‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 96 sur 271 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

PERITRICIIA'. PERITRICHES

Corps cylindrique, nu, exceptionnellement un revêtement ciliaire complet, avec ou sans une rangée de cirrhes en demi-cercle, ou une ceinture postérieure de cirrhes, avec une zone adorale spiralée de cirrhes très longs ou sétacés. Beaucoup, et en particulier les Vorticellines, se multiplient par division longitudinale. Le bourgeonnement, déjà connu de Spallanzani, doit être rapporté dans les formes coloniales à la conjugaison ; chez les Vorticelles de petits : >T~ A7"

bourgeons donnent naissance au préalable à des individus, (^ qui fonctionnent comme des microgonidies (W. Engelinann). I Ici aussi W. Engelmann a démontré la pénétration d'Acinétiens parasites (fîg. 245).

1 . Fam. Halteriid*;. Corps nu, sphérique, péristome au pôle antérieur, spirale adorale de cirrhes, formant parfois le seul organe de locomotion [Strombidium) ; parfois aussi vient s'ajouter sur le milieu du corps une ceinture de cirrhes longs et lins, en forme de soies [Halteria Duj.) Halteria volvox. Clap. Lachra., grandinella Duj. Strombidium lurbo Clap. Lachin., acuminalum, urceolare St., dans la nier du Nord.

Fig. 245. — Vorticella microstoma N, nucléus; W, cils vibratiles (d'après Stein).

2. Fam. Tintinnidje. Corps en forme de cloche, entouré d'une enveloppe gélatineuse, avec laquelle il nage au moyen des mouvements ciliaires de sa moitié antérieure, qui fait saillie au dehors. Péristome antérieur, creux, dont le fond présente une saillie, dont le bord antérieur porte des cils adoraux, longs et rigides, qui s'étendent jusque dans l'œsophage. Tintinnus Schrank. Corps nu. T. inquilinus 0. F. Mùll., mer du Nord. T. fluviatilis St. Tintinnopsis St. Cils délicats disposés en rangées longitudinales, deux rangées concentriques de cirrhes autour du péristome. T. beroidea St. Aux Tintinnides à enveloppe criblée siliceuse, observées par Hseckel, appartiennent les espèces marines Didyocysta cassisE. Iheck., Codonella cjalea E .Hseck. Les formes décrites par Claparède et Lachmann ont encore besoin de nouvelles recherches.

5. Fam. Trichodinid.œ. (Urceolaridœ), Pas d'organe ondulatoire, couronne postérieure de cils, et appareils de fixation cà l'extrémité postérieure du corps ; spirale de cils horizontale autour de la bouche. Trichodina Ehrbg. Corps nu, avec un appareil de fixation formé d'un anneau corné, entouré d'une membrane striée transversalement, armé de dents. T. pedicuîus Ehrbg. Urceolaria St. Anneau corné dépourvu de dents. U. mitra. Trichodinojisis St. Les faces du corps sont recouvertes, jusqu'à une certaine distance de la couronne de cils postérieurs, de cils courts, fins et pressés les uns contre les autres; tube œsophagien rigide. T. paradoxa Clap. Lachm., dans le tube digestif et le poumon

Voyez principalement Engelmann et Biitschli, /oc. cil.

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du Cyclostoma elegans. Ici se placent les Gyrocorides (Gyrocoris St.) et les Cyclodines St. à corps cylindrique, nu, entouré d'une ou deux ceintures de cils, Urocentrum Ehrbg. Didinium St., Mesodinium St., qui sont dépourvus de spirale adorale.

4. Fam. Vorticellidje. Corps contractile, spirale adorale dirigée vers la gauche, entourant un disque cilié en l'orme de couvercle; parfois à la partie postérieure, une couronne de cils. La bouche et l'anus sont situés à côté l'un de l'autre, au fond du vestibule. Vorticella Ehrbg. Animaux isolés, pourvus d'un muscle dans l'intérieur du pédoncule. V. microstoma, campanula, nebulifera Ehrbg. Carchesium Ehrbg. , colonies d'Infusoires avec un muscle dans chaque rameau du pédoncule. C.polypinum Ehrbg. etc. Zoolhamnium Ehrbg., colonies d'Infusoires ; le muscle du pédoncule se ramifie dans toute .la colonie. Z. arbuscula Ehrbg., Z. parasita St., etc. Epistylis Ehrbg., colonies d'Infusoires avec pédoncules rigides sans muscles. E. plicatilis Ehrbg. A côté se place le genre Opercularià St. Gerda Clap. Lachm. Pas de pédoncule; sessile, sans bourrelet à l'extrémité postérieure. G. glans. Scyphidia Lachm. Sessile, un bourrelet annulaire. S. îimacina, S. physarum Lachm. Astylozoon Eng. '2 soies à l'extrémité postérieure. Les Ophrydines sont caractérisées par la présence d'une enveloppe gélatineuse. Ophrydium Ehrbg. Les animaux sont fixés dans une enveloppe gélatineuse sphérique. 0. versatile Ehrbg. Cothurnia Ehrbg. Extrémité postérieure adhérente à une coque, qui est fixée par un court pédoncule. C. imberbis Ehrbg., C astaciSt.Vaginicola Ehrbg. Coque avec ou sans pédoncule court et lisse. Y. crystallina Ehrbg. Lagenophrys ampulla Ehrbg., se multiplient par scission diagonale. Ici se place le genre Spirochona St., dont M. Stein a fait une famille. Spirale de cirrhes adoraux dirigée à droite ; corps rigide élargi en avant en un péristome infundibuliforme, non contractile; pas d'organe ondulatoire. S. gemmipara St.

5. Fam. Ophryoscolecid^:. Corps nu, organe ondulatoire à l'extrémité antérieure. Vivent dans la panse des Ruminants. Ophryoscolex St. Demi-cercle de cils vers le milieu du corps. 0. inermis, Purkinjei St. Entodinium St. Le corps aplati, est dépourvu de ceinture de cils. S. caudatum, bursa St., etc.

Les Protozoaires, par leur structure simple, uni cellulaire, dont les différenciations ne sont pas autre chose que les différenciations du protoplasma de la cellule, forment un groupe distinct de tous les autres embranchements du règne animal, qui tous possèdent des organes cellulaires différenciés, et pour l'ensemble desquels on a proposé le nom de Métazoaires. Mais cette distinction n'est pas si nettement tranchée, puisque d'après la théorie de la descendance les Métazoaires ont dû dériver des organismes unicellulaires. Comme point de départ génétique, on ne peut guère songer à l'organisme déjà hautement différencié des Infusoires (Ciliés), que l'on rapprochait si volontiers des Turbellariés (Rhabdocœles) et que l'on a même considérés comme les représentants des Vers primitifs (Arckelminthes E. Hœckel), d'où seraient provenus directement ou indirectement tous les autres phylums, mais à bien plus juste titre à ces agrégations cellulaires des Flagellâtes, dont la différenciation est bien moins avancée, et avec lesquels l'organisation des Porifères présente de nombreux rapports. Il faut ajouter aussi que les cellules des colonies de Flagellâtes proviennent par division répétée d'une seule cellule, par conséquent présentent dans leur développement des phénomènes que l'on peut comparer à la segmentation de l'œuf si caractéristique chez les Métazoaires.

Récemment Ed. Van Benedena proposé d'établir un nouveau groupe, celui des

MESOZOAIRES. 241

Mésozoaires', qui formerait la transition entre les Protozoaires et les Métazoaires1. Los Mésozoaires ne renferment que les Dîcyémides, petits parasites vermiformes, qui habitent les organes rénaux des Céphalopodes et que l'on avait considérés jusqu'alors comme des Infusoires ciliés voisins des Opalines, ou même comme des formes larvaires de Vers. Les Dicièmydes sont des êtres à corps allongé cylindrique ou l'nsiforme, formés d'une couche de cellules vibratiles plates entourant une cellule axiale colossale. Celle-ci s'étend depuis l'extrémité céphalique légèrement renflée, où les cellules présentent une forme et une disposition spéciales (cellules polaires) jusqu'à l'extrémité postérieure, et donne naissance par voie endogène à deux sortes d'embryons, les uns vermiformes, les autres infusoriformes. Ces deux espèces d'embryons ne se rencontrent pas ensemble, il- sont produits par des individus différents (nématogènes, rhombogènes). Les germes, qui deviennent des embryons infusoriformes, sont des cellules nucléèes, qui naissent dans le protoplasma de la cellule axiale, sans que le noyau subisse de modification. La cellule subit par division répétée une sorte de segmentation, et se transforme en un embryon à symétrie bilatérale, dont le corps est formé de cellules vibratiles, de deux corps dorsaux réfringents nés dans une cellule, et d'un organe sous-jacent, désigné sous le nom d'urne, et renfermant dans une capsule quatre masses granuleuses, contenant de nombreux noyaux. Il est probable que ces embryons infusoriformes, par leur grande mobilité, servent à propager l'espèce sur d'autres Céphalopodes.

Les embryons vermiformes naissent dans le réseau protoplasmique de la cellule axiale aux dépens de cellules germinales, qui subissent une sorte de segmentation inégale ; en effet, dans la phase de division en quatre sphères, l'une 'elles est plus grosse, plus tard, elle est entourée par les sphères et devient la cellule axiale. Le point où cette grosse sphère s'est développée, correspond à ce qui sera l'extrémité céphalique et peut être considéré comme une bouche primitive, qui s'oblitère par suite du parasitisme. Cependant il nous parait aussi hypothétique de considérer ces êtres si curieux comme des Gastréadesrudimentaites, pourvus d'une seule cellule entodermique, qu'il nous semble arbitraire et peu justifié d'établir, en se fondant sur leur organisation, un type de Métazoaires.

1 Ed. van Benedon, Recherches sur les Dicyémides, survivants actuels d'un embranchement des Mésozoaires. Bulletin de l'Acad. roy. de Belgique. IIe Sér., T. 41. N°G, et T. 42, N° 7. Bruxelles. 1876.

TRAITE liL ZOOLOGIE.

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