‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 246 sur 271 · I. ORDRE ORTHOPTERA >. ORTHOPTÈRES · texte numérisé non relu

I. ORDRE ORTHOPTERA >. ORTHOPTÈRES

Insectes à pièces buccales disposées pour mâcher, munis de deux paires d'ailes à nervation en général dissemblable, et à métamorphose incomplète.

Le nom do cet ordre, tiré de la conformation dos ailes, ne saurail avoir une application générale, cette conformation étant extrêmement variée (fig. 746). On observe aussi une diversité liés grande dans les mœurs et la structuré générale. Il manque évidemment ici, quant à la forme extérieure et à l'organisation interne, un type commun, tel qu'on en trouve dans les autres ordres d'Insectes. En général, la tête est 'grosse et porte de longues antennes pluriarticulées, des yeux à facettes très volumineux et même des ocelles. Les instruments de la bouche sont disposés pour broyer et pour mordre; on peut regarder comme très caractéristique la conformation de la lèvre inférieur.", qui conserve d'une manière- assez complète les deux moitiés des mâchoires avec leurs pièces. Dans certains ras. la languette se compose de deux parties réunies au milieu par une suture longitudinale; mais d'ordinaire les quatre lobes, quelquefois même leurs supports (stipites), sont séparés l'un de l'autre. Souvent le lobe extérieur des mâchoires a la forme d'un casque (galea) et dépasse considérablement le lobe interne. Le prothorax, dont la grandeur varie beaucoup, est libre, mobile, flexible, distinct du mésothorax. Les ailes, qui offrent tant de divergences, peuvent dans quelques cas manquer totalement; souvent les antérieures sont des élytres parcheminés, ou du moins sont plus fortes que les ailes postérieures, plus grandes et repliées sur ellesmêmes; d'autres fois, au contraire, les deux paires d'ailes sont semblables et offrent déjà les caractères des ailes des Névroptères. On observe les mêmes diffé-

campe.sfr

1 J. W. Zettersledt, Orthoptera Suecica, etc. Lund., 1821. — A. Serville, Histoire naturelle des Insectes Orthoptères. Paris. 1839. — T. de Charpentier, Orthoptera descripla et depicta, Leipzig. 1841. — L. H. Fischer, Orthoptera europaea. Leipzig. 1853. — Léon Dufour, Recherches anatomiques et physiologiques sur le» Orthoptères. Mém. près Paris. Vol. VII. 1841.— C Bninner von Wattenwyl, Monographie der Phaneropleriden. Wien, 187s. — ht.. Prodromus der europâischen Orlkopteren. Leipzig. 1882. Voyez en outre les mémoires de 11. Kathke, J. Mûller, v. Siehold, Leydijr, V. Graher, elc.

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rences dans les pattes, dont les tarses sont formés rarement de deux, d'habitude de trois, quatre ou cinq articles.

L'abdomen conserve généralement la segmentation primitive, complète et se termine par des appendices en forme de tenailles, de stylets, de filaments ou de soies; il compte d'ordinaire dix anneaux; sur le neuvième est situé l'orifice sexuel ; sur le dixième, l'anus. L'abdomen des femelles (Sauterelles) offre parfois un oviscapte sur le pénultième ou l'antépénultième anneau; celui-ci se compose de chaque côté de deux valves, l'une inférieure, l'autre supérieure, et d'un stylet interne appliqué sur la valve supérieure et se mouvant dans une rainure pratiquée sur le bord supérieur de la volve inférieure. L'anneau anal porte aussi des stylets.

Le canal digestif extrêmement long, se fait surtout remarquer par sa division en plusieurs parties. Beaucoup d'Orthoptères possèdent un jabot ou renflement de l'œsophage, et un gésier armé de saillies de chitine, suivi du ventricule chylilique, muni fréquemment de quelques caecums. Les glandes salivaires sont souvent d'une grosseur extraordinaire et pourvues d'un réservoir vésiculaire. Le nombre des canaux de Malpighi est, à quelques exceptions près, très considérable. Le système des trachées est très compliqué, principalement chez les Orthoptères bien doués sous le rapport de la locomotion aérienne; sur les troncs des trachées sont placées des sortes de vésicules qui favorisent la respiration aussi bien que le vol. Presque partout il existe dix paires de stigmates, dont deux sont situées sur le mésothorax et sur le métathorax. Le système nerveux possède une chaîne ventrale très allongée, avec un petit ganglion sousœsophagien, trois gros ganglions thoraciques, et six à huit ganglions abdominaux plus petits. Quelques Insectes possèdent aussi les organes de l'ouïe. Quant aux organes génitaux, ils se font remarquer par le grand nombre des tubes ovifères et des tubes testiculaires et par le développement des glandes qui débouchent dans leurs conduits vecteurs. Il n'y a pas de poche copulatrice. Tous les Orthoptères subissent une métamorphose complète, qui se simplifie chez les formes aptères à l'état adulte, au point que le développement est direct. Les deux sexes se distinguent parfois (outre les différences dans les organes copulateurs externes et dans l'étendue de l'abdomen) par la grandeur des ailes (Periplonela), ou leur absence chez les femelles (Heterogamia, Pneumora), et aussi, chez beaucoup d'Orthoptères sauteurs, par la présence d'un appareil destiné à produire des sons chez les maies. Il est probable que les sons, que celui-ci émet, sont destinés à attirer les femelles. On prétend avoir observé que le mâle du Grillon stridule jusqu'à ce qu'une femelle s'approche, puis succède un léger bruit, tandis qu'il la caresse avec ses antennes1. Il est rare que la femelle possède un appareil analogue aussi développé {Ephippkjera parmi les Locusthles). Les œufs sont tantôt pondus dans la terre, tantôt fixés sur des corps étrangers, au-dessus de la terre, dans des endroits humides, tantôt déposés dans l'eau. Le développement embryonnaire a été suivi chez les Libellulides ; il débute par l'apparition d'une bandelette primitive interne (endoblaste, A. Brandt) (fig. 759). Les

1 Bâtes, The naluralist on the Amenons. Vol. I, 1803. — WesUvood, Modem classification of Insects, vol. III, et sur l'appareil vocal, Landois, loc. cil. et Carlet, loc. cit.

THYSANOURES.

larves desformes pourvues d'ailes abandonnent l'œuf sans en présenter 1

trace; les unes ressemblent aux Insectes adultes parleur organisation générale et leurs mœurs, elles n'en diffèrent guère (jue par le nombre des articles «les antennes et le nombre des facettes de leurs yeux; d'autres s'en éloignenl notablement, même sous ces rapports (Éphémères, Libellules); elles présentent des organes provisoires pour la préhension des aliments et pour la respiration (branchies trachéennes), et vivent dans l'eau. D'ordinaire le développement dure un an, quelquefois plusieurs années. A l'étal parlait, la plupart se nourrissent de fruits et de feuilles, quelques-uns seulement de substances animales. Les Campodes (fig. 747) sont de tons les Insectes ceux que l'on peut, parmi les Thysanoures, considérer comme se rapprochant le plus de la forme ancestralé; ils sont privés d'ailes et lent; corps rappelle relui des Myriapodes; ils offrent aussi des rudiments de pattes à l'abdomen.

On trouve des Orthoptères fossiles dans les formations houillères et dévoniennes; leurs formes ont beaucoup de rapports avec celles des Névroptèrc*. Un fait vraiment remarquable est la découverte d'un Insecte fossile (terrain dévoniende Brunswick) offrant déjà l'appareil stridulatoire des Locustides mâles1. Un Orthoptère fossile du terrain bouiller de l'Ecosse, le Lithomantis carbonarius, portait, suivant II. Woodward, de courts appendices aliformes sur le protborax.

8G1 t moindre

impodea slaaprès J. Lub-

Thysanura 2. Thysanoures

Corps velu ou couvert d'écaillés, aptère, pourvu d'ocelles et exceptionnellement d'yeux à facettes. Des appendices filiformes ou sétiformes situés à l'extrémité de l'abdomen et qui, en se repliant en dessous, peuvent servir d'appareil du saut. Développement sans métamorphose. Antennes sétiformes, de longueur diverse. Pièces buccales peu développées, souvent modifiées d'une façon particulière, disposées pour mâcher. Le système tracbéen est souvent très réduit (Podurides) et ne se compose cbez les Smynthurus, suivant Lubbock, que de deux faisceaux

1 Scudder, Transact. entomol. Soc 5e sér., vol. II.

- Latreilîe, lie l'organisation extérieure et comparée des Insecte* de Vordre des Thysanoures. Mouv. Ami. du Mus. d'hist. mit., vol. I, 1852. — II. Nicolet, Essai sur une classification '/es lnseetrs aptères île l'ordre îles Thysanoures. Ami. do la Soc. entomol., 2e sér., vol. V. — M.. Recherches pour servir à l'histoire naturelle des Podurelles. Neufehâtel, 1841. — J. Lubbock, Notes on the Thysanura. l'art. I-lV. Transact. of the Lihn. Soc, 1802-1X67. — E. von Olfers, Annolatioucs ail anatomiam Podurarum. Diss. inaug'. Berol. 1862. — Meinert, On the Campodea, a family o/ Thysanura. Naturh. Tidsskrift. 5" sér., vol. III. 18(35. — Tullbcrg, Sveriges Podurider. Kongl. Svensk. ventensk akad. Forhandl. 1872. — Id., Collembola borcaiia. tbid. 1870. — J. Lubbo;k, Monograph of the Col/einOola and Thysanura. London, 1875.

THYSANOURKS.

de trachées et deux stigmates. D'après Tullberg les stigmates ne sont pas situés sur la tète, mais sur le prothorax. Chez les Campodea il existe trois paires de stigmates (i\g. 748). La dernière paire est placée entre le métathorax et le premier anneau abdominal, et les branches qui en partent se distribuent et dans l'abdomen et dans la troisième paire de pattes. Il ne semble pas y avoir d'anastomoses entre les trois paires de faisceaux trachéens, et par suite les troncs longitudinaux latéraux font défaut (Palmén). Par contre, les Lépismides, ainsi que le genre Japyx, présentent un système trachéen holopneuslique normal avec dix paires de stigmates. Le système nerveux se compose du cerveau, du ganglion sous-œsophagien et de trois ganglions thoraciques isolés, auxquels peuvent se joindre encore un grand nombre de gan- " h glions abdominaux (Smynlhurus). Les testicules sont des tu- ,. -y-\ r^s> Des simples, sinueux, pairs, renflés à leur point de réunion J ï \S\C Pom ^orniei> une vésicule séminale sphérique, dont le canal . C\ f^V 7 excréteur débouche, de même que l'oviducte, dans le gros intestin. Très souvent il existe sur le ventre un organe de lixation tubuleux. Après l'accouplement, les femelles des Podurelles s'accroissent notablement avant de pondre. leurs œufs.

ig. 748. — Partie antérieure du Campoda fragilis (d'après Pdlmén). — Tr. trachées; S, stigmates;

1. Fam. Campodeidae (fig. 747). Corps allongé; abdomen formé de dix anneaux, terminé par deux filaments. Antennes pluriarticulées, séliformes ou filiformes. Mandibules fortement dentées. .Mâchoires munies de deux lobes et de palpes. Lèvre inférieure munie d'une languette, de paraglosses et de courts palpes. Anneaux abdominaux présentant des membres rudimentaires. Pattes thora- P, pattes: p\ pattes ciques armées de deux griffes. Rappellent les larves de Chilopodes rudimentaires abdo- par ja forme des anneaux aplatis du tronc et ont été considérés, sinon comme la forme souche des Insectes, du moins comme une forme qui est très rapprochée (Brauer).

Japyx liai. Pas d'yeux. Palpes maxillaires Inarticulés. Antennes séliformes. /. gigas Rr., Chypre. J. solifugus Hal. Campodea Weslw. Antennes filiformes. Palpes maxillaires non articulés. Campodea staphylinus Weslw.

2. Fam. Poduridae (fig. 749). Corps ramassé, sphérique ou allongé; quatre antennes de quatre à fmîr~âTticte~sr Généralement, quatre ou huit ocelles de chaque côté. Abdomen réduit à quelques segments, muni sur la face ventrale d'un appareil de fixation et terminé par un long appendice bifide replié sous le ventre. Pattes fortes; tarses bilobés uniarliculés et une grille fendue. Ouverture buccale munie d'une lèvre supérieure el d'une lèvre inférieure à quatre divisions. ;'v- vr Mâchoires dépourvues de palpes; mandibules cachées.

'^^ML: Vivent dans les lieux humides; aussi à la surface de la neige ; saillent avec agilité.

Fig. 749.

Podura villosa.

1. Sous-Fam. Smynthurinae. Corps presque sphérique et court. Segments soudés, sauf ceux du prothorax. Smiintlnirus Latr. Antennes longues, composées de quatre articles. Huit ocelles de chaque côté. (Dicyrlomu Doiul. Antennes à huit articles). Sm. signatus Latr. Papirins Lub.

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