COMPOSITION CHIMIQUE DE LA CELLULE
La pyrénine et la linine ou parachromaùine semblent être des combinaisons d'albumine avec de la plasline, substance analogue à la nucléine, mais beaucoup moins riche en phosphore (').
(*) Toutes ces notions semblent bien décousues, et elles le sont, en effet, si on s'en lient à ces données expérimentales. Mais elles deviennent beaucoup plus claires et mieux liées entre elles, si on les envisage à la lumière d'une théorie, qui n'est peutêtre pas à l'abri de toute objeclion, mais qu'il est bon d'accepter, au moins provisoirement, en raison des commodités qu'elle procure. Voici cette théorie, telle qu'elle s'est dégagée peu à peu des nombreux travaux récents, en particulier de ceux de
KOSSEL [81, 82], de ZaCHAHIAS [83], d'ALTMANN [89], de LlLIENFELD [92, 93], etc.
Les substances constituant la partie fondamentale du cytoplasma ou des organes du noyau seraient toutes des combinaisons, en proporlions variées, d'une seule substance phosphorée, l'acide nucléique, avec des substances protéiques non phosphorées. L'acide nucléique est un corps chimique défini que l'on a préparé et isolé. 11 est riche en phosphore et correspond à la formule brute C29 H49 Az Ph3 O22, ce qui lui donne environ 14% de cette substance. Il constitue, à l'état presque pur, la tête des spermatozoïdes, formée comme on sait des parties essentielles du noyau et du cytoplasma. Uni aux matières protéiques, il forme des nucléines dont il existe des espèces nombreuses et qui, prises au sens large, peuvent comprendre toutes les substances protéiques phosphorées de la cellule. Plus elles sont acides et riches en phosphore, et plus aussi leur rôle semble important. La chromatine est une nucléine ordinaire, très riche en acide nucléique et, par conséquent, en phosphore, et franchement acide; la plastine l'est sensiblement moins; la linine et la pyrénine le sont moins encore, puisqu'elles sont formées par l'union de la plastine avec une nouvelle matière albumineuse, non phosphorée. Enfin, dans les nucléo- albumines du cytoplasma, la proportion d'acide nucléique devient très faible ; la teneur en phosphore tombe à 1/2 ou 1 °/0, et la substance devient encore moins acide.
Quant aux autres substances, phosphorées ou non, que l'on rencontre dans le cytoplasma ou dans le noyau [lécithine, cholestérine, sels minéraux), elles sont, en quelque sorte, additionnelles et ne doivent pas être considérées comme faisant partie intégrante de la molécule albumineuse. C'est par ces substances additionnelles que le cytoplasma peut être rendu, dans certaines cellules, beaucoup plus riche en phosphore total que le noyau, bien que sa matière albumineuse constituante le soit beaucoup moins. Si l'on ne tient compte que de cette dernière, les éléments de la cellule se classent ainsi, par ordre décroissant d'acidité et de richesse en phosphore : 1° la chromatine; 2<> le nucléole et les substances achromatiques du noyau; 3° les portions figurées du cytoplasma. Toutes ces substances sont acides; le suc nucléaire et le hyaloplasma du cytoplasme sont basiques. Pris en masse, le noyau est acide parce qu'il contient une quantité dominante de substances acides et le corps cellulaire est basique parce que la substance dominante en lui, non pour l'importance mais par sa masse, est la globuline basique du hyaloplasma.
Cette acidité différente et l'affinité différente pour les couleurs basiques ou acides qui en est la conséquence sont la principale cause de l'électivité des diverses couleurs par les diverses parties de la cellule. Mais à cette cause s'en joignent d'autres qui nous sont encore absolument inconnues, et c'est pour cela que l'hislochimie des couleurs n'est encore qu'une technique, un recueil de formules empiriques et non une science. Cette science, si elle était connue, serait d'un intérêt extrême pour la biologie, car elle nous permettrait d'avancer dans la connaissance de la constitution du proloplasma.
LA CKLLULE