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L'ÉVOLUTION NE PROCÈDE PAS PAR BONDS

Bien que nous ne méconnaissions pas les grosses difficultés contre lesquelles la doctrine de la sélection a à lutter, nous devons cependant nous considérer comme d’autant mieux autorisés à reconnaître, dans le mode lent et progressif de transformation qu’elle suppose, la seule explication rationnelle de la variati L des espèces, qu’on n’a pu lui opposer jusqu'ici aucun fait. Nous avouerons v lontiers que la sélection naturelle seule ne suffit pas pour rendre: pleineme compte de la grande série de changements que le monde organisé a éprouv depuis les obscurs commencements des organismes similaires et inférieurs qu’à l’infinie diversité des types d'organisation les plus élevés. Dans tous le: elle agit comme facteur essentiel, en s'appuyant sur des phénomènes ni ure dont nous pouvons suivre, sur une petite échelle et dans un temps limité, tion. La théorie, qui est basée sur elle, n'est pas autre chose que l'applic de la grande loi que l'ensemble d'actions infiniment petites, maïs agissant per dant des périodes de temps immenses, produit un efret total puissant. Elle emploi en quelque sorte le calcul différentiel. en biologie, et compte avec des varia infiniment petites, qui, se répétant d'une manière continue, arrivent, en se. binant avec d’autres facteurs, à produire un résultat définitif considérable est possible aussi, et même probable, que de nouvelles espèces peuvent déri des anciennes, principalement parmi les organismes inférieurs, d'une ma plus directe et plus rapide, par une autre voie. Dans quelques cas, des fo intermédiaires peuvent avoir été produites par hybridation. Il a pu aussi s lopper des espèces par un procédé parallèle à celui que nous ont révélé. ment les phénomènes d’hétérogonie. Par contre, on ne peut pas invoquer arguments offrant quelque probabilité pour admettre des transformations « raissant subitement, comme le croit M. Külliker, en se fondant sur la | ration alternante’, Natura non facit saltum. I nous est d'autant moins fac

1 Külliker, Ueber die Darwins'che Schôpfungstheorie, Leipzig, 1864. — Il est cértai

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