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VII. EMBRANCHEMENT

TUNICATA'. TUNICIERS

“ Animaux à symétrie bilatérale, en forme de sac ou de tonneau, à É chambre branchiale avec deux larges orifices entre lesquels est situé un « ganglion nerveux, pourvus d’un cœur et de branchies.

Les Tuniciers doivent leur nom à la présence d’une enveloppe gélatineuse ou cartilagineuse, la tunique externe ou testa, qui recouvre entièrement le corps. La forme du corps rappelle celle d’un sac (4scidies) ou d’un tonnelet (Salpes), … et présente du reste des variations très grandes (fig. 949). Fréquemment de nom- … breux individus sont réunis en colonies. On trouve toujours à l'extrémité anté- — rieure un large orifice d'entrée fermé par des muscles, parfois aussi par des valvules, par lequel l’eau et les matières alimentaires pénètrent dans la cavité pharyngienne qui remplit également le rôle d’organe respiratoire. Près de cet orifice — (Ascidies) ou à l'extrémité opposée du corps (Salpes), on en découvre un se- … cond; c’est l'orifice de sortie de la cavité cloacale qui communique avec la ca- vité pharyngienne.

Les téguments sont tantôt de consistance molle, gélatineuse, tantôt coriaces, ou même cartilagineux. Ils sont colorés de teintes diverses, souvent transparents . comme du cristal, d'autrefois opaques. La surface externe est lisse où verru- … queuse, parfois même épineuse ou feutrée, On nomme le revêtement externe qui enveloppe entièrement le corps, le manteau externe (funica) et on le considérait jadis comme une sorte de test et comme l'équivalent de la coquille bivalve des Lamellibranches. Cette comparaison paraissait d'autant plus exacte que l'intéressante découverte de Lacaze-Duthiers a fait voir qu'il y a des Ascidies, dont le test cartilagineux est divisé en deux valves qui se ferment à l'aide de muscles spéciaux (Chevreulius)*. Mais en réalité il n’y a que des ressemblances

1 Forskal, Descripliones animalium, quae in itinere orientali observavit. Tlafniae, 1775. — G. Cuvier, Mémoires pour servir à l'histoire des Mollusques. Paris, 1817. — J. C. Savigny, Memoires sur les animaux sans vertèbres, t. IL. Paris, 1815. — A. de Chamisso, De animalibus quibusdam e classe Vermium. Berlin, 1819. — Milne Edwards, Observations sur les Ascidies composées des côtes de la Manche. Mém. Ac. des sciences. Paris, 4844. — C. Schmidt, Zur vergleich. Physiologie der wirbellosen Thiere. Braunschweig, 1845. — C. Lüwig et A. Külliker, De la composition et de la structure dès enveloppes des Tuniciers. Ann. sc. nat., 5° sér., t. V. 1846. | — Rupert Jones, Article : Tunicata in Todd's Cyclopaedia of Anat., t. IV. 1848. — C. Vogt, Re- | cherches sur Les animaux inférieurs de la Méditerranée. Genève, 1854. — R. Leuckart, Zoolonee Giessen, 1854. — À. Hancock, Anatomy and physiology of Tunicala. Journ. mn. Soc., vol. IX, 1867.

» Lacaze-Duthiers, Sur un nouveau Ascidien. Ann. se, nat., à° sér., t. IV. 1865.

extérieures; la cavité palléale de cet animal correspond à la cavité atriale vestibule, et le sac branchial à la cavité pharyngienne. LA Le manteau, bien qu'étant une produce ticulaire, est composé d’une masse fondame de cellulose renfermant des cellules, et sentant par conséquent en apparence une de tissu conjonctif. La masse fondamentale est entièrement anhiste, tantôt est formée « tie de fibres, qui peuvent être disposées e ches superposées. Elle contient assez sou concrétions calcaires. Chez les Tuniciers réunis en colonies, le manteau externe ou le t du test de tous les individus peut, comme la! stance des ectocystes de certains Bros cyonidium), se confondre en une masse co dans laquelle les individus. sont combi men fouis. | A Au-dessous du manteau se trouve. la pa 3 la cavité viscérale, dont la couche cellulai Fig. 949. — Jeune colonie de Cira- terne appliquée contre le manteau re enereeenee où la blastogénése |éPithélium ectodermique., C'est à cette ovarienne B (d'après A. Giard). — épithéliale qu ‘il faut ra ppOTIER la forma C, cloaque commun; ov, ovaire;

cl, cloison ovarienne; co, cœur; L ob, orifice d'entrée. l’on désigne sous le nom de couche palléa

terne. Sous cette dernière enveloppe se trouvent contenues dans une s cavité viscérale tous les organes du corps, muscles et système nerveux,

Fig. 950. — Salpa democratica, vu de côté et un peu schématisé (d’après Grobben). — 0, bouche; Ph, cavité pharyngienne; Xl, cloaque; À, orifice de sortie; Br, branchie; N, centre nerveux; Ma, manteau; M, cercles musculaires ; Wb, arc cilié; End, endostyle; Wr, gouttière ciliée ; Nu, nucléus ; C, cœur.

pe dont l'existence a été démontrée Grih ci pal chez les Tu sédentaires. FU

Les muscles se devait surtout autour de la chambre respiratoh e, servent à resserrer et à dilater tour à tour; ils contribuent aussi à ferme fices d'entrée et de sortie. Chez les -Ascidies, les muscles forment trois:

Vinterne et l’externe, composées de fibres longitudinales, celle du milieu de fibres annulaires; chez les Salpes, ils constituent dans l'épaisseur des parois du “ “corps des rubans qui ont pour mission d'assurer le renouvellement de l’eau et de”présider à la locomotion (fig. 950). Un organe locomoteur spécial existe, chez les Appendiculaires et chez les larves des Ascidies, sur la face ventrale que “l'on reconnait à la présence du cœur ; c'est un appendice caudal en forme de fouet qui s'agite avec rapidité et qui renferme un axe hyalin eue à une corde

Lu tu du sr ad que l'on doit considérer comme la bouche. L'ouverture … de l'œsophage est située, loin de l'orifice d'entrée, dans cette chambre respiratoire, ‘qui, chez les Ascidies, est un sac branchial treillissé. Entre la bouche et l’ouverture de l'œsophage, on trouve dans la cavité pharyngienne un sillon cilié limité par deux replis et qui est situé le long de la ligne médiane de la face ventrale, ju face opposée au ganglion nerveux. Ce Te vibratile commence par deux sillons semi-circulaires, qui entourent l'orifice de la bouche et viennent se réunir - em avant du ganglion nerveux. Les parois latérales glandulaires du sillon ventral constituent ce que l’on appelle l’endostyle. Le canal digestif, qui fait suite à la cavité pharyngienne, se compose d’un … æsophage vibratile, d'ordinaire en forme d'entonnoir, d'un large estomac pourvu cénéralement d’un foie, et d’un intestim qui, après avoir décrit une ou plusieurs circonvolutions, vient déboucher à une petite distance de l'orifice de sortie, dans : le cloaque.

- Chez tous les Tuniciers, on trouve comme organe central de la circulation un cœur situé sur le côté ventral de l'intestin et enveloppé généralement d'un péricarde délicat. Il est animé de contractions rapides, régulières, qui se propagent d’une de ses extrémités à l'autre. Chez les Appendiculaires le cœur est lransversal, et présente deux orifices situés vis-à-vis l'un de l'autre. Il n'existe sucune trace de vaisseau et la circulation est entièrement lacunaire. Un phéno- | mène remarquable, découvert par van Hasselt chez les Salpes, consiste en ce = que les contractions changent brusquement de direction, le cœur s'arrête et, après cette interruption momentanée, on voit le courant sanguin se diriger dans lé sens opposé. Les vaisseaux qui partent du cœur aboutissent à un système de lacunes creusées dans la paroi du corps et auxquelles plusieurs zoologistes attri- buent des parois propres. Chez les Ascidies il existe aussi dans le manteau des anses vasculaires formées par des prolongements de la paroi de la cavité viscérale recouverts par l'épiderme. Deux canaux principaux existent sur la ligne médiane, l'un à la face dorsale, l'autre à la face ventrale au-dessous du sillon vibratile ; ils sont réunis entre eux par des canaux transversaux situés dans le pourtour de = la chambre respiratoire. Ils communiquent également avec les vaisseaux de la branchie, de forme très variable, qui est formée par les parois de la cavité pharyngienne, et à la surface de laquelle l’eau est constamment renouvelée, grâce aux cils vibratiles qui la revêtent. Chez les Ascidies, la surface presque tout entière du pharynx est transformée en branchie. Elle constitue une sorte de sac treillissé, | percé denombreuses rangées d'ouvertures, et autour duquel s’est développée une

cavité péribranchiale, dépendance de la cavité cloacale. Le sac branchial es aux parois de la cavité péribranchiale dans toute la longueur de l'endost il contracte en outre avec elles de nombreuses adhérences, au moyen de trabécules qui se détachent de sa face externe. L'eau qui a pénétré dans pharyngienne par l’orifice d'entrée, baigne la branchie, passe à tra ouvertures, dont les bords sont garnis de cils, dans la cavité péribrane dans le cloaque;et s'écoule au dehors par l'orifice de sortie. Dans d’autres ca nombre des ouvertures de la branchie diminue considérablement et la br elle-même n’occupe plus que la face dorsale de la cavité pharyngienne. groupe des Thaliacés, chez les Doliolum, la branchieconstitue une cloison versale plane ou recourbée, percée d'ouvertures à gauche et à droite, : s'étend de la face dorsale, en avant du ganglion nerveux, jusqu'à la face vent près de l’orifice buccal, etsépare par conséquent la cavité respiratoire du eloaq Chez les Salpes, la branchie est limitée à la région médiane de la paroi € du pharynx. Elle a la forme d'une bande creuse, remplie de sang, s'é obliquement du toit de la cavité branchiale, au-dessous du ganglion, derrière l'ouverture buccale; à ses deux extrémités elle se rattache aux du corps. Sur les côtés de la branchie on observe deux larges fentes, étab une communication directe de la cavité pharyngienne avec la cavité noue de la sorte ne semblent former qu’une seule cavité. . fs Les Tuniciers sont hermaphrodites. Souvent les éléments mâles et. fe arrivent à maturité à une époque différente. Les Salpes particulièreme moment de la naissance, ont déjà les organes sexuels femelles, et ce n° plus tard, lorqu’elles sont déjà fécondées, que se développent les organes. Les ovaires et les testicules sont situés près des viscères, dans la région rieure du corps; les uns sont des glandes composées de tubes en cul-de-sac en faisceaux, les autres sont des glandes en grappes, dont le conduit exer débouche dans le cloaque. C'est là aussi qu'ont lieu, en général, la fécondati de l'œuf et l’évolution de l'embryon, qui tantôt est expulsé au dehors CO entouré des enveloppes de l'œuf (oviparité), tantôt est mis au monde à degré de développement beaucoup plus avancé (viviparité). Chez les ! l'embryon reste encore longtemps dans l'intérieur du corps de la » tire les matériaux nécessaires à son évolution d’une sorte de placenta. A côté de la reproduction sexuelle, la multiplication asexuelle par w bourgeonnement est très générale et amène la formation de colonies de quelles les individus sont groupés d'une manière tout à fait caractéristique bourgeonnement tantôt se manifeste sur différentes parties du corps; localisé dans certains points ou même dans une sorte d'organe germina prolifère des Salpes). Les colonies nées de la sorte présentent une forme grandeur très variables ; elles ne restent pas toujours sessiles, mais. comme les Pyrosomes, changer librement de place ou même présent les chaînes de Salpes, des mouvements communs de natation assez rapide ‘Le développement de l'embryon offre chez les Ascidies une grande res avec celui des Vertébrés inférieurs et en particulier avec celui de l'A La segmentation est totale; elle aboutit à la formation d'une gast l'ectoderme apparaît un sillon primitif qui se transforme en canal ner

ASCIDIACÉS. 15

même temps se développe dans l'axe du prolongement caudal du corps, aux dépens d'une double rangée de cellules entodermiques, un squelette axial ana- - logue à une corde dorsale. Le tube digestif, le système nerveux et la corde - dorsale présentent des rapports de position analogues à ceux que l’on observe chez les Vertébrés. L — Le développement post-embryonnaire tantôt présente les phénomènes de la L tamorphose, tantôt les phénomènes de la génération alternante. Le premier “cas se rencontre chez les Ascidies fixées, solitaires ou réunies en colonies, qui abandonnent les enveloppes de l'œuf sous la forme de larves munies d’un appendice caudal et d’une tache oculaire. Les larves nagent de côté et d'autre pendant un temps assez long, et souvent avant de se fixer donnent naissance par bourgeonnement à une petite colonie. La génération alternante s'observe chez «les Salpes et les Doliolum, où elle a été découverte longtemps avant Steenstrup et Chamisso. Les Salpes, nées d'un œuf fécondé chez des individus vivipares, sont solitaires, elles sont dépourvues, pendant toute leur vie, d'organes sexuels; les produisent par un bourgeonnement de leur stolon prolifère des chaines de … Salpes, qui ont une forme très différente de celle de leur parent, et sont sexuées. Chez les Doliolum, la génération alternante est beaucoup plus compliquée, car le eycle du Fr oppement de chaque espèce se compose de plusieurs générations.

… Les Tuniciers sont tous des animaux marins; ils se nourrissent d'algues, de D lintomées et de petits crustacés. Beaucoup d’entre eux, particulièrement les … Pyrosomes et les Salpes, sont phosphorescents.

TETHYODEA'. ASCIDIACÉS

Tuniciers en forme d’outre, en général fixés, pourvus d’un orifice d’entrée et d'un orifice de sortie situés côte à côte, et d’un large sac branchial. Larves en forme de télards.

Le corps de ces animaux, comme l'indique du reste leur nom d’Ascidies, a la forme d'un sac plus ou moins allongé, pourvu de deux orifices en général rapprochés l’un de l’autre, qui correspondent, l’antérieur à la bouche, le postérieur dorsal à l'ouverture cloacale (fig. 951).Quelquefois ces orifices sont éloignés l’un de l’autre et placés aux deux extrémités du corps (Botryllides, Pyrosomes). L'ori-

1 Outre les ouvrages déjà cités de Cuvier, Milne Edwards, Savigny, voyez : J. C. Savigny, Tableau systématique des Ascidies, Paris, 1850. — Eschricht, Anatomisk Beskrivelse of Chelyosoma Mac-Leyanum. Kjôbenhavn, 1842. — Van Beneden, Recherches sur l'embryogénie, l'anatomie et la physiologie des Ascidies simples. Mém. Acad. roy. de Belgique, t. XX. 1846. — A. Krohn, Ueber die Entwicklung von Phallusia mamillata. Archives de Müller. 1852. -- Id., Ueber die Fortpflanzungsverhältnisse bei den Botrylliden und über die früheste Bildung der. Botryllus stôcke. Arch. für Naturg., t. XXXV. 1869. — Huxley, On the Rd and development of Pyrosoma. Transac. Linnean Soc., t. XXII. 1859.

A6 ASCIDIACÉS: | |

fice buccal rond ou ovale peut être fermé par un sphincter et souvent sd quatre ou six lobes situës sur son n pourtour. Fréquemment aussi le bord de

fice de sortie présente les mêmes € sitions. D'autres fois il est lisse © monté d’un appendice linguifor cavité pharyngienne spacieuse, q dans la règle transformée er branchial treillissé, présente à |

de tentacules généralement simp le côté dorsal (côté neural) d

- Fig. 951. — Clavellina lopadiformis, un peu Fig. 952. — Botryllus violaceus (d'après schématisé (d'après Milne Edward). — 0, Milne Edwards). — 0, bouche ; A, orifi bouche; Br, branchie; End, endostyle; cloacal commun d’un groupe d'individu 0e, œsophage; G, centre nerveux; MD, es- : L tomac; K!, cloaque; À, orifice de sortie:

‘ Af, anus; GD, glande génitale; Gg, son canal excréteur; Sf, stolons.

branchial est située la chambre cloacale, qui reçoit l'eau qui a passé à les fentes branchiales ainsi que les résidus de la digestion et les produits Le tube digestif avec le reste des viscères est tantôt placé, chez toutes dies cables, sur les côtés du sac branchial, tantôt, chez les formes des Ascidies composées, derrière lui; il existe alors assez fréquemment glement du corps, qui a permis à Milne Edwards de distinguer un thorax et men, et même un post-abdomen. L'anus et les ouvertures génitales débo dans le cloaque. Non seulement les fèces s'accumulent souvent dans mais aussi les œufs y restent jusqu’au développement complet de l'em

Les Ascidies sont presque toujours, comme les Bryozoaires, fixées sur le étrangers, et, du moins à l’âge adulte, ne peuvent se mouvoir. Tantôt el tent solitaires et atteignent alors une taille relativement considérable (4

ASCIDIACÉS. 1117

dariae), tantôt elles produisent par des bourgeons et par des prolongements radi- caux (stolons) des colonies ramifiées, dont les différents individus sont réunis entre eux par la paroi du corps sans être enfouis dans une enveloppe palléale - commune (Asc. sociales). Mais le plus souvent tous les individus ont un manteau commun, dans lequel, tout en étant entourés par des couches palléales spéciales, 4 ‘ affectent une disposition caractéristique (Synascidiae). Is sont groupés autour | d'orifices communs, de telle sorte que chaque groupe ou système possède sa 1 cavité centrale, dans laquelle débouche, comme dans un cloaque commun, l'orià fice de sortie de chaque individu (fig. 952). Quand les individus sont très nomà “ breux et groupés plus irrégulièrement en plusieurs cercles autour d'une grande ouverture, la cavité centrale peut se transformer en un système de canaux ramifiés. IL existe aussi des Ascidies composées et des Ascidies solitaires qui peu- . vent se mouvoir librement. Les premières sont ces animaux découverts par Péron - et désignés sous le nom de Pyrosomes, dont le corps, de consistance gélati- -neuse, a la forme d'une pomme de sapin, et qui sont pourvus d’un canal cire! commun, débouchant à l'extrémité la plus large de la colonie par un orifice cir- - culaire.La paroi du canal, avec ses saillies écailleuses à sa surface externe, es la - masse palléale commune de nombreux individus, qui sont disposés perpendiculairement à l'axe de la colonie, et de telle sorte que leurs orifices d'entrée forment des cercles irréguliers sur la face externe et que leurs orifices de sortie débou- - chent dansle canal commun. La locomotion de ces Pyrosomes est très limitée et très lente, leurs colonies flottent à la surface de la mer sans pouvoir, comme les chaînes de Salpes, se mouvoir d'elles-mêmes. Les petites Appendiculaires (solitaires) sont par contre douëées à un haut degré de la faculté de nager. Par leur … forme extérieure elles ressemblent à des biere d’Ascidies; elles portent comme celles-ci un appendice caudal flabelliforme, dont les mouvements ondulatoires les font rapidement progresser à la manière des Cercaires ou des têtards de Gre- nouilles.

Pour bien comprendre la conformation de l’Ascidie, il faut prendre pour point . de départ ces petites formes à organisation si simple. En dehors de la présence de l'appendice caudal replié.sous le corps avec son axe squelettique semblable à une corde (urocorde), le caractère le plus remarquable des Appendiculaires consiste dans l’absence de chambre cloacale, ou atrium. L’anus est situé chez ces animaux sur la face ventrale et sur la ligne médiane. Il existe deux canaux atriaux infundibuliformes, dont l'orifice interne cilié s'ouvre dans le sac pharyngien et dont l’orifice externe débouche à gauche et à droite, en avant de l'anus. Ces canaux branchiaux primaires sont produits par des invaginations de l'ectoderme qui se sont unies à des diverticulums nés vis-à-vis sur. la paroi du sac pharyngien. Ils servent à donner passage tantôt à l'eau qui a pénétré par la bouche et qui s'écoule par les deux orifices branchiaux (spiracula), tantôt à un courant dirigé dans la direction opposée, suivant le sens des mouvements vibratiles des cils du sac branchial, Les particules alimentaires introduites par l'eau, dans le premier cas sont entraînées par deux ares antérieurs ciliés qui partent de l'extrémité antérieure d’un court endostyle, entourent l'orifice du sac pharyn-

! Huxley, A2 manua of the anatomy of invertebrated animals. London, 1875,

aus ASCIDIACÉS.

gien et se dirigent obliquement vers la face dorsale, où elles se réunissen former une bandelette vibratile médiane (constituée par deux rangées de ce ciliées). Cette bandelette se dirige en bas vers l’orifice de l’œsophage à la d’une étroite bandelette ciliée ventrale, qui prend naissance à l’extrémi rieure de l’endostyle (fig. 953).

Les larves des Ascidies (Phallusia) pré:

également comme Krohn l'a fait conne puis longtemps, deux fentes branchi deux conduits atriaux correspondants. conduits sont produits, suivant Kowale des invaginations de l’ectoderme; ils nissent plus tard sur la face dorsale et 4 chent alors par un orifice cloacal comm dian. Le revêtement ectodermique de la atriale entoure sur les côtés le sac p gien, forme par suite le feuillet branchi:

feuillet pariétal de la cavité périb Celle-ci s'étend jusque sur les côtés de style. Le sac pharyngien se transforme branchial et le nombre des orifices qui communiquer avec la cavité péribranchiale vient de plus en plus considérable. Il est à : que, d’après les observations concordan:

Kowalevsky et de Metschnikofft, la cavité branchiale est formée dans les bourgeons Ascidies (Botryllus, Perophora) par deux r ne, du sac pharyngien, replis qui, être séparés du sac, s'ouvrent à l’extérieu niveau de la région cloacale. Par conséqt RS ici la cavité péribranchiale serait pe ma rt: vu na la face ventrale et dit épithélium d'origine entodermique. l'appendice caudal a été enlevé (d’après La conformation particulière du sac ve H. Fol). — 0, bouche; End, endostyie; . ue à Sp, les deux canaux ciliés de la cavité présente de nombreuses modifications ln anne se sert dans la classification de ces a Dr, glandes; Ov, ovaire; T, testicule; Sa face externe est fixée à la paroi du Pr par des trabécules dans lesquels circule 1 l et par des brides; la face interne présente souvent des plis et des saill L variés (fig. 954). De même le nombre, la grandeur et la forme de branchiaux, dont est percée la paroi du pharynx, sont très variabl ainsi que les orifices peuvent être ronds, elliptiques ou Pare m tournés en spirale. es Les organes ciliés du sac branchial treillissé des Ascidies corresp on

QT ing

1 E. Netschnikoff, Ueber die Larven und Knospen von Botryllus. Bullet. Acad. st-Pét t. XIII. 1869. — Id., Neue Thatsachen uus der Enwickelungsgeschichte der Ascidien. Lei wiss. Zool., t, XXIL, 1870. — Kowalevsky, Ueber dis Knospung der Ascidien. Arch Anat,, t. X. 41e ‘

ASCIDIACÉS. 1119

ceux des Appendiculaires et se composent de l'endostyle avec le sillon ventral et des deux arcs vibratiles. Ces derniers sont des bandelettes en forme de demi-

cercle, revètues de cellules ciliées qui aboutissent sur … la face dorsale, au-dessous … du ganglion jusqu’à un repli dorsal ou à une ran- …gée longitudinale de lan … guettes. Sur le côté neural … elles commencent à l’extré- . mité antérieure de l’endo- Style. L'endostyle est une - gouttière médiane profonde * de l'épithélium, qui s'étend … jusqu'à l'orifice de l’œso- phage. Les deux lèvres de Ja gouttière sont saillan-

tes, appliquées l’une contre l’autre et portent des cils vibratiles; les parois de la

gouttièr € -présentent plu- Fig. 954. — Anurella roscovita. La cavité dorsale a été fendue pour sieurs bourrelets longitu- montrer la branchié (d’après Lacaze-Duthiers), — Br, branchie: ge RE $ B, orifice d'entrée; À, orifice de sortie; a, extrémité ânale de ; dinaux (ordinairement {rois l'intestin; 0, ovaire entouré par le testicule £; o' et o”, oviducte et

de chaque côté) séparés son orifice.

par des sillons. Dans le fond de la gouttière, les cellules sont recouvertes de longs cils vibratiles qui dépassent les bords libres des deux lèvres. D'après H. Fol!, l'endostyle a pour fonction de sécréter une matière muqueuse et de diriger les particules alimentaires. Cette matière muqueuse est chassée en avant par les mouvements des longs cils de la gouttière; elle fait saillie dans la cavité

branchiale, elle agglutine les particules alimentaires et le tout est amené à

l'œsophage par les cils vibratiles des languettes dorsales ou du repli dorsal. L'œsophage, dont la paroi est ciliée, est étroit et en forme d’entonnoir; il s'ouvre dans un estomac spacieux tapissé intérieurement par un revêtement entodermique de grosses cellules et divisé en cavités secondaires par de nombreux replis. Dans son intérieur viennent déboucher des glandes qui lui sont intimement accolées et qui ont une structure très variable; on les désigne sous le nom de foie*, mais elles méritent plutôt le nom d'hépatopancréas. L'intestin grêle, qui fait suite à l'estomac, est long, il se recourbe sur lui-même et se continue avec un rectum court, piriforme chez les Appendiculaires. L'anus débouche dans la cavité cloacale. Il existe aussi, chez beaucoup d’Ascidies, un organe glandulaire. Cest un corps cylindrique dépourvu d'orifice, et dont la cavité renferme des concrétions. La présence de l'acide urique dans les concrétions, démontrée par

2 Huxley, Philosophical Transactions. 1857. — Id., Quarterly Journal of microsc. Science. 1856. — H. Fol, Ueber die Schléimdrüse der Tunicaten. Morphol. Jabrb., t. I, 1875.

? T. Chandelon, Recherches sur une annexe du tube digestif des Tuniciers. Bull. Acad. roy. Belgique, t. XXXIX. 1875.

1120 ‘ :ASCIDIAGÉS.

Kupffer, autorise à considérer cet organe comme un organe de Bojanus rein. +

Un organe de même nature, composé de plusieurs culs-de-sac, se rencont Ascidia, Cynthia, Clavellina, au-dessus ou au-dessous du ganglion?. Les sac renferment de petits corps globuleux et débouchent par un canal commun sur le plancher d’une fossette ciliée dans le sac pharyngien.

Le cœur est placé sur la face ventrale du tube digestif. C’est un sac contractile qui se continue à ses deux extrémités avec un vaisseaus. Appendiculaires, le cœur est situé transversalement et présente seulem ouvertures en forme de fentes. L'appareil circulatoire des autres Ascidies par un système de lacunes dont les ramifications constituent un réseau vs très riche, mais dépourvu toutefois de parois propres. Le vaisseau ventral 1 cavité branchiale et se termine dans cet organe en lui fournissant des qui serpentent dans ses parois ; le deuxième vaisseau se distribue au (tube digestif et organes génitaux), et envoie aussi des branches dans la corps et dans le manteau, Sur le côté dorsal du sac branchial il existe “ae longitudinal, qui communique avec le réseau vasculaire branchial et ét communication avec les vaisseaux de l'intestin. Le sang est incolo de nombreux corpuscules amiboïdes, qui ne font défaut que chez laires.

Le ee nerveux se réduit à un ganglion oee situ sur

bien moins simple. Chez ces animaux, en effet, il a la forme d’un néons vement creusé d’une cavité, divisé plus tard par des étranglemen

d'entrée du sac branchial. Sur la portion moyenne globuleuse repose l ainsi qu'un organe vibratile pédonculé, la portion postérieure atténuée rière fournit deux nerfs latéraux aux conduits atriaux etse continue a

paru et que le sac branchial s’est développé. Chez les Prod a chbi Ascidies (Molgula) qui offrent un développement direct (forme larvai

1 Kupffer, Zur Entwicklung der cinfachen Ascidien. Arch. für, mikr. Anat., ! t. VI. Lacaze-Duthiers, Archives de Zool. expér. 1874.

? M. Ussow, Zoologish-embryologische Untersuchungen. Die Mañtellhiere. Archiv für t. XLI. — Nassonow, Mémoire (en russe) sur l’Anatomie des Ascidies {Molgula et. Cire: Moscou, 1877. de

5 Voyez : Milne Edwards, aie sur. les Ascidies composées des côles de Mém. Acad. des sciences., t. XVIII. 1842.

4 Voyez M, Ussow, Loc. cit., ainsi qu'un mémoire russe du même auteur. St-Pétersbourg.

ASCIDIACÉS. 1121

par la portion antérieure qui correspond au ganglion cérébral des larves des

autres Ascidies.

Parmi les organes des sens, les plus répandus sont ceux qui servent au toucher

“et qui sont représentés par des appendices des téguments (lobes des orifices

lentrée et de sortie, et tentacules) ainsi que par certaines cellules épithéliales

périphériques dans lesquelles se terminent des nerfs. C'est à la même catégorie

elle correspond, avec une glande si- tuée au-dessous du ganglion, à l'hyè pophyse. Cette fossette communique

ce dernier.

. pendant un certain temps chez l'em-

} ganglion et reste toujours en re- Jation soit immédiate, soit médiate

« lorganes qu’il faut rapporter les grosses cellules surmontées de cils situées sur

e bord de la bouche chez les Appendiculaires. On a considéré comme organe de l'odorat la fossette vibratile, creusée dans la paroi du sac pharyngien, en avant du ganglion. Suivant Julin,

bryon avec la cavité centrale du

. par l'intermédiaire d'un nerf avec

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