‹ Traité de zoologie concrète (volume 2)Chapitre 24 sur 104 · PHYSIOLOGIE DE LA CELLULE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE DE LA CELLULE

substances différentes. La cellule nerveuse n'en tirera pas les mômes éléments que la cellule glandulaire, ni la cellule glandulaire les mêmes que la cellule musculaire. De plus, chaque cellule doit en tirer des substances différentes : de la nucléine, de la linine, de l'amphipyrénine pour son noyau, des globulines et des nucléo-albumines pour son cytoplasma,etc; etnon pas une nucléine, une globuline, une nucléo-albumine quelconques, mais celles qui entrent dans sa constitution spéciale et qui sont différentes des substances homonymes des cellules des autres tissus.

On conçoit combien ce travail est difficile dans sa délicate précision. On arrive cependant à se rendre compte qu'il soit possible en considérant les choses de la manière suivante.

Deux ordres de phénomènes bien distincts collaborent au résultat final : des phénomènes osmotiques et des phénomènes chimiques. Les phénomènes osmotiques opèrent un triage de substances; ils ont pour instruments les membranes. Quand il existe une vraie membrane cellulaire, celle-ci joue son rôle mais, à son défaut, la membrane protoplasmique est là, qui n'admet dans le cytoplasma que les substances qui doivent y entrer. De même la membrane nucléaire n'admet dans le noyau que certaines des substances qui ont pénétré dans le cytoplasma. #Le phénomène semblerait s'arrêter là. Mais s'il est vrai, comme le pensent quelques histologistes, en particulier de Vries, qu'il n'est pas une fibrille, un microsome, un g-lobule cytoplasmique ou nucléinien, qui ait, sinon une membrane propre, du moins une couche superficielle plus ou moins différenciée en membrane, il est possible alors que ce triage osmotique de substances aille beaucoup plus loin et apporte son concours à la nutrition des moindres particules intracellulaires.

Les phénomènes chimiques jouent un rôle non moins important. Toute substance nouvelle ayant franchi la barrière d'une membrane trouve, derrière celle-ci, des substances préexistantes avec lesquelles elle se combine, par réaction réciproque, étant modifiée par elles et les modifiant. Ainsi les substances qui entrent, les ingesta, sont modifiées successivement, à chaque membrane qu'elles traversent, par un triage osmotique et, entre deux membranes successives, par des réactions chimiques; les substances qui sortent, les egesla, font de même. La cellule est donc sans cesse traversée par deux courants inverses, l'un d'entrée, l'autre de sortie, se croisant dans tous ses points, et la composition chimique de chaque particule dépend des réactions qui se passent à son niveau sous l'influence de ce double courant.

Il est extrêmement probable que les ingesta se rapprochent de plus en plus de la nature des substances qu'ils doivent remplacer. Isolé dans le liquide où vit la cellule, un noyau ne saurait vivre et se nourrir. Le cytoplasma est son milieu nutritif obligé : cela prouve que le cytoplasma fait subir aux substances dont se nourrit le noyau, une préparation qui rend ces substances plus semblables à celles qui constituent

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le noyau. De môme, une cellule privée de noyau ne peut s'accroître et vivre clans le milieu nutritif, non parce qu'il lui manque une direction supérieure comme on le dit, mais parce que les substances cytoplasmiques ne subissent plus l'élaboration que produisaient en elles les substances déversées par le noyau dans le cyloplasma. De tout cela résulte :

1° Que l'assimilation se fait par approximations successives, la particule nutritive se rapprochant progressivement de la nature de la particule qu'elle doit remplacer, à chaque triage osmotique et à chaque réaction chimique qu'elle subit depuis son entrée dans la cellule jusqu'à , son arrivée au but. L'assimilation ne pouvait être mieux nommée, elle est une ad-similation progressive;

2° Que le noyau n'est pas le supérieur hiérarchique du cytoplasma, et que la vie de la cellule résulte d'un consensus fonctionnel entre ces deux organes. Elle est la résultante des forces physiques et des réactions chimiques dont les composantes résident dans le cytoplasma aussi bien que dans le noyau.

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