‹ Traité de zoologieChapitre 48 sur 434 · GÉNÉRATION ALTERNANTE — POLYMORPHISME. — HÉTÉROGONIE · texte numérisé non relu

GÉNÉRATION ALTERNANTE — POLYMORPHISME. — HÉTÉROGONIE

Dans le développement direct aussi bien que dans la métamorphose, on voit se succéder dans le même individu les différentes phases évolutives, soit que les formes qu'il revêt soient semblables à celles de l'animal adulte, soit qu’il passe par l'état larvaire et soit pourvu en cette qualité d'organes transitoires. Il y a pourtant d'autres modes de développement qui sont caractérisés par l'alternance régulière des générations aptes à se reproduire et chez lesquels l'histoire de la vie de l'espèce n'est nullement.terminée avec le développement d'un seul individu, mais s'étend à la vie de deux ou plusieurs générations issues les unes des autres.

C'est ec qu’on nomme génération alternante ou métagenèse, c'est-à-dire alternance régulière d'une génération sexuée avec une ou plusieurs générations se reproduisant par voie asexuelle. Découverte par le poète Chamisso’ chez les Salpes, mais restée dans l'oubli pendant plus de vingt ans, la génération alternante fut mise en pleine lumière par J. Steenstrup?, qui montra qu’elle est la règle chez une foule d'animaux (Meduses, Trématodes). Elle consiste essentiellement en ce que les animaux sexués engendrent des descendants (nourrices) qui toute leur vie restent différents de leurs parents, mais peuvent donner naissance agamogénétiquement à une génération qui reproduit la torme et l'organisation de l'animal sexuë, ou qui se multiplie encore asexuellement, et dont les descendants seuls reviendront au type primitif. Dans ce dernier cas, on ap-

1 Adalbert de Chamisso, De antnalibus quibusdam e classe vermium Linnæana in circumnavigatione terræ auspicante comite N. Romanzoff duce Ottone de Kotzebue annis 1815, 1816, 1817, 1818 peracta. Fasc. I. De Salpé. Bérolin. 4819.

? Jcs. Jap. Sm. Stecnstrup, Ueber den Generationswechsel, etc. Kopenhagen, 1842.

pelle grand'nourrice la première génération, qui se reproduit asexuellement, et : nourrice celle qui en est issue, c’est-à-dire la seconde. Par conséquent, l'espèce n'est plus représentée par un seul individu, mais par un ensemble de trois générations successives issues l’une de l’autre (animal sexué, grand'nourrice, nourrice). Le 3 développement de ces générations, qu'elles se présentent par deux, par trois ou en plus grand nombre, peut être direct ou passer par une métamorphose plus ou moins compliquée, et de même, tantôt la nourrice ne diffère que peu de l'individu sexué, comme dans les Salpes, tantôt présente des rapports analogues à ceux qui existent entre la larve et l’animal adulte, comme chez les Méduses. Nous sommes donc Fig. 150. th bpnement de la Planula de la Chrysaora. conduits à distinguer diverses for-

1, Planula, dont l'enveloppe du corps est formée de mes de générations alternantes. deux couches cellulaires, et présente une étroite fente

gastrique ; 2, la même après qu’elle s’est fixée ; la nouvelle Dans ce dernier cas, qur appelle bouche o vient de se former et les tentacules se dévelop- ]a métamorphose, on peut expli-

Re À AR Led Lea quatre tentacules: Csk, sque- quer la g Eënératidtiié ie en supposant que la forme de nourrice, qui correspond à une phase inférieure du développement du phylum, a hérité de celui-ci de la faculté de se reproduire asexuellement, tandis que la reproduction sexuelle est devenue l’attribut du dernier échelon le plus élevé en organisation du phylum. La métagénèse des

re Méduses discophores nous en fournit un exemple (fig. 150). Après être sortie de l'œuf, et avoir nagé librement plus ou moins longtemps, la Planula ciliée (Gastrula, dont la bouche primitive s'est fermée) se fixe par le pôle dirigé en avant quand elle se meut, tandis qu'à l'autre pôle apparait une nouvelle ouverture buccale, placée au sommet d’un cône buccal contractile, et autour de laquelle se développent suc= cessivement 1, 2, 4, 8, et finalement 16 tentacules (fig. 151). Du fond de la cavité digestive jusqu'à la base du cône buccal, s'étendent quatre bourrelets longitudinaux Fig. 151. — Sci oh à huit tentacules, à PACURe de RBLARE Os gare longite

Due ot ouverte ; M, muscles longi- dinaux. Quand le Polype, qui à maintenant

tudinaux dans les bourrelets gastriques. revêtu la forme d'un Scyphistoma (fig. 152), … est arrivé, grâce à une nutrition suffisante, à une certaine taille (2 à 4 centimètres « environ), apparaissent à la partie antérieure du corps des étranglements annulaires qui divisent cette région en une série de segments. Ces étranglements se forment d'avant en arrière et successivement en nombre plus ou moins considé-

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