COUREURS
d’autres particularités qui indiquent que ces Oiseaux sont exclusivement cou reurs. Presque tous les os sont lourds et massifs et rappellent sous plus d'u rapport ceux des Ongulés. Le sternum a la forme d’une large plaque, peu bom bée, qui n'offre aucune trace de brechet. Les clavicules n'existent pas, et le côtes sont dépourvues d’apophyses récurrentes (apophyses uncinées).
Les plumes recouvrent d'une manière assez uniforme tout le Corps, & quelques places qui restent dénudées, à la tête, au cou, sur les membres ventre, sans que cependant on puisse reconnaître un ordre régulier dans distribution. Leur structure se rapproche plus ou moins de celle des poils Mammifères (Gasour). Le duvet est peu abondant, et les belles plumes qui les Autruches s’en rapprochent par leur stru‘ture; leur tige est en effet fle et leurs barbes sont souples et décomposées, ou bien sont “ee et ressem à des poils, ou enfin, comme chez les Gasoars, peuvent se transformer en piqu: Il n'existe ni rectrices, ni rémiges. Les particularités du squelette et du pl 1 montrent déjà que ces ‘animaux ont perdu la faculté de voler, mais que contre ils sont très bien conformés pour courir. Non seulement, en effet,les S
thionides sont les meilleurs coureurs de toute la classe des de mais € ques-uns d'entre eux (Struthio camelus) peuvent dépasser à la course les Ma fères les mieux doués sous ce rapport. Aussi les Autruches habitent-ell steppes, les vastes plaines des régions tropicales. Elles se nourrissent de plant d'herbes, de graines, et parfois aussi de petits animaux. Bien que ces Ois soient dépourvus de larynx inférieur, cependant ils peuvent produire des simples, qu'ils font entendre principalement à l'époque de la reproduction vivent les uns isolés, les autres réunis en petites troupes; dans ce dernier cas, sont polygames, le mâle groupant autour de lui un certain nombre de femell Il est à noter que le mâle aide la femelle à couver les œufs et à élever les jeun Il n’en existe en Europe aucune espèce.
1. Fam. Srrurmionmas. Autruches didactyles. Tête et cou nus. Ceinture pelvienn complète. Pattes didactyles longues et entièrement nues. Le doigt interne gros est seul” armé d'un ongle large et émoussé. Les mâles possèdent un organe d'accouplement « simple et érectile. Habitent les steppes et les déserts d'Afrique, vivent en troupe et. sont polygames. Leur course est très rapide. Les femelles pondent à l’époque de la re=« production seize à vingt œufs dans le même nid, et ne couvent qu “exceptionnellemen dans les premiers temps, soin qui incombe aux mâles. Celui-ci abandonne le nid dant des heures entières le jour, mais y reste sans en bouger pendant toute la nuit
Struthio L. St. camelus L., Autruche à deux doigts. Le mâle atteint 8 pieds de haut.”
2. Fam. Reeipar. Autruches à trois doigts. Tête et cou en partie emplumés. Pieds tri. dactyles. Mâle pourvu d’un pénis simple et protractile. Ont le même genre d’exist enc que les Autruches. Vivent en Amérique et dans Ja Nouvelle-Hollande.
Rhea Moehr. Nandous. R. aïmericana Lam. Quatre pieds de haut. Dans les pampas { d Rio de la Plata. Nagent admirablement, dit-on. Rh. Darwinii Gould. Taille moins be Côtes de la Patagonie. Rh. macrorhynchus Scl.
3. Fam. Casuarinas. Bec élevé, presque comprimé. Tête en général pourvue d appendice osseux. Cou et pattes tridactyles courts.
Dromaeus Nieill., Émous. Bec large, élevé seulement à la base de la crête. Ailes pourvues de rémiges. Dr. Novae Hollandiae Gray.
Casuarius L. Bec notablement fléchi à la pointe. Tête surmontée d’un appendice oss Ailes portant chacune cinq baguettes, arrondies, pointues, ébarbées. Vivent isolés. par couples dans les forêts de l’Australie, de la Nouvelle-Guinée et des îles voisin
APTÉRYGIDES. 1427
C. galeatus Nieill., Casoar à casque. C. bicarunculatus Sel. C. Benetlii Gould. C. australis Wall. C. uniappendiculatus BI., Nouvelle-Guinée,
Il existe parmi les Oiseaux qui vivent à terre, outre les Autruches, un certain nombre d'autres espèces, dont la conformation est singulière et dont
- les ailes sont également rudimentaires. Par leur aspect, par leur mode
d'existence, ces animaux se rapprochent des Gallinacés, mais ils diffèrent
… tellement entre eux qu'il est nécessaire de les ranger dans des ordres différents. … IIS appartiennent principalement à la Nouvelle-Zélande, à Madagascar et aux … Mascareignes ; quelques-uns se sont éteints dans les temps historiques. Aujourd'hui . encore vit dans les contrées boisées et inhabitées du nord de la Nouvelle-Zélande,
un de ces Oiseaux bizarres, le Kiwi (Apteryx Mantelli ou Ap. australis Shaw.), que l'on range parfois parmi les Autruches. Une autre espèce du même genre (Apt.
Oweni, fig. 1120) appartient à la Tasmanie, où se trouverait en outre une autre forme plus grande (Roaroa), dont on a fait une troisième espèce, À. maæima Nerr. Le corps de ces Oiseaux, à peu près de la grosseur d'un gros Poulet, est entiérement revêtu de plumes simples, en forme de fer de lance, pendantes, lâches, soyeuses, à barbes déchiquetées, qui ressemblent surtout aux plumes du Casoar et qui, comme chez ce dernier, recouvrent complètement l'aile rudimentaire. Les pattes sont fortes, assez basses; les tarses sont revêtus de scutelles ; les trois doigts antérieurs sont armés d'ongles acérés et robustes, le postérieur est court et ne repose pas sur le sol. La tête, supportée par un cou court, présente un bec de Bécasse arrondi et très allongé, à l'extrémité duquel s'ouvrent les narines. Les Apteryx sont des Oiseaux nocturnes, qui restent cachés pendant le jour dans des trous du sol et qui n'en sortent que lorsque la nuit est tombée, pour aller chercher leur nourriture. Ils se nourrissent de larves d’Insectes et de Vers, vivent par couples et pondent,
Fig. 1120. — Apteryz Owenii.
* paraît-il, deux fois par. an, un œuf très gros. Cet œuf est déposé dans un trou
du sol que l'Oiseau a creusé au préalable et il est couvé, suivant les uns, par là femelle seule, suivant les autres, par le mâle et la femelle à tour de rôle,
Près des Apterygia se place un second groupe d'Oiseaux terrestres de la Nouvelle-Zélande, également dépourvus de la faculté de voler, en grande partie aujourd'hui éteints et dont quelques-uns ont atteint la taille gigantesque de 10 pieds (Dinornida). Avec leur corps lourd et massif, incapable de s'élever au-dessus du sol, ils n'étaient point en état de se soustraire äux poursuites des
indigènes de la Nouvelle-Zélande. On a trouvé leurs restes dans les terrains d'alluvion, et, dans quelques cas, leurs os paraissent si récents que l’on ne peut dou: ter qu'ils n'aient vécu en même temps que l'homme. Les légendes des indigènes parlent du géant Moa, et de nombreuses trouvailles (fragments d'œuf dans les tumulus) viennent encore montrer que ces Oiseaux existaient dans les temps historiques, en même temps que des recherches récentes ont rendu très probable l'exis- « tence actuelle de petites espèces. C'est particulièrement l'exploration des chaînes montagneuses qui s'étendent entre les fleuves Rewaki et Tabaka, qui a amené la découverte de traces de pas d’un Oiseau colossal, dont les os avaient déjà été retrouvés dans Le sable volcanique de l'Australie. Quant aux espèces gigantesques, Palapteryx ingens Ow., Dinornis giganteus Ow., Dinornis elephantopus Ow., ete., on a réussi en partie à reconstituer leur squelette. Le British Museum renferme un squelette entier du Dinornis elephantopus, et M. Hochstetter a recueilli, « pendant le voyage de la frégate la Novara, celui du Palapteryx ingens, qui est conservé à Vienne. On à aussi trouvé, à Madagascar, dans les alluvions, des fragments des os du tarse d’un Oiseau gigantesque, Aepyornis mazimus I. Geoff., et dans la vase des œufs bien conservés, dont le volume égale celui de 150 œufs de poule environ.
| 3. CLASSE MAMMALIA'. MAMMIFÈRES
Vertébrés à sang chaud, pilifères, vivipares et pourvus de mamelles.
Tandis que les Oiseaux sont les habitants de l’air, les Mammifères, par la struc- à ture semblable de leurs membres antérieurs et de leurs membres postérieurs, … sont conformés pour vivre sur la terre ferme. Cependant on trouve parmi eux «
aussi des formes adaptées à la vie aquatique, dont l'existence même peut se passer
tout entière sur l’eau, et d'autres formes vouées par leur organisation à la vie aérienne. Les conditions les plus favorables à la locomotion exigent une taille en moyenne considérable ; c’est, du reste, comme dans tous les autres groupes, les espèces aquatiques qui présentent les dimensions les plus grandes.
La peau des Mammifères se compose, comme celle des Oiseaux, d’un derme formé de tissu conjonctif, renfermant du pigment, et dans lequel sont distribués « des vaisseaux et des nerfs, et un épiderme cellulaire qui se divise en une couche inférieure molle, pigmentaire (corps muqueux de Malpighi) et en une couche supérieure plus ou moins cornée (fig.1121). La surface de cette dernière est rarement entièrement lisse (Cétacés); elle présente le plus souvent des sillons
! Outre Buffon et les auteurs anciens, consultez : J. C. D. Schreber, Die Säugethiére in Abbildungen nach der Natur mit Beschreibungen, continué par J. A. Wagner, 7 vol..et 5 vol. de supplément. Érlangen et Leipzig, 1775-1855. — E. Geoffroy-Saint-Hilaire et Fréd. Cuvier, Histoire naturelle des Mammifères, 3 ol. Paris, 1819-1835. — C. J. Temmink, Monographies de Mammologie, 2 vol. Leiden, 1825-1841. — R. Owen, Odontography, 2 vol. London, 1840-1845. — Id. Art. Mammalia in Cyclopaedia of anatomy and physiology, vol. I, 1841. — Id., On thecharacters, principles of division and primary groupes of the class Mammalia. journ. Proc. Linn. Soc., vol. IF, 1858. — C. H. Pander et d’Alton, Vergleichende Osteologie. Bonn, 1838. — Ducrotay de. Blainville, Ostéographie. Paris, 1839-1864. — Fr. Cuvier, Des dents des Mammifères considé-
rées comme caractères zoologiques. Paris, 4825. — Giebel, Die Säugethiere in 200l.-anatomischer und palaeontologischer Hinsicht. Leipzig, 1859. — Id., Mammalia, in Bronn, Klassen und
ques pour les Mammifères que les plumes pour les Oiseaux; ils sont,
juste titre, appeler les Mammifères, animaux pilifères. Bien que
4 pendant chez elles aussi les poils
1 sur toutes les parties du corps et
courbes ou disposés en spirale, se croisant en partie, et est épaissie en différents points par la formation de callosités ou même de plaques cornées, solides. Les poils sont aussi caractéristi-
effet, si communément répandus chez les animaux de cette classe, que Oken et de Blainville ont pu, à
les espèces colossales qui vivent dans l’eau et les espèces terrestres qui habitent sous les tropiques se distinguent par leur peau nue, ce-
ne font pas complètement défaut
à toutes les époques de la vie; c'est ainsi, par exemple, que les
4 F … Cétacés portent des soies courtes Fig. 4121. — Coupe du cuir chevelu de l’homme. — Ep,
: épiderme ; Ul, faisceaux transversaux de tissu conjonctif sur les lèvres. Les poils sont des qu derme; Uq, faisceaux longitudinaux; 4, poil; H3,
formations épidermiques; par leur en lon ap gs aus forme et leur développement, ils ripares; F, cellules adipeuses.
correspondent au tube et à la tige des plumes (fig. 1122). La racine renflée (bulbe du poil) repose sur une papille très vasculaire (pulpe ou papille du poil), située au fond d'un enfoncement du derme revêtu par l'épiderme (follicule pileux); sa portion inférieure ou tige seule est libre. De même que l'on divise les plumes en pennes et en duvet, de même on distingue, suivant leur épaisseur ou leur rigidité, deux sortes de poils, les jarres et la bourre ou duvet. Le duvet est formé de poils courts, frisés, très fins et très doux; il entoure en plus ou moins grand nombre la base des jarres. Plus la fourrure est souple et chaude, plus le duvet est abondant. Chez les animaux qui habitent les pays froids, le pelage change de caractère avec les saisons : en été, il n’y a entre le jarre et la. peau que peu de duvet, tandis qu'en hiver, non seulement le duvet devient abondant, mais le revêtement pileux tout entier prend un grand développement (fourrure d'hiver). Les jarres, lorsqu'elles sont très rigides, constituent des soies, et quand elles sont encore plus grosses et plus rigides, des piquants que l'on
Ordnungen des Thierreichs, vol. NI, 5° partie, 1874. — Paul Gervais, Histoire naturelle des Mammifères, 2 vol. Paris, 1855. — Id., Zoologie et Paléontologie françaises. 2° édit. Paris, 1859. — G. R. Waterhouse, A: natural history of the Mammalia, 2 vol. Londres, 1846-1848. — Blasius, Die Säugethiere Deutschlands. Leipzig, 1855. — H. Milne-Edwards, Considéralions sur
… quelques principes relatifs à la classification, etc. Ann. Sc. nat., 3° série, vol. Ie", 1844. —
H. Milne-Edwards et A. Milne-Edwards, Recherches pour servir à l'histoire naturelle des Mammifères. Paris, 1860-1869. — A. E. Brehm, La vie des animaux illustrée. Mammifères. 2 xol. — A. Wagner, Die geographische Verbreitung der Säugethiere. — Murray, The geographical distribution of Mammalia. Londen, 1866. — W. H. Flower, Introduction Lo the osteology of the Mammalia. ? édit., London, 1876. — À. Gaudry, Les enchainements du monde animal. Mammi- [ères tertiaires. Paris, 1878. — G. L. Trouessart, Catalogue d:s Mammifères vivants et fossiles, Paris, 1879-1883. — C. Vogt et F. Specht, Die Säugethiere in Wort und Bild. München, 1882, 1883.
rencontre dans les téguments du Porc-Épic, du Hérisson, de l'Échidné, etc. De muscles lisses du derme s'insèrent d'ordinaire sur ces piquants et servent à Je
Fig. 1122. — Coupe transversale d’un poil et de son follicule faite immédiatement au-dessus de la papill (d'après Ranvier). — p, Corps du poil, dont les cellules sont distinctes; ê, gaine épithéliale Le: e, gaine épithéliale externe; c', épidermicule du poil; c, cuticule de la gaine épithéliale interne; b, cel= lules de la couche de Huxley; a, cellules de la couche de Henle; /, enveloppe connective du follicu v, vaisseau sanguin. ti CRETE
faire mouvoir isolément, tandis que les muscles striés cutanés, qui sont si ré=
pandus, ont pour fonction de les hérisser en masse Certains poils, que l'on
appelle des poils tactiles, parce qu'ils sont des organes spéciaux du toucher,
offrent une structure particulière (vibrisses); leur follicule, entouré de fibres «musculaires, renferme un corps spongieux érectile, dans lequel se distribuent les ramifications terminales d'un petit tronc nerveux. L'épiderme peut aussi for= mer, soit de petites écailles cornées, soit de grosses écailles imbriquées les unes. : sur les autres; les premières se rencontrent sur la queue des Rongeurs et des Marsupiaux, les dernières recouvrent le dos et les flancs des Pangolins et leur constituent une cuirasse dermique. Une autre forme de cuirasse dermique-est celle qui. nous est offerte par les Tatous; elle est produite par l'ossification du derme et se compose, comme chez les Poissons cuirassés et les Reptiles, de plaques dispo: sées côie à côte, et sur le milieu du corps de larges ceintures osseuses mobiles
Il faut aussi ranger parmi les ossifications du derme les bois du Cerf, qui se renou
vellent périodiquement, et parmi les formations épidermiques, l'étui des cornes
des Cavicornes, les cornes des Rhinocéros, ainsi que le revêtement corné dé l'extrémité des doigts, auquel on donne les noms d'ongle, de griffe et de sabo ! Heusinger, System der Histologie, Xena, 1855. — Reissner, Beitrag zur Kenntniss der BH
La peau présente deux sortes de glandes très repandues, et qui font complètement défaut aux Oiseaux : ce sont les glandes sébacées et les glandes sudori- : pares. Les premières accompagnent toujours les follicules pileux, mais on les … trouve aussi dans les points où la peau est nue. Elles sécrètent une substance
… en général en un tube étroit, fort long, terminé en cul-de-sac, dont la portion . basilaire, pelotonnée sur elle-même de façon à
… former un glomérule arrondi, est logée profon- … dément dans le derme, et dont la portion externe =. constilue un canal excréteur plus ou moins flexueux, qui traverse l'épiderme. Parfois ces glandes sont répandues sur toute la surface du corps ; elles peuvent aussi faire complètement dé- . faut (Cétaces, Souris, Taupes). On trouve encore chez beaucoup de Mammifères, en divers points de la peau, de grosses glandes, dont la sécrétion
a une odeur forte, et qui ne sont pas autre chose que des glandes sébacées, ou plus rarement des
‘glandes sudoripares modifiées. On peut citer,
commeexemples, les glandes occipitales des Cha-
meaux, les larmiers situés dans les os lacrymaux chez les Cerfs, les Antilopes et les Moutons, les glandes temporales de l'Éléphant, les glandes faciales des Chiroptères, les glandes que les Ruminants présentent dans le voisinage des
Fig. 1193. — Éléments du crâne d’un embryon de l'orc, vu par la face inférieure (d’après Parker). — pa, ch, cartilage paracordal; nc, notocorde; au, capsule auditive; py, corps pituilaire; tr, trabécules; ctr, cornes des trabécules; pn, cartilage prénasal ; en, orifice nasal externe ; ol, capsule nasale ; ppg, palatin et ptérygoïde contenus dans le bourgeon maxillo-palatin; ”n, arc ma-
xillaire ; ky, arc hyoïdien ; {h.h, premier are branchial; Ta, nerf facial; Sa, glosso-pharyngien; 8b, pneumogastrique; 9, hypoglosse.
sabots, les glandes des flancs des Musaraignes, la glande sacrée des Pécaris, les glandes caudales du Desman, les glandes crurales des Monotrèmes mâles, etc. Ces appareils sécréteurs existent surtout dans le voisinage de l'anus ou dans la région inguinale, où ils sont souvent contenus dans des enfoncements particuliers de la peau : telles sont les glandes anales de nombreux Carnivores, Rongeurs et Édentés, la glande anale de la Civette, la poche du muse du Chevrotain porte-muse, les glandes prépuciales du Castor, des Rats, des Campagnols. Le squelette des Mammifères n’est point pneumatique; il est, au contraire, très dense et renferme de la moelle au lieu de cavités aériennes. Le crâne (fig. 1123) . forme une capsule spacieuse, dont les os ne se soudent de bonne heure qu'exceptionnellement (Ornithorhynque); en général ils sont durant toute la vie réunis entre eux par des sutures (fig. 1124). IL est vrai qu'il existe aussi des cas où, chez les animaux adultes, la plupart ou même la totalité des sutures ont disparu (Singes, Belettes). Le volume considérable du crâne, comparé à celui des Oiseaux et des Reptiles, résulte de l'étendue de la voûte crânienne, et principalement de ce que les os de la paroi latérale remplacent la cloison interorbitaire el s'étendent, en avant, jusque dans la région ethmoïdale. C’est ainsi que l'ethmoïde (lame des Menschen und der Säugethiere. Dorpat, 1854. — Huxley, Art : Tegumentary organs, in Todd,
Cyclopaedia of anat. and physiol., t. V. 1858. — Leydig, Ueber die äusseren Bedeckungen der Säugethiere. Archives de Müller, 1859. |
4452 MAMMIFERES
criblée) limite la partie antérieure et inférieure du crâne et que la partie antérieure
raux contribuent aussi pour une grande part à la formation des parois du crâne ; en effet, non seulement le rocher et une partie du mastoïdien, mai encore le squainosal, très développé, occupent l’espace situé entre l’alisphénoïde et les parties latérales de l'occiput. Partout l'occipital est articulé avec la première vertèbre cervicale par deux condyles; il présente d'ordinaire, au milieu de l’écaille, une crête médiane, et de chaque côté, une apophyse « pyramidale (apophyse jugulaire), qui donne insertion à un muscle abaisseur de la mâchoire infé- \ rieure (digastrique). Fréquemment le présphénoïde et le basisphénoïde restent longtemps dis- « ie tincts; à ce dernier se rattachent les ailes tempo- Fig. 1124 - Région antérieure de la rales avec les os de revêtement correspondants « EU te des pariélaux, en arrière desquels se développe … ex PARA gen rue parfois un autre os accessoire (os interpariétal)* ; nues 8, cloison et orifice anté- Gelui-ci se soude dans la règle avec le susoccipital, den ren on A rt 9 plus rarement avec les pariétaux. Les frontaux menton; 42, trou mentonnier; 13, rattachent les ailes orbitaires à la voûte du crâne; nel “ ASE UAe AUS leur soudure est moins fréquente que celle des 16, temporal; 17, suture écailleuse; pariétaux. Le temporal est composé, outre le Be parer rocher (les trois pièces de la capsule auditive, tique; 21, apophyse mastoïde. prooticum, opisthoticum et epioticum) et l'os mastoïdien (portion de l'epioticum), du squamosal ou portion écailleuse très développée, et, en dehors, de l'os tympanique, qui entoure le conduit auditif ex-
F2 :# vr: - j ‘ Æ
€ Na
rALE ( TN
Fig. 4195. — Coupe verticale d’un crâne de Mouton. — 0b, occipital basilaire; Os, occipital supérieur; 04, occipital latéral; Pe, pétreux; Spb, sphénoïde basilaire ; Ps, présphénoïde ; As, alisphénoïde ; Ors, orbito sphénoïde; Pa, pariétal; Fr, frontal; Sf, sinus frontal; Na, nasal; G, cornets du nez; Gi, cornet inférieur; Pt, plérygoïde; Pal, palatin; Vo, vomer; Mx, maxillaire supérieur; Jmæ, intermaxillaire, M
terne et se renfle souvent en une capsule saillante. Les postfrontaux manquent; La cavité crânienne est fermée en avant par la lame crblée de l'ethmoïde, dont
la lame papyracée n'existe que chez l'Homme et chez les Singes, et contribue alors à former la paroi interne de l'orbite. Chez tous les autres Mammifères l'eth- moïde est placé en avant des orbites; il est recouvert latéralement par les maxillaires et peut présenter une longueur considérable. La lame perpendiculaire, à iquelle se rattachent en avant la cloison nasale cartilagineuse et en dessous le “omer, correspond à l’ethmoïde impair. Quant aux parties latérales avec la lame criblée et le labyrinthe (cellules ethmoïdales, cornets supérieur et moyen), on doit les rapporter aux préfrontaux des Vertébrés inférieurs. Dans la partie anté- — rieure des fosses nasales enfin apparaissent les cornets inférieurs, issus de points —…. d'ossification spéciaux, et qui se soudent plus tard à la face interne des maxil- … laires. La région ethmoïdienne est recouverte par des os de recouvrement, les nasaux en dessus, les lacrymaux latéralement. Les premiers restent parfois petits (Gétacés) et se soudent entre eux (Singes de l’ancien continent), mais en général ils sont longs lorsque le museau est allongé, et suivent le développement en avant des fosses nasales et des os de la face. L’os lacrymal (chez les Pinnipèdes et les Cétaces’ il ne constitue pas un os distinct) contribue partiellement à la limitation antérieure de l'orbite, et d'ordinaire il est visible extérieurement. . La soudure du crâne avec l'appareil maxillo-palatin et les rapports que la branche de la mâchoire présente avec. la caisse du tympan sont tout à fait caractéristiques. La mâchoire inférieure s'articule directement avec le temporal, sans l'intermédiaire d'un os carré; la pièce osseuse qui correspond morphologi- quement à ce dernier s'enfonce, pendant le développement de l’embryon, dans la caisse du tympan et se transforme en enclume, tandis que la partie supérieure du 4 cartilage de Meckel (osarticulaire) devient le marteau (Reichert). L'étrier provient dela partie supérieure de l'arc hyoïdien (hyomandibulaire). Quelques naturalistes - (Huxley, Parker) considèrent le marteau comme l'équivalent de l'os car ré, l'enclume - comme l'équivalent de l’hyomandibulaire ou de la partie suscollumellaire de l’are : hyoïdien. Pour eux l'étrier n'appartient pas au deuxième arc viscéral, c'est une Ë partie distincte ossifiée de la capsule auditive. Péters pense même que letympanique … est l'homologue de l'os carré, et croit retrouver le rudiment du marteau dans un cartilage des Crocodiles et des Oiseaux. Maxillaires, ptérygoïdes et palatins présentent les mêmes rapports que chez les Tortues et les Crocodiles, à cela près que le quadrato-jugal faittoujours défaut, car le jugal se réunit avec le squamosal. Partout enfin il existe une voûte palatine séparant la cavité buccale des fosses nasales et sur le bord postérieur de laquelle s'ouvrent ces dernières. La capsule crânienne est, chez les Mammifères, si complètement remplie par l'encéphale, que sa face interne présente assez exactement le moule de la surface de ce dernier. Par suite du grand volume du cerveau, elle est plus spacieuse que « dans aucune autre classe de Vertébrés, mais elle présente, sous ce rapport, des degrés divers dans les différents groupes, particulièrement si l'on considère le … développement de la face; on peut dire, en effet, que la face est d'autant plus proéminente au-dessous de la capsule crânienne que l'animal est bien moins doué sous le rapport des facultés intellectuelles. Aussi depuis longtemps est-on habitué à regarder le rapport qui existe entre la prédominance de’ l'une on … l'autre de ces règions céphaliques comme l'expression du degré relatif de l'in- … Lelligence et s’est-on efforcé de trouver une mesure simple mi permit de l'ap-
précier. C’est particulièrement Camper qui tenta de résoudre le problème à j de deux lignes, dont l’une, horizontale, s'étend depuis l’orifice du conduit auc externe jusqu’à la base des narines (épine nasale), l'autre, oblique, s'étend puis la saillie du front la plus proéminente jusqu'au bord antérieur des : maxillaires et de la racine des incisives. Chez l'Homme, l'angle formé par rencontre de ces deux lignes, que Camper appelait l'angle facial, est plus g1 que dans toutes les autres espèces, mais il varie suivant la race et les indi depuis 70 jusqu’à 90 degrés. Il arrive à ne plus mesurer chez les Singes «© 30 degrés (chez les Chrysothrix plus de 60 degrés), et chez d'autres Mammifè 95 degrés ou moins encore. Ces mesures de l'angle facial n’ont une certaine leur très limitée que lorsqu'il s’agit de comparer des espèces voisines, et, mê dans ce cas, on leur préfère d'autres méthodes qui permettent d'arriver à des. sultats plus exacts. Les résultats généraux qu'elles donnent méritent du : d'autant moins de confiance que, abstraction faite de la difficulté qu'il y a, certains cas, à mesurer l’angle facial, ils n’expriment nullement le rapport exac entre le crâne et la face, car ils ne tiennent aucun compte des sinus frontaux. E outre, le développement de la faces son allongement ou son raccoureissement. di
nellement recourbé et creusé sen les Par d'où partent deux paires ( ou cornés. L'antérieure est formée d'ordinaire de plusieurs pièces; elle. plus tard avec le rocher, après que la pièce supérieure s’en est détachée po venir l'étrier. Cette union peut être une soudure, et la piécesupérieure est représentée par l'apophyse styloïde du temporal. Dans ce cas, la pièce mo: ne s'ossifie pas et forme le ligament stylo-hyoïdien, tandis que la pièce im rieure ne subsiste que comme un prolongement insignifiant du corps de hyoïde (Homme, Orang). Chez les Mycetes l'arc antérieur tout entier est tr formé en un ligament. Les cornes postérieures s'unissent par des ligaments ciaux avec le cartilage thyroïde du larynx; elles sont, en général, plus petit que les antérieures, peuvent parfois se détacher du corps (Monotrèmes êt Laman tins) ou même faire complètement défaut (Rongeurs, Édentés).
La colonne vertébrale se divise généralement en cinq régions, que l’on ap régions cervicale, dorsale, lombaire, sacrée et caudale ou coccygienne (fig. 119 Chez les Cétacés seuls, qui sont dépourvus de membres postérieurs, la sacrée n'existe pas, la région lombaire est très longue, mais se réunit insens ment avec la région caudale. Ces animaux ont aussi, par suite de leur vie excel ment aquatique et de leur mode de locomotion, le cou très court et rendu rig; par la soudure des premières vertèbres, tandis que tous les autres group font remarquer justement par la grande mobilité des vertèbres qui com] la région cervicale. Les corps des vertèbres sont réunis les uns aux autres tionnellement par des surfaces articulaires (cou des Ongulés), et d'ordinaire des disqyes élastiques (ligaments intervertébraux). Les vertèbres ce qui se distinguent des vertèbres dorsales par leurs mouvements de lat ainsi que par la brièveté des apophyses épineuses, et qui peuvent aussi excep nellement porter des côtes rudimentaires, sont presque constamment au n
sauf chez les Cétacés, une disposition spéciale qui a pour résultat une division du travail physiologique dans les
mouvements dorso-ventraux et latéraux de la tête. La première, appelée atlas, est un anneau osseux muni latéralement de larges apophyses aliformes, creusées de cavi-
“és glénoïdes qui correspondent aux deux condyles de … l'occipital. L'articulation occipito-atloïdienne ainsi con- “ stituée est le siège des mouvements d'abaissement et de - relèvement de la tête. La rotation de la tête à droite et à “ gauche a lieu par le mouvement de l'atlas autour d’une apophyse médiane de la vertèbre suivante, ou axis (apo-
- physe odontoide), apophyse correspondant morphologià quement au corps de l'atlas qui s'est séparé pour se réunir au corps de l'axis. Les vertèbres dorsales sont ca- ractérisées par leurs apophyses épineuses en forme de crête verticale, par leur mobilité moins grande et par la présence des côtes, dont les antérieures sont rattachées par des cartilages au sternum généralement allongé et composé de plusieurs pièces situées les unes derrière les autres. Les côtes s’articulent avec les vertèbres par la tête et la tubérosité. Le nombre des vertèbres dorsales est beaucoup plus variable que celui des vertèbres cervicales.
! En général il est de treize, parfois de douze et de moins | encore chez quelques Chiroptères et quelques Tatous ;
il est fréquemment de quinze ou davantage, dans un seul cas de dix-huit (Cheval), de dix-neuf à vingt (Rhinccéros, Éléphant) et même de vingt-trois à vingt-quatre (Bradypus). Les vertèbres lombaires, dépourvues de côtes, mais possédant des apophyses transverses fortes et larges, sont généralement au nombre de six à sept. Ce mombre est rarement réduit à deux, par exemple, chez …— l'Ornithorynque et le Fourmilier; il peut s'élever à huit … ou neuf, en même temps qu'il y a réduction correspon- : dante dans le nombre des vertèbres lombaires (Stenops). — Si, eu égard aux variations que présente le nombre des . vertèbres dans la région dorsale et dans la région lom- | baire par suite de l'apparition de nouvelles côtes, on con- È Sidère ces deux régions comme n’en formant qu'une seule, on arque qu'il existe un rapport constant entre cette
de sept. Le Manatus australis en possède seulement six, tandis que le Bradypus vatus en a huit et le Br. tridactylus meuf. Les deux premières présentent,
Fis. 1126. — Colonne verté-
brale de l'Homme. — A, apophyses épineuses ; B, facettes articulaires des apophyses transverses des dix premières vertèbres dorsales; C, lacette articulaire du sacrum ; D, trous situés à la base des apophyses transverses des vertèbres cervicales; E, coccyx; 1 à 7 vertèbres cervicales; 8 à 19 vertèbres dorsales; 20 à 24 vertèbres lombaires.
ré ion dorso-lombaire et les autres régions de la colonne vertébrale. On trouve alors que le plus ordinairement le nombre des vertèbres est de dix-neuf ou de … vingt, nombre que l'on a toute raison de regarder comme primordial. II sem-
à . ble diminuer lorsque les dernières vertèbres dorso-lombaires se sont soudées
pour former le sacrum, et inversement il semble augmenter lorsque le sacrum
empiète sur la région caudale. Les vertèbres sacrées sont soudées entre elles avec les os coxaux par leurs pleurapophyses. Ordinairement leur nombre par:
s'augmenter parce que, aux deux vertèbres sacrées primitives, qui correspom { à celles des Reptiles, viennent s'ajouter une ou plusieurs vertèbres caudales, et p us rarement quelques vertèbres lombaires, par suite de la soudure de leurs apoz physes latérales avec les os iliaques. II en résulte que le sacrum peut être comp d'un nombre plus considérable de vertèbres (jusqu'à huit ou neuf, Paresseu Tatou). Les vertèbres caudales présentent des variations très grandes sou
rapport du nombre et de la mobilité; elles diminuent peu à peu de vol d'avant en arrière. Elles possèdent parfois des apophyses épineuses inférieu (Kanguroo et Fourmilier). Toutes les apophyses disparaissent graduellement
mesure que l'on se rapproche de l'extrémité de la queue. dur Des deux paires de membres, l'antérieure ne fait jgmais défaut (fig. 142
/ KN D OT | | 3: