LEPTOSTRACA
. Malacostracés à lest mince, bivalve, sous lequel tous les anneaux thora- | ciques restent libres, munis de huit paires de pattes semblables à celles des Phyllopodes et d'un abdo- | men à huit anneaux terminé par deux appendices.
Nos connaissances sur ce grou- pe de Crustacés, si différent de | tous les autres types de Malaco- Stracés, reposent sur l'étude du seul genre vivant Nebalia (fig. 599).
Considérés d'abord comme des Ma- lacostracés par les anciens natu- . ralistes tels que Leach et Latreille, les Nébalia avaient été rangés sur . l'autorité de Milne Edwards par- . mi les Phyllopodes, jusque dans . ces derniers temps où la première manière de voir a de | nouveau prévalu.
Effectivement ce genre forme sous plus d’un rapport le passage . des Phyllopodes aux Malaco- . sfracés, dont il ne reproduit pas . complètement le type par la conformation de l'abdomen.
Le corps est petit, fortement comprimé, entouré par une duplicature bivalve de la peau, qui, … comme le test des Estheria.
part de la région maxillaire de a tête et recouvre outre la tête.
“huit anneaux du thorax courts et distinets, ainsi que les | “ x antérieurs de l'abdomen. Fig. 599. — Nebalia Geoffroyi femelle, fortement grossi. * avant elle se continue avec — 4', antenne antérieure; A" antenne postérieure; AR; : une large plaque rostrale mobile. rostre; 0, œil pédicuié; M, gésier ; D, intestin. … : Au-dessous de cette plaque on distingue sur la tête deux yeux pédonculés
4 Outre les travaux anciens de Herbst, Leach, Latreille et Milne Edwards, voyez H. Krüyer,
Nebalia bipes. Naturh., Tidskrift. N. R., vol. II, 1849. — Metschnikoff, Sitzungsber. der Natur- forscherversammlung zu Hannover, 1866. — C. Claus, Ueber den Bau und die systematische … Stellung von Nebalia nebst Bemerkungen über das seither unbekannte Männchen dieser Galtung
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courts et à facettes et plus bas les deux paires d'antennes. L'antérieure présente une tige à quatre articles, qui porte latéralement une écaille bordée de cils se continue avec un fouet plus ou moins long. La tige, formée de trois articles, « des antennes postérieures se continue aussi avec un long fouet, qui chez lé» mâle arrive jusqu'à l'extrémité postérieure du corps (fig. 600). Les mandibules, | situées au-dessous de la lèvre supérieure, possèdent comme chez les Amphipodes un palpe tri-articulé, dont l’article terminal allongé est garni sur le bord. interne de nombreux poils. Les mâchoires antérie res portent un palpe beaucoup plus long. La base de ces mâchoires est élargie et trilobée, tandis que le même palpe quadri-articulé est allongé et pédiforme, et recourbé sur le dos. Les mâchoires de deuxième paire sont lobées, comme une patte de Phyllopode et se continuent en deux branches étroites garnies de soies. Après les appendices buccaux viennent huit paires de pattes lamelleuses lobées, pressées les unes contre les autres et insérées sur un même nombre d'anneaux thoraciques distincts. Leur grande ressemblance avec les pattes des Phyl= lopodes avait fait rattacher les Nebalia à ce groupe. Mais un examen attentif montre des différences re= marquables. Avant tout, la tige proprement dite « allongée et nettement articulée. Les lobes mand sur le bord interne, mais les poils existent et son particulièrement développés sur les articles ter minaux et disposés en éventail. L'article basilaï porte un appendice branchial, le deuxième articles la branche externe de la patte tantôt large et lamel . leuse, tantôt droite et allongée (NW. longipes). 1 anneaux de l'abdomen sont beaucoup plus gre que ceux du thorax ; les quatre premiers réa \ | même nombre de paires de rames, en partie: Mie: 000: Nvbolia Pr ras chées sous les valves du test. Ces membres mâle, fortement grossi. — 4’, composés, comme les pattes natatoires de l'abdo antenne antérieure; À", antenne 4 . sa ini PE postérieure; R, rostre ; M, jabot: des Amphipodes, d'un large article basilaire et D, intestin; G, canal déférent; S, Jeux branches munies d'épines et de poils: Un à 3 pendice digité sur le court article basilaire. branche interne joue le rôle de rétinacle, car il s'accroche sur l’ap opposé au moyen d’un crochet terminal et par suite rend solidaires des autres les mouvements des pattes des deux côtés du corps. La. pes
ZLeitschr. für Wiss. Zool., vol. XXII, 1872. — Id., Crustaceensyslem, etc., Wien, 1876. — R* Willemoes-Suhm, On a ‘Nebalia from the Perinudes. Transact of the. Linnean Societ. don, |
vs. L'ÉLREU
SE nan Le eds dE AE D 4)
LEPTOSTRACÉS. 685
rudiments de pattes; les deux anneaux postérienrs ne présentent pas de membres et sont terminés par deux appendices allongés garnis de poils.
Les Nebalia dans leur organisation interne présentent de nombreux rapports en partie avec les Amphipodes parmi les Arthrostracés, en partie avec les Schizopodes parmi les Thoracostracés.
Le système nerveux se compose d'un gros cerveau bilobé et d'une chaine gan-
glionnaire allongée traversant les anneaux (portant des pattes) et présentant dix-
sept paires de ganglions, dont les six derniers situés dans l'abdomen sont séparés par de longues commissures, tandis que les autres paires offrent une grande concentration. Au contraire des Phyllopodes, dont la chaine ventrale par suite de la longueur des commissures transversales offre la forme d’une échelle, les cordons latéraux sont situés sur la ligne médiane et les ganglions sont pressés les uns derrière les autres, de sorte qu'on n'y aperçoit ni les comimissures transversales, ni les cominissures longitudinales. Les organes des sens sont, outre l'œil pédonculé, les poils olfactifs grèles sur les antennes antérieures.
. Le canal digestif se compose d'un court æsophage ascendant, d’un estomac à parois plissées, fixé par des muscles aux téguments et d’un tube’ intestinal al-
longé, dont l'extrémité antérieure porte des tubes hépatiques, deux’ courts
dirigés en avant et quatre longs qui s'étendent jusque dans l'abdomen, L'intestin términal court fixé par des muscles dilatateurs est limité au dernier anneau de l'abdomen ; son orifice recouvert par deux plaques de chitine triangulaires est situé entre les deux appendices terminaux. Il faut mentionner aussi la présence d’un gros muscle du test correspondant au muscle adducteur des Ostracodes, et d'un sac glandulaire correspondant à la glande antennale dans l'article basilaire des antennes postérieures. Par contre il n’y a pas de glande du test.
Le cœur allongé présente une forme intermédiaire entre le vaisseau dorsal à plusieurs chambres et le cœur des Mysides ; il est situé dans la région maxillaire, les. anneaux thoraciques et les quatre anneaux antérieurs de l'abdomen. Entre deux à trois paires de fentes latérales veineuses se trouvent encore dans les anneaux thoraciques médians quatre paires de petits orifices dorsaux. L'extrémité antérieure et l'extrémité postérieure du cœur se continuent avec des artères. Le sang se meut dans des trajets réguliers de la cavité viscérale ; la circulation est particulièrement active dans les étroites lacunes vasculaires du test.
L'appareil génital présente également une réunion de caractères particuliers aux Phyllopodes et aux Arthrostracés. Les ovaires et les testicules sont des
tubes allongés situés sur les côtés de l'intestin, dans le thorax et l'abdomen, et débouchent par l'intermédiaire de canaux exéréteurs transversaux, les pre-
miers sur l’antépénultième anneau thoracique, les seconds sur le dernier anneau. Le mâle est facilement reconnaissable aux poils olfactifs accumulés sur les antennes antérieures, ainsi qu'à la grande longueur des antennes postérieures. La femelle porte ses œufs après la ponte dans une cavité incubatrice formée par les lamelles des pattes.
Le développement embryonnaire débute par une segmentation partielle et présente les plus grandes analogies avec celui des Mysides. Les jeunes, après
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l'éclosion ressemblent à l'animal adulte, sauf que le test est encore rudime taire et que les membres sont composés d'un nombre moindre d'articles.
Les Nébalies vivent toujours dans la mer ; quelques-unes sont très répan d'autres se rencontrent dans l'extrême nord, d’autres encore dans les fonds. Leur nourriture semble être exclusivement animale.
De nouvelles recherches faites sur des individus mieux conservés montr jusqu’à quel point est fondée l’affinité des genres fossiles PARUS Hi ris, Peltocaris, Ceriatocaris, Dictyocaris avec les Nebalia. ER
Fan. NEBALIDAE. Corps comprimé latéralement avec un test bivalve et une sg
Paire antérieure de mâchoires avec des palpes allongés. ue Nebalia Leach. Branche extérieure des pattes thoraciques, de même que le appendice branchial, large et lamelleux. Appendices terminaux de l'abdomen garni
Adriatique et Méditerranée. N.h yphlops G. O0. Sars. Yeux très pelits, dépourvus de ment. Dans les grands fonds. Lofoden.
Paranebalia Cls. Branche extérieure des pattes thoraciques étroites et allo dice branchial très petit. Appendices terminaux de l’abdomen portant à leur * des soies disposées en pinceau. P. longipes W. Suhm, Bermudes.
.: ses h
. ARTHROSTRACA'. ARTHROSTRACÉS, ÉDRIOPHTHALMES
Malacostracés à yeux latéraux sessiles, d'ordinaire avec xépbà anx thoraciques séparés, plus rarement six ou moins encore et. un nom correspondant de paires de pates.
La tête porte quatre antennes, deux mandibules, deux paires de mâcho une paire de pattes-mâchoires ou mâchoires accessoires, en tout six d'appendices. Si l'on considère la paire de pattes-mâchoires comme appa au thorax, il en résulte qu’il faut considérer la tête comme un céphalot} puisqu'elle est soudée avec le premier anneau thoracique. Cependant o regarder comme formant la limite de la tête une petite lamelle bilobée, si derrière les mandibules et désignée sous le nom de lèvre inférieure ; cette nière de voir est admissible s’il ne s’agit que de la tête primaire. Dans cé les deux paires de mâchoires et les pattes-mâchoires seraient ds apr condaires de la tête empruntés au thorax. L
Le bouclier céphalothoracique est suivi dans la règle de sept ann raciques libres, portant un égal nombre de paires de pattes, disposées ramper ou nager. Rarement leur nombre est réduit à six (Tanais) Ed Dans ce cas, le deuxième ou le troisième des huit anneaux
fait suite au thorax, comprend dans la règle six anneaux pottiifil un anneau terminal représenté par une lamelle simple ou bifide,
1 Outre les ouvrages anciens de Latreille, Milne Edwards, Dana, etc., voyez c. and J. 0. Westwood, À history of the British sessile-eyed Crustacea, t. T et II, Lo 1868. — G. 0. Sars, Histoire naturelle des Crustacés de Norvège, Christiania, 1867.
ARTHROSTRACÉS. 867
dépourvue. Le nombre des anneaux de l'abdomen et des paires de pattes peut parfois être plus petit (/sopodes), l'abdomen, entre autres, peut même parfois être réduit à un court appendice inarticulé (Lémodipodes).
Le système nerveux comprend, outre le cerveau, une chaîne ventrale composée d'ordinaire de plusieurs paires de ganglions, dont les deux moitiés sont légèrement soudées au niveau des ganglions. On a aussi démontré l'existence d'un nerf viscéral impair chez les Isopodes. Les deux yeux sont presque toujours composés, à cornée lisse ou à facettes; ils sont situés immédiatement sur la surface de la tête ou parfois à l'extrémité de pédoncules spéciaux (Tanais). Leur absence complète a été constatée dans de nombreux cas. Les antennes antérieures portent fréquemment des filaments olfactifs ténus, très nombreux surtout chez les mâles.
L'œsophage est court et dirigé de bas en haut; il donne entrée dans un estomac large, renforcé de solides lames cornées et armé parfois de dents puissantes. Il est suivi d'un long intestin muni de deux ou trois paires de glandes hépatiques tubuleuses. La partie terminale de l'intestin, à laquelle peut être annexée une ou deux glandes fonctionnant très probablement comme organes urinaires, débouche à l'extrémité postérieure du corps. La glande antennale, dont l'orifice se trouve sur un petit mamelon de l’article basilaire des antennes postérieures chez les Amphipodes, remplit aussi vraisemblablement les mêmes fonetions. Partout, il existe un cœur, tantôt tubuleux et occupant toute la longueur du thorax (Amphipodes), tantôt situé dans l'abdomen et en forme de sac (Isopodes). Dans le premier cas, les branchies sont des appendices des pattes thoraciques, dans le second des pattes abdominales. Le sang sort du cœur par une aorte postérieure et une aorte antériéure, ainsi que par des artères latérales. Les vaisseaux déversent le sang dans la cavité viscérale, d'où il revient au cœur en suivant des trajets déterminés.
+ Les mâles se distinguent fréquemment des femelles par la transformation de — certaines parties des membres en crampons, par le développement plus consi- - dérable des filaments olfactifs des antennes antérieures et par la position des : organes sexuels et des organes d'accouplement. Plus rarement, ces différences « sont assez prononcées pour produire un véritable dimorphisme (Bopyrus, Pra- - niza). Les organes génitaux s'ouvrent dans la partie postérieure du thorax ou à la base de l'abdomen, chez les femelles sur l’antépénultième paire de pattes tho- … raciques, chez les mâles sur la dernière paire de pattes thoraciques ou entre les
. pattes abdominales de la première paire (/sopodes). Les ovaires sont deux tubes . simples ou ramifiés, ayant chacun un oviducte. Les testicules sont aussi com- » posés d’une paire (Amphipodes) ou de trois paires de tubes (/sopodes), dont les conduits déférents, tantôt restent distincts, tantôt se réunissent pour former un organe copulateur, auquel peuvent s'ajouter des appendices des pattes con- … courant également à l'accouplement. Les œufs mûrs sont dans la règle portés . par les femelles dans des chambres incubatrices, à la formation desquelles
servent des appendices lamelleux des pattes thoraciques. Le développement a
lieu en général sans métamorphose, cependant il n'est pas rare que la forme du . corps et les membres soient différents chez le jeune animal et chez l'animal … adulte (Phronima); parfois même immédiatement après la naissance, la larve ne
possède m1 le nombre des anneaux du corps, ni le nombre des membres qu aura plus tard (/sopodes). On trouve des Arthrostracés fossiles dans l'Oo (Archaeoniscus). Le sense Prosoponiscus est permien, le genre Amphip dévonien.
AMPHIPFODA:. AMPHIPODES
Arthrostracés, à corps comprimé latéralement, présentant sept, raremer six anneaux thoraciques libres, des branchies sur les paltes th j et un abdomen allongé, exceptionnellement rudimentaire, dont les anneaux antérieurs portent un égal nombre de paires de pattes na el les trois anneaux postérieurs autant de paires de pattes dirigées A arrière.
Les Amphipodes sont de petits Malacostracés, qui atteignent rar M sieurs pouces de long (Lysianassa magellanica), qui se meuvent! dans” principalement en nageant, mais aussi en sautant. Leur tête (fig. 601), t
Fig. 601. — Gamniarus neglectus (d'après G. O. Sars). — A'et 4", les deux paires d'antennes ; Kf, patte-mà- veux; 4 et A", les deux er d’ante choire; F' à F7, les sept paires de pattesthoraciques; intestin; H, cœur avec Ruitit K, , bran entre les bases des quatre premières on aperçoit G, orifice sexuel. les œufs; Sf'; première patte natatoire de l'abdomen. DRE U Pe
petite (Crevettines, fig. 602), tantôt grande et alors fortement pe Σ
the nidification of Crustacea. Ann. of nat. “hist. 3° sér., vol. L 2 Id., Catalogue ofAmphipodous Crustacea in the collection of the British Museum. London; 186 Beitrag zur Kenntniss des innern Baues der Amphipoden. Archiv für Naturg., vol. — De La Valette, Studien über die Entwicklung der Amphipoden. Malle, 1860. — Van et Em. Bessels, Mémoire sur la formation du Blastoderme chez les Amphipodes, ete: 1868. — C. Claus, Der Orsanismus der Phronimiden. Arbeit. aus dem Zool. Instit Univers. Wipas t. II, 1879. &
d’un long fouet multi-articulé, qui peut être plus ou moins atrophié. Les antennes antérieures, beaucoup plus longues chez le mâle, portent assez fréquemment un court fouet accessoire, et, présentent dans leur conformation particulière une très grande diversité. Chez les Hypérines femelles, elles sont très courtes, chez les mâles au contraire très longues et munies de poils olfactifs très nombreux, Les antennes postérieures sont fréquemment plus longues que les antérieures ; chez les Typhides mâles elles sont repliées en zigzag. et chez les Corophiides transformées en appendices semblables à des pattes. Par contre chez la femelle elles peuvent être réduites à l'article basilaire (Phronima, fig. 605).
Les mandibules sont partout puissantes, en général dentées, et munies d’un appendice masticateur inférieur et d'un palpe triarticulé, quelquefois atrophié. De même les mâchoires antérieures bilobées portent dans la règle un court palpe biarticulé, tandis que les mâchoires de la deuxième paire se composent de deux lames ovalaires assez considérables, placées sur une base commune. Les pattesmâchoires se soudent de manière à constituer une sorte de lèvre inférieure qui tantôt est trilobée et dépourvue de palpes (Hypé- rines), tantôt porte sur une 4 Ÿ£ a LS
pièce hasilaire commune NX Kf
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une paire interne et une paire externe de lames cornées, dont la dernière peut être considérée comme la base d’un palpe multi-articulé très développé, ayant parfois la forme d’une patte
,Crevettines et Lémodipodes;.
Les sept paires de pattes Fig. 603. — Phronima sedentaria femelle. — 0, yeux; À' et A", les
: deux paires d'antennes; Kf, mâchoire; D, tube digestif; H, cœur thoraciques ont généralu- avec l'aorte; K, branchies; N, système nerveux ; Ov, ovaire; Dr. ment six articles, dont le glandes dans la tenaille de la cinquième paire de pattes. dernier, ou métacarpe, se termine par une griffe mobile (dactylus), que l'on peut aussi considérer comme un article. L'article basilaire ou hanche (coxa), «parfois non séparé de l'anneau qui le porte (Phronima), s'élargit en dehors d'or-
. dinaire et constitue la lamelle épimérienne ou coxale, qui atteint chez les Crevet- … tines, principalement sur les quatre premières paires de pattes, un développement . considérable. Ce même article porte, sauf sur la paire de pattes antérieure, une . branchie tubuleuse, rarement ramifiée (Phrosina, Anchylomera, ete.), et sur les - pattes du milieu, au moins chez les femelles, une lamelle garnie de soies sur le … bord, qui sert à constituer une chambre incubatrice, À la hanche fait suite un - article épais souvent allongé, la cuisse (femur), puis une pièce courte en forme . de genou (genu) et le quatrième article, la jambe (tibia) et enfin la main ou le pied composé de deux ou trois articles, suivant la signification que l'on attribue à la griffe terminale, et que l'on désigne sous les noms de carpus (tarsus), . metacarpus (metatarsus) et de dactylus. La grandeur de ces paltes, leur confor-
( Ft
mation ainsi que la forme de leur article terminal varient à l'infini; elles son différentes dans les deux sexes, et fournissent d'excellents caractères génériques et spécifiques. En général, les deux paires de pates antérieures se terminent par des mains préhensiles, le métacarpe formant une lamelle plus ou moins large, sur le côté interne de laquelle se meut la griffe. Dans d’autres cas, elle possède | un appendice immobile et a alors l'aspect de pinces; cet appendice peut aussi M naître de l’article qui précède le métacarpe (Leucothoe) : de telle sorte que branche mobile de la pince est biarticulée. Très généralement les trois dernières. paires de pattes thoraciques forment avec léurà anneaux respectifs un angle dont la direction est opposée à celle de l'angle formé par les quatre paires antérieures; en effet l'angle formé par le genou n’est pas comme dans ces der-. nières ouvert en avant, ni l'angle formé par le pied avec la jambe ouvert en. arrière, mais dans un sens directement opposé. Ces paires de pattes offrent « d'ordinaire la même conformation; dans certains cas la cinquième (Phronima) et la sixième paire, de même que les paires de pattes médianes sont transformées en griffes puissantes (Phrosina).
L’ men. composé d'ordinaire de six anneaux, atrophié chez les seuls bise dipodes et réduit parfois à un simple petit tubercule, se divise en deux régions différentes suivant la position et la forme des pattes abdominales. La. région antérieure, remarquable d'habitude par la grandeur de ses anneaux, possède trois paires de pattes natatoires plus grandes, dirigées en avant, dont l’article basilaire porte deux longues branches, multi-articulées, sétigères. Ces pattes jouent un. grand rôle dans la respiration, parce qu'elles entretiennent autour des branchie un courant d’eau rapide. Les trois anneaux postérieurs sont beaucoup plus courts et parfois soudés entre eux. Leurs paires de pattes, d'ordinaire bifides (uropodes); sont dirigées en arrière, dans la règle styliformes, rarement lamelleuses. La lamelle caudale enfin qui termine l'abdomen est un appendice écailleux; paies bifurqué.
Le système nerveux se compose d'un cerveau multilobé et d’une chaîne ganglionnaire présentant au plus treize paires de ganglions (Gammarus). Chez les Gammarus les deux paires antérieures de ganglions. sont situées dans la tête, pressées l’une contre l’autre, et innervent les pièces de la bouche; les sept paires suivantes correspondent aux sept anneaux thoraciques et les quatre autres sont placées dans l'abdomen, de telle sorte que la dernière paire, plus grosse, envoie des filets aux trois anneaux terminaux, ainsi qu’à la lamelle caudale. Chez Phronima, le ganglion sous-æsophagien, qui envoie aussi des nerfs aux deux paires de pattes antérieures (gnathopodes), est suivi de cinq paires de ganglions thoraciques, dont les deux dernières pressées l’une contre l’autre sont sit dans le cinquième et le sixième anneau thoracique. L'abdomen ne renferme également de ganglions isolés les uns des autres que dans les:trois anneaux anté rieurs; les ganglions des trois derniers anneaux sont soudés en un court gun glion, qui suit immédiatement le troisième. 6 Les yeux composés sont partout sessiles; ils atteignent une grosseur con dérable chez les Hypérines et sont au nombre de deux paires. Parfois ils ? sentent des pigments de couleur différente (Anchylometra purpurea, vou: vert). Dans la règle, le pigment ne se rencontre que dans la partie postérieure"
J'œil, dans la région des baguettes nerveuses, de sorte que l'on peut suivre dans toute leur longueur les cônes eristallins souvent très allongés,
Le canal digestif commence par un æsophage étroit, dirigé obliquement en haut, qui aboutit à un estomac très développé. Chez les Hypérines il existe en
outre un jabot très spacieux, muni de bandes de chitine armées de dents,
et qui fait saillie dans la partie antérieure élargie de l'estomac, où aboutissent
aussi deux paires de tubes hépatiques plus ou moins longs. L'intestin terminal
commence souvent déjà dans le quatrième anneau abdominal et reçoit en ce
point les produits de sécrétion de deux petits tubes glandulaires, que l'on doit
probablement considérer comme des glandes de Malpighi. Comme organes spéciaux de sécrétion il faut mentionner, outre la glande, partout répandue, qui débouche sur un tubereule de l'article basilaire de la deuxième antenne, des glandes unicellulaires ou groupées en rosette, situées dans les pattes et les mâchoires (Phronima). Le produit de ces dernières semble jouer avec le liquide des glandes salivaires un rôle dans la digestion des aliments.
Partout le thorax renferme un long cœur tubuleux, muni de trois (rarement deux) paires de fentes latérales sur le deuxième, le troisième et le quatrième anneau thoracique. Des extrémités du cœur partent une aorte antérieure et une aorte postérieure; cette dernière est très longue et s'étend dans tout l'abdomen. Dans de nombreux cas (Hypérines), il existe en outre deux ou trois paires d’artères latérales. Des lamelles ou des tubes fixés sur l’article coxal des pattes thoraciques fonctionnent comme branchies; les mouvements actifs des pattes natatoires de l'abdomen entretiennent autour d'elles un courant d'eau constant. Chez les Phronimides et les Lémodipodes leur nombre est très restreint. Le sang, qui s'écoule par les orifices des artères parcourt des trajets déterminés de la cavité
viscérale, délimités par des cloisons de tissu conjonetif.
Les organes génitaux sont placés dans le thorax sur les côtés du tube digestif. Ils se composent chez les femelles de deux ovaires plus ou moins eylindriques et de deux oviductes communiquant fréquemment avec des poches séminales,
qui s'ouvrent de chaque côté sur la cinquième paire de pattes thoraciques (côté
interne de la lamelle épimérienne). Les testicules, dont la position est la même que celle des ovaires, sont deux tubes filiformes, dont la partie inférieure fonctionne comme conduit excréteur et débouche d'ordinaire au sommet d’un mamelon situé sur la face ventrale du septième anneau thoracique. Les mâles se distinguent des femelles, non seulement par l'absence des lamelles destinées à former des cavités incubatrices, mais surtout par le développement des griffes des pattes thoraciques antérieures, et aussi par la forme différente des antennes.
Les œufs après la fécondation pénètrent dans les cavités incubatrices formées par les lamelles des -pattes thoraciques, et ils y subissent leur développement. Tantôt le vitellus subit une segmentation totale (Gammarus locusta, fig. 145, et d’autres espèces marines) ; tantôt il se forme après segmentation superficielle une couche cellulaire périphérique (blastoderme), et plus tard apparaît au-dessous de l'enveloppe de l'œuf une membrane interne ténue. Puis se développe une bandelette primitive ventrale, et sur le dos, au-dessous de ce qu'on a à tort considéré comme un micropyle, un organe globuleux particulier, l'ébauche de la glande cervicale, qui ne subsiste que pendant la période embryonnaire. Pendant que les
692 | LÉMODIPODES.
paires de pattes se développent successivement, l'embryon se recourbe vers la face ventrale. Le jeune au sortir de l'œuf possède déjà dans la règle toutes les paires de membres et présente dans ses traits essentiels la conformation de l'animal adulte ; seuls, le nombre des articles des antennes et la structure des pattes présentent quelques différences. Chez les Hypérines les pattes abdominales peuvent encore faire défaut, et les modifications que présente le corps sont même si prononcées, que l'on peut dire que ces animaux subissent des métamorphoses.
Les Amphipodes vivent en généralfdans l'eau douce et l’eau salée. Un fait ul intéressant, c’est la présence d'espèces arctiques dansles mers de la Suède et de la Norvège. Quelques-uns habitent dans des tubes (Cerapus), d'autres dans des conduits creusés dans le bois (Chelura). On doit remarquer la taille considérable des espèces vivant dans les profondeurs de la mer, telles qu'une Gammaride voisine du genre Iphimedia et les Cystosoma Neptuni (Hypéride), qui atteignent quelques pouces de long. Les Hypérines se trouvent principalement dans les animaux marins, à tissus transparents, particulièrement dans les Méduses, et peuvent même, comme les femelles de Phronima sedentaria, élire domicile avec toute leur progéniture dans des Pyrosomes, dont ils dévorent les parties internes. Les Cyamides enfin, parmi les Lémodipodes, sont parasites sur la Fa des Baleines.
On peut citer comme parasites des Gammarides, des larves d’ Écbichcisieees et un Copépode très remarquable observé sur un Amphithoe (?), le Sphaeronella Leuckarti'. Très fréquemment on trouve fixés sur les téguments des Amphipodes des Infusoires appartenant au groupe des Vorticellines, ainsi que des Rotifères.