‹ Traité de zoologieChapitre 99 sur 434 · NOCTILUQUES · texte numérisé non relu

NOCTILUQUES

un aspect strié en travers (fig. 188). Les aliments, qui consistent en Diatomées, parviennent par l'ouverture buccale dans l'intérieur de la masse sarcodaire et aussi dans les expansions périphériques. L’estomac et l'anus, décrits par Huxley, semblent faire défaut, les restes devenus inutiles de la nutrition étant. expulsés par la bouche. Il existe aussi dans l'épaisseur de l'enveloppe une sorte de bâtonnet triangulaire, dont une des extrémités, épaissie, détermine deux petites saillies de la membrane, et dont la signification est inconnue. On a observé plusieurs fois la régénération de la membrane, après expulsion de la masse sarcodaire tout entière.

Une petite portion du protoplasma d'une Noc- . tiluque mutilée peut même, dans certains cas, Fig, 168. Reamiens se compléter et former un nouvel animal. La reproduction se fait par division (Brightwell), principalement en hiver et au

printemps, et, à ce qu'il semble, avec participation du noyau (fig. 189). Un deuxième mode de génération a lieu au moyen de germes internes (z0ospores) (fig. 190). En contractant l’appendice mobile ou en s'en détachant, la Noctiluque

. Se transformé en une sphère lisse, dans laquelle le bâton- . met a disparu. À cet état, les Noctiluques produisent, suiwant M. Cienkowski, des zoospo- res. Après la disparition du noyau, le contenu sarcodaire se partage en ? ou 4 masses mal délimitées, auxquelles correspond un nom- bre égal de lobes de la membrane enveloppante. Sur ces lobes se dé- veloppe une série de petites saillies, qui sont l'ébauche des zoospores;. ils se détachent de plus en plus de la membrane, tandis que

le corps de la Noctiluque affecte

la forme d'un disque. Ces petits marmelons sont donc produits par

; Fig. 189. — Deux individus se Fig. 190. — Deux 200- le contenu protoplasmique du dis- © conjuguant. spores. — Ces trois figu-

Si que, qui diminue de plus en plus, res d’après Cienkowski. à mesure que la production des zoospores avance. Ils se séparent enfin entiène rement de la vésicule et se mettent à nager à l’état de zoospores pourvus de nu- . cléus, d'appendices cylindriques, et se transforment probablement plus tard, -après avoir subi une série de modifications encore inconnues, en véritables Nocliluques. La conjugaison aurait aussi lieu, suivant M. Cienkowski, chez les formes normales et chez les formes enkystées. Les deux individus se placent toujours de manière que les points, où est silué le noyau chez l'un et chez l'autre, soient le plus rapprochés possible et se fusionnent après résorption de la paroi

192 Luis ea | PROTOZOAIRES.

qui les sépare et réunion de la masse protoplasmique avec les noyaux en un cor) unique. Il est plus que probable que la formation des zoospores est favorisée p la copulation jointe à l'abondance des aliments. On reconnaît aussi dans. phénomères, de même que dans la copulation des zoospores de Diatomées ee: Volvocines, des analogies avec la reproduction sexuelle. re Les Noctiluques doivent leur nom à leur phosphorescence, propriété qu’ ‘ils pa tagent avec de nombreux autrés animaux marins, tels que les Méduses, les Pyr somes, etc., et qui réside dans la couche périphérique du protoplasma. Dans certaines conditions favorables, ils montent à la surface en si grand nombre, que 1 mer prend sur de vastes étendués un aspect gélatineux et rougeâtre, et après le coucher du soleil, surtout lorsque le ciel est voilé, présente le splendide phé mène de la phosphorence. L'espèce la plus répandue dans l'océan ARE dans la mer du Nord est la Noctiluca miliaris. 4 Une forme voisine des Noctiluca, mais constituant un groupe spécial de Flag lates, est le Leptodiscus medusoides, qui a été découverte à Messine et décri avec soin par R. Hertwig!. Le corps a la forme d'un disque mesurant environ 1 millimètre de diamètre, recourbé comme un verre de montre, à l'état de repi | et se mouvant comme une Méduse. La substance fondamentale hyaline, dans. laquelle on trouve un réseau de protoplasma avec un noyau, est! entourée d’une membrane, interrompue en deux points, à la base du flagellum tau niveau de la dépression au fond de laquelle est la bouche. Le noyau, un excentrique, est ovale et constitué de deux parties, l’une plus grosse, fineme granulée, l’autre plus petite, homogène. Ces deux régions, bien qu'aucune NT mA n'existe entre elles, sont nettement distinctes, comme dans Infusoires appartenant au genre Spirochona. La bouche (cytostome): est « dépression en forme de sac, excentrique, située sur la face convexe, et réuni au fond à un cordon de fibres plasmiques homogènes. 11 est probable qu véritable bouche est située au fond de cette dépression. Le flagellum est couché sur la face dorsale, mais fait partie de la face opposée; il est constammen

mouvement, mais, de même que les cils des Noctiluca, ne sert ss fort pe faire progresser le corps. re 5. — Sous le nom de GATALLACTES? on réunit ces petites sphères clics qu Hæckel a découvertes dans la mer, qui sont formées d’un grand nombre” cellules ciliées, piriformes, dont l'extrémité atténuée est dirigée vers le cen de la sphère. Quand la sphère se désagrège, les cellules, semblables à des In soires, nagent de côté et d'autre, tombent au fond après avoir contracté eils, et rampent à la manière des Amibes. Elles s’enkystent plus tard, se parts gent par une bipartition continue en un agrégat de cellules qui, à leur t se revêtent de cils, rompent la capsule et reproduisent de nousener sp ciliées. Magosphæra planula E. Hæck, côtes de Norvège. 6. — Les LABYRINTHULÉES” ont été découvertes par Cienkowski sur des pi

À Richard SR Ueber Leptodiscus medusoides. Jenaischer naturw. Zeitschr, t. x,

2? E. Hæckel, Studien über Moneren und andere Protisten, Leipzig, 1870.

5 Voy. L. Cienkowski, Ueber den Bau und die RE der Labyrinthuleen. Ar mikrosk. Anât.; vol. III, 1867, a à

GRÉGARINES. 195 plongés dans la mer, dans le port d’Odessa. Ce sont des amas de cellules nucléées, qui se reproduisent par division et possèdent un certain degré de contractilité. Ce qu'elles ont de remarquable, c’est qu'elles sécrètent une substance fibrillaire qui se durcit et forme des réseaux de filarent$ anastomosés. C'est dans le tissu

. même des mailles de ce réseau qu'elles glissent en pivotant; elles se réunissent

$ de nouveau en masse et s'enkystent, chaque cellule s'entourant d'une membrane résistante, tandis que toutes ensemble sont enveloppées d’une substance corticale, De ces kystes sortent, après un temps plus ou moins long, quatre cellules qui se transforment probablement en jeunes Labyrinthulées. Par leur développement elles semblent se rapprocher de certaines Palmellées (Anthophysa). Labyrinthula vitellina, L. macrocystis, Cnk.

#. — Les GRÉGARINES! sont des organismes cellulaires pourvus d'un noyau et d'une membrane, qui vivent en parasites dans le tube digestif et dans les organes internes d'animaux inférieurs. Le corps des Grégarines, que l'on a longtemps pris pour des Vers intestinaux en voie de développement, est en général

vermiforme, mais d'une organisation très sinrple (fig. 191). Une membrane dé- licate, qui ne présente d'ouverture d'aucune sorte, en- toure une masse granuleuse, visqueuse et faiblement contractile, dans laquelle est enfoui un corps transparent, rond ou ovale, le noyau. Cependant membrane … et noyau peuvent manquer, ce qui est le cas pour les formes qui produisent des Psorospermies. La ressem- … blance incontestable de beaucoup de Grégarines avec Y une cellule simple se trouve altérée par des différenciations ultérieures. En effet, l'extrémité antérieure du corps, dans laquelle se trouve le noyau, s'isole au moyen . d'une cloison transversale, et prend l'aspect d'une tête, … d'autant plus qu'il s'y développe des crochets ou dif- Fig. 191. — a, Slylorhynchus férents appendices du même genre. La bouche, le tube en Fe en digestif et l'anus font défaut; la nutrition à lieu par Je conjugaison (d'après endosmose à travers la paroi du corps; le mouvement se borne à une sorte de glissement lent dû à de faibles contractions du corps. Lieberkühn avait déjà observé sous la cuticule de plusieurs Grégarines une

1 Voy: À. Franizius, Observationes quædam de Gregarinis, Wratislav, 1846. — F. Stein, Ueber die Natur der Greçarinen, Müller’s Archiv, 1848. — Kôlliker, Ueber die Gattung Gregarina, Zenschrift für wissenschaftliche Zoologie, 1848. — A. Schmidt, Abhandl. d. Senkenb Ges., vol. I, 1854, — N. Lieberkühn, £volution des Grégarines, Mém. cour. de l'Acad. de. Belg., 4855. — Id., Beitrag zur Kenntniss der Gregarinen, Archiv für Anat. und Physiol., 1865. — Th, Eimer, Ueber die ei-oder kugelf[ürmigen Psorospermien der Wirbelthiere, Würtzburg, 1870. — Ed. van Beneden, ftecherches sur l'évolution des Grégarines, Bulletin de

l'Atad. roy. de Belgique, 2° série, XXXI, 1871. — R. Lankester, Remarks on the structure 0/ the Gregarinæ, ete., Quarterl. Journ:microsc. Soc., 1872. — L. Dufour, Ann. sc. nat., 1°° sér., Nol. VII, p. 43, 1826. — Id., ibid., vol. XII, p. 566, 1828. — Id., Recherches anatomiques “sur les Hémiptères, 1853. — Id., Ann. sc. nat., 2 sér., vol. VII, p. 10, 1837. — Klebs, Virchow's. archiv, vol. XVI, p. 188. — Aimé Schneider, Contribution à l'étude des Grégarines. Archives de Zool. expér., t. IV, 1876. — Id. Sur les Psorospermies oviformes ou Coccidies Ibid. t. IX, 1881. — Id., Sur quelques points de l'histoire du genre Gregarina. Ibid., t. I, 1895. — Bütschli, K/eine Beitrag zur Kenntniss der Gregarinen. lLeitschr. für wiss. Zool, t. XXXY, 4881.Voy. aussi : Leuckart, Die Parasilen des Menschen, 2° édit., t L., Leipzig, 1881.

x ie éme en 5

couche striée, comparable à une couche musculaire, et récemment E. van neden a démontré la présence d'une lame de fibres musculaires transparen dans les Grégarines géantes du Homard. Enfin Aï Schneider distingue entre la cuticule et la cout musculaire une couche intermédiaire, amorphe Dans le jeune âge les Grégarines vivent toujours iso lées ; à l'état adulte on les trouve fréquemment nies deux ou plusieurs ensemble. Ce phénon : précède la reproduction, et représente une sort g: 192. — a et b, Grégarines conjugaison (fig. 192). Les deux individus, acco “Fonttant (eapres Reine l'un à l’autre suivant leur grand axe, se contract s’entourent d'une 7 commune, et après une division analogue à la se mentation se partagent en une masse de petites vési cules qui se transforment en petits corps fusifo (Pseudonavicelles). Le kyste qui s'est formé auto des deux individus conjugués, rarement autour d'u seul, devient un kyste de pseudonavicelles, qui : déchire par place et laisse sortir les. corps fusifori (fig. 193). Il arrive aussi parfois que. chacun 6 Fig. 193. — a, formation des pseu- deux individus conjugués acquiert une chambre p se PR #4 ticulière, avant la sporulation, de sorte que ce k: parait divisé en deux loges (pseudo-conjugaison: vant A. Schneider, voici comment se forment les pseudo-navicelles chez le S rhynchus oblongatus : les spores geonnent à la surface de Ja masse qui segmente et se transforme d'abord en f tits bâtonnets mobiles; puis chacun ceux-ci devient immobile, reprend la me sphérique et s’entoure d'une membr résistante. Quand les spores se sont mées, le reste de la masse centrale acquie une enveloppe particulière (pseudoky puis en s'accroissant elle détermine rupture du kyste et facilite ainsi la Fig. 194. — Un kyste mûr de Gregarina (Clepsi- persion des spores: Chez les Greg a ee np (Clepidrne) et Les Gamdeyatso il kyste fortement rétractée et épaissie. Les pseu- ME des sporoductes ou conduits spé dial son ss en gants re Re par lesquels s'échappent les spores au centre; s, s, Canaux plasmiques qui servent 194). Parfois les spores semblent ie moutons vs le so plusieurs formes: on peut ainsi 1 brane du contenu du kyste; spd, sporoducte. tinguer en macrospores et micr Chaque Pseudonavicelle produit un corps amiboïde, comme l'ont mo observations de Lieberkühn sur les Psorospermies du Brochet, mais ce mène, d'après Schneider, ne se présente pas chez toutes les Grégarines. | amiboïde ne se transforme pas cependant directement en une petite Gr mais produit, suivant E. van Beneden, deux Grégarines. Il perd sa mobilité

GRÉGARINES. 195

deux prolongements inégaux, qui se séparent, deviennent de jeunes Grégarines filiformes (Pseudofilaires) et produisent plus tard un noyau. Dans les cas (Monoeystis, Gonospora, etc.), où les spores produisent des corpuscules falciformes avec des noyaux, la phase amiboïde ne se présenterait pas.

Les petits organismes connus depuis longtemps sous le nom de Psorospermies, et que l'on rencontre dans le foie du Lapin, dans les cellules épithéliales de l'intestin, dans les branchies des Poissons, dans les muscles de beaucoup de Mammifères, etc., présentent une grande ressemblance avec les kystes de Pseudonavicelles, sans que l'on sache au juste quelle est leur nature. Il en est de même des corpuseules des muscles du Cochon, décrits par Mischer ou Rainey (fig. 195), et aussi de ces vésicules parasites des Cloportes et des Écrevisses, désignées sous le nom de Amœæbidium parasiticum, que Cienkowski rapporte aux Champignons.

On doit aussi considérer comme des Gréga- rines les Coccidies, que l’on rencontre dans les cellules de l’épithélium intestinal et de l'épithélium des conduits biliaires chez les RS Mammifères (fig. 196). Elles se transforment Pt dos de du Pc rs din en Psorospermies ovalaires ; en effet, elles s’en- Re du même tourent d'une enveloppe et donnent naissance fortement grossie. C, couche cuticulaire ; aux dépens de leur masse granuleuse à des 2 mas de spores. spores. Dans le Coccidium oviforme du foie du Lapin et de’ l'Homme, il ne se produit jamais que quatre spores, qui se transforment en bâtonnets falciformes. Les principaux genres des Grégarines sont : Séylorhynchus Stein. Corps à septum plan. Extrémité antérieure prolongée en rostre, fixé à l’état jeune.

La rupture des kystes de pseudonavicelles est déterminée par l’accroissement du pseudokyste. Spores réunies / \ one endongs chapelets. Vivent: dans le tube; Un ge 0 fou Fenés Leur €, de digestif des Hétéromères. St. longicollis verses phases de la formation des spores, que l'on Stein, dans les Blaps. Gregarina L: n'observe qu'en dehors de l'hôte. Duf. (Clepsidrina Hammerseh.). Corps à septum plan. Extrémité antérieure termiüée par un bouton arrondi. Individus fixés à l’état jeune. Gr. Blattarum v. Sieb. Gr. polymorpha Hammersch., dans la larve du Tenebrio molitor. Porospora Schn. Corps très allongé, muni d'un septum. Individus solitaires. P. gigantea Ed. v. Blen., dans l'intestin du Homard. | … Actinocephalus St. Corps avec un septum. En avant un long appendice en

forme de trompe, élargie à son extrémité et garnie d'une couronne de croch A. stelliformis Schn. dans les Carabes. Pour les genres nouvellement étal Echinocephalus, Pileocephalus, Dufouria, Urospora, Gonospora, etc., ur ‘4 Schneider. Hi

les Infusoires.

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