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RELATIONS ENTRE LES FORMES FOSSILES ET LES ESPÈCES ACTUELLES

fères, éteints aujourd'hui, dont on a retrouvé les restes dans les formations tertiaires. On rencontre dans les phosphorites du Quercy des crânes de Lémuriens

Fig. 170, — Mylodon ustus (d’après Pareil,

{Adayns) dont la dentition établit le passage entre celle des Lémuriens et des Ongulés anciens (Pachylémuriens), de sorte qu'on s’est demandé si les Lémuriens n'avaient pas une origine commune avec certains Ongulés éocènes (Pachydermes)‘. Dans les mêmes localités on rencontre les os bien conservés de Car- . mivores remarquables, les Hyænodontes, que pendant longtemps on plaçait avec doute parmi les Marsupiaux, jusqu’à ce que Filhol eût déterminé leur place très vraisemblable parmi les Carnivores placentaires, en montrant que toutes leurs dents de lait étaient remplacées par des dents permanentes, lors de la seconde dentition. Les grandes ressemblances des molaires de ces Hycænodontes avec celles des Marsupiaux carnivores, ainsi que les petites dimensions de la cavité crânienne, qui dénotent un cerveau relativement peu développé, semblent démontrer, ce qu’on soupçonnait en s'appuyant sur des raisons d’un autre ordre, que les Mammifères placentaires. sont dérivés, pendant la période mésozoïque, des Marsupiaux.

Dans les couches éocènes les plus anciennes on trouve déjà, dans les deux hémisphères, les Mammifères placentaires supérieurs avec tous les traits de leur organisation élevée et leurs caractères différentiels bien marqués (4rtodactyles, Périssodactyles), cependant il n’y a aucune raison de considérer l'immense période qui remonte jusqu'aux marnes irisées, dans lesquelles ont été Jusqu'ici trouvés les restes les plus anciens des Mammifères (dents et os de Marsupiaux Iasectivores), comme l’époque‘ pendant laquelle l'organisme de ces animaux est arrivé à ce haut degré de perfectionnement (Jura, Angleterre).

Ailleurs encore, la paléontolqgie nous fait. connaître des formes de transition entre catégories élevées, entre des ordres et des classes. Les restes d'Insectes les

4 Voyez H. Filhol, Recherches sur les phosphorites du Quercy, Étude des fossiles qu ‘on y rencontre et spécialement des Mammifères, Ann. des sciences géol., vol. NII, 1876.

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plus anciens du terrain carbonifère réunissent des caractères spéciaux aux Névroptères et aux Orthoptères. Les Trilobites également très anciens, trèsrépandus surtout dans le silurien et qui plus tard ont disparu, paraissent avoir eu de grandes affinités avec les gigantesques Mérostomes (Pterygotus) et les Xiphosures, dont un genre, le genre Limulus, vit encore, tandis que des Mérostomes a dû dériver le groupe des Scorpionides. Les Labyrinthodontes, les plus anciens Batraciens, qui apparaissent déjà dans le carbonifère, manifestent de nombreux caractères des Poissons (pièces osseuses sur le thorax, etc.) et ont un squelette cartilagineux. Beaucoup de genres de Sauriens fossiles constituent des ordres et des” sous-ordres (Halosauriens, Dinosauriens, Ptérodactyliens, Thécodontes, fig. 171), " dont aucun représentant n'est arrivé jusqu’à l'époque actuelle; d'autres genres nous fournissent . des formes de transition avec nos ordres actuels, comme cela a êté encore dernièrement démontré pour des Lézards à forme de Python, voisins du genre Mosasaurus, des couches crétacées de.

l'Amérique, qui, par’ la conformation du crâne et des mâchoires, forment le passage aux Serpents.

D'après les recherches d'Owen sur les Reptiles fossiles du Cap.

autrefois vivaient dans ces € trées des Reptiles (Thériodontes) qui, par la conformation des pie et le système dentaire, se rapprochaient d'une façon frappante des Mammifères carnivores. Leurs dents, bien qu’à une seule racine se divisent en incisives, canines, molaires, et conduisent à-penset | 2 PR que la dentition des Marsupiäw Fig. 171. — Pterodactylus crassirostris (d'après Goldfuss). les plus anciens que l'on connaisse ‘ jusqu'ici (marnes irisées), dérive de la dentition de Reptiles semblables aux Thériodontes. Même pour la classe si nettement délimitée et si uniforme dans structure des Oiseaux, il y a une vingtaine d'années que l’on a découvert da les schistes de Solenhofen une forme, qui établit la transition aux Reptiles présentée, il est vrai, par un seul échantillon incomplet (Archæopteryæ lithogt phica, fig. 172), dont les organes du vol présentaient des modifications assez con dérables, consistant essentiellement en ce que la queue courte des Qis terminée par un os vertical et aplati, est remplacée par une longue que Reptile, formée de vingt vertèbres supportant deux rangées de pennes rectr et qui se rapproche par:la composition de la colonne vertébrale aussi bien par la structure du bassin d’un Ptérodactyle. Ce fossile remarquable des

RELATIONS ENTRE LES FORMES FOSSILES ET LES ESPÈCES ACTUELLES. 175 ches supérieures du terrain jurassique, dont le singulier mélange de caractères … pouvait faire douter si l'on avait affaire à un Reptile recouvert de plumes, comme

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