‹ Traité de zoologie concrète (volume 2)Chapitre 20 sur 104 · III. - PHYSIOLOGIE DE LA CELLULE · texte numérisé non relu

III. - PHYSIOLOGIE DE LA CELLULE

Notre cellule travaille, elle se nourrit, elle se divise. Sa vie se résume dans ces trois fonctions essentielles dont les autres ne sont que des cas particuliers.

1° Elle travaille, c'est-à-dire qu'elle fabrique continuellement des substances nouvelles, au dépens de celles qui la constituent à l'état de repos. Ces substances sont toujours, sinon individuellement, du moins dans leur ensemble, plus oxydées que celles dont elles dérivent. Aussi, pour les former, la cellule doit-elle consommer de l'oxygène qui lui est fourni par la respiration; et, bien que les choses se passent en réalité tout autrement, le résultat final est le même que si les produits provenaient d'une oxydation directe du protoplasma. Ces réactions chimiques développent de la chaleur et, par conséquent, mettent en liberté une certaine quantité de force vive qui se dépense sous la forme de travail physique, c'est-à-dire de mouvement: delà, la motilitê.

2° Mais notre cellule n'est'pas un simple appareil physique que les forces ne fassent que traverser et qui doive, à chaque instant, rendre à un bout toute l'énergie qu'il a reçue par l'autre; elle est vivante et emmagasine les énergies qui lui sont fournies, pour les dépenser irrégulièrement et selon qu'elle est sollicitée à le faire par les diverses excitations, d'où Y excitabilité .

3° En fournissant les produits de son industrie, la cellule a, soit dépensé in toto, soit modifié dans sa composition une partie de son protoplasma; elle s'est usée : c'est la désassimilation. Elle doit donc emprunter aux liquides alimentaires qui la baignent de quoi refaire sa substance, de quoi se reconstituer dans son état initial. Mais ces aliments ne sont pas formés de substances semblables à celles qu'elles doivent remplacer; il leur faut subir une transformation qui les rende semblables à celles-ci. C'est ce qu'exprime admirablement le mot assimilation. Unie à la fonction précédente elle constitue la nutrition.

4° On pourrait concevoir un organisme qui accomplirait indéfiniment la série de phénomènes que nous venons d'énumérer, car ils constituent un cycle fermé, à la seule condition que l'assimilation soit juste égale à la désassimilation. En fait, cela n'a jamais lieu. Toujours la première l'emporte et il en résulte un accroissement. Enfin, comme la cellule a cette propriété générale et absolue de tous les organismes vivants d'avoir une limite de taille, elle doit, après s'être accrue au delà d'un certain degré, se réduire par division : c'est ainsi qu'elle se multiplie, se reproduit. Et, après s'être réduite par division, elle doit reprendre sa taille primitive, en sorte que la reproduction entraîne l'accroissement, comme l'accroissement entraîne la division.

Voilà comment toutes les propriétés et fonctions secondaires de la

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cellule se résument dans son cycle évolutif, aux trois principales que nous avons données comme essentielles :

1° Travail, comprenant: (a) fabrication de substances dont certaines sont oxydées et entraînent la respiration; (b) production des mouvements provoqués par Y excitabilité et entraînant la désassimilation;

2° Assimilation réparant les pertes produites par le travail et dépassant le but, de manière à produire Y accroissement;

3° Division, à la fois cause et effet de l'accroissement et constituant la reproduction de la cellule.

Nous allons les étudier successivement.

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