‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 244 sur 271 · II. Thorax · texte numérisé non relu

II. Thorax

Pro thorax

Mésolhorax

Mélathorax.

Tenmm

Antepectus (1 paire de pattes)

Tergum paire d'ailes)

Medipectus (1 paire de pattes).

Tergum (1 paire d'ailes

Postpectus (1 paire de pattes) .

/ Praescutum.

\ Scutum.

j Scutellum.

( Postscutellum.

/ Prosternum.

\ Entothorax.

. Episternum.

/ Epi mères.

[ Paraptères.

r Praescutum.

' Scutum.

j Scutellum.

( Postscutellum.

Medisternum.

Entothorax.

Episternum.

Epi mères. .

Paraptères.

Praescutum.

Scutum.

Scutellum.

Postscutellum.

Poststernum.

Entothorax.

Episternum.

/ Epimèrc

[ Paraptè

•es.

Cette nomenclature des pièces du squelette tégumenlaire des Insectes est, à peu de chose près, elle que Audouin a proposée dans ses mémoires classiques.

tiple, mais aussi beaucoup moins énergique dans l'acte de la mastication. Chaque maxille présente un article basilaire court (cardo), un pédoncule ou tige (stipes) avec un article externe écailleux (squama palpigera), sur lequel repose un palpe pluriarticulé (palpas maxillaris), el plus haut, au bord de la tige, deux lamelles ou lobes (interne et externe), qui servent à la mastication (lobus extern us, intérims). La lèvre inférieure est postérieure; on peut la considérer comme la troisième paire d'appendices buccaux, et comme une deuxième paire de mâchoires, dont les pièces sont soudées, sur la ligne médiane, par leur bord interne. Il est rare qu'on puisse reconnaître sur la lèvre inférieure toutes les pièces des maxilles, car, en môme temps que soudure, il y a d'ordinaire atrophie et disparition de diverses parties. Dans certains cas, cependant, elles existent assez distinctement (Orthoptères, fig. 709). Le plus souvent la lèvre inférieure se réduit à une simple plaque, munie de deux palpes latéraux (palpi labiales); mais, chez les Orthoptères, elle présente une pièce inférieure attachée à la gorge (submen- ,.

tum), et distincte d'une seconde pièce qui porte les palpes et qu'on nomme menton (mention). Au-dessus du menton s'élève la languette (glossa), accompagnée quelquefois de pièces supplémentaires (paraglossae) . Le submentum ou pièce prébasilaire correspond évidemment aux articles basilaires soudés, le menton aux tiges réunies, la languette, simple ou bifurquée, aux lobes internes, et les paraglosses aux lobes externes demeurés libres des maxilles.

Des protubérances médianes qui apparaissent sur la face interne des lèvres supérieure et inférieure sont désignées sous les noms d'épipharynx et d'hypopharynx.

Toutes ces descriptions sont relatives aux Insectes broyeurs ou masticateurs; ceux qui se nourrissent de liquides présentent des transformations si remarquables de tout ou partie de l'appareil buccal, que le regard perçant de Savigny seul put établir leurs relations morphologiques. Au lieu de se borner, comme jadis, à opposer simplement les organes broyeurs aux organes suceurs, on a pu, après une élude approfondie des dispositions si diverses de l'appareil buccal, constater qu'il présente au moins quatre formes reliées les unes aux autres par des formes intermédiaires. A l'appareil broyeur qu'on rencontre chez les Coléoptères, les Ne'vroptères et les Orthoptères, se rattache tout d'abord l'appareil buccal des Hyménoptères qui, suivant la juste expression de Leuckart, est disposé pour lécher (fig. 710). La lèvre supérieure et les mandibules ont essentiellement la même structure que chez les Insectes masticateurs, elles servent

TRAITÉ DE ZOOLOGIE. — 2e ÉDIT. 52

Fig. 709. — Pièces de la bouche d'une Blaita (d'après Savigny). — a, tète vue par la face antérieure. Oc, ocelles; Mxt, palpes maxillaires; Lt, palpes labiaux. — b, lèvre supérieure ou labre (Lr). — c, mandibule (Md) — d, maxille. C, pièce basilaire (cardo): SI, tige (stipes); L-in, lobe interne; L.ex, lobe externe; Mxt, palpe maxillaire. — e, lèvre inférieure composée de deux parties.

également à diviser les matières solides, tandis que les mâchoires et la lèvre

Fig. 711. — Pièces buccales de Lépidoptères (d'après Savigny). — a. Zijgncna, et b, Xoclua. — A, antennes; Oc, yeux: Lr, lèvre supérieure; Md, mandibules; Met, palpes mandibulaires; M.c, maxilles ; Lt, palpes labiaux, coupés en b.

Oc

Figr. 710 — Appareil buccal de VAnthophora retusa (d'après Newport). — .1, antennes; Oc, steramates; Md, mandibules; Mxt, palpes maxillaires; Mx, maxilles; U, palpes labiaux; Gl, languette (glossa) ; Pg, paraglosses.

inférieure, allongées plus ou moins, sont disposées pour lécher e( sucer les liquides. Les organes exclusivement affectés à la succion se trouvent chez les Lépidoptères ; ici les mâchoires se réunissent pour former une trompe et les autres pièces sont plus ou moins atrophiées (fig. 711). Enfin les pièces huccales des Diptères et des Rhynchotes, disposées pour piquer, se composent d'un appareil de succion formé le plus souvent py la lèvre inférieure et de stylets aigus, à l'aide desquels ils peuvent pénétrer jusqu'aux sucs nourriciers, dont ils se nourrissent (fig. 712). Les mandibules aussi bien que les mâchoires et même l'hypopharynx et l'épipharynx subissent dans ce but de nombreuses modifications que nous aurons plus loin l'occasion d'étudier. Comme ces sortes d'armes acérées peuvent s'atrophier complètement ou du moins devenir inaptes à remplir leurs fonctions, on comprend qu'il soit impossible d'établir aucune division tranchée cuire les pièces buccales qui

Ft7^7SÏXaJê! sont disP°^s P°ur Perforer ou p°ui' sllcei* (fis- 713)-

Savigny). — m, lèvre Au surplus, il existe aussi de nombreuses formes intermé-

interieure ou rostre ; Lr, ,. . .,, ... . , ., ... ,

lèvre supérieure; Md, diaires entre 1 appareil buccal suceur et 1 appareil buccal mandibules; Mx, maxil- inas| icateur [Phryganides, Thrips, etc.)1.

Le deuxième tronçon principal du corps des Insectes, le thorax, se relie à la tète par une portion étroite, et consiste en trois anneaux

1 Gerstf'eld, Ueber die Mundtheile der saugenden Insecten. Mitau und Leipzig, 185".

si1

Culc

qui portent les trois paires de membres ambulatoires ou pattes, et en général, deux paires d'ailes placées sur la face dorsale. Chez les Hyménoptères et peutêtre chez fous les Diptères, le premier anneau abdominal entre dans la composition du thorax. Ces anneaux, le prothorax, le mésothorax el le me'tathorax sonl raremenl simples; ils sont formés le plus souvent d'un certain nombre de pièces unies par des sutures. Chacun d'eux offre une pièce dorsale (notum) el une pièce ventrale (sternum), que l'on désigne, suivant l'anneau auquel elles appartiennent, sous le nom de pronotum, mesonolum, metanotum, et de prosternum, mesosternum, metasternum. Sur les anneaux moyens el sur les anneaux postérieurs la pièce dorsale et la pièce sternale ne se touchent pas directement; elles sonl réunies par des pièces latérales ou flancs [plearae). Celles-ci se divisent souvent en une pièce antérieure, episternum et une pièce postérieure, epimerum. On voit aussi assez souvent sur le mésonotum une plaque triangulaire médiane, ou écusson (scutellum), placée chez les Coléoptères à la hase des élytres, et suivie parfois d'une autre pièce postérieure semblable mais plus petite, placée sur le métanotum, postscutellum. La manière dont s'unissent les trois anneaux thoraciques varie suivant les ordres ; ainsi ^évroptères, les Orthoptères et chez beaucoup de Rhynchotes, le prothorax reste mobile, tandis que dans tous les autres cas il est relativement petit et soudé avec l'anneau suivant.

Sur la face ventrale des trois anneaux thoraciques, entre le sternum et les flancs, s'articulent les trois paires de pattes. Plus que clans aucun autre groupe d'Arthropodes, le nombre et la grandeur des articles de la patte sont constants; on y Compte toujours cinq parties (fig. 714). L'article hasilaire ou hanche (coxa), sphérique OU cylindrique, s'articule avec le thorax. Il est suivi d'un deuxième article très petit, constituant le trochanter., uni tantôt se divise

:ces buccales de • nemorosus femelle (d'après B 'cher). — Lbr, lèvre supérieure ; l.b, lèvre inférieure ou trompe; U, palpos labiaux; Md, mandibules; Mx, maxilles; H, hypopharynx.

chez les Coléoptères, le

Fig. 71 i. — Différentes formes de pattes ié;;ne animal).— a,Mantis avec des pattes ravisseuses. — b, pattes coureuses de Caracas. — c, pattes sauteuses d'Acridium. — d, pattes fouisseuses de Gryllolalpa. — e, pattes natatoires de Dytiscus.

en deux pièces, tantôt se soude avec le tronçon suivant. Le troisième tronçon, le plus gros et le plus fort, est la cuisse (fémur); il est très allongé; il s'y attache uni' jambe (tibia) grêle, également allongée et dont l'extrémité est armée de deux épines mobiles (calcaria). Enfin, le dernier tronçon, le pied ou tarse (tarsus), est moins mobile que les autres. 11 n'est simple que dans quelques cas; d'ordinaire il se compose d'une suite d'articles (cinq le plus souvent), dont le dernier est termine par des ongles mobiles, des griffes, des appendices lobés, de fausses griffes, ou des pelotes adhésives (pelotae). Naturellement la conformation des pattes varie suivant le mode de locomotion et les besoins spéciaux de chaque Insecte. On rencontre donc des pattes organisées pour la course, n\ marche, la nage, le saut; d'autres pour fouir ou pour saisir. Ces dernières appartiennent à la paire antérieure, ont la jambe et le tarse reployés contre la cuisse, comme la lame d'un couteau de poche est repliée contre le manche (Mantis, Nepa). Celles qui sont disposées pour le saut sont au contraire tout à fait postérieures, et offrent une cuisse très forte (Acridium) . Celles qui doivent servir à creuser la terre sont reconnaissables à leurs tibias élargis en forme de pelle (Gryllotalpa) ; elles sont antérieures. Les tarses des Insectes nageurs sont aplatis et pourvus de longs poils (Naucoris). Enfin les pattes ambulatoires se distinguent de celles des Insectes coureurs par le dessous du tarse, qui est élargi et velu (Lamia). Les trois paires de pattes sont rarement parfaitement semblables, en particulier la paire antérieure et la paire postérieure présentent des modifications adaptées à des fonctions spéciales.

Une deuxième forme d'instruments de locomotion insérés sur le thorax, ce sont les ailes, dont les modifications servent à caractériser les différents ordres1. Elles n'existent que chez l'Insecte adulte et sont articulées sur la face dorsale du mésothorax et du métathorax entre le notum et les pleurae. Les ailes attachées au mésothorax sont dites ailes antérieures, celles qui appartiennent au métathorax, ailes postérieures. Jadis on les considérait au point de vue morphologique comme des membres modifiés. Mais cette manière de voir n*est basée sur aucun argument positif, et il n'est pas douteux qu'il faille chercher l'origine de ces organes dans ces replis cutanés pairs et indifférents, que l'on rencontre déjà si souvent chez les Crustacés sur certains anneaux, où ils servent à protéger les parties molles ainsi qu'à multiplier les surfaces respiratoires. Les rudiments des ailes apparaissent déjà comme des replis de ce genre, qui s'accroissent graduellement, chez les larves des Orthoptères à métamorphoses incomplètes, par exemple chez les Blattes et les Termites. Dans ce dernier cas on trouve, même sur les trois anneaux thoraciques, des rudiments de lamelles latérales, qui, de même que les branchies trachéennes lamellaires des Éphémères, renferment des trachées et, à l'exception de la paire antérieure, se transforment en ailes. Et c'est essentiellement par le même procédé que se forment les rudiments des ailes chez les Insectes à métamorphoses complètes, mais d'ordinaire pendant la phase larvaire désignée sous le nom de nymphe. Ce sont, des lames cutanées minces. plates, étalées, transparentes et très délicates, qui consistent en deux membranes étroitement unies bord contre bord, appliquées l'une contre l'autre et par-*

1 G. E. Adolph. Ucber Insectenflùgel. Nova acta Leop. Carol. Acad. T. XLI. 1880.

courues par des lignes saillantes de consistance chitineuse, qu'on appelle des nervures ou côtes (fig. 715). Les nervures qui suivent une direction déterminée, et très importante au point de vue de la classification, ne sont autre chose que des canaux situés entre les deux laines de L'ailé, entourés de chitine et destinés à livrer passage au liquide sanguin, aux nerfs, et surtout aux trachées, dont la distribution correspond à la disposition même de ces nervures. Celles-ci partent toujours de la hase de l'aile; il y en a trois principales, ou davantage, qui émettent des branches surtout sur leur moitié supérieure, branches réunies eiilrc elles par des anastomoses et limitant ainsi des aréoles ou cellules. La première suit le bord supérieur ou antérieur de l'aile ; elle porte le nom de nervure costale (coda) et se termine souvent par une sorte d'empâtement corne, stigmate, à une distance plus ou moins grande de l'extrémité de l'aile. AudUssôûT'est située la deuxième ou radius, et derrière elle, la troisième, nervure postérieure ou cubitus, qui est rarement simple et se bifurque dès avant le milieu. Les deux branches de bifurcation se subdivisent souvent à leur tour, de sorte «pie la moitié supérieure de l'aile ressemble à un damier, à un réseau

plus ou moins compliqué. Les mailles ,^

de ce réseau, ou cellules, sont divi- ^^^^^^^^^^^^^\

sées en cellules marginales ou radiales -— -^-gg^g^"~~"ra ^~S~tri]p^ 0

et sous-marginales ou cubitales. On dis- ~-^^ -~-^L^---C>\bM^>^

tingue aussi une nervure sous-costale, \\^^ ""^^ \3~-^

partant de la base du radius, et une ner- ^""r" ' — ^^5

vure postcostale. Cette dernière donne ^ë- us- — Aile dc t'ipuia (d'après Fr. Brauer). —

, , , . //, subcosta ; 1, première nervure longitudinale (costa

naissance a des nervures secondaires mediana); 2, nervure radiale (radius ou sectar); 3,

Ct à des cellules brachiales, jusqu'au nervure cubitale; 4, nervure discoïdale (cubitus an-

" J tiquus): i, nervure submediana (cubitus porticus);

milieu du bord inférieur de l'aile. 6, nervure anale (postcosta) ; 7, nervure axillaire ;

Une oervure tranwpr«salp relie a^e7 R, cellule radiale; I/, cellule cubitale; D, cellule

une neivuie transvei saie 1 eut a^stz discoïdaIe;/à Y, cellules postérieures; vb, cellule

SOUVeilt le radius et le cubitus, OU les basilaire antérieure; AB, cellule basilaire posté-

bi • . . / ?• . rleurc; AZ, cellule anale,

ranebes qui en partent (radius sector,

cubitus anticus). Elle limite également les cellules discoidales. Le système des nervures des ailes est, du reste, si varié et si compliqué, que même dans chaque ordre les désignations des nervures et des cellules diffèrent, et qu'il n'est guère possible d'établir entre elles une corrélation morphologique.

,La forme et l'organisation des ailes présentent aussi des différences très nombreuses et importantes pour la classification. Les ailes antérieures peuvent devenir parcheminées, comme chez les Orthoptères et les Rhguchotes, ou cornées, comme chez les Coléoptères, et alors elles affectent la forme de boucliers solides (élytres) et servent moins au vol qu'à protéger le dos, dont les téguments sont mous. Chez beaucoup de Coléoptères, les élytres même se soudent et les ailes postérieures disparaissent (Gibbium). Dans le groupe des Hémiptères, les ailes antérieures sont cornées en grande partie, la pointe seule est membraneuse (héméhjtres), tandis que les ailes postérieures le sont entièrement. Si les deux paires restent membraneuses, leur surface externe tantôt est recouverte d'écaillés (Lépidoptères ai Phryganides), tantôt demeure nue, offrant des divisions très nettes qui parfois, comme chez les Névroptères, forment un réseau finement réticulé. En général, les deux paires ne sont pas d'égale dimension. Les Insectes

dont les ailes antérieures sont parcheminées et ceux qui ont des demi-élytres ou même des élytres entiers, possèdent des ailes postérieures très grandes; chez ceux qui ont les deux paires d'ailes membraneuses, ce sont au contraire les antérieures qui sont les plus grandes. Beaucoup de Névroptères, cependant, présentent des ailes assez égales, tandis que chez les Diptères, les ailes postérieures se transforment en deux petits balanciers. Partout on ohserve la tendance générale à ce que pendant le vol les ailes ne forment qu'une seule paire de lamelles. C'est dans ce but que chez les Insectes où les paires d'ailes ont à peu près la même taille, il existe sur les bords contigus de l'aile antérieure et de l'aile postérieure des rétinacles (retinacula), espèces de petits crochets qui rattachent ces deux organes l'un à l'autre. Dans d'autres cas, une des paires d'ailes ne sert plus d'organe du vol, comme par exemple chez les Coléoptères la paire antérieure, chez les Diptères la paire postérieure. Rarement la paire postérieure manque tout à fait; cela se voit chez la Cluë diptera (Orthoptères) et chez la ii elle de l'Hemerobius dipterus (Névroptères). Enfin dans tous les ordres d'Insectes on trouve des exemples d'absence complète des ailes, soit chez les deux sexes, soit chez les femelles seulement.

Le troisième tronçon principal du corps des Insectes, l'abdomen, renferme la plus grande partie des organes de nutrition et de reproduction. Dépourvu généralement de membres chez l'Insecte parlait, il porte chez la larve des appendices courts; certains Insectes adultes

Fig. 716. — Extrémité postérieure de l'abdomen du en présentent aussi (Japyx). A l'op- Pterostichus nigriius mâle (d'après Slein). — S . j .1 . • ■ 1 . i ,

et 9, huitième et neuvième arceau tergal; S' et POSe dll thorax qui est rigide, et dont

9', huitième et neuvième arceau stemai ; st, stig- les pièces sont à peine mobiles, l'ab-

mate; .A, anus; G, orifice génital. , „„ , ••,-.• 11

domen offre une flexunhle remarquable et une segmentation très distincte. Les dix anneaux qui le composent sonl séparés l'un de l'autre par des membranes molles et consistent en simples bandes dorsales et ventrales, reliées aussi entre elles, sur les côtés, par un espace membraneux. Une semblable structure permet à l'abdomen, qui contient la plus grande partie des viscères et des organes génitaux, de se dilater considérablement. Cette extension, qui atteint son maximum à l'époque du gonflement des ovaires (Meloe, Termes), se produit aussi nécessairement, mais dans une moindre étendue, pour permettre à la respiration de s'effectuer et à l'intestin de se remplir1. Très souvent le premier anneau abdominal est étroitement uni ou même soudé avec le métathorax, tandis que les anneaux postérieurs présentent divers appendices et offrent une conformation plus compliquée. L'anus est toujours situé sur le dernier anneau, parfois constituant un cloaque avec l'orifice des voies sexuelles, qui cependant en est généralement distinct et placé sur la face ventrale de l'avant-dernier anneau (fig. 716). Les appendices normaux de l'abdomen sont des espèces de tenailles ou des filaments articulés qui naissent

1 Voyez H. Ralhkc, Anatomisch-physiologische Vntersuchungen ùber den Athmungsprocess cler Insecten. Schriftén der Physik., oek. Geselischaft zu Kônigsberg. l,c année.

sur le même anneau que l'anus et tout près de lui. On les a considérés comme des organes du tact, en quelque sorte comme les antennes de l'extrémité postérieure du corps. Quand ils ont la forme de tenailles, ils servent d'organes pré- ' hensiles principalement chez les mâles (Forficules). Les appendices génitaux, qui constituent ce que l'on appelle l'armure génitale, sont placés au contraire sur la face ventrale, et se groupent autour de l'office sexuel; ils constituent chez le mâle l'armure copulatrice, chez la femelle des oviscaptes, des tarières,etc. Parfois, ils sont atrophiés et peuvent même disparaître complètement. Morphologiquement ce sont des appendices des anneaux, qui apparaissent à l'origine sous la forme de simples mamelons dans la couche de cellules suhcuticulaire, chez les Hyménoptères et les Orthoptères sur le huitième (première paire) et sur le neuvième (deuxième paire) anneau (fig. 717). Il ne faudrait pas en conclure que ces appareils destinés à servir à la copulation ou à la ponte des œufs soient homologues avec les membres, car chez les Diptères les anneaux contribuent à constituer l'oviscapte. L'enveloppe extérieure qui, ici aussi, est une cuticule de chitine, distincte d'une couche suhcuticulaire molle de cellules, offre des degrés d'épaisseur très divers, tantôt constituant une membrane homogène mince (larves de Moucherons qui vivent dans l'eau, fig. 50), tantôt une cuirasse solide, opaque, stratifiée. Rarement elle est incrustée de sels calcaires. Elle présente, comme chez les Crustacés, des reliefs et des dessins très variés; ce sont des damiers, des sillons, des cannelures, des rugosités, tandis que la substance, souvent colorée, qui la constitue, est généralement traversée, lorsqu'elle a une certaine épaisseur, par desjores canalifères, plus ou moins petits, sur lesquels s'élèvent des appendices cuticulaires, tels que des soies, des poils, des écailles, etc. (fig. 52). On trouve généralement au-dessous de la cuirasse, et en partie dans la couche molle suhcuticulaire, qui contribue souvent par le pigment qu'elle renferme à la coloration du corps, des glandes cutanées unicellulaires ou composées (fig. 51 et 5:2, c). La sécrétion des glandes exsude à travers de larges pores, ou plus rarement pénètre, comme chez les Chenilles-Martes, dans la cavité des appendices cuticulaires. Dans ce cas, des poils creux reçoivent la sécrétion de glandes en forme de bouteille, dont le conduit s'enfonce dans chaque pore pilifère. Le système nerveux des Insectes1 offre un développement remarquable enmême

Fig.

a. Extrémité postérieure de l'abdomen d'un jeune Locusla femelle avec les mamelons de l'oviscapte et les stylets de l'anus; C, et C", mamelon interne et externe de l'avant-dernier anneau ; C", mamelon de l'antépénultième anneau.— b. Jeune femelle un peu plus âgée. — c Nymphe; A, anus avec les stylets de l'anus (d'après Dewitz).

1 Voyez, outi îewporl, I. llùllei c t Bl

Page 1