PREUVES TIRÉES DU MIMÉTISME
Une autre série de phénomènes qui se laissent parfaitement sramener à Vadaptation, ce sont ceux auxquels on a donné le nom de Mimétisme, el qui consistent en ce que certains animaux imitent à s'y méprendre des espèces très répandues et douées de quelque particularité avantageuse de forme ou de nuance. Ces faits curieux, qui ont été décrits principalement par MM. Bates et Wallace, se relient intimement à cette ressemblance que nous avons déjà mentionnée chez beaucoup d'animaux avec les objets qui les environnent. Ainsi, par exemple, chez les Papillons, certaines Fig. 167. — Leptalis Theonoë, var. Leuconoë Leptalides copient certaines espèces du genre
Sr Heliconius de l'Amérique du Sud, qui sont protégées par une sécrétion jaunâtre nauséabonde contre les attaques des Oiseaux et des Lézards, dans l’aspect extérieur et dans la manière de voler, et partagent leur habitat (fig. 167 et 168). L'imitation la plus complète nous est offerte par des Papillons des tropiques (Danais miavius, Papilio hippocoon — Danais echeria, Papilio | cenea — Acræa gea, Panopæa hirce). Ce phénomène peut aussi se produire entre Insectes « d'ordres différents. Des Papillons revêtent la forme d'Hyménoptères, qui sont protégés par M ; la possession d'un aiguillon (Sesia bombyli- h formis — Bombus Lors etc.); des Coléo- + Fig. 168. — Ilhomia Ilerdina (Héliconide), ptères copient des Guêpes (Charis melipona,
d'après Bates. : ; .
Odontocera odyneroides) ; le Condylodera tr
condyloides des Philippines, appartenant à l’ordre des Orthoptères, ressemble à % s’y tromper à un genre de Cicindèles (Tricondyla). Beaucoup de Diptères repro- % duisent la forme et la nuance des Guêpes et des Sphégiens. Enfin, il n'est pas jusqu'aux Vertébrés, chez lesquels on ne connaisse quelques exemples de mimé- 4 tisme (Serpents et Oiseaux).