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FORMES DE TRANSITION ENTRE ESPÈCES VOISINES

cessifs, peut représenter les formes qui ont vécu, sont ensevelies dans les formations consécutives, et nous paraissent à tort avoir été brusquement introduites. » Dans tous les cas, il est hors de doute qu'un fragment seulement des flores … et des faunes éteintes a pu se conserver à l’état fossile, et que de ces fossiles un petit nombre nous est connu. Aussi ne doit-on pas conclure de la pénurie de ces restes fossiles à la non-existence des êtres organisés. Quand les variétés intermédiaires entre les espèces déterminées font défaut dans la série des différentes assises, ou quand une espèce apparaît pour la première fois au milieu de . certaines couches et disparaît presque aussitôt, ou quand des groupes entiers apparaissent brusquement pour disparaitre de même, ces faits peuvent d'autant moins être objectés à la théorie de la sélection, en présence de la grande imperfection des documents géologiques, que dans quelques cas on connait des séries de formes de transition entre des organismes plus ou moins éloignés, et. que dans-la suite des temps de nombreuses espèces se sont développées, qui sont des intermédiaires entre d'autres espèces ou entre des genres; que, de plus, il . nest pas rare que des groupes entiers se développent peu à peu, arrivent à avoir une extension très considérable, et disparaissent ensuite graduellement. Ces faits positifs acquièrent une haute valeur quand on songe à l'extrême pauvreté des restes fossiles. i :

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nu FORMES DE TRANSITION ENTRE ESPÈCES VOISINES

En ce qui concerne les formes de transition, elles ont été infiniment plus nombreuses qu'on ne l'admettait jusqu'ici en paléontologie. Seulement la plu- . part de ces formes sont considérées comme des espèces. S'il est souvent impos- Sible aux zoologistes et aux botanistes de décider, pour les plantes et les animaux actuels, si l'on a affaire à des variétés ou à des espèces, les difficultés sont bien plus considérables pour les restes fossilisés des animaux qui ont vécu jadis. Le paléontologiste ne peut employer que les caractères morphologiques de la définition de l'espèce et encore d'une manière bien incomplète, puisqu'il n'y a que les parties solides de l'organisme qui soient conservées, et encore en petit nombre. Dans la pratique, les paléontologistes distinguent les espèces et les variétés en se basant sur des considérations qui, dans l'état actuel de nos connaissances, ne peuvent avoir qu'une valeur tout à fait incertaine. Des formes voisines qui ne présentent souvent que’ des différences minimes, sont regardées comme des espèces, quand on ne connaît point de transition de l’une à l'autre, tandis que parfois des formes très différentes, qui passent de l’une à l'autre par une série de formes intermédiaires, sont considérées comme des variétés extrêmes. Plus est restreint le nombre des individus connus qui représentent une forme, plus la distinction des espèces" sera nette et précise, tandis que la présence d'un grand nombre d'individus rend la délimitation de l'espèce très difficile. Parfois, à mesure que la science progresse, on découvre des séries de variations, de transitions entre des formes tenues jadis pour des espèces, et que l'on rabaisse dès

lors au rang de simples variétés. On voit que dans de pareilles conditions le

léontologiste n’est pas en état, pour beaucoup de formes voisines; que l'on tingue comme autant d'espèces, de fournir la preuve de leur différence s fique, et dès lors espèce et variété ne Apirent être pour lui ne des catèg purement relatives. He

- Parmi les nombreux exemples de séries de passages que la paléontologie : n

fait connaître, nous nous bornerons à en citer quelques-uns des plus probants!. Les Ammonites sont, de tous les groupes de celte classe des Céphalopodes riche jadis en formes différentes, celui dont les espèces varient le plus et p sent les unes aux autres par de nombreux intermédiaires. L'Ammonites capri nus, fossile caractéristique du lias, est le point de départ d'une foule de variété que M. Schlottheim avait déjà reconnues et qui ont été rangées en partie dans sieurs espèces distinctes. L'Ammonites amaltheus, également du lias, prèse un nombre de variations si considérables, que pas un seul de ses caragtères | reste constant; les formes lisses et hérissées de saillies, géantes et naines, alter: nent les unes. avec les autres. L'Ammonites Parkinsoni, un type important di jurassique, varie tellement qu’on pourrait le considérer comme un groupe d'espèces voisines. .Les groupes d'Ammonites, auxquels on attribue la, valeu genres et de familles, passent de l’un à l’autre dans les couches successives p: une série de formes de transition. Les plus anciennes Ammonites, les Gonia tites, ressemblent encore beaucoup aux Nautilides, dont elles descendent prol blement, et apparaissent pour la première fois dans le silurien. C’est d'elles qu proviennent les Cératites, caractéristiques principalement du muschelkalk, enfin de ces dernières les véritables Ammonites, qui présentént une ‘extensi( considérable dans le terrain jurassique, et arrivent jusqu’à la craie, où elles terminent par un grand nombre de formes secondaires dépourvues de spiré régulière (Scaphites, Hamites, Turrilites). Déjà, avant l'apparition du cé ouvrage de Darwin, M. Quenstedt avait prouvé les relations génétiques dir de différentes formes dans des couches consécutives. De nombreux, paléon gistes, qui ont étudié depuis lors d’une manière approfondie les Ammonites, confirmé les preuves données par M. Quenstedt et, comme Würtemberger les Planulates et les Armates, les ont encore développées. « L'existence d’une rie de formes, dit M. Neumayr?, dont la plus récente diffère à peine de cell la précède immédiatement, jusqu’à ce que la somme de toutes ces petites tions entraine des divergences considérables avec l’espèce souche, conduit : sistiblement à admettre un lien génétique »; et plus loin : « Une elassif des Ammonites n’est possible que si l’on prend comme principe de class cette méthode de groupement des espèces d’après leur origine, que: ho ployée jusqu'ici presque sans en avoir conscience. Les difficultés, queles lac nos connaissances cpposent à ce mode de procéder, sont, ilest vrai, considi mais ne me paraissent pas insurmontables; la séparation si conmode € parence si tranchée des genres par des diagnosés précises n'est plus-p

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1 Voy. Quenstedt: * Handbuch. der | NE RSUU ES 3° édit,, Tübingen, 1882, - Traité de Paléontologie, 2 édit, Paris, 1853-51, de: ? Neumayr, Die Fauna der Schichten mil Aspidoceras Acanthicum, Wien, 1875, p.…

RELATIONS DES FORMES FOSSILES AVEC LES ESPÈCES ACTUELLES. 16ù

les espèces se confondent à leurs points de contact, mais ce désavantage n'est qu'apparent, car lorsqu'il existe des transitions dans la nature, lj systématique est bien obligée d'en tenir compte. » M. Würtemberger a essayé de prouver que . les modifications des Ammonites apparaissent d'abord dans la dernière chambre et s'étendent ensuite graduellement aux autres chambres, de telle sorte que la “coquille débute pour ainsi dire, par une forme ancienne, qui se modifie d’une . manière parallèle aux variations que l’on rencôhtre dans la suite des temps. Les Bélemnites, de même que les Ammonites, ont permis, grâce au nombre de formes de transition qu'elles présentent, d'établir une longue série d'espèces qui sont peu distinctes les unes des autres.

Parmi les Brachiopodes, qui étaient jadis infiniment plus variés qu'ils ne le sont.aujourd’'hui, le genre Terebratula principalement comprenait des espèces, qui avaient une extension considérable. La T. biplicata s'étend depuis le terrain jurassique jusque dans le terrain tertiaire. M. Kaiser a établi récemment dans les Brachiopodes de Devon des séries de formes passant de l’une. à l'autre. Parmi les VLamellibranches, on peut suivre quelques espèces de Pecten, depuis le trias jusque dans le jurassique. Quelques espèces de Gastéropodes, dans le genre Purritella par exemple, sont si voisines, qu'il n’est pas possible de les séparer avec quelque certitude. Les genres Turbo et Trochus passent de l'un à l’autre par une série d'espèces intermédiaires. La Valvata multiformis, qui se rencontre en “quantités si considérables dans les dépôts d'eau douce de Steinheim, présente . des variations si grandes dans la forme de sa coquille, tantôt déprimée, presque … plate, tantôt ayant la forme d'uüné toupie, que l’on distinguerait plusieurs espèces, si l'on ne connaissait tous les intermédiaires. IL est. vraisemblable aussi que toutes les variétés ne sont pas réunies toutes ensemble, mais sont réparties dans les différentes zones d'un même dépôt; ear les formes aplaties (planorbiformis) commencent dans les couches les plus anciennes, et passent graduellement, dans les couches supérieures, à. la forme en toupie (trochiformis). Un exemple plus frappant de la transformation progressive qu'une espèce peut subir par ces innombrables variations si minimes, dans le cours des siècles, nous est offert par les Paludines du terrain tertiaire de l’Esclavonie. Elles se modifient dans la série des couches au point d'acquérir des carènes, des côtes très saillantes, et finalement toutes les particularités que l'on considère comme suffisantes pour caractériser le genre Tulotoma (Neumayr).

- Vi Ye due M ca f:

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