PRÉFACE XVII
illustrer l'anatomie des animaux et nous prions le lecteur d'attendre les volumes suivants avant de porter un jugement définitif à cet égard. L'un de nous (Yves Delage) s'est chargé plus spécialement du texte et l'autre (E. Hérouard) des dessins; mais nous n'en acceptons pas moins l'un et l'autre la responsabilité de l'ensemble, car c'est d'un mutuel accord que nous avons pris une détermination, quand, au cours de l'élaboration du travail, un point présentait quelque difficulté spéciale.
Cela nous amène à un aveu par lequel nous voulons terminer cette préface.
Nous avons dit les avantages de notre plan sans affectation de fausse modestie, avec cette franchise presque brutale qui est dans notre tempérament. Nous dirons donc non moins franchement que l'ouvrage doit contenir des erreurs. Dans le texte comme dans les figures, il en contient inévitablement.
Mais pouvions-nous les éviter?
Il est relativement facile de ne point engager sa responsabilité lorsque l'on se contente de résumer en un chapitre d'Anatomie comparée ce qu'ont dit les auteurs qui ont étudié les animaux dont il traite. Si ces auteurs n'ont étudié l'appareil digestif que dans tel type, le système circulatoire que dans un second, les organes génitaux que dans un troisième, on se contente de dire que l'appareil digestif est ainsi fait chez cet animal, le système circulatoire ainsi disposé dans cet autre, les organes génitaux ainsi conformés dans ce troisième, et le lecteur s'arrange comme il peut de ces notions décousues. Autrement difficile était notre tâche à nous qui nous sommes imposé de constituer dans chaque description un type complet. En réunissant ainsi en un même être ce qui n'a été souvent vu que séparément chez plusieurs, parfois assez éloignés les uns des autres, nous nous exposons à établir des connexions plus ou moins inexactes, à réunir des dispositions exclusives l'une de l'autre, etc., etc. Il faudrait avoir approfondi tous les groupes par des études personnelles pour éviter sûrement cet écueil.
Aussi liendrons-nous compte dans les éditions futures des ayis% qui nous seront donnés et même des reproches qui nous seront faits.
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Mais il faut bien remarquer que, dans nos types morphologiques, pour avoir l'occasion de décrire à leur sujel le plus grand nombre possible des dispositions anatomiques qui se rencontrent dans le groupe qu'ils résument, nous avons souvent réuni à dessein des caractères qui s'excluent. Par exemple, nous donnerons à un Lamellibranche enfermé un pied bien musclé, voire même un byssus si cela nous convient; nous donnerons au type morphologique des Infusoires les cirres ventraux d'un Hypolrichide avec La musculature d'un Hétérotrichide, etc., etc. Ce ne sont pas là des fautes mais des avantages au contraire. Cela permet de constituer un type non réel, mais possible el plucomplet que les types réels ; et, en continuant sa lecture l'étudianl verra bientôt que les Lamellibranches enfermés ont, en général, le pied faible et jamais de byssus, que les Hétérotrichides a'onl pas de cirres ventraux, que les Hypotrichides n'ont pas de musculature cutanée, etc. L'avantage reste et l'inconvénient disparaît.
Le livre dont nous venons de définir le but et l'esprit est une œuvre de longue haleine et il ne nous faudra pas moins de huit années pour étudier en autant de volumes tous les embranchements du Rogne animal.
Puissions-nous avoir la force d'aller jusqu'au bout !
1er novembre 1895.