CLASSIFICATION DE CUVIER
lement servaient à définir les groupes secondaires. Il fallait une connaissance plus approfondie de l'organisation interne pour pouvoir réunir une série nombreuse de caractères externes et internes, et frayer ses voies à un système basé sur les rapports naturels.
Tandis que les successeurs de Linné continuaient à développer ce système zoographique aride, et considéraient laussement la charpente coordonnée du système comme l'expression exacte et complète de la nature entière, Cuvier fondait une méthode naturelle par l'alliance de l'anatomie comparée avec la zoologie.
Georges Cuvier, né à Montbéliard en 1769, fut élève à la Karlsakademie de Stuttgart. Professeur d'anatomie comparée au Jardin des Plantes de Paris, il publia ses vastes recherches dans de nombreux écrits, en particulier dans ses Leçons d'anatomie comparée (1805). Dans cet ouvrage il distinguait encore neuf classes : les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles et les Poissons, parmi les Vertébrés; les Mollusques, les Crustacés, les Insectes, les Vers et les Zoophytes, parmi les Invertébrés.
C'est en 1812 seulement, dans un mémoire devenu célèbre, qu'il établit une nouvelle classification essentiellement différente1. Elle constitue le plus grand progrès que la science ait fait depuis Aristote, et peut être regardée comme la base du système naturel. Cuvier ne regardait pas, comme l'avaient fait jusqu'alors la plupart des anatomistcs, les découvertes et les faits anatomiques comme le but final de la science; il les soumit à une étude comparative et arriva ainsi à déduire des principes généraux. En considérant les particularités des différents organes par rapport à l'ensemble de l'organisme, il reconnut la dépendance réciproque des organes, et en s'appuyant sur la corrélation des parties, déjà entrevue par Aristote, il développa son principe des conditions d'existence, sans lesquelles l'animal ne peut pas subsister. « L'organisme forme un tout complet, dans lequel les diverses parties ne peuvent varier sans que toutes les autres ne subissent des modifications correspondantes. » La comparaison de la structure des animaux entre eux lui montra que les organes les plus importants sont aussi les plus constants, tandis que ceux qui sont moins essentiels subissent des modifications dans leur forme et leur développement, et même n'apparaissent pas toujours. C'est ainsi qu'il fut amené au principe de la subordination des caractères, sur lequel repose sa classification. Sans se laisser dominer par l'idée préconçue de l'unité de l'organisation animale, mais en considérant surtout les différences du système nerveux et la position réciproque, variable, des systèmes d'organes les plus importants, il acquit la conviction qu'il existe dans le règne animal quatre grandes divisions (Embranchements), « quatre plans généraux, si l'on peut s'exprimer ainsi, d'après lesquels tous les animaux semblent avoir été modelés, et dont les divisions ultérieures, de quelque titre que les naturalistes les aient décorées, ne sont que des modifications assez légères, fondées sur le développement ou l'addition de quelques parties, qui ne changent rien à l'ess ce du plan. »
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1 Sur un nouveau rapprochement à établir entre les classes qui composent le règne animal, in Ann. du Muséum d'hist. nat. T. XIX, 1812.
Ces quatre embranchements de Cuvier (Jupes de Blainville), subdivisés en classes, ordres, etc., sont les suivants :