‹ Traité de zoologieChapitre 316 sur 434 · PISCES'. POISSONS · texte numérisé non relu

PISCES'. POISSONS

Animaux à sang froid, en général écailleux, vivant dans l’eau, munis de nageoires impaires, de nageoires peclorales et ventrales paires, d'un cœur simple formé d'un ventricule et d'une oreillette, à respiration excluivément branchiale et ne présentant pas de vessie urinaire antérieure.

Les particularités que présentent la structure et l'organisation de ces animaux nt presque toutes déterminées par leur mode d'existence dans un milieu quide. Bien qu'on rencontre dans toutes les classes de Vertébrés des formes qui nourrissent et se meuvent dans l'eau, aucune n'est aussi parfaitement adaptée ce genre de vie que celle des Poissons.

» Malgré la grande diversité de conformation extérieure, cependant on voit que d'une manière géuérale le corps des Poissons est comprimé latéralement et porte unenagceoire s'étendant sur la ligne médiane du dos’et du ventre et une nageoire taudale verticale. La surface de la peau est recouverte d'écailles imbriquées &omme les tuiles d’un toit. Les membres antérieurs et les membres postérieurs isont. représentés par les nageoires pectorales et les nageoires ventrales. Les Poissons n'ont pas de chaleur propre; la température du sang est celle du milieu ambiant; elle s'élève et s'abaisse avec elle. Les Poissons respirent pendant toute la vie par des branchies. À ce mode de respiration est liée la nature veineuse du cœur. .

… Cependant, bien que ces différentes particularités caractérisent nettement le type du Poisson, il est parfois difficile de le délimiter. Ainsi la ligne de démarcation avec les Batraciens, qui vivent encore presque exclusivement dans le mème milieu, mais qui déjà préparent le passage de la vie aquatique à la vie É 4 x à

1 Outre les ouvrages anciens de Belon, Rondelet, Artedi, voyez : M. E. Bloch, Naturgeschichte der Fische Deulschlands. Berlin, 1782-84. — Id., Ichthyologie, etc. Berlin, 1787-1797. — Id., Syslemaæ Ichthyologiæ. Berolini, 1$11. — Monro, The structure and physiologie of Fishes. Edinburgh, 4705, — Lacépède, Histoire naturelle des Poissons, 6 vol. Paris, 1798-1803. — G. Cuvier et Valenciennes, Histoire naturelle des Poissons, 22 vol. Paris, 1828-1849. — Rathke, Beiträge sur Bildungs- und Entwickelungsgeschichte des Menschen und der Thiere. Leipzig, 1853. — JL: Müller, Wergleichende Analomie der Mixinoïden. Berlin, 1835-1845. — Id., Ucber Ganoïden und das natürliche System der Fische. Abh. der Berl. Ak. 1846.— L. Agassiz, Recherches sur les Poissons fossiles, 5 vol. Neufchâtel, 1833-44. — Nilsson, Skandinavisk Fauna. Lund, 1851. —Günther, Catalogue of the fishes in the British Museum, 8 vol. London, 1859-1870. — Bleeker, as ichthyologique des Indes orientales néerlandaises, 5 vol. Amsterdam, 1862-1870. —

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terrestre, paraît purement conventionnelle et nullement naturelle. Chacun caractères que nous venons de mettre en saillie peut disparaître isoléme parfois même la respiration n’est plus exelusivement branchiale dans un. de Poissons, auxquels on a donné à cause de cette particularité le no pnoïques ; chez eux, en effet, de même que chez les Batraciens, on obs respiration pulmonaire et, en même temps, un cœur et une circulation dé Cette modification si profonde peut, au point de vue de la morphologi cilier avec l'organisation typique des Poissons, car on rencontre tr un organe similaire à un poumon, la vessie natatoire, mais qui re autre fonction. Dans ce groupe d'animaux à respiration double, la ves toire s'est transformée en un organe respiratoire aérien, dont. les x correspondent aux vaisseaux respiratoires. Les vaisseaux efférents ran cœur, dans une poche distincte, ou oreillette gauche, le sang artéri position de la vessie urinaire derrière le tube digestif et l'anus const un caractère anatomique important des Poissons. On trouve même ch pnoïques une vessie urinaire postérieure, tandis que chez les Batraciens 1 ticulum de la paroi antérieure du cloaque, correspondant à l'allantoïd tionne comme vessie urinaire.

Le corps a généralement la forme d'un fuseau, plus ou moîns compr dont le côté ventral est souvent caréné pour permettre à l'animal de fend dre facilement l’eau. Cependant, cette forme fondamentale présente des modifi. | nombreuses et profondes, suivant les conditions pe milieu, de 10 comoti

tiennent au fbnd de l’eau, dans la vase (LR DEN: ily à des saphir “5 renflées comme un-ballon, qui se laissent ballotter à la surface dé la m

sion latérale, tantôt le dos est très bombé relativement à la longueur 10 (Soles), tantôt le corps a peu de hauteur et s'allonge énormément. " | Enfin une dépression dorso-ventrale peut produire des formes plates” comme par exemple les Raies. FE

Les organes locomoteurs principaux sont des masses musculaires P que l'on appelle les muscles latéraux, et qui constituent quatre gros sur les côtés de le colonne vertélatés depuis la tête jusqu'à l'extrémité queue. Primitivement elles présentent une division régulière correspondä métanéres (myocommata, myomères). Deux de ces ttusclés: latéraux sont et placès de chaque côté des apophyses épineuses; les deux autres sont in ils recouvrent les côtes et à la région caudale se rapprochent Fan gs sont séparés par les apophyses épineuses inférieures. Par leurs « courbent avec rapidité, alternativement à gauche et à droite, ts: rieure du tronc et la régivn caudale, et déterminent ainsi par ces latéraux la progression du corps, progression qui peut être modifiée | par l’action des nageoires ventrales et dorsales. Les deux paires de nageoires peclorales et ventrales, ne semblent jouer qu'un rôle secondaire, et servent plutôt, à la manière d'un gouvernail, à dirig dans tel ou tel sens. La struéture de la colonne vertébrale avec ses presque uniformes est adaptée à ce mode de locomotion. La tête est.

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tement réunie au tronc et solidement articulée avec lui. La région cervicale mobile, dont la présence ne pourrait qu'entraver les mouvements de natation, fait presque complètement défaut. Dans sa portion antérieure précisément, le tronc est rigide et ses différentes parties sont solidement unies les unes aux utres ; en arrière il devient mobile et se réunit insensiblement, sans se diviser en régions thoracique, ventrale et lombaire, à la région caudale, dont les vertèbres sont susceptibles des déplacements les plus étendus, et qui par conséquent gonstitue le principal organe moteur. A l'extérieur, la ligne de démarcation entre la queue et le tronc est en général indiquée par la position de l'anus et la terminaison dela cavité viscérale, qui d'ordinaire fait partie du tronc.

. Le système des nageoires impaires placées verticalement sur la ligne médiane, sur le dos et le ventre, est représenté dans l'embryon par un repli cutané continu (nageoire médiane), qui commence sur le dos, entoure la queue et se Hermine sur le ventre derrière l'anus. Ce n'est que plus tard que ce repli (cesse d'être continu; les portions qui subsistent prennent une plus grande extension et présentent dans leur intérieur une charpente formée par un certain nombre de styles osseux, ou rayons, qui s'articulent avec des os plats enfoncés dans les tissus et réunis aux apophyses épineuses; ce sont les os interepineux. Au moyen de groupes spéciaux de museles, ils peuvent être redressés en avant ou couchés en arrière. Ce grand re- S pli cutané s'atrophie Fig. 997. — Perca fluviatihs (règne animal). et disparait sur cerlains points, tandis que sur d° autres il se développe et se trouve ainsi partagé, en général, en trois portions distinctes, connues sous les noms de nageoire dorsale (pinna dorsalis), nageoire caudale (pinna caudalis) et nageoire anale {pinna analis, fig: 997). Les nageoires dorsale et anale peuvent se diviser à leur tour, par avortement de quelques-unes de leurs parties, en plusieurs nageoires, dont le nombre, la forme et la grandeur fournissent des caractères importants pour la distinction des genres et des espèces. Rarement (Salmones) les rayons osseux manquent dans une petite nageoire dorsale postérieure, que l'on appelle la nageoire adipeuse (Pinna adiposa). Les rayons eux-mêmes offrent chez les Poissons osseux des différences de structure que l'on met également à profit pour la classification de ces animaux ; tantôt ce sont de simples stylets osseux, durs, des rayons épineux, terminés en pointe à leur extrémité supérieure, mais qui peuvent aussi devenir mous et flexibles; tantôt les rayons sont mous et flexibles, composés d'une série d’osselets et ramifiés dichotomiquement. Les premiers se rencontrent principalement dans les portions antérieures de la nageoire dorsale des Poissons qui vivent dans la mer; cette particularité avait fait donner à un groupe de Poissons osseux le nom d’Acanthoptérygiens, bien qu'en général

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la partie postérieure des nageoires dorsale et anale lentértie: des rayons et segmentés. Les rayons composés d'une série d'osselets caractérisent 1 lacoptérygiens, répandus” principalement dans les eaux douces, qui peuvent offrir en un de: la nageoire dorsale et de la nageoire pe épineux. gi La nageoire caudale est, en général, formée aux dépens de des rieure et de la partie inférieure du repli cutané; elle présente dans sa dans ses rapports avec l'extrémité postérieure de la colonne van différences dont on exagérait jadis l'importance et auxquelles on : tort une grande valeur au point de vue de la paléontologie. Que la caudale soit allongée ou raccourcie, qu'elle soit simplement: arrondie soit évidée en forme de faucille, ses deux lobes supérieur et inférieur-soi symétriques et égaux, tantôt asymétriques, et alors le supérieur est tr Dans le premier cas, on dit que, extérieurement, la nageoire est homo phycerque), dans le second, qu ‘elle est hétérocerque. On. distingue on le mode de terminaison de la partie postérieure de la colonne vertébr hétérocerquie interne; en effet, des nageoires caudales extérieurèm cerques peuvent être fixées en grande partie ou sh rieure de l'extrémité de la colonne vertébrale recourbée en haut (Ge par conséquent le squelette dé ces nageoires est asyrhétrique‘; On cons trefois, avec, Agassiz, l'hétérocerquie comme le caractère exélusif des fossiles des formations antérieures à la période jurassique, ainsi que des giostomes et des Ganoïdes, et l'on attribuait aux T'éléostéens actuellemen vants (Poissons osseux) une nageoire caudale homocerque ; mais des re ultérieures ont montré que rs ce dernier groupe prédomine aussi une <erquie interne bien marquée, comme dans la queue extérieureme trique des Ganoïdes appartenant aux genres Lepidosteus et Amiar En ou bryogénie a fait voir que précisément l'homocerquie interne complète e primitive. L'extrémité postérieure du corps des Téleostéens est; pendant embryonnaire, d'abord complètement homocerque, disposition qui pers dant toute la vie dans le groupe inférieur- des Cyclostomes. Peu à peu | chez tous les Poissons osseux une hétérocerquie interne, la nageoire ea rieurement- symétrique, présentant une courbure supérieure: plus ou m noncée de la colonne vertébrale, et une transformation des sophie ventrales en os interépineux. Lés mêmes phénomènes s'observent « noïdes actuels, dont le genre Polypterus ne présente qu'une-hétérocerqn peu marquée. L'hétérocerquie interne et externe complète se ren outre des Squales, dans les fossiles les plus anciens, où les. dales, fortement courbées en haut, ne portent des rayons-qu'en des Les rageoires paires, les nageoires pectorales . et les: nageoires correspondent aux membres antérieurs el postérieurs des autres Verté premières sont suspendues. à la tête et au tronc, immédiatement en branchies, pe l'intermédiaire 1E une ceinture sraheauts ICO ORIEES

Li “oué Agassiz, Heckel et Iluxley, voyez principalement : serres Ueber das E belsäule der Ganoiden und etniger PRE Leipzig. 1860. , FE me

autres sont plus rapprochées de la ligne médiane et rejetées en arrière dans la région ventrale. La position des nageoires ventrales est du reste très variable.

. Linné et d’autres naturalistes accordaient une grande valeur zoologique aux modifications qu'elles présentent sous ce rapport, et divisaient les Poissons en Poissons à nageoires ventrales, Poissons à nageoires thoraciqries et Poissons “à nageoires jugulaires!. Dans le premier groupe, toutes les nageoires postérieures sont placées à la manière ordinaire, près de l'anus, plus ou moins loin des na- “ccoires antérieures; dans le deuxième groupe, elles sont situées au-dessous ou ‘immédiatement en arrière de celles-ci; et enfin, dans le dernier, en avant d'elles, sur le pharynx. Bien que cés rapports ne puissent plus être employés aujourd'hui pour établir les grandes coupes, cependant on doit avoir recours à eux lorsqu'il s’agit de caractériser les groupes secondaires. Du reste, les nageoires antérieures peuvent dispavaître seules (Anguilles), ou avec les nageoires postérieures (Lamproies).

L'enveloppe tégumentaire des Poissons présente une surface lisse, visqueuse, qu'elle doit à son épiderme mou, contenant de

grosses cellules muqueuses ouvertes extérieurement ;

dans les formés les plus | simples, elle est complète- Fig. 998. — Coupe verticale à travers la peau d’un embryon de ment nue ( Cyclostomes) . Squale (d’après Hertwig). — C, derme ; c, €, ce, couches du derme;

NS CT à : d, couche supérieure du d $ ille; E, épiderme; e, couche Mais, en général, elle offre 4e cellules pt th Lg pr rl LR va ef) Us él des écailles implantées dans

la peau, que l’on regardait jadis à tort comme des formations épidermiques, tandis qu’en réalité ce sont des plaques osseuses produites par le derme, et le plus souvent entièrement recouvertes par l'épiderme (fig. 998)2. Elles se développent Épagh de papilles larges et aplaties, dont la périphérie reste molle et formée de substance conjonctive tantôt à la base seulement, tantôt jusqu'au Sommet. Souvent les écailles sont tellement petites qu'elles paraissent manquer, cachées qu'elles sont sous la peau (Anguilles) ; mais, en général, elles constituent des lamelles solides, plus ou moins flexibles, présentant un grand nombre de lignes concentriques et de stries rayonnantes, et se recouvrant les unes les autres comme les tuiles d’un toit. Suivant que le bord libre est lisse et régulièrement arrondi, ou bien qu'il est.dentelé ou hérissé de piquants, les écailles sont dites cycloïdes où cténoïdes. Par l'ossification du derme sur une plus grande épais-

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1 Linné divisait les poissons en six ordres : Apodes, Jugutares, Thoracici, Abdominales, Branchiostegi, Chondropterygii.

: * Williamson, On the microsc. structure ofthe scales, elc., of some ganoid and placoid Fishes. P hil. Mrans. London, 1849. — Id., Investigation into the structure and development of the scales, etc., of Fishes. Phil. Transact. London, 1851. — Baudelot, Écailles des Poissons, etc. Arch. de Zool. expér., vol. Il, 1874. — O. [ertwig, Ueber das Hautskelet der Fische. Morph, Jahrb., t. IL. 1876.

seur, se produisent tantôt de petits noyaux osseux irrégulièrement distribués rendent la peau rugueuse et comme. chagrinée (Squales), tantôt des pl osseuses surmontées d'épines et de crochets et qui peuvent même se réunir : constituer une cuirasse solide. Ces plaques ou écailles placoïdes souvent” point recouvertes d'un revêtement épithélique. Enfin, il existe encore: sorte d'écailles, dont la substance osseuse est recouverte d’une couche ce sont les écailles ganoïdes. Rarement arrondies, en général rhom elles ne se recouvrent que fort peu et sont disposées en rangées obliques jadis beaucoup exagéré l'importance que les différences de forme des & présentent pour la classification; aussi les quatre ordres des Cycloid Cténoïdes, des Ganoïdes et des Placoïdes d’Agassiz, représentés. princi par des genres fossiles, fondés sur ces différences, ne peuvent-ils ne servés, excepté à la rigueur celui des Ganoïdes. di La coloration variée et souvent brillante des téguments est due.e en partie à des cellules pigmentaires ramifiées du derme, et aussi à des pi de la couche épidermique inférieure. L'éclat métallique qu'elle prèse souvent est produit par de petites lamelles et par des its < Cris irisées. IS api On rencontre généralement dans la peau des Poissons des canaux dél au dehors par une série de pores placés sur la ligne latérale. On les dis comme des glandes sécrétant du mucus; les recherches de Leydig ont qu'ils étaient le siège d'une sensibilité éiale Ces canaux ont quelqu chez l Esturgeon et les Myxines, par exemple, la forme de sacs courts s’ouv l'extérieur ; le plus souvent ce sont des tubes ramifiés, constituant le « des canaux latéraux, dont les pores débouchent dans la ligne latérale. Raies, les Squales et les Chimères, ces tubes sont simples et présenten extrémité en ampoule. Ces canaux latéraux, caractéristiques principalemente Poissons osseux, mais qui existent aussi chez les Plagiostomes et: les Esturg: s'étendent de chaque côté du corps, le long de la ligne latérale, depuis la b de la nageoire caudale jusqu'aux ouies, en nine une courbe variable prolongent ensuite sur le crâne. Dans la région temporale il en part une infra et supra-orbitale, qui s'étend jusqu'au bout du museau; une secon che principale longe la mâchoire inférieure en contournant “le bord de cule. Partout la paroi de ces canaux, recouverte d’un épithélium,. est t par des nerfs (rameaux du nerf latéral) qui se terminent, suivant Leydig des renflements en forme de bouton, comme les nerfs des organes des Fr. E. Schulze a montré que ces renflements sont de petites papilles dont le revêtement épithélial subit une modification spéciale. Le centre e par de courtes cellules piriformes, qui se terminent à leur partie supé un cil rigide très fin, tandis qu'à leur base elles se continuent avec; un a

1 1 anis Ueber die Schleimkanäle der Knochenfische. Archives de Müller, 1860. das Organ eines sechsten Sinnes. Dresden, 1868. — Fr. E. Schulze, Ueber die Sin: der Seitenlinie bei Fischen und Amphibien. Arch. für mikr. Anat., vol. VI, 4870. — B, Neue Untersuchungen zur Alan. der Seitenorgane der Fische. Archiv für. mike t, XVII et t, XVILL. |

‘ , » ie

(fig. 999). Il a prouvé aussi que ces boutons nerveux de la ligne latérale se présentent dans le jeune âge sous la forme de petits bourgeons saillants et libres à lasurface du corps, comme chez les larves de Salamandre, et que plus tard seulement apparaissent des replis cutanés dont les bords, venant à se réunir, excepté dans les points correspondant aux pores, forment les canaux dans lesquels ils sont cachés chez les individus adultes. À côté de ces organes nerveux utanés on doit encore ranger les foilicules découverts par Savi chez la Torpille. . Le squelette des Poissons présente une très grande diversité, depuis les formes primitives les plus simples, analogues à celles que l'on observe transitoirement

à ay ee 999. — a. Organe latéral dé la queue du Gardon ; Fig. 1000. — Coupe verticale à travers

| N, nerl. — b. Organe latéral d’une jeune Brême @) la colonne vertébrale de l’'Ammo- (d'aprés F. E. Schulze). cotes (d'après Wiedersheim). — €,

: 8 corde ; Cs, gainé de la corde ; Ee,

ds les Vertébrés supérieurs pendant la pé- Marois Spot : riode embryonnaire, jusqu'aux formes plus lettogène; Ob,ares supérieurs ; Ub, élevé n individ 1 I arcs inférieurs ; F, tissu adipeux ; evees propres aux INGIVIQUS les plus par- M, moelle épinière; P, pie-mère.

faits de la classe. Dans le cas le plus simble, la corde dorsale avec ses enveloppes persiste sans subir de transformations D toute la vie (Amphiozus). La partie supérieure entourant la moelle inière de la couche squelettogène (enveloppe externe de la corde) représente eule le système des ares vertébraux supérieurs, de même que le canal caudal qu'elle forme au-dessous de la corde, et qui renferme les vaisseaux caudaux, représente le système des ares vertébraux inférieurs. La capsule crânienne fait encore entièrement défaut. Chez les Myxinoïdes, l'ébauche de la colonne vertébrale n'est guère plus perfectionnée; cependant la partie antérieure élargie du Canal rachidien se différencie déjà pour constituer une boîte crânienne eartilagineuse, à laquelle viennent s'ajouter un cartilage basilaire résistant, les rudiments cartilagineux de la face etun cadre solide de la voûte palato-pharyngienne. Chez les Lamproies (Petromyzon, fig. 1000) apparaissent en outre dans le tissu squelettogène une série de petites pièces cartilagineuses, analogues aux ares vertébraux supérieurs, et au-dessous de la corde des lamelles cartilagineuses également paires, qui se réunissent dans la région postérieure pour constituer le canal caudal‘. Ees-ares

! John Müller», Vegleichende Anatomie der Myxinoiden. Berlin, 1854-1885. — Ge Rathke,

cartilagineux inférieurs et supérieurs sont plus complets chez les Estur (Acipenser) et chez les Chats de mer (Chimaera), bien que la corde dorss encore gélatineuse, entourée, il est vrai, d’une enveloppe résistante, et dernier cas, formée de tissu conjonctif. Les arcs supérieurs, en seréun des pièces cartilagineuse supérieures, impaires (apophyses épineuses su forment un canal rachidien complètement fermé; chez les Chimères se montrent déjà dans la gaine de de nombreuses incrustations calcaires, pres d’une division en vertèbres; la corde persiste € chez les Dipnoïques, mais la gaine s’est transform: cartilagineux continu, dont le revêtement membrane sente des ares inférieurs et supérieurs déjà ossif ares inférieurs sont écartés les uns des autres tronc, comme des côtes, et dans la région caudale nissent par l'intermédiaire d'apophyses épineuses, q voit également exister sur la face dorsale. C'est ch Fig. 1001. — Coupe verti- Squales et les Raies que se montre pour la premi cale faite au milieu re ot : : : RER d’une vertèbre d'Esoz lu- la différenciation du rachis en vertèbres; les ares ue CR an rieurs et inférieurs se soudent à des pièces annulañ gaine de la corde; x, k l'enveloppe de la corde comme à leurs corps de ne NT respectifs. En général, à chaque corps, 0 pondant aux ares supé- poae une paire supérieure et Wu des inférieure rieurs; k , bras correspon-

dant aux arcs inférieurs ;

h, apophyses transverses er dans un segment de la colonne ventétiieté osseuses; #, Canal are Re “+ < | k LS Lafé" nerfs spinaux successifs). Ces anneaux qui, dans lé

gs.

s hrtoissant et prenant la forme d’un double cône creux carilagineu u | ossifié couche par couche. L'excavation conique de chacune des moi és vertèbres biconcaves communique encore ordinairement, au fond, avec x opposée et est remplie par un reste de la corde. Chez les Ganoïdes à 5 U osseux, ainsi que chezles Téléostéens (fig. 1001), les vertèbres biconcaves plus ou moins complètement, et se soudent avec les ares supérieurs et ir également A et forment alors des vertèbres entièrement isolées?

Anatomisch-physiologische Untersuchungen über den Kiemenapparat und. si z Wirbelthiere. Riga, 1852.— Reichert, Ueber die Visceralbogen im Allgemeinen, e de Müller, 1837. — E. Hallmann, Vergleichende Osteologie des Schläfenbeins. Hannover, —C. Bruch, Vergleichende Osteologie des Rheinlachses. 1861. — A. Külliker, Ueber « iehungen der chorda dorsalis zur Bildung der Wirbel der Selachier und einiger an che. Würzburg, 1861. — C. Gegenbaur, Ueber die Entwicklung der Wirbelsäule des : mil vergl. anatomischen Bemerkungen. Jen. naturw. Zeitsch., vol. IL. ; 1 Kôliiker distingue trois enveloppes autour de la corde : 4° une membrane. intern quine prend jamais part à la formation des Vertèbres ; 2° la gaine fibreuse proprem là corde : 3° une membrane élastique externe. Quant à la formation des Vertèbres, tant de la vertèbre dérive uniquement de la gaine de la are tantôt de la gaine et de a cou togène. tantôt enfin de cette couche seule.

? Chez le genre Lepisdosteus, ul la face antérieure de en verlèbre se ë déve

s ajoutent aux arcs supérieurs des apophyses transverses (Pleuronectes, etc.), avéc lèsquelles, d'ailleurs, ne s'articulent pas de côtes. Quand celles-ci existent, elles -séplacent sur les deux branches divergentes des arcs inférieurs, qui peuvent, du reste, aussi se comporter comme des apophyses transverses, ou bien exceptionnellenent elles se fixent directement sur le corps de la vertèbre (Polypterus). Le sterim fait partout défaut. Les côtes peuvent se rencontrer sur la ligne médiane, nais leur réunion a alors lieu par l'intermédiaire de pièces osseuses dermiques paires ou impaires. Enfin, il est aussi à noter que très souvent les Poissons osseux présentent des stylets accessoires, fréquemment bifurqués, ou arêtes, qui sont produits par ossification partielle des expansions aponévrotiques. . Le crâne, de même que le rachis, offre des degrés de développement très divers!. C'est chez les Myxines et les Cyclostomes que le crâne primordial est le plus simple ; il est formé par une capsule membraneuse et cartilagineuse corresponant à l'enveloppe externe de la corde ; dans sa base ossifiée se termine la corde. eux capsules osseuses latérales, comparables aux rochers, les capsules auditives sont des appendices latéraux de cette pièce basilaire, tandis que les deux lames de bifureation divergentes de cette dernière Mi se dirigent en Fig. 1002. -- Squelette céphalique de l’Esturgeon (d'après Wiedersheim). — Ro, ros-

Es tre; Cn, fosse nasale; 0, orbite; Am, hyomandibulaire; $S, symplectique; Pq, avantet se réu- palato-carré; Md, mâchoire inférienre ; Hy, hyoïde; V, trou du nerf vague; R, côtes.

nissent à l'appareil compliqué de la face et au cartilage des mâchoires et du palais. Chez les Sélaciens nous rencontrons un premier perfectionnement. Le crâne primordial est constitué par une simple boîte cartilagineuse, non divisible en pièces distinctes, à la base de laquelle se termine la corde. Chez les Esturgeons, des | pièces osseuses viennent s'y ajouter ; ce sont : un os basilaire plat, comparable au sphénoïde, le parasphénoïde, qui envoie en avant et en haut des apophyses aliformes et s'étend en arrière au-dessus du commencement du rachis, et un système de plaques de recouvrement osseuses, qui sont des productions du derme (fig. 1002). La première véritable voûte crânienne osseuse se développe autour du crâne primordial des Dipnoïques. Dans le crâne ossifié des Ganoïdes et des Téléostéens, il reste encore des parties cartilagineuses du crâne primordial, surtout chez le Brochet et le Saumon, où l’encéphale est presque partout entouré par elles. C’est principalement dans la région ethmoïdale que les restes du

cartilage persistent le plus longtemps (Silurus, Cyprinus), tandis qu'à la voûte et

iorme, de tête arrondie, qui s'articule avec une cavité correspondante du corps de la vertèbre te.

* Gegenbaur, Untersuchungen zur vergleichenden Anatomie der Wirbelihiere. 3 Het. Leipzig, 1872.

à la base du crâne ils sont refoulés en partie par l'apparition d’os secoi en partie par l’ossification des occipitaux primaires (exoccipitaux, basi-o du rocher et des ailes postérieures du sphénoïde. On peut établir un p morphologique entre la série des modifications que le crâne présent rapport et l'histoire de son développement, car tous les changemen bit le crâne primordial en se transformant en crâne osseux correspond états permanents particuliers à différentes espèces. Le caractère pri crâne osseux des Poissons, c’est d’être composé d’un nombre relative sidérable d'os qui, réunis aux os également nombreux de la face, past nettement distincts les uns des autres, rendent très difficile la se Le les parties correspondantes des autres Vertébréb) Exceptéchez lesChimères et chez lesRaies, la vertèbrecränienne postérité pas articulée avec la colonne vertébrale, et l'os basilaire (basi-occipital) l'excavation conique et la forme d’un corps de vertèbre. De chaque côt les occipitaux latéraux (exoccipitaux), qui portent les trous par où: pneumogastrique etle glosso-pharyngien, et l'occipital supérieur (sus-0eci} marquable par sa crête très marquée, se développe une pièce, occipital (paroccipital), qui entoure une partie de l'organe auditif, et que l’on à p raison considérée comme une portion du rocher, comme l’épioticum. rattachent les autres os de la capsule auditive, qui entourent le laby rocher postérieur, opisthoticum (Huxley), de taille et de forme très « (très grand chez l'Esox, très petit chez le Gadus) et le proohicum qui en le canal demi-cireulaire antérieur et qui est percé de trous pour le trijumeau. C’est à cause de ces rapports et parce que les deux prooticum nissent sur la ligne médiane, au-dessus de la base du sphénoïde, que d’autres anatomisles les ont considérés comme les grandes ailes du sph postérieur. Enfin, à ces trois os s’en joint encore un quatrième, le : qui est un os de revêtement du crâne cartilagineux, mais qui : peu intimement avec lui. Situé sur l’opisthoticum, il forme une à} postéro-latérale et se soude avec l’hyomandibulaire. La face inférieure de | crânienne est recouverte par une longue lame osseuse réunie par une & basi-occipital, le parasphénoïde, au-dessus duquel la base du crâne prin reste cartilagineuse ou bien s'ossifie et constitue un basisphénoïde peu qui se prolonge en haut par deux courtes branches. Cette ossification a tout lorsqu' il se développe de la cavité orbitaire aux os de la base du tre ceux-ci et le parasphénoïde, un canal pair pour les muscles del Cyprinus). Les faces latérales du erâne, en avant de la région temporale, tent de nombreuses différences suivant le degré de développement de cérébrale. Lorsque celle-ci s’étend-en avant, on voit apparaitre dans crâne primordial deuxpaires de pièces latérales, appelées les ailes anté orbitosphénoïdes, et les ailes postérieures, ou alisphénoïdes, et considérée les arcs des vertèbres crâniennes antérieure et moyenne (fig. 1003). La pa térieure, que l’on a regardée aussi et peut-être avec raison comme les ail res, se réunit avec les deux branches du basisphénoïde, et, grâce aux trous présente pour les nerfs optiques et la branche ophthalmique du trijume presque Loos être retrouvée avec certitude. Les pièces de la paire

(interorbitatres, Owen; ethmoïdaux, Agassiz) se soudent souvent à la base du eine pour former un os médian, qui peut être représenté par une cloison earti-

Fig. 1003. —Crâne de Perca fluviatilis (règne animal). — Os, occipital externe (épioticum) ; Par, parié-

= tal; Sq, squamosal; Fr, frontal; Frp, post-frontal; PrO, prootieum; As, alisphénoïde : Ps, parasphénoïde ; Ethi, ethmoïde impair ; Eth!, ethmoïde latéral (préfrontal) : Am, hyomandibulaire ; S, symplectique ; 0, os carré, Mtp, métaptérygoïde; Enp, entoptérygoïde ; Ekp, ectoptérygoïde ; Pal, palatin; Vo, vomer; Jim, intermaxillaire ; Mx, maxillaire; D, dentaire; Ar, articulaire ; An, angulaire; Op, opercule; Pop, préopercule; SOp, sous-opercule: dOp, ‘interopercule; Hy, arc hyoïdien ; Brs, rayons branchiostèges; CE ‘clavicule; Se, omoplate; Cor, coracoïde ; Ssc, sus-claviculaires ; Ac, pièce accessoire.

| lagineuse ou membraneuse lorsque la cavité cérébrale est moins développée. Dans

te cas, dans toute la région orbitaire, les parois latérales du crâne sont con-

Stituées uniquement par la longue cloison interorbitaire, et ordinairement les

alisphénoïdes sont considérablement diminués. La voûte du crâne est formée par des lames osseuses dermiques, au-dessous desquelles il ne subsiste que rarement des restes du crâne primordial . Ici apparaissent en avant de la rêgion occipitale deux pariétaux, et plus en avant le frontal principal de Cuvier. Sur les côtés, le postfrontal s'étend ; jusqu’ au squamosal et prend part à l'articulation de la mâchoire.

Dans la région ethmoïdale, on trouve dans le prolongement de la base du erâne un cartilage ou un os impair, l'ethmoïdal médian (nasal, Cuvier), recouvert par le vomer, qui se réunit lui-même en arrière au parasphénoïde, et deux pièces osseuses paires, les ethmoïdaux latéraux (os frontaux antérieurs) traversées, par les nerfs olfactifs et constituant les fosses nasales. Enfin, comme os dermiques accessoires, il faut signaler les pièces infra-orbitaires et supra-temporales. Les premières sont disposées suivant une ligne courbe qui limite le bord inférieur de Vorbite, depuis la région temporale jusqu'au frontal postérieur. Toutes ces

traversées par les canaux muqueux, dont elles forment pour ainsi dire } pente. rent Chez l'Amphioxus, un anneau cartilagineux situé autour de la bouclif sente seul l'appareil maxillo-palatin; chez les Cyclostomes, le premier cet appareil se montre sous la forme d’une lame palatine ajoutée au deux plaques recouvrant la bouche et de cartilages labiaux. La forme fondam de l'appareil maxillaire ne se montre cependant pour la première fois € les Sélaciens et les Esturgeons ; une pièce suspendue dans la région te (hyomandibulaire) sert de support à la mâchoire inférieure et à l’hyoïde, que l'appareil maxillo-palatin (palalo-carré), le plus souvent mobile et au crâne par des ligaments, s'articule avec la mâchoire inférieur, les Poissons osseux, le suspenseur de la mâchoire est très compliqué divise en plusieurs pièces, auxquelles s'ajoutent plusieurs lames 0 L'hyomandibulaire (temporal, Cuv.), articulé avec le crâne et correspont peut-être à une portion du temporal des Vertébrés supérieurs, et les os a symplectique et tympanique (metaptérygoïide) par Guvier en constituent la p supérieure ; le préoperculaire forme la partie médiane, et enfin l'os 4 quadrato-jugal, la partie inférieure qui porte la cavité articulaire de la mäck inférieure. En arrière du préoperculaire, trois pièces osseuses, l'operculai sous-operculaire et l'inter-operculaire, constituent l'opercule. Un os placé en tympanique et l'os carré d'un côté, et la mâchoire supérieure de l’autre, €or pond au ptérygoïde et se compose en général d’une pièce externe (ectoptéry et d’une pièce interne (entoptérygoïde). Puis viennent le palatin et l'appe maxillaire supérieur, avec l’intermazillaire à l'extrémité du museau, et le » laire, de forme très variable, le plus souvent dépourvu de dents, dérivant pro ment tous les deux des cartilages labiaux des Sélaciens. Enfin, les deux bre de la mâchoire inférieure ne se soudent que rarement sur la ligne médiar sont composées chacune au moins d’une pièce postérieure, l'articulaire, et pièce antérieure, le dentaire. Souvent s’y ajoutent encore un angulaire operculaire. “ Le squelette viscéral ne commence également à revêtir sa forme 1ypiqu chez les Sélaciens et les Esturgeons ; car les nombreuses pièces cartilagi situées dans la paroi de l’œsophage chez l’'Amphioxus, ne peuvent être compa morphologiquement au système des arcs viscéraux, et il en est de même « charpente extérieure cartilagineuse et très compliquée des branchies chez Cyclostomes. L'arc hyoïdien cartilagineux, qui s'articule d'ordinaire avec carré et rarement directement avec le crâne (Chimères), et qui porte à son. extérieur une série de tiges cartilagineuses grêles (rayons branchiostèges suivi en général de cinq arcs branchiaux, dont les pièces supérieures term se rattachent à la base du cràne, ou, comme chez les Plagiostomes, à la p antérieure du rachis. Les Poissons osseux offrent une disposition entière semblable (fig. 1004). Chacune des branches de l'arc hyoïdien est cû d'ordinaire de trois os, et s'articule par l'intermédiaire d’un osselet sty à la face interne du symplectique. La copule se continue en avant am impair, appelé os lingual ou entoglosse. Des cinq arcs branchiaux suivants, posés en : de plusieurs pièces et réunis également par des copul

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