‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 238 sur 271 · MYRIAPODES · texte numérisé non relu

MYRIAPODES

ré sont presque toujours des ocelles, on dos amas de points oculaires pressés les uns contre les autres, rarement [Scutigera) de vérilables yeux à facettes; ceux-ci, du reste, ne se distinguent pas bien nettement des amas de points oculaires. Le canal digestif traverse en ligne droite, à de rares exceptions près [Gfameris), toute la longueur du corps ; l'anus esl dans le dernier anneau abdominal. On y distingue un œsophage étroit, qui part de la cavité buccale, et,

comme chez leslnsectes, esl muni de glandes salivaires tubuleuses ou racé uses,

un très long et très large estomac dont, la surface est recouverte de courts tubes hépatiques saillants dans la cavité viscérale, un intestin terminal, dans lequel débouchent deux ou quatre anneaux urinaires <|ui s'enroulent autour du tube digestif, et enfin un rectum cour! et large.

L'organe central de la circulation du sang esl un ioag^vaisseau dorsal animé de pulsations rhythmiques qui s'étend dans toute la longueur du COrps (fig. 699). 11 se divise en chambres, dont le nombre correspond à celui des anneaux, et qui sont lixées à la paroi dorsale, à droite et. à gauche, par des muscles en forme d'ailes. Le sang passe de la cavité viscérale dans les chambres du cœur par des fentes latérales ; il est distribué par des artères latérales paires et par une aorte eéphalique, divisée en trois branches, dans les organes situés dans la cavité viscérale, qui, de même que chez les Hirudinées, forme un sinus entourant la chaîne ganglionnaire ventrale. Les Myriapodes ont une respiration aérienne, et possèdent un système de tubes remplis d'air, ou trachées. Ce sont d'ordinaire, sauf chez les Chilognathes, deux canaux qui longent le corps de chaque côté, reçoivent l'air extérieur par des orifices pratiqués dans presque tous les segments (tantôt sur les articles basilaires des pattes, tantôt dans les membranes intermédiaires qui unissent les plaques dorsales et abdominales), et envoient des ramifications à tous les organes.

Les organes génitaux sont constitués, en général, par un tube allongé impair, dont le canal excréteur, souvent double, est toujours muni de glandes accessoires. quelquefois aussi chez les femelles d'Un réceptacle séminal, et débouchent tantôt par deux ouvertures sur l'article de la hanche de la deuxième paire de pattes ou derrière elle (Cliilognathes, fig. 705), tantôt par un seul orifice à la partie postérieure du corps (Chilopodes, fig. 706). Chez les mâles il existe fréquemment, dans le premier cas, des organes externes d'accouplement placés loin des orifices sexuels, sur le sixième ou le septième anneau. Avant l'accouplement, ils se remplissent de sperme, et s'introduisent pendant cet acte dans les organes de la femelle.

Les femelles, en général plus grandes que les mâles, pondent souvent leurs

'/.. util. — Tète et segments antérieurs de Scolopendra (d'après New'port). — G, cerveau; 0, yeux; A, antennes;^, pnltcsmâchoires; C, cœur; M, muscles aliformes du oœur; .t/\ artères.

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œufs dans la terre. La segmentation du yitellus est totale. Suivant Metschnikoff (Newport), apparaissent sur la tête de l'embryon, derrière les rudiments des antennes, seulement deux paires d'appendices destinés à constituer les pièces de la bouche; par conséquent il n'existerait derrière les mandibules qu'une seule paire de mâchoires. Les petits subissent, aprésla naissance, des métamorphoses; ils ne possèdent d'abord, outre les antennes, que trois (Chilognathes), six ou ,/-v) huit paires de pattes et quelques anneaux apodes (fig. 700). Ils grossissent peu à pc dans leurs nombreuses mues; de nouvelles pattes apparaissent sur

des anneaux déjà existants. Ceux-ci se multiplient par Fig. 700. —Embryon de Slron- , ,. . . J . .' „ • , ,

gyiosoma (d'après F. fliefschni- des divisions successives de l'anneau terminal ; le

kolfl- nombre des ocelles, celui des articles des antennes,

s'augmentent aussi ; la ressemblance avec le type devient de plus en plus parfaite.

La forme et la structure des Myriapodes les destinent à vivre sur le sol ; on les trouve sous les pierres, sous l'écorce des arbres, dans la terre et dans tous les lieux humides et obscurs. Les Chilopodes chassent leur proie et se nourrissent d'Insectes et de petits animaux; les Chilognathes vivent de végétaux, surtout de détritus décomposés.

On a trouvé quelques Myriapodes fossiles dans les couches jurassiques; l'ambre jaune en présente un beaucoup plus grand nombre.

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