IMPERFECTION DES ARCHIVES ZOOLOGIQUES
actuel, dont l'établissement et la délimitation ne peuvent s'expliquer, d'après Darwin, que par l'extinction de nombreuses espèces dans le cours de l'histoire de la terre. La paléontologie ne peut satisfaire que très incomplètement à ces desiderata, car les nombreuses séries presque insensibles des variétés qui ont dû exister, selon la théorie de la sélection, pour l'immense majorité des formes, ne se retrouvent pas dans les documents que nous fournit la géologie. Ce fait, dont Darwin reconnaît lui-même la valeur, perd cependant son lioethnes, quai on considère de plus près les conditions dans lesquelles les restes organiques se sont déposés dans le limon et nous sont parvenus à l'état de fossiles, et quand l'on se rend compte des raisons qui prouvent l'imperfection extrême des documents géologiques, et qui démontrent que les formes de passage “nt dû être décrites en partie comme des espèces particulières. On ne doit évidemment s'attendre à rencontrer dans les couches sédimentaires que les restes des plantes et des animaux qui possèdent un squelette solide, car il n’y a que les parties dures du corps, telles que les os et les dents de Vertébrés, les coquilles calcaires et siliceuses des Mollusques et des Arthropodes, les tests et les piquants des Échinodermes, le squelette chitineux des Arthropodes, ete., qui puissent résister à une décomposition rapide et se pétrifier peu à peu. Aussi est-ce à peine si nous retrouvons les traces de tous ces innom- brables organismes appartenant principalement aux groupes inférieurs (Vertébréssinférieurs, Mollusques nus, Vers, Méduses, Infusoires), auxquels ces parties solides font défaut; même parmi les êtres, qui sont susceptibles de se pétri- fier, il y a des classes considérables, qui n'ont laissé que par hasard quelques vestiges de leur existence, et qui constituent ces séries de formes, qui sont actuellement le plus accessibles à nos études, c'est-à-dire les animaux terrestres. Les êtres, qui vivent sur la terre ferme ne peuvent laisser de restes fossiles que lorsque leurs cadavres ont été entrainés par l’eau pendant les inondations, ou pendant de grandes tempêtes, ou accidentellement sous l'influence de toute autre cause, et ont été entourés par des masses de limon qui se sont durcies. De cette manière, on comprend la pauvreté relative des Mammifères fossiles, et ce fait que pour beaucoup d'entre eux, et malheureusement pour les plus anciens (Marsupiaux des schistes de Stonesfield, etc.), il n’est parvenu jusqu'à nous que la mâchoire inférieure, qui non seulement se sépare facilement pendant la putréfaction du cadavre, mais qui grâce à sa pesanteur oppose une ‘plus grande résistance aux courants et tombe au fond de l'eau. Et quoique les scie de Stouesfield et quelques autres nous montrent que les Mammifères existaient déjà à l'époque jurassique, cependant ce n'est que grâce aux Mammifères de l'éocène, que nous pouvons nous faire une idée de la forme et de l’organisation de ces animaux. [l est de nombreuses espèces et de nombreux groupes d'espèces, dont on n'a retrouvé qu'un petit nombre d'individus, ou même un seul, quoiqu'ils aient dû être très nombreux et très répandus. On ne connaît dans les terrains primaires et tertiaires, ni cavernes à ossements, ni dépôts d'eau douce. La conservation des restes des habitants d'eau douce était plus facile et celle des habitants de la mer encore davantage, car les formations marines ont une étendue incomparablement plus’ considérable que;éelles d'eau douce. Jamais à aucune époque il n'y a eu sur toute la surface du fond de la mer. des dépôts assez abondants pour que les TRAÎTÉ DE ZO0LOGIE, — 2° ÉDIT. LL
organismes qui y parvenaient, fussent rapidement enveloppés par le limon et préservés de la destruction. Et même, partout où les périodes d'affaissementtet de soulèvement se suivaient dans un temps relativement court, il était impossible qu'il se formât des dépôts d'une longue stabilité, car les minces couches, qui étaient englouties pendant l’affaissement, quand elles se soulevaient plus tard, étaienten grande partie disloquées, ou même complètement détruites par le brisement des flots. Dans les mers peu profondes, dont le fond ne” présente ; aucun mouvement d’élévation ou d’abaissement, dans celles qui se soulèvent lentement, il a pu se développer des dépôts d'une étendue considérable, mais de peu d'épaisseur, quand bien même ils étaient à l'abri de l’action destructive des flots. ka formation d'assises puissantes paraît se produire, dans la règle, principalement dans deux conditions, soit dans une mer très profonde, à l'abri de l’action du vent et des vagues, et alors les couches sont la plupart relativement pauvres en fossiles, car les animaux qui vivent dans les grandes profondeurs sont peu nombreux, soit dans une mer peu profonde favorable au développement d'une faune et d'une flore riches et variées, et dont le fond est pendant une longue période le siège d'un mouvement d'abaissement très lent: Dans ce cas, la mer renferme continuellement une population très nombreuse; tant que l’abaissement se trouve compensé par FRANS CES è nouveaux sédiments. Aou
Si donc le mode de formation des dépôts et les chstéeteë de toile pécéi qui s'opposent à ce que les restes -organisés se conservent intégralement dans 1 sédiments expliquent les grandes lacunes de la paléontologie, il faut encore ajouter les causes qüe nous avons mentionnées plus haut, et qui font que lon ne rencontre plus parmi les plantes et les animaux actuels toutes ces innom-. brables formes transitoires,' ou variétés. On doit aussi considérer que les F mières assises très puissantes, dans lesquelles les restes des animaux et des plantes les plus anciens pourraient être enfouis, ont été tellement modifiées par la chaleur du noyau central incandescent de la terre, que les fossilés sont de: nus méconnaissables et ont été détruits. Ce n'est que par-ci par-là, dans couches cristallines mêtamorphiques des roches primitives, que l'on a troux certaines empreintes, que l'on a pu considérer, et encore avec doute, comme d vestiges d'êtres organisés (£ozoon canadense). Enfin, il ne faut pas oublier no plus que nous ne connaissons encore que d’une manière imparfaïte les forn tions géologiques. Les différentes couches qui composent l'écorce ‘te n'ont encore élé suffisamment étudiées ee dans un petit ps local
histoire du globe; qui a été incomplètement conservée, énris dans un: changeant, et dont nous ne possédons que le dernier volume, traitant de trois pays seulement. De ce volume, quelques fragments de chapitres et q lignes éparses de chaque page sont seuls parvenus jusqu’à nous. Chaque mi ce langage changeant lentement, plus où moins différent dans les chapitr