OPINIONS DE LAMARCK ET DE GEOFFROY SAINT-HILAIRE
…. La difficulté manifeste de définir d’une manière précise la notion de l'espèce, en présence de l'existence de la série graduelle presque non interrompue des - formes animales et des résultais de la sélection artificielle, avait déjà conduit, au — commencement de ce siècle, d'illustres naturalistes à combattre l'opinion domi- nante de son immutabilité!.
… Lamarck exposait déjà en 1869, dans sa Philosophie zoologique, la doctrine de . la descendance des espèces les unes des autres, en rapportant les changements . successifs qu'elles subissent, en partie aux modifications dans les conditions d'existence et surtout à l'usage ou au défaut d'usage des organes. Ses tentatives . d'explication ne reposaient point, il est vrai, sur une théorie rigoureusement développée et dans toutes ses parties approfondies, mais plutôt sur des conceptions Qui paraissaient dans quelques cas parfaitement ridicules, qui dans d'autres pouvaient bien être vraisemblables, mais à l'appui desquelles il n’apportait aucune preuve. C’est ainsi, par exemple, que la longue langue du Pic et du Fourmilier aurait èté produite par l'habitude de ces animaux de chercher leur nourriture dans les fentes étroites et profondes, que le cou de la Girafe doit sa longueur à . ce que l'animal broute le feuillage d'arbres élevés. La membrane natatoire, placée entre les doigts, devrait son développement aux mouvements de natation des animaux assujettis à vivre dans l’eau. Après l'adaptation, Lamarck attribuait, dans
1 Noy. Telliamed ou Entretiens d'un philosophe indien avec un missionnaire français sur la diminution de la mer, 1748 et 1756. — J. B. René Robinet; De la nature, 1766. — Id., Considérations philosophiques de la graduation naturelle des formes de l'étre, ou les Essais de la nature
qui apprend à faire l'homme, 1768. Voy. aussi l'analyse des systèmes de ces auteurs dans Quatrefages : Ch. Darwin et ses précurseurs français, Paris, 1879. :
sa théorie de la descendance, une grande importance à l’héréditè, à laquelle il rapportait les degrés de ressemblance plus ou moins considérables que présentent les différents groupes. Il expliquait par la génération spontanée l'apparition des organismes les plus simples, et admettait qu'à l’origine les animaux et les plantes inférieurs seuls existaient. né Geoffroy-Saint-Hilaire, en défendant contre Cuvier l’idée de l'unité de composition de tous les animaux, exprima, en 1828, l'opinion que les espèces ne s'étaient point perpétuées depuis leur origine sans subir des modifications. Quoique d'accord au fond avec Lamarek sur l'origine et la métamorphose des espèces, il attribue à l’activité propre de l'organisme une influence moindre; et croit pouvoir expliquer leurs transformations par l’action directe des modifications du monde ambiant. Ainsi les Oiseaux avaient dû provenir des Sauriens par suite de la diminution de la quantité d’acide carbonique de l'atmosphère, parce que; pensait-il, la respiration, activée par l’abondance de l'oxygène, avait produit une élévation de la température du sang et une vitalité plus énergique dans les muscles et le système nerveux. e.
Enfin, on considère à tort Gœthe comme le précurseur de la théorie transformiste en Allemagne, quoiqu'on ne puisse pas dire qu'il ait jamais eu l'idée d'une métamorphose effective des espèces. Par sa tournure d'esprit, il était plutôt poussé à voir dans la nature un enchaînement majestueux de l’infinie variété des phénomènes, dans lesquels son imagination lui représentait un tout harmonique se métamorphosant sans cesse pour tendre vers la perfection. Tandis que dans ses travaux d'histoire naturelle (Métamorphose des plantes, Théorie des vertèbres ce: phaliques, Mémoire sur l'os intermazxillaire de l'homme) il était rempli de l'idée de prouver l'unité dans la diversité des manifestations de la nature, dans de nom= breux passages de ses autres écrits il se prononça pour une transformation irré= sistible et pour l’unité de composition des êtres organisés. Cependant ses brillantes conceptions restèrent plutôt des aperçus ingénieux; il leur manquait d’avoir pour « fondement une théorie basée sur les faits. + Aux vues de ces naluralistes on peut rattacher la révolution que Lyell et Forbes portèrent plus tard dans les principes fondamentaux de la géologie. A la place de la théorie de Cuvier sur les révolutions du globe et des “cétaclyetes améantissant toute vie, Lyell expliqua les transformations géologiques par l'action des forces agissant d'une manière progressive et continue pendant d'énormes périodes \ de temps (Principles of Geology). Les géologues, en abandonnant avec lui l'hypo=M thèse de catastrophes survenant de temps à autre dans le cours régulier de. la. nature, devaient aussi admettre la continuité de la vie à travers les phases success sives de la formation du globe, et chercher à ramener la grande variation du. a : monde organisé à des influences excessivement lentes et peu énergiques, mais M agissant sans interruption pendant des espaces de temps immenses. La variabilité de l'espèce, la formation de nouvelles espèces aux dépens de formes déjà exis= tantes dans le cours des siècles, est, en conséqueence, admise en géologie me Lyell, comme un postulat nécessaire pour expliquer naturellement, sans être
FRE RAT pren Ge
Abe
EN Se
DE
De PT TT RS PE
4 die E