nerveux est remarquable par l'écarlement de ses deux moitiés latérales. Le ganglion cérébroïde pair émet deux troncs nerveux qui se rapprochent audessous de l'œsophage mais qui, plus loin, divergent et restent séparés jusqu'à l'extrémité postérieure du corps (fig. 692). Réunis de dislance en distance par
Fig. 691. — Tète d'un embryon de Pe-
ripatus (d'après Moseley). — An, antennes; K, mâchoires; au-dessus, les renflements eclodermiques qui forment le cerveau.
Fig 692. — Anatomie d'un Peripatus femelle (d'après Mosejey). — /•', antennes: G, cerveau, d'où partent les cordons nerveux ventraux Vc ; Pli, pharynx ; D, intestin ; .4, anus,- Sd, glandes salivaires; Ov, ovaires; Od, oviductes; U, utérus.
des commissures ténues, ils ne se rejoignent qu'à leur terminaison. Il n'y a point de renflements ganglionnaires, car les cellules nerveuses sont uniformément distribuées. Les muscles ne sont pas striés. Le canal digestif est composé d'un pharynx musculeux, qui aboutit par l'intermédiaire d'un œsophage court et étroit dans un large intestin moyen. Celui-ci s'étend en droite ligne; il se continue avec un court estomac terminal, qui débouche à l'extrémité postérieure du corps. Le cœur est représenté par un long vaisseau dorsal. Sur les côtés du canal digestif se trouvent les deux glandes tubuleuses ramifiées que nous avons mentionnées plus haut, et dont la sécrétion visqueuse se durcit à l'air et forme des fils.
SOi MYRIAPODES.
Les Onychophores, regardés à tort par Grube comme hermaphrodites, ont les
sexes séparés. D'après Moseley, l'ovaire petit, bilobé, est situé au-dessous du canal
digestif. L'oviduete se partage en deux longs canaux, qui se dilatent chacun à leur partie inférieure en un long utérus, puis se réunissent en un vagin court s'ouvrant sur la face ventrale, au-dessous de l'anus. L'appareil mâle est formé de deux testicules ovales pourvus chacun d'un sac glandulaire allongé (prostate?) (fig. 693). Les deux canaux déférents, après avoir décrit de nombreuses circonvolutions, se réunissent en un long canal éjaculateur, peut-être protractile, qui débouche sur la lace inférieure, en avant de l'anus.
Les œufs se développent dans l'intérieur des deux utérus. Les embryons présentent deux grands lobes procéphaliques suivis de nombreux anneaux, sur lesquels apparaissent les rudiments des membres. Les lobes procéphaliques recouvrent, à la manière d'une lèvre supérieure, les appendices antérieurs qui constitueront les mâchoires et se réunissent avec la deuxième paire d'appendices transformée en papilles buccales; en même temps sur leur partie antérieure commencent à apparaître,
sous la forme de bourgeons, les antennes. Les Onychophores sont des animaux terrestres, qui vivent dans les endroits
humides, au milieu des feuilles, sous les pierres, dans le bois pourri. On en
connaît plusieurs espèces dans l'Amérique du Sud, la Nouvelle-Zélande, le
Cap.
Fig. 693. — Extrémité postérieure d'un Péri patus rnâle (d'après Moseley). — T, testi cules; Pr. prostates; Vd, canaux défé cents; De, canal éjaculateur; D, rectum Vc, cordons ganglionnaires ventraux.
Fam. Peripatidae. Caractères de l'ordre.
Penpatus Gttild. P. Edwarsii Rlanch., avec trente paires de pattes portant des griffes. Cayenne. P.juliformis Guild., Antilles, Guyane. P. Blainvillii Rlanch., Chili. P. Leuckàrtii Sang., Nouvelle-Hollande. P. Capensis. Gr.