ORGANES DES SENS
Fis- 114- — Tête <• Si, stigmates; '/'
ax d'un Acridium.
ne tympanique.
nerveux, il n'en est pas moins vrai que les cônes et les bâtonnets de la rétine sont les éléments qui transforment l'impression extérieure des ondes de l'étber en nue excitation, que les fibres du nerf optique transmettent sous forme d'impression lumineuse.
La perception d'une image exige des appareils de réfraction placés audevant de l'expansion terminale {rétine) du nerf optique, et elle exige aussi que les éléments de celte dernière soient suffisamment isolés, pour que l'impression qui agit sur eux puisse se transmettre intégralement au centre nerveux. La sensation générait de lumière est remplacée par une somme de sensations particulières, correspondant aux différentes parties de la source lumineuse. La réfraction de la lumière est produite d'abord par une portion de l'enveloppe du corps recourbée et épaissie souvent en l'orme de lentille (cornée, lentille cornéenné), à travers laquelle les rayons lumineux pénètrent dans l'œil, puis par d'autres organes situés derrière la cornée (corps vitré, cristallin, cône cristallin). Les rayons lumineux réfractés par leur passage à travers ces milieux réfringents viennent se rassembler sur la rétine, constituée par les terminaisons des fibres nerveuses, cônes et bâtonnets, le plus souvent unies à des formations ganglionnaires plus ou moins compliquées (fig. 115). Dans ces derniers temps, on a voulu, en s'appuyant sur la découverte du pourpre rétinien ' dans la région .extérieure des bàtonne's, attribuer le mécanisme de la perception lumineuse à une réaction pliotoebimique de la rétine. Le fait, que sous l'action de la lumière, le pigment diffus de la couche des bâtonnets pâlit, est très intéressant, mais prouve d'autant moins la participation directe du pourpre rétinien au mécanisme de la vision, que précisément il fait défaut dans les régions de l'œil où se produit une
1 Voy. outre les observations anciennes de iïrohn, H. Mûller, M. Sehut/e, Boll, Sitzungsberichte der Akad. Berlin, 1876 et 1877, et les mémoires d'Ewald et de Kuhne.
pe de la nHine avec ses dix couches (d'aj rès Frey).
image nette, dans la macula lutea ainsi que clans la partie extérieure des cônes. Le pigment oculaire sert à absorber les rayons lumineux inutiles, ou qui pourraient nuire à la netteté de l'image; il se trouve en partie autour de la rétine, où il forme la choroïde, en partie au-devanl du cristallin, où il constitue l'iris, voile vertical percé d'une ouverture centrale, la pupille, capable de s'élargir ou de se rétrécir. Cbez les animaux supérieurs, l'œil tout entier est entouré d'une membrane résistante de (issu conjonctif, la sclérotique, et forme alors un globe parfaitement délimité.
Les dispositions qui permettent aux points lumineux d'un objet d'agir sur les points correspondants du nerf optique et, par conséquent, permettent la perception d'une image, sont très diverses et sont intimement liées à la structure générale de l'œil. Abstraction faite des yeux les plus simples, tels qu'on les rencontre cbez les Vers et les Crustacés inférieurs, on peut reconnaître doux formes principales d'yeux.
1. La première forme est représentée par les yeux à facettes des Arthropodes (Crustacés et Insectes)1, et ne permet que ce qu'on appelle la vision mosaïque (Job.
Mùller) (fig. 116). Ici ce sont de grosses baguettes nerveuses (rétinules) qui constituent une rétine hémisphérique, à convexité externe. Les baguettes nerveuses, séparées les unes des autres par des gaines de pigment, sont situées chacune derrière un cône cristallin fortement réfringent, au-devant duquel se trouve une facette lenticulaire de la cornée (fig. 1 17).
L'œil est entouré par une enveloppe de chitine qui protège les parties molles, qui se continue avec la gaine du nerf optique et s'étend jusqu'à la cornée. Ce que l'on appelle nerf optique, correspond en réalité pour une bonne part à la rétine, qui contient une couche de cellules ganglionnaires et une couche de fibres nerveuses. Derrière chaque facette de la cornée, il se forme une image rapetissée et renversée (Coltsche), mais seuls les rayons suivant l'axe sont perçus, puisque tous les autres rayons sont absorbés par le pigment. Il en résulte que la rétine reçoit une image totale en mosaïque, résultant de la réunion de chacun de ces faisceaux de rayons image peu éclairée et peu nette.
IL La deuxième forme très répandue (œil simple, Annélides, Insecte*, Arachnides, Mollusques, Vertébrés) correspond à une chambre noire munie à sa paroi antérieure, où viennent frapper les rayons lumineux, d'une lentille convergente
Fig. 11C. — Œil ;i facettes d'une Libellule â demi schématique. C, cornéulesj K. cônes cristallins; P, pigment; /;. bâtonnets nerveux de la rétine; Fb, couche fibreuse; Cz couche .les cellules ganglionnaires ; Rf, fibres de la rétine; Fk, entrecroisement des fibres.
1 Voy. J. Millier, Zur vergleichenden Physiologie des Gesichtsinnes, trad. en français in Ami. des sciences nat., 1829. Série I. i. \l\. p. 73. — II. Grenadier, Untersuchungen iïber dus Sehorgan der Arthropode». Gôltingen, 1879.