Insectes (êv-cma
8. Testacés (èarpaxâSipputu). Échinides, Gastéropodes, Lamellibranches.
A ces divisions principales (yévn (dyicrva), près desquelles sont placées des séries de groupes intermédiaires, par exemple les Singes, les Chauves-souris, les Autruches, les Serpents, les Bernard-l'hermite, etc., Aristote ajouta des divisions secondaires sans en faire cependant des catégories précises, subordonnées les unes aux autres. Le sens qu'il attribuait au mot yhoç était très indéterminé et très élastique; il répondait à peu près à celui de notre mot groupe, car Aristote l'employait aussi bien pour désigner les divisions générales que nous appelons ordres, sous-ordres et familles, que pour qualifier les groupes les plus restreints qui correspondent à nos genres et à nos espèces. Par opposition
à l'idée vague exprimée par le mot yévoç, il se servait aussi du terme de eïSoç pour désigner une unité moins étendue, et qui cependant n'était pas entièrement équivalente à celle de l'espèce. Les idées de yévcçet de tlooç n'avaient pas de relation bien déterminée; c'étaient plutôt des idées de rapport variable.
Dans ses tentatives d'explication de la nature animée, Aristote avait recours presque constamment au principe des causes finales, et fut ainsi conduit à la méthode téléologique. Partant de l'hypothèse d'une fin rationnelle vers laquelle il faisait converger tous les phénomènes naturels, il voyait dans l'homme le centre de toute la création. Cette conception anthropomorphique, intimement liée à la téléologie, n'était cependant que la conséquence nécessaire du peu de développement des connaissances physiques de l'époque. Les ressources de l'observation et de l'expérimentation étaient trop incomplètes pour que la question pût être posée dans ses véritables termes, et l'on était naturellement conduit à la téléologie pour chercher une explication ou tout au moins un enchaînement causal et rationnel des faits et des phénomènes.
Après Aristote, l'antiquité ne nous présente plus qu'un seul zoologue éminent, Pline l'Ancien, qui vivait au premier siècle après J.-C, et qui, comme on le sait, commandait la flotte pendant la grande éruption du Vésuve (79), où il trouva la mort. L'histoire naturelle de Pline nous est* parvenue en trente-sept livres et traite de la nature tout entière, depuis les astres jusqu'aux animaux, aux plantes et aux minéraux; ce n'est cependant pas un ouvrage original d'une valeur scientifique, mais plutôt une compilation tirée de sources déjà connues, à laquelle on ne peut pas toujours se fier. Pline puisa abondamment dans Aristote, mais il le comprit souvent mal et fit revivre plus d'une vieille fable rejetée par l'illustre naturaliste de Stagyre. Sans avoir un système à lui, il divisa les animaux, d'après le milieu dans lequel ils vivent, en animaux terrestres (terrestria), aquatiques (aquatilia) et aériens (volatilia), division qui prédomina jusqu'à Gessner.
Avec la décadence des sciences, l'histoire naturelle resta, elle aussi, pendant longtemps dans l'oubli; mais les murailles des cloîtres donnèrent asile aux écrits d'Aristote et de Pline, et protégèrent contre une destruction totale ce germe de la science éclos dans le paganisme.
Pendant le cours du moyen âge, l'évêque espagnol Isidore de Séville (septième siècle), et plus tard Albert le Grand (treizième siècle)1, composèrent des ouvrages sur l'histoire des animaux. Au seizième siècle, avec la renaissance des sciences, Aristote redevint en honneur, en même temps qu'un mouvement très prononcé entraînait les esprits vers l'observation et les recherches originales. Des travaux tels que ceux de C. Gessner, d'Aldrovande, de Wotton, enrichis de jour en jour par les matériaux que la découverte et l'exploration de nouvelles parties du globe fournissaient sans cesse, témoignèrent de la vie nouvelle, à
1 Voy. principalement, sur la période de l'histoire de la Zoologie qui s'étend depuis le moyen âge jusqu'à l'époque contemporaine, outre l'ouvrage déjà cité de Cuvier, F. A. Pouchet, Histoire des sciences naturel/es au moyen âge, ou Albert le Grand et son époque considérés comme point de départ de V école expérimentale, Paris, 1853. — Kirchhof'f, Jenaische Zeitschrift fur Medicin mut Nalurwissenschaft, t. II, p. 193. — E. 0. Schmidt, Die Eîitwicklung der vergleichenden Anatomie, Iéna, 1855.
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laquelle s'éveillait notre science. Dans le siècle suivant, ta.idis que Ilarvey découvrait la circulation du sang, Kepler les lois qui président au cours des astres, Newton la gravitation universelle, et ouvrait ainsi à la physique une voie nouvelle, la zoologie entrait dans une de ses périodes les plus fécondes. Swammerdam, à Leyde, disséqua avec une patience admirable le corps des Insectes et. des Mollusques, el décrivit les métamorphoses des Grenouilles: Malpighi, à Bologne, et Leeuwenhoek, à Délit, appliquèrent le miscroscope, nouvellement inventé, à l'examen des tissus el des plus petits organismes (Infusoires). Les éléments ligures de la semence lurent découverts par un étudiant en médecine, Henri llamm. L'Italien Redi combattit lu génération spontanée des animaux au sein des matières eu putréfaction, prouva que les vers de la viande proviennent d'œuft de mouches, et se rangea à la célèbre maxime de Marvey : (i Omne vivum ex ovo ». Au dix-huitième siècle, ce fut surtout la connaissance des mœurs des animaux qu'on lit progresser. Des naturalistes comme Réaumur, Rœsel vonRosenhof, de Geer, Bonnet, .1. C. Sehaeffer, etc., exposèrent les métamorphoses et les mœurs des Insectes el des animaux aquatiques indigènes, tandis que des expéditions dans des contrées lointaines amenaient la découverte d'un grand nombre de formes animales. Tant d'observations étendues, tant de zèle à rassembler les productions les plus remarquables, accumulèrent des matériaux en quantité si considérable, que la zoologie courut le risque de tomber dans la confusion, faute d'ordre, de divisions précises, de déterminations arrêtées, et qu'il était devenu impossible d'en embrasser l'ensemble.
Dans de telles circonstances, l'apparition d'un esprit méthodique, d'un naturaliste classificateur par excellence, tel que Charles Linné (1707-1778), devait avoir une importance capitale pour le développement de la zoologie. Avant lui, il est vrai, Ray et Klein, que l'on considère avec raison comme ses prédécesseurs, avaient bien cherché à fonder leurs tentatives de classiiication sur une base rationnelle, mais n'avaient point réussi à édifier un ensemble méthodique. John Gray introduisit le premier la notion de l'espèce, et considéra les caractères anatomiques comme la base de la classification. Dans l'ouvrage qu'il publia en 1695, Synopsis der Saùgethiere uncl Reptilien, il adopta la division des animaux d'Aristote, en animaux pourvus de sang et animaux exsangues; dans le premier groupe il posa les bases des quatre premières classes Linnéennes, et divisa les animaux exsangues en animaux de grosse taille (Céphalopodes, Crustacés et Testacés) et en animaux de petite taille (Insectes).
Linné, sans pouvoir se glorifier précisément de recherches très étendues ou de découvertes remarquables, ouvrit une ère nouvelle à la science par le choix judicieux des caractères, par des coupes précises, par l'introduction d'une méthode sûre de classification et de nomenclature, et peut être à bon droit appelé le réformateur de la zoologie.
En établissant pour les groupes de valeur diverse une série de catégories basées sur les idées d'espèce, de genre, d'ordre et de classe, il put créer un système de division des êtres animés, procédant par gradations nettement déterminées. D'autre part, il introduisit, avec le principe de la nomenclature binaire, une manière aussi sûre que simple de désigner les êtres. Chaque animal reçut deux noms empruntés au latin ; le premier exprimait le genre, le second l'es-
pèce, ramenant ainsi la forme en question à un genre et à une espèce déterminés. De la sorte, Linné établit non seulement une délimitation nette et une classification de tout ce qui étail connu, mais encore une charpente méthodique dans laquelle les découvertes ultérieures pussent trouver facilement leurs pinces respectives, et où il serait toujours possible de s'orienter.
L'ouvrage capital de Linné, le Sgstema naturœ, qui subit de nombreuses modifications dans ses treize éditions, embrasse les trois règnes, minéral, végétal et animal. On ne saurait le comparer exactement qu'à un catalogue détaillé où seraient enregistrés avec méthode, comme les livres d'une bibliothèque bien ordonnée, tous les produits de la nature avec l'énoncé de leurs caractères les plus remarquables. Chaque espèce, animale ou végétale, reçut, d'après ses propriétés, une place définie, et fut mise dans le groupe du genre avec un nom spécifique. Au nom était jointe une courte diagnose latine, ainsi que les synonymes des auteurs et des renseignements sur les mœurs, l'habitat, la pairie.
De môme que Linné créa en botanique un système artificiel fondé sur les caractères tirés de la fleur, de même aussi sa classification des animaux fut tout artificielle, car elle ne reposait point sur la distinction des groupes naturels, mais s'appuyait le plus souvent sur quelques particularités empruntées arbitrairement à la structure interne et externe. Déjà, avant Linné, Ray avait montré avec beaucoup de sagacité le côté faible des divisions d'Aristote, sans toutefois les rejeter absolument. Linné réalisa ces réformes indiquées par le naturaliste anglais, en établissant six classes d'animaux d'après la conformation du cœur, l'aspect du sang, le mode de respiration et de reproduction.
1. Mammifères, Mammalia. Sang rouge et chaud. Cœur composé de deux ventricules et deux oreillettes. Vivipares. Linné distingue sept ordres : Primates, Brida, Ferse, Glires, Pecora, Belluœ, Cete.
2. Oiseaux, Aves. Sang rouge et chaud. Cœur composé de deux oreillettes et deux ventricules. Ovipares. Accipitres, Picœ, Ameres, Grallse, Gallinœ, Passeres.
5. Amphibicns, Amphibia. Sang rouge et froid. Cœur formé d'une seule oreillette et d'un ventricule. Respiration pulmonaire. Reptilia (Testudo, Draco, Lacer ta, Rana), Serpentes.
4. Poissons, Pisces. Sang rouge et froid. Cnmr composé d'une seule oreillette et d'un ventricule. Respiration branchiale. Apodes, Jugulares, Thoracici, Abdominales, Branchiostegi, Chondropterijgii.
5. insectes, lusecta. Sang blanc. Cœur simple. Antennes articulées. Coleoplera, Hemïptera, Lepidoptera, JSeuroptera, Hij)nenojdera, D/ptera, Aptera.
C. Vers, Venues. Sang blanc. Cœur simple. Antennes non articulées. Mollusca, Intestine/,, Testacea, Zooplnjta, lnfusoria.
L'influence de Linné se fit surtout sentir dans la zoologie descriptive, qui, grâce à lui, acquit une vue d'ensemble des formes animées et une méthode d'observation sûre et précise. Le système ne correspondait pas toujours, il est vrai, aux affinités naturelles, puisque d'ordinaire quelques caractères extérieurs seu-