SO ALLIE
Fig. 1107. — Larynx inférieur du Corbeau (d'après Owen). — a. Larynx ouvert vu de côté. — b. Larynx dont les muscles ont été enlevés. — c. Larynx avec les muscles vu par devant. — d. Le même vu de côté. — St, languette osseuse (pessulus) ; Mfy, membrare tympaniforme interne ; Ms, membrane semilunaire; Rt, dernier anneau trachéen transformé; Rb, les trois premiers anneaux bronchiques transformés ; M, muscles
des dilatations asymétriques qui agissent comme appareil résonnateur, et que l'on désigne sous le nom de tympan et de labyrinthe. L'ouverture inférieure du tambour, qui conduit dans les bronches, est divisée ordinairement par une languette osseuse, qui la traverse horizontalement d'avant en arrière. À ses deux extrémités, antérieure et postérieure, elle présente deux appendices recour- 4 bés vers le bas et constitue de la sorte un double cadre sur lequel se trouve » tendu de chaque côté un repli de la membrane tympaniforme interne. Chez les Oiseaux chanteurs il s'ajoute encore au-dessus de la languette un pli semilunaire, prolongement de cette membrane tympaniforme interne. Dans de nombreux cas il se développe aussi sur le côté externe du tambour, entre les deux derniers anneaux trachéens, ou entre la trachée et la bronche, ou entre les deux premiers demi-anneaux bronchiques, un autre repli membraneux, appelé membrane tympaniforme externe, qui, par le rapprochement des deux anneaux auxquels elle est fixée, se projette en dedans et constitue de chaque côté, avec le bord . libre de la membrane tympaniforme interne, une glotte. Un appareil musculaire …. spécial (muscles broncho-trachéens), qui va de la trachée à la languette et aux - parties latérales du tambour, ou même aux premiers anneaux bronchiques, sert à tendre les cordes vocales. Il est surtout compliqué chez les Oiseaux chanteurs, où il se compose de cinq à six paires de muscles'. Le relâchement des cordes vocales est déterminé par les muscles abaisseurs de la trachée {muscles ypsilo-trachéens et slerno-trachéens) qui s'insèrent à la fourchette et au sternum, et qui sont beaucoup plus répandus que les autres?. Les deux bronches sont relative-
4 Consultez les travaux de Savart, ainsi que Jean Müller, Manuel de Physiologie, vol. IL, et son Mémoire dans : Abhandlungen der Berliner Akademie, 1847.
? Le larynx inférieur existe chez tous les Oiseaux, sauf ceux qui sont muets. Cet appareil, bien
que toujours situé à la partie inférieure des voies respiratoires, présente cependant des difterences de position qui se rapportent à trois types. Tantôt le larynx inférieur est placé exelusi-
ment courtes; à leur entrée dans les poumons elles se continuent avec un grand nombre de canaux bronchiques plus larges, à parois membraneuses qui traversent: le tissu pulmonaire dans des directions diverses, Les poumons ne sont pas, comme chez les Mirroitéres. librement suspendus ‘ dans une cavité thoracique close, et renfermés dans des sacs formés par la plèvre; ils sont fixés par du tissu cellulaire à la paroi dorsale de la cavité thoracique. Leur face postérieure présente des saillies qui correspondent aux espaces intercostaux sur lesquels ils se moulent. La disposition des canaux bronchiques, ainsi que la structure des canalicules auxquels ils donnent naissance; présentent aussi des différences essentielles avec ce que l'on observe dans les poumons des Mammifères! Tandis qu'une partie des grands canaux bronchiques se porte di- : rectement, sans se ramifier davantage, vers la surface du poumon et débouche : dans des réservoirs ou sacs aériens avec lesquels communiquent les cavités creusées dans les os pneumatiques, les autres donnent naissance à une série de ça- : naux plus petits, placés parallèlement comme des tuyaux d'orgue, qui traversent « le poumon, et, arrivés à la périphérie, se divisent et se subdivisent et se terminent dans les alvéoles pulmonaires. ET Les appendices des poumons, que nous avons désignés sous 1 nom Pa sacs aériens, se développent de bonne heure chez l'embryon ?. Ils apparaissent comme de petits prolongements ventraux; ils s'accroissent très rapidement et entourent les viscères du thorax et de l'abdomen, avant même que le jeune Oiseau ne | soit éclos. Leur disposition est assez constante (fig. 1108). Ilss’étendent, en avant, ! jusque dans l’intervalle qui sépare les deux branches de la fourchette (séhervoër interclaviculaire ou péritrachéen), sur les côtés dans la poitrine (réservoirs thoraciques ou diaphragmatiques antérieurs et postérieurs) et en arrière entre les viscères jusque dans la cavité pelvienne (réservoirs abdominaux). Ces derniers acquièrent parfois un volume considérable et communiquent avec les cavités des os de la cuisse et du bassin. Les sacs antérieurs, beaucoup plus petits, se continuent avec les cellules aériennes des os du bras et avec les cellules aériennés eutanées qui parfois sont en si grand nombre, principalement chez les grands Palmipèdes bons voiliers (Sula, Pelicanus), que la peau fait entendre une sorte de crépitement lorsqu'on la touche. Il existe encore un second système de cavités aériennes, qui part des cavités nasales et de leurs dépendances et s'étend dans les os du È crâne. Ces réservoirs jouent un rôle multiple. Non seulement la présence au- : dessous des téguments de ces nombreuses cellules superficielles remplies d'air M s'oppose dans une certaine mesure aux déperditions de chaleur, non seulement
sivement sur la trachée, par exemple chez les Mycothera, Tamnophilus, Optivrhynchus, on le È dit alors {rachéen; tantôt, ce qui est le cas le plus fréquent, il est situé sur le point de bifur- cation de la trachée et s'étend sur la base des bronches, larynx broncho-trachéen:; tantôt enfin la trachée reste étrangère à sa formation et il est reporté sur chacune des bronches, larynx bronchique, par exemple chez les Crotophaga et les Sfeatornis.
1 Sur les poumons des Oiseaux, consultez : Sappey, Recherches sur l'appareil respiratoire des Oiseaux. Paris, 1847. — Campana, Physiologie de la respiration chez les Oiseaux et monogra phie analomique de l'appareil pneumatique-pulmonaire, etc. Paris, 1875. — Fr. E, Schulze Die Lungen, in Stricker, Handbuch der Lehre von den Geweben. Leipzig, 1871.
2 H. Rathke, Ueber die Entwicklung der Athemiwerkzeuge bei den Vôgeln und Säugethieren Nova Acta, 1858. — S. Selenka, Beitrag zur Entwickelungsgeschichte der Luftsäcke des Huhns: Leitechr. für wiss. Zool., t: XVI. 1866. — H. Strasser, Ueber die Luftsäcke der Vügel: Morph Jabrb., t. IL. | “y af 26
les sacs aériens profonds contribuent très efficacement dans leur ensemble à faciliter les mouvements du vol en diminuant le poids Fe du corps, mais encore ils jouent un rôle important dans la respiration en servant de réservoir d'air. Sappey a montré en effet que l’inspiration et l'expiration de l'air sont pro- duites en grande partie par laugmentation et la diminution de volume des sacs aériens, car les poumons ne sont soumis qu'à des variations de volume très res- - treintés. Ce rôle serait rempli, suivant …. cet anatomiste, surtout par les sacs mé- … dians; suivant Campana, tous les sacs, mais principalement les sacs antérieurs, - y concourraient. Pendant l'inspiration les sacs médians sont très dilatés, et les sacs antérieurs au contraire diminuent - de volume par suite de la pression exer- - cée par la contraction des muscles; ces deux catégories de réservoirs seraient donc antagonistes, et détermineraient par suite un courant d'air continu, mais + en sens inverse, à travers les poumons.
. Dans ces conditions, cette structure des poumons et des voies aériennes, jointe à la forme rudimentaire du dia- . phragme et à la conformation spéciale - du thorax, à pour résultat un méca- F£ ss HE par gr à je ep . nisme de la respiration entièrement dif- poumon; Lp, réservoir péritrachéen avec les proférent de celui des Mammifères. Chez onemens LA st Lm) ans Ehumétu (ne ces derniers, la diminution et l’'augmen- ce réservoir avec les cellules aériennes sternales ; tation de c apa cité de la cavité thoraci- rire unmriete thoraciques; La, réservoirs abdo- que sont déterminées principalement
par la contraction et le relâchement alternatifs du diaphragme; chez l'Oiseau, la dilatation du thorax résulte du redressement des os sterno-costaux et de l'éloignement du sternum de la colonne vertébrale. Les mouvements respiratoires sont donc principalement dus aux muscles sterno-costaux fonctionnant comme muscles inspirateurs et releveurs des côtes.
Les organes génitaux des Oiseaux sont essentiellement conformés comme ceux des Reptiles (fig. 1109). Dans le sexe mâle, qui se distingue non seulement par sa taille, par sa force, mais encore par la richesse et les couleurs éclatantes - du plumage, ainsi que par une plus grande variété et une plus grande perfection « dans le chant, les deux testicules ovales, arrondis, très gonflés à l’époque de la reproduction, sont situés sur la face antérieure des reins ; celui de gauche est en général plus gros. Les épididymes, généralement peu développés, se continuent avec deux canaux déférents contournès sur eux-mêmes, qui longent
le côté externe des uretères. Ces canaux se renflent souvent à leur partie …
inférieure pour constituer deux vésicules sémivales et débouchent sur deux papilles coniques placées sur la paroi postérieure du cloaque. En .
| | général il n'existe pas traces d'or- … MY : £ --Z gane d'accouplement; chez quel- . ( ques grands Oiseaux de proie et … quelques Échassiers (Ciconia, Crypturus, Platalea, etc.), on trouve sur la paroi antérieure du eloaque un petit mamelon qui repréy sente l'ébauche d'un pénis. Cet :
organe est beaucoup plus volu- | mineux et mieux organisé chez la VER US -- A2 plupart des Struthionides, des Ca- … 17) D LES LE nards, des Oies, des Cygnes, des … Un or Hoccos (Crax, Penelope, Urax).
11100) 7 17 Chez ces Oiseaux, la paroi anté- : 11/77 1% WU 14 rieure du cloaque porte un tube !: recourbé soutenu par deux corps | Et fibreux ; un ligamentélastique, fixé :
en Ra done der à SO extrémité, serL à lepretinen | bryon de Poulet du quatrième jour (d’après Waldeyer). — 10orsqu ‘il a été déployé. Il prémat our a parte de l'éminence sexuelle voisine du canal Sen(e dans toute sa longueurentre
de Müller ; , canal de Müller; E, ébauche de l’cvaire; c,e, les corps fibreux une gouttière,
œufs primordiaux ; #, rmésentère ; L, paroi du ventre. qui donne : passage au sperme pendant l’accouplement. Chez l'Autruche d'Afrique, le pénis présente une orga- « nisation plus parfaite, analogue à celle qu'offrent ces mêmes parties chez les Tortues et les Crocodiles. Au-dessous des deux corps fibreux, fixés par une large base à la paroi antérieure du cloaque, est situé parallèlement un troisième corps caverneux dont l'extrémité non rétractile se continue avec un bourrelet sragiile, 1 rudiment du gland'.
Les. organes génitaux femelles montrent une asymétrie des plus innilills l'ovaire droit.et l'appareil vecteur correspondant s’atrophiant ou disparaissant complètement; mais les organes sexuels du côté gauche n'en deviennent que plus volumineux. J/ovaire est racémeux ; l’oviducte est flexueux, divisé en trois parties. La partie supérieure commence par un pavillon très large; elle reçoit l'œuf à sa sortie de l'ovaire. Sa muqueuse présente des plis longitudinaux; « elle sécrète l'albumine qui se dépose couche par couche autour de l'œuf à M mesure qu'il progresse en décrivant une sorte de spirale (chalazes). La portion « suivante, courte et large, produit un liquide blanc, laiteux, qui, en se solidifiant, constitue la coquille; elle a reçu le nom d'utérus. La dernière portion «
1 Tannenberg, Abhandlung über die männlichen Zeugungstheile der Vôgel. Güttingen, 1840. “4 — J. Müller, Ueber zwei verschiedene Typen in dem Bau der erectilen männlichen Geschlechts- 4 organe bei den Straussartigen Vôügeln. Abhandlungen der Berliner Akademie, 1858. — Lereboullet, Recherches sur les organes génitaux des animaux vertébrés. Nov. Act, Acad: Nat. an., 1 vol. XXIIL. ré ï
OISEAUX. 1381 enfin, courte et étroite, débouche dans le eloaque en‘dehors de l'uretère gauche.
Dans les espèces dont les mâles sont munis d'organes d'accouplement, les fe-
—. résultat de transformer en un ca- ractère de premier ordre pour
* dont la valeur dans les autres
. ans l'albumen ou blanc de l'œuf,
melles présentent un clitoris.
Les Oiseaux sont tous sans exception ovipares. Tandis que les Poissons, les Amphibiens et les Reptiles renferment quelques espèces vivipares, les Oiseaux ne nous présentent aucun exemple de ce genre, bien que l'on ait observé … quelques cas rares où l'œuf a subi l'incubation dans l'intérieur des voies sexuelles. Il est plus que vraisemblable que le mode de reproduction exclusi- … vement ovipare est nécessité par le genre de locomotion de l'Oiseau, et a pour
toute une classe une particularité |
. groupes est nulle au point de vue de la classification.
. Le vitellus, entouré par une membrane vitelline et suspendu
. est remarquable par sa masse . énorme; il est composé pour la plus grande partie de vitellus
4 CPE 2 lig. 1110. — Coupe longitudinale schématique d’un œuf de nutritif (fig 1110) - À sa surface Poule non couvé (d’après Allen Thompson et Balfour). —
on aperçoit un petit disque blan- 87, pere) ED iv jaune: WD, vitellus blanc ; DM, membrane vitelline ; , albumine ou blanc de l'œuf; châtre, dans lequel est contenue Ch, chalazes; $, membrane coquillière; LR, chambre à
la vésicule germinative ; disque air entre les deux feuillets de la membrane coquillière ; Sr à “ L KS, coquille calcaire qu'on appelle cicatricule, disque
4 È germinatif ou proligère, et qui correspond au vitellus formatif. Le vitellus nutritif … est composé de deux parties : Le vitellus blanc et le vitellus jaune.
Le développement de l'œuf des Oiseaux est d'une manière générale très … semblable à celui de l'œuf des Reptiles, mais il exige une température plus … élevée, au moins égale à celle du sang, et qui lui est fournie principalement par - la chaleur du corps de la mère pendant l'incubation!t. La fécondation a lieu dans la partie supérieure de l'oviducte, avant la formation des couches d'albumine et de la membrane coquillière. Elle est suivie d'une segmentation partielle (discoïdale) du vitellus formatif (fig. 142). Lorsque l'œuf est pondu, la segmentation est déjà terminée et la cicatricule est transformée en disque germinatif (blastoderme) divisé en deux feuillets, l'un supérieur (ectoderme), composé de
1 Outre les ouvrages de Pander et de C. E. von Baer, voyez : Remak, Untersuchungen ueber die — Entwicklung der Wirbelthiere. Berlin, 1850-1855. — His, Untersuchungen ueber die erste Anlage —…. der Wierbelthiereleibes. Leipzig, 1868. —Id., Neue untersuchungen ueber die Entwicklung der …. Hühnerembryos. Archiv für Auat. und Physiol. 4877. — Balfour et Foster, Elements of embryology, 2° édit. par Sedgwick. London, 1883. La première édition a été traduite en français sous … le titre de Éléments d'embryologie. Paris, 1871. — Külliker. Embryologie ou Trailé complet du …—… développement de l'homme el des Vertébrés supérieurs. Trad. de A. Schneider. Paris, 1882, — —. M. Braun, Die Entwicklung des Wellenpapageies. Arbeit. des zool. Instituts in Würzbourg.
t. V. 1879 et 1881.
Et les nombreux mémoires de Balfour, Disse, Dursy. Gasser, Gœtte, His, Klein, Kupffer Marshall, Oellacher, Sedgwick, Stricker, etc.
cellules cylindriques, l'autre inférieur composé de cellules rondes granuleuses disposées plus irrégulièrement, surtout à la périphérie (fig. 1111). Entre ces deux. feuillets se développe un troisième feuillet (mésoderme). D'après Kôlliker, Je” mésoderme serait produit par l’ectoderme, avec lequel il reste uni dans toute : l'étendue de la région où se formera un peu plus tard la bandelette primitive. Tandis que le blastoderme s’aceroît sur tout son pourtour et enveloppe le vitellus, sur sa partie médiane apparaît un épaississement ovale et sur celui-ci, perpendiculairement au grand axe de l'œuf, la bandelette primitive avec le! sillon primitif et les lames dorsales. Cette partie moyenne du blastoderme est celle d'où : dérive, dans la suite du développement, l'embryon. Ce dernier, après que les « lames dorsales se sont soudées pour constituer le tube médullaire et que la-corde « dorsale est apparuë, se sépare de plus en plus du vitellus, prend la forme d'un bateau renversé et acquiert, comme chez les Reptiles, les nt fœtales ca- … ractéristiques, l’amnios et l’allantoïde (fig. 107). fi Ë
La durée de l’évolution de l' embryon varie ectréotdiasire afin A és. seur de l'œuf et suivant que le jeune éclôt à un état d'organisation plus ou « moins avancé. C'est ainsi que, tandis que l'incubation des œufs des plus petits F Oiseaux dure onze jours , celle du poulet domestique exige trois semaines éteéade L.
Fig. 1111. — Embryon de Poule après cinquante-six heures d’incubation. Coupe transversale de la région ê dorsale (d’après Ranvier). — e, ectoderme; #, entoderme; m, mésoderme ; p, cavité pleuro-p ritonéale ; 3 a, aortes primitives; m0,moelle épinière : c, corps de Wolff; cd, corde dorsale; 0, canal central de la moelle. £
l’Autruche plus de sept. Le jeune Oiseau pour éclore brise lui-même la Mn au gros bout de l'œuf à l'aide d’une dent dont l'extrémité de sa mandibule su- « périeure est armée. Jamais les jeunes ne subissent de métamorphose après l'éclosion; ils présentent essentiellement, en effet, l'organisation de l'Oiseau … adulte, bien que souvent leurs organes ne soient encore qu'ébauchés. Les | Gallinacés et les Coureurs, ainsi que la plupart des Palmipèdes et des Échassiers, ; sont déjà couverts, à la naissance, d'un épais duvet, et leur organisation est telle- | ment avancée qu'ils peuvent suivre leur mère à terre ou dans l'eau, et qu'ils savent chercher et trouver leur nourriture (autophagae); les Oiseaux bons voiliers et, d'une manière générale, tous ceux qui sont organisés pour vivre et se » mouvoir dans les airs, tels que les Passereaux, les Grimpeurs, les Pigeons’ et les ù Rapaces abandonnent de très bonne heure les enveloppes de l'œuf, nus. ou à? peine recouverts par places de duvet ; ils sont faibles, incapables de se mouvoir | librement et de prendre eux-mêmes leur nourriture (énsessores) : aussi demeurent- £ ils encore longtemps dans le nid où les parents les élèvent et les nourrissent, Jusqu'à ce qu'ils aient acquis un certain accroissement et que le développement : des rémiges leur permette de se servir de leurs ailes. "1 Les mœurs du le régime des Oiseaux ont les rapports les plus itout avec: le
- milieu qu'ils habitent et avec leur mode de locomotion. Le vol est le mode de locomotion de beaucoup le plus important et le plus répandu. La rapidité, da durée du vol, l'adresse plus ou moins grande que l'Oiseau déploie dans ses mouvements sont très variables et dépendent de la conformation des ailes et de - la queue. Si l’on compare le vol avec les autres genres de locomotion, on voit . qu'il exige la dépense de force la plus considérable, mais aussi qu'il peut être …— le plus rapide. Des Oiseaux qui ne sont que médiocres voiliers, tels que les « Pigeons domestiques, dépassent en vitesse les trains express de nos chemins de « fer. Bien plus considérable encore est la rapidité du vol des Faucons (Faucon —…. pèlerin) et surtout des Martinets, qui sont de véritables animaux aériens et qui | - ne perchent sur les murs ou sur les rochers que pour dormir et pour couver, “incapables qu'ils sont de se mouvoir sur le sol, Ce qui n'est pas moins extraordinaire chez ces Oiseaux, c’est la durée du vol. On rencontre dans la haute mer, à plusieurs lieues de la terre ferme, des Frégates (Tachypetes aquila) qui pla- ment dans les nuages, et la plupart des Oiseaux de passage peuvent voler pen- dant des jours entiers sans s'arrêter et sans éprouver de fatigue, et atteignent …. de la sorte én peu de temps le but de leur voyage’. La locomotion de l'Oiseau . sur la terre ferme ou sur l’eau, qui dans quelques cas devient le seul mode de ——. progression, présente des différences du même genre. La plupart des Oiseaux —. terrestres sautillent sur le sol ou de branche en branche; un grand nombre grimpent avec adresse sur le tronc des arbres ou sur les murs; d’autres, tels que les Perroquets et les Becs-croisés, se servent aussi de leur bec pour grimper. Les Oiseaux des bois, tels que les Hérons et les Cigognes, marchent avec circonspection dans les marais; les Pluviers et les Perdrix de mer courent avec rapidité sur le rivage; les Coureurs proprement dits vont même si vite sur les plaines et'sur le sable, que les chevaux peuvent à peine leur tenir pied; par —. contre tous les Palmipèdes, dont une partie sont excellents voiliers, ne peuvent - se mouvoir sur le sol que maladroitement; les Pélicans, les Canards se meuvent | en se balançant lourdement, les Pingouins et les Guillemots glissent en quelque sorte en s'appuyant sur leurs ailes et sur leur bec. La locomotion dans l’eau présente aussi de nombreuses modifications. Beaucoup de Palmipèdes ne quittent pas la surface de l'eau, d'autres au contraire plongent à de grandes profondeurs. Les uns se laissent porter par les vagues, les autres nagent en ramant sur les eaux tranquilles des lacs et des étangs, d’autres se ps isent. au milieu des flots agités et mugissants à la marée haute. La profondeur à laquelle les Oiseaux aquatiques peuvent aller varie avec le temps qu'ils peuvent passer sous l'eau. Quelques Oiseaux vont jusqu’au fond de la mer, où ils récoltent des Mollusques et des Crustacés et peuvent rester six minutes ou plus sous l’eau, par exemple les Eiders et les Plongeons. Les uns plongent en se précipitant dans la mer d'une . grande hauteur (Fous, Pygargues), les autres se bornent à s'enfoncer en ramant (Manchots).
. Les fonctions psychiques des Oiseaux sont incomparablement plus élevées que celles des Reptiles, on peut même dire que leur capacité intellectuelle dépasse de beaucoup celle de certains Mammifères: Le haut développement des organes
* Suivant Brehm, il ne leur faut pas plus de trois à cinq jours pour se rendre d'Allemagne dans l’intérieur de l'Afrique.
des sens les rend capables de discernement; ils sont aussi doués d'une bonne mémoire. L'Oiseau apprend sous la -tutelle des parents à voler et à chanter, äl observe des faits que la mémoire conserve et qu'il associe les uns aux autres pour » en tirer des conclusions et des jugements : c'est ainsi qu'il reconnait les alen- … tours de son nid, qu’il distingue les amis et les ennemis et qu’il choisit les meil- | leurs moyens pour entretenir son existence et pour protéger sa progéniture. L'expérience de tous les jours montre d’une manière certaine que l'Oiseau possède l'intelligence, et qu’en vivant familièrement ‘avec l’homme il peut par l'exercice la perfectionner extraordinairement. Quelques-uns sont doués d'un rare Rae:
d'imitation (Sansonnet, Perroquet). sis À La plupart des Oiseaux ont des allures vives et joyeuses, ils rochetsbets en S
ciété de leurs pareils et frayent volontiers avec les bandes d'espèces différentes; «
d'autres sont querelleurs, insociables, bataillant surtout pour la nourriture; ils
vivent solitaires ou par couples dans certains cantons et n’y souffrent pas même leurs petits devenus adultes. Les Oiseaux de nuit ont, au contraire, la mine triste et chagrine, leur éri même est mélancolique. Ceux qui se nourrissent de Poisson et ceux qui mangent la charogne sont silencieux et d'aspect sévère. …
Outre les fonctions psychiques qui s'accomplissent dans la sphère de la connaissance, il faut distinguer certains actes compliqués, souvent merveilleux, par exemple ceux qui se rapportent à la construction vraiment artistique des nids; à l'éducation des jeunes, déterminés par l'instinct, c'est-à-dire par une impulsion naturelle inconsciente basée sur le mécanisme de l'organisation; il est souvent
difficile de décider jusqu’à quel point la mémoire et l'intelligence n'entrent pas E |
en jeu dans cette manifestation involontaire d’une force intérieure. Les actes instinctifs se rapportent aussi à la conservation de l'individu, et Rene mais moins fréquemment, aux soins à donner à la progéniture. REIMS
Les manifestations de l'intelligence et de l'instinct atteignent leur plus haut
degré à l'époque de la reproduction, qui a lieu d'ordinaire au printemps dans les climats tempérés (en hiver chez les Becs-croisés seulement). À ce moment l'Oiseau embellit et se complète à tous les points de vue; son plumage prendun éclat extraordinaire; celui des mâles surtout a une richesse de couleurqui le dis : tingue tout à fait de celui des femelles; parfois même il présente des ornements M particuliers, tels qu'un collier (Combattant), ou de longues plumes latérales (Oi= seau de paradis) qui disparaissent après la belle saison. C'est par le renouvelle: ment du coloris et non par celui des plumes, que le modeste plumage d'hiver se transforme en brillante parure de noces. Le véritable changement des plumes
connu sous le nom de mue d'automne n'a lieu qu'à la fin de l'été. Hlne s'opèré #
pas en moins de quatre à six semaines et épuise tellement l'Oiseau que pendant
cette période, celui-ci est souffreteux et cesse de chanter. La mue du printemps 4
offre parfois aussi quelque rapports avec un renouvellement partiel des plumess 3
mais au fond elle consiste surtout, ainsi que Martin et Schlegel l'ont démontré,
en une modification de leur coloris, phénomène qui n’est dû sans doute ni à un réveil de l'activité vitale de la pulpe de la plume, ni à une croissance plus vis goureuse des anciennes plumes, ni à la formation de nouvelles barbes et barbulés, mais seulement à l’altération chimique du pigment et à l'accroissement JaRpanE 4 que de certaines parties des plumes. DA
La voix de l'Oiseau peut être considérée comme une sorte de langage propre à transmettre ses diverses impressions de bien-être, de crainte, d’effroi, de souffrance, de douleur! ; elle est plus sonore et plus pure au temps de la reproduction.
… Chez le mâle elle exprime en outre la tendresse, l'amour, le ravissement dont
—. son cœur est rempli; son chant et la beauté de son plumage sont les charmes … dont il dispose pour attirer la femelle. Les meilleurs chanteurs sont les petits Oisceaux à plumage simple et de peu d'apparence ; leur voix offre une étendue, uné . douceur remarquable, moins étonnantes pourtant que l'art merveilleux avec le- … quel ils savent combiner les sons et composer des mélodies variées, coupées en
Ë 4 strophes régulières; c'est un véritable chant qu'ils font entendre (Rossignol), bien . - différent du léger gazouillement informe des autres Oiseaux (Hirondelle). En outre, … sous l'influence de l'excitation sexuelle, l'Oiseau est entièrement modifié dans tout … son être. Souvent, à l'époque des amours, les mâles volent d'une manière particulière … autour de la femelle pour la décider à s'apparier. L'exemple le plus cgnnu est
4 fourni par le Coq de bruyère, dont le manège, prélude de l’accouplement, com- = mence dès les premières heures de l'aurore par des claquements de bec, des sons … rauques et se continue pendant plusieurs heures après le lever du soleil. Il arrive
“… souvent que les mâles, animés d'une jalousie furieuse, combattent avec acharne-
ment pour la possession d'une femelle, et l'on a vu plus d'une fois l'un des rivaux - rester mort sur la place; tels sont surtout les Pinsons, les Coqs de bruyère, les Combattants.
Tous les Oiseaux, excepté les Coqs, les Faisans, etc., sont monogames. Les deux - sexes font preuve d’une grande fidélité, demeurent quelquefois unis toute leur vie (Cigogne, Aigle, Tourterelle). Souvent ils ne s’apparient que pour une saison - et se quittent ensuite pour se joindre aux troupes nombreuses de leur espèce qui - entreprennent alors de longs voyages; il existe cependant quelques exemples de
—. couples qui émigrent sans se séparer. Presque tous les. Oiseaux construisent un
nid pour lequel ils savent choisir l'emplacement le plus convenable dans le can- . ton qu'ils habitent. Quelques-uns seulement (Engoulevents, Surnies, etc.,) se - contentent de déposer leurs œufs sur le sol, d’autres (Hirondelles de mer, Au-
+ truches) creusent un trou, ou préparent un nid en foulant l'herbe et la mousse
1 (Coq de bruyère). D’autres encore, tels que les Bécasses, les Vanneaux, les Plu-
— viers et les Mouettes, accumulent dans un trou des tiges, du feuillage, de la
* mousse et des herbes; les Oies et les Cygnes y ajoutent un revêtement extérieur, —. ce qui réalise déjà un grand progrès. La plupart des Oiseaux, surtout les petites … espèces, tapissent leur nid d’une légère et chaude doublure de crins, de laine,
* de plumes et de duvet; ils bâtissent avec des branches et des tiges qu'ils entre- … lacent très adroitement. Beaucoup choisissent des excavations naturelles ou ar-
. tificielles, ou les creusent eux-mêmes dans le sol ou dans les troncs d'arbres
… (Pic). Un grand nombre s'établissent sur des arbrisseaux très bas, ou sur la plus
… haute cime des arbres, sur le faîte des maisons et des tours. Très peu font flotter … à la surface des étangs des nids qu’ils amarrent à des plantes aquatiques (Grèbes … et Ralles). Mais les nids qui révèlent le plus d'art sont ceux que l'Oiseau construit avec des matériaux qu'il agglutine avec la salive et ceux qu’il forme d'une fine
… * Voyez : A. E. Brehm, Thierleben. Chromo-Ausgabe. Leipzig, 1882-1883, et La vie des animaux … illustrée. Les Oiseaux. Paris, 1867. — Le Mahout, Histoire naturelle des Oiseaux. Paris, 1853.
{rame composée de mousse, de laine et de brindilles végétales habilement tissées. Parmi les premiers, on compte les Mésanges, les Hirondelles, surtout les Salan: ganes, dont le nid comestible est fabriqué avec la sécrétion visqueuse de leurs glandes salivaires. Parmi les seconds, les plus remarquables sont les Tisserins.e les Remiz. Tous deux suspendent leur nid, en forme de cornue ou de bourse fermée, aux rameaux flexibles des arbres aquatiques, y adaptent extérieurement . un long tube étroit qui va du sommet à la base et forme une sorte de canal qui sert d'entrée à l'habitation. En général les couples nichent séparément; 1 ilest rare qu’ils se réunissent en sociétés, plus ou moins nombreuses dansun emplacement commun, soit sur le sol (Mouettes, Hirondelles de mer); soit sur | les arbres. Les Tisserins d'Afrique bâtisssent tellement près les uns des autres, que leurs nids semblent bientôt constituer un seul grand édifice. Le Républicain « (Ploceus socius) fabrique avec de la paille et des matières végétales grossières un toit Commun, sous lequel sont adossés tous les nids, pressés les, uns contre les autres, et placés de manière à ce que leur ouverture circulaire soittournée ! en bas. Les nids ne servent jamais plusieurs fois ; à chaque saison de nouveaux ! nids sont suspendus au-dessous des anciens, jusqu’au moment où la construction ! tout entière finit par céder et se rompre par son propre poids: Ces Oiseaux L bâtissent en outre des nids d'un genre particulier qui servent de demeureraux ! mâles, et ressemblent aux abris en forme de hamacs que les Remiz d'Europe | tissent pour s’y retirer la nuit. D'ordinaire la femelle travaille seule-awnid; et le mäle se borne à lui apporter les matériaux nécessaires; velle. estt l'architecte et lui le manœuvre. Pourtant il y a des exemples de mâles qui prennent une part directe à la construction de l'édifice (Hirondelles, Tisserins); il est ! d'autres cas aussi où ils n’y contribuent en aucune façon (Gallinacés, Pinsons), L'œuvre achevée, la femelle pond un premier œuf, auquel les autres s’ajou- El tent d'habitude à un jour d'intervalle. Leur nombre dépend du genre de nourriture et du milieu dans lequel habite l'Oiseau, et varie, par suite, considérable L | ment. Beaucoup d'Oiseaux de mer tels que les Manchots, les Pingouinsetdes « Guillemots n’en pondent qu’un seul; les grands Oiseaux de proïe, les Tourterelles, les Martinets, les Engoulevents et les Colibris en font. deux. Chez les Oiseaux * chanteurs, le nombre des œufs est très variable ; il l’est plus encore chezdes ! Palmipèdes d'eau douce, chez les Poules et les Autruches. La durée de l’incuba- L. tion varie également beaucoup; elle est parallèle à la durée. de l'évolution embryonnaire et en raison directe de la grosseur de l'œuf et du degré de dévelup- ! pement que présente le petit au moment d'éclore. Ainsi les Colibris et les Roitelets ne restent pas sur leurs œufs plus de onze à douze jours, les Oiseaux « chanteurs de quinze à dix-huit, tandis que les Poules couvent pendant trois se- | maines, les Cygnes six, et les Autruches sept à huit. L'incubation commence aus- 3 sitôt que la ponte est terminée; elle dépend essentiellement dela chaleur égale M et constante produite par le corps de l'animal. Souvent, pour favoriser.la trans: mission de cette chaleur, celui-ci présente sur sa poitrine et sur son ventre des places dénudées, d’où les plumes sont tombées ou qu'il à arrachées lui-même, et qui existent aussi chez les mâles lorsqu'ils prennent part à l'incubation. « D'ordinaire la femelle seule couve, et le mâle se charge de lui apporter la nour-« riture; mais il n’est pas rare de voir le père et la mère se, partager la tâche de :