PL 35 ET FIG
Ce groupe est représenté par l'unique
GENRE
Octacnemus (Moseley), forme très curieuse mais imparfaitement connue qui, au lieu de flotter près de la surface, vit au fond des abysses de l'Océan. 11 a la forme d'une petite Méduse octoradiée et a été pris
(1) C'est sur ce caractère que Todaro se fonde pour diviser les Salpidœ en deu.\ groupes, les OrtoentérH pour Cyclosalpa et les Carioentéirs pour tous les autres.
SALPIDES — OCTÀCNEMVS 205
d'abord pour un animal de ce groupe. Le corps est aplati et présente un disque et huit bras. La face ventrale (35, fig. 2) montre, en un point excentrique du disque, une surface saillante (s.) hérissée de petits prolono-ements déchiquetés par laquelle l'animal était sans doute fixé au fond. La face dorsale (35, fig. 1) présente dans un interradius, à peu près à mi-distance entre le centre et l'origine des bras, un large orifice fissiforme, allongé tangentiellement, qui est la bouche (b.). Dans le même interradius, entre les bases des deux bras qui le limitent, sur une éminence, se trouve un orifice arrondi, celui du cloaque (o. cl.). A l'intérieur (35, fig. 3), disque et bras, tout est creux, sauf une sorte de nucleus appendu, entre la bouche et le cloaque, à la paroi dorsale et une grande membrane branchiale qui, tendue parallèlement aux faces, divise la cavité centrale en deux compartiments, l'un dorsal (ph.), où s'ouvre la bouche, l'autre ventral {cl.) aboutissant à l'orifice cloacal. Le premier est le pharynx, le second est le cloaque. Il n'y a pas de trémas. La branchie est imperforée dans toute la partie correspondant au disque mais, dans les bras où efie semble s'étendre jusqu'au sommet et cloisonner leur cavité comme celle du disque, il est moins sûr qu'elle soit complète et qu'il n'y ait pas là communication entre les cavités pharyngienne et cloacale. Elle est pourvue d'un puissant système musculaire formé de muscles circulaires (35, fig. 1, mcl".) et de faisceaux radiaires {mcl. et mcl'.) (').
La branchie est formée de deux lames adossées qui, à l'insertion sur le disque, se séparent et vont tapisser les deux faces du corps, laissant entre elles et la paroi externe un étroit espace qui représente la cavité du corps. Au niveau de l'espace compris entre l'orifice œsophagien et l'orifice cloacal, cet espace s'agrandit beaucoup pour donner asile aux
(1) On peut distinguer à la branchie deux portions, une centrale épaisse, et une périphérique mince, celte dernière correspondant à la partie marginale du disque et s'étendaut dans les bras. La portion épaisse a la forme d'une étoile à huit pointes et de ces pointes partent autant de iorts faisceaux musculaires interadiaires qui, après un court trajet, se divisent eu deux branches qui se portent dans les deux bras adjacents pour se joindre à leur sommet aux branches similaires venues des muscles voisins. Le système circulaire se compose d'un puissant anneau qui passe au niveau de la bifurcation des faisceaux radiaires, sur la face buccale de ceux-ci, et de nombreiLx faisceaux concentriques qui, dans les bras, s'étendent entre les deux muscles radiaires qui en occupent les bords. Sur la face buccale de la branchie, Hekdjian a trouvé de nombreuses petites dépressions qu'il compare à des trémas, mais qui sont imperforées au sommet. Enti-e les origines proximales des faisceaux radiaires, la membrane branchiale, ti"ès mince, s'affaisse en nid de pigeon {p,\ vers la cavité cloacale, mais Moseley n'a pu trouver d'orifice au fond de ces culs-de-sac. Quant à la partie brachiale delà branchie, elle était si mal conservée sur tous les échantillons qu'il est difficile de savoir comment elle est constituée. Moselky inclinerait peut-être à croire qu'il y a là commnuinication entre le pharynx et le cloaque, mais Heudman est d'avis que la séparation est partout complète. D'après lui, l'animal pourrait, grâce à la pression extrême des profondeurs où il habile, respirer sul'fisamnu'ul par simple contact de l'eau avec sa branchie, sans circulation spéciale du liquide autour d'elle. Sur beaucoup d'autres points les renseignements donnés ici reposent sur des observations incomplètes ou sur des hypothèses qu'il serait utile de vérifier.
-'^O nnOCOUDES — THALIÉS
viscères qui constituent le nucleus saillant dans la cavité cloacale.
L'orifice œsophagien {35, //.g. 3, o. œ.) se trouve au fond du pharynx, à la partie supérieure de ce nucleus.
Un endostyle (35, //g. 1, 3 et /j, £.) s'étend sans doute depuis la houche jusqu'à l'orifice œsophagien, mais il n'a pu être ohservé entier. On n'a vu que son origine dans une espèce (depuis la houche jusqu'à la partie la plus élevée du pharynx, visible du dehors par transparence sous la forme d'une large strie) et que sa terminaison dans l'autre (sous la forme d'un petit sillon s'étendant de l'orifice œsophagien sur la branchie, sur une faible longueur, en sorte que le trajet que nous lui assignons est partiellement hypothétique). L'œsophage conduit à un estomac (35, /ig. 3, es.) d'où part un intestin qui va s'ouvrir (an.) dans le cloaque près de son orifice de sortie. Dans l'anse digestive sont logées deux glandes, un ovaire (35, /ig. 4, ov.) et un testicule (tes.). Entre la bouche et l'orifice œsophagien, au côté inférieur de la cavité pharyngienne se trouve l'orifice d'un petit orgajie vibralile (35, fig. S, tv.) qui conduit, sous la forme d'un canal cilié, à une masse arrondie qui ne peut être que la glande prénervienne. A côté de celle-ci est le ganglion nerveux (G. n.).
Ce singulier animal se rapproche plus des Salpes que de tout autre être connu. On peut le considérer comme une Salpe dont la bouche serait descendue très bas sur la face dorsale, augmentant énormément la longueur de la face ventrale aux dépens de la dorsale, et qui, en même temps, se serait très fortement aplatie dorso-ventralement. Mais en outre de ces modifications, de l'ordre de celles que l'on rencontre dans tous les groupes, il faudrait admettre que la bandelette branchiale s'est transformée en une cloison complète et que l'animal, quittant la surface pour tomber au fond des abysses, s'y est fixé et a subi sous l'influence de ces conditions nouvelles les modifications de structure qui font sa différence avec les Salpes de la surface.
Ni MosELEY, ni Herdman ne savaient rien de l'existence d'une forme bourgeonneante ni du cycle évolutif. Metcalf [93] a trouvé sur les côtes de la Patagonie, par 1050 brasses, une forme assez semblable mais agrégée qu'il suppose être une espèce voisine [0. patagoniensis), sinon même la forme agrégée de l'espèce (0. bythius) décrite par les auteurs précédents. La forme (fig. 155) est beaucoup plus élevée et rappelle celle d'une marmite; l'animal qui mesure 4 l/S^m de haut est fixé par la base au moyen de fibres fines et serrées qui garnissent la surface en ce point; l'extrémité opposée dilatée en entonnoir est munie de huit tentacules divergents entourant la bouche {b.) et montre, au fond de l'infundibulum représentant le pharynx {ph.), l'orifice œsophagien (œ.) légèrement excentrique. La paroi latérale de l'infundibulum pharyngien représente la paroi branchiale d'O. bythius et est imperforée. La cavité située au-dessous ligure un vaste cloaque qui s'ouvre en haut entre deux tentacules, dans le même interradius que
• aii;liJ-i*i!
Pl. 35.
OCTACNEMIDJE
an., anus; 6., bouche; bri., bourrelet;
c/.; compartiment ventral du cloaque;
E., endostyle;
es., estomac;
Gn., ganglion nerveux;
l.f lobes ou bras du disque;
mcl., muscles radiaires du corps;
mcl'.j muscles radiaires des lobes;
mcl"., muscles circulaires;
n., cordons nerveux; 0. cl., orifice cloacal; 0. œ.f orifice œsophagien;.
ov.. ovaire;
p., dépressions de la lame branchiale; ph., compartiment dorsal du pharynx; s., surface saillante hérissée de prolongement déchiquetés; tes., testicule; tv., tubercule vibratile.
Fi g. 1. Octacnemiis bythius vu par sa face supérieure (im. Moseley et Herdman).
Fig. 2. Octacncinus bythius vu par sa face inférieure (im. Moseley et Herdman).
Fig. 3. Moitié gauche d'une coupe sagittale d'Oc«acHm«s (Sch.).
Fig. 4. Tube digestif et organes génitaux à'Octaciiemus (im. Moseley et Herdman).
Zoologie concrktk. T. VTIl.
Pl. 35.
DOLIOLIDES
l'œsophag-e, mais à l'opposé de celui-ci. Dans cette vaste cavité cloacale pend un sac digestif entouré d'une membrane périviscérale, l'anus s'ouvre directement dans le cloaque sur la paroi de ce sac. Jintre la paroi muqueuse du sac digestif et la membrane périviscérale est un espace périviscéral qui communiquerait par une paire de fentes (f.) avec la cavité cloacale, mais non avec la cavité digestive, en sorte que cela ne pourrait servir à un courant respiratoire. Les individus, recouverts d'une tunique semblable à celle des Salpes, sont attachés les uns aux autres par un cordon (p.) qui va du côté dorsal del'un au côté ventral de l'autre.
' Ce cordon est formé par la tunique, la paroi du corps et un filament de tissu venant du nucleus viscéral. Chaque chaîne comprend au moins quatre individus (Deux exemplaires seulement, et fort détériorés, de la forme solitaire ont été trouvés par 1070 brasses dans le Pacifique sud et, par 2170 brasses, surles côtes ouest de l'Amérique du Sud, en 1875, dans les dragages du Challenger. 7c"' de I diamètre y compris les rayons. La forme agrégée est connue parune quinzaine d'exem- I plaires mesurant 4 1/2'^'" de haut provenant des côtes de Patagonie par lOoO brasses).
Octacnemus patagoniensis (d'ap. Metcalf).
an., anus; 1»., bouche ; cl., cloaque; t., lentes; 11., lobus; o. cl., orifice cloacal; œ., œsopliage; p., prolongements réunissant les individus entre eux: eux; pli., pharynx; s., base de fixation.
2' Ordre DOLIOLIDES. — DOLIOLIDA [Cyclomyarja (Krohn, Uljanin)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
(Pl. 36 à 38 ET FIG. 156 A 163)
Nous prendrons comme type le genre principal, le seul entièrement ' connu sous toutes les formes de son cycle évolutif, le genre Doliolum. I Ici, comme chez les Salpides, le cycle comprend plusieurs formes, une ! asexuée bourgeonnante dérivant de l'œuf et une sexuée, née par bour- . geonnement et engendrant l'œuf, sans compter deux formes intermé- < diaires de nourrices, asexuées en fait bien qu'homologues à la forme : sexuée, qui viennent encore compliquer les choses. Nous commencerons, comme chez les Salpes, par la forme asexuée.
Forme asexuée stolonifère ou oozoite
Extérieur, organisation générale. — L'animal (36, fig. i) justifie bien î son nom par sa forme qui est celle d'un petit tonneau. Il mesure
208 unocoRDKS — tiialiés
quelques centimèlres de longueur. Sa transparence esl parfaite et permet devoir du dehors la disposition des organes intérieurs. Vivant, il se tient horizontalement, mais dans la position morphologique il est placé verticalement comme un tonneau dresse sur une de ses bases. Les bords circulaires des deux bases sont ornés de festons réguliers. La supérieure (b.) en présente dix; l'inférieure douze. Un peu au-dessus de cette dernière, s'insère un long appendice dorsal (p. c.) qui permet de reconnaître la base inférieure et détermine en môme temps le côté dorsal du corps. Le contour convexe du corps est parfaitement régulier, lisse et ne présente aucune particularité, sauf au milieu de la partie ventrale d'oij se détache un petit appendice conique, recourbé vers le bas, le stolon {st.). Le tonneau est ouvert aux deux bouts, ses bases sont deux larges ouvertures parfaitement libres. Tout Tintérieur est vide aussi, sauf, bien entendu, l'espace compris entre ses parois interne et externe, espace qui constitue la cavité générale, fort peu épaisse, excepté eu un point où s'accumulent les viscères.
La cavité centrale est divisée en deux compartiments superposés par une sorte de diaphragme, la branchie, plane ou légèrement bombée vers le bas, tendue obliquement en bas et en avant, et percée d'orifices, les stigmates, qui fout communiquer les deux compartiments qu'elle sépare. De ces deux compartiments, le supérieur est le jjharynx, l'inférieur est le cloaque {cl.). La branchie est formée de deux lames adossées entre lesquelles est un étroit espace dépendant de la cavité générale. Dorsalement et sur les côtés, ces deux lames sont presque en contact; mais en avant elles s'écartent l'une de l'autre à partir du milieu et de plus en plus en approchant de la paroi ventrale du corps, et déterminent, entre elles et cette paroi ventrale, une loge assez vaste dépendant de la cavité générale, oij trouvent à se loger les viscères, réduits d'ailleurs à deux organes, le tube digestif et le cœur. Cet espace correspond au micleus des Salpes, mais, au lieu de former une tubérosité extérieure, il fait saillie en dedans. Si nous ajoutons à ce qui précède que le tonneau est cerclé de neufbandes musculaires, nous en aurons dit assez pour orienter le lecteur et pouvoir aborder le détail de la description des organes.
Paroi du corps. — Elle est formée, comme chez les Salpes, d'une cuticule tunicale et d'un épithélium ectodermique ; mais il s'y ajoute une couche dermique qui double l'épiderme et est formée de cellules conjonctives noyées dans une substance anhiste. L'épiderme lui-même (fig. 156) est formé de grandes cellules polygonales aplaties. La tunique estmmce, et sa substance, paraît-il, ne serait pas cellulosique (').
Aux orifices buccal et cloacal, elle s'arrête ne formant pas cette tunique réfléchie que nous trouverons chez les Ascidiés.
(1) Uljanin assure qu'c-llc ne renferme pas de cellules émigrées de l'épiderme et qu'en raison de ce lait elle peut Otrc muée comme celle des Appendiculaires. Cependant, nous verrons que I^arrois attribue aux éléments de la tunique, l'origine des ccUiiles ambulantes (Voir plus loin) du stolon.
DOLIOLIDES
Fin-. 15G.
Cellules de l'épiderme vues de face (d'ap. Grobben).
La musculature peut êlre décrite ici, bien qu'elle appartienne peutêtre plutôt aux parois pharyngienne et cloacale. Elle se compose d'anneaux musculaires complets, formés de larges bandes où Ton trouve des fibrilles longitudinales mais point de striation transversale (').
Pharynx. — La cavité pharyngienne, beaucoup plus vaste que la cloacale, est limitée par un épithélium aplati non cilié. Elle s'ouvre au dehors par le large orifice supérieur qui représente la bouche {36, //g. 1, b.), ornée de dix festons, mais entièrement dépourvue de lèvres mobiles pouvant la fermer. Elle contient quatre organes : Yendostyle, les arcs ciliés péricoi^onaux, la bande ciliée venti^ale et Y organe vibratile, mais ce dernier sera décrit avec le système nerveux.
Vendostijle (£. et fig. 157), gros, mais court, est constitué fondamentalement comme celui des Salpes, mais moins hautement difîérencié (*). Ses bords se prolongent de chaque côté en un repli marginal très richement cilié.
Le cercle pêricoronal {pp.) est représenté par une paire d'arcs ciliés ayant la même disposition et les mêmes rapports avec les replis mar- Fio-. 157. ginaux de l'endostyle que la lèvre inférieure de la
gouttière péricoronale des Salpes ou de notre type général. Ils se détournent, l'un à droite, l'autre à gauche, contournent l'entrée du pharynx et vont se réunir à la face dorsale au-dessous de l'organe vibratile. Là, après s'être réunis, ils se contournent ensemble en spirale dextre.
La gouttière ciliée ventrale subit une réduction analogue; elle ne forme pas une vraie gouttière et est constituée seulement par les deux bandes ciliées de l'endostyle qui, au-dessous de cet organe, se réunissent et courent sur la face supérieure de la branchie jusqu'à l'œsophage où elles pénètrent par le côté gauche de son orifice d'entrée, et se continuant même dans l'estomac, ne s'arrêtent qu'au pylore.
Cloaque. — Le cloaque {cl.) est constitué comme le pharynx, mais ne présente d'autre particularité que l'ouverture de l'anus au milieu de
Endostyle (Scb.).
(1) UuANiN nie la striation tranversale affirmée par Ussov.
(2) Sur la coupe, il est moins profond, arrondi ; il présente, au fond, une double rangée de hau^s cellules pourvues de très longs cils (fig. 157, c), puis, de chaque côté, doux rangées de cellules non cihees, non glandulaires. Les parois latérales sont formées chacune de neuf rangées de grosses cellules glandulaires, puis d'une bande granuleuse [m.] où l'on ne voit m noyaux, m limites cellulaires, et enfin, près du bord de la gouttière, de deux rangées encore de cellules glandulaires. Tous ces éléments sont dépourvus de cils
T.vni.
UROCOllbES — THALIÉS
son plancher ventral. Son orifice a douze festons entre lesquels se montre, de trois en trois festons, un fin filament gélatineux.
Appendice dorsal. — Cet appendice (36, fig. 1, p. c), qu'il ne faudrait pas assimiler à la queue des Appendiculaires ou des larves d'Ascidies avec laquelle il n'a rien de commun, s'insère un peu au-dessus du bord dorsal de l'orifice cloacal. Il est rigide, immobile, élargi à la base, effilé vers le bout. La tunique, à son niveau, est beaucoup plus épaisse. L'épiderme, formé sur ses parties ventrale et latérales de cellules aplaties comme sur le reste du corps, devient à sa face dorsale prismatique et très élevé. A l'intérieur, il est creux et contient un diverticule de la cavité du corps, mais ce diverticule est divisé par une cloison conjonctive médiane (c/s.) en deux canaux juxtaposés, communiquant sans doute entre eux à l'extrémité de l'organe de manière à assurer à son intérieur une circulation du sang plus régulière. Le huitième anneau musculaire envoie dans sa base une paire de prolongements.
Branchie. — La branchie (36, fig. 1 , br.) dont nous avons indiqué plus haut la disposition générale a la même structure que les parois pharyngienne et cloacale dont elle n'est que le prolongement. Ses deux lames sont presque en contact, sauf en avant au niveau des viscères digestifs. Elle est percée au milieu de sa face supérieure par l'orifice œsophagien (ce.). En avant de cet orifice, elle est parcourue par la bande ciliée ventrale. La lame inférieure est percée en avant par l'orifice anal (an.). Sur les parties latérales, elle est pourvue de huit fentes stigmatiques disposées en deux séries symétriques de quatre et qui perforent, non plus une de ses lames, mais son épaisseur tout entière et font communiquer les cavités pharyngienne et cloacale. Ces fentes sont transversales et leurs deux séries sont parallèles entre elles et au plan sagittal. L'épithélium général de la branchie est le même que celui des cavités pharyngienne et cloacale, mais au niveau des fentes branchiales il est fortement cilié et les cils battent l'eau de haut en bas (*).
Appareil digestif. — Vœsophage s'ouvre dans le pharynx, au centre de la branchie dont il perfore la lame supérieure. Il se porte en avant, se renfle en un estomac ovoïde (es.), d'où part un intestin recourbé qui se dirige en arrière et va s'ouvrir au milieu du plancher ventral du cloaque, en perçant la lame inférieure de la branchie. Il est formé d'une couche épithéliale doublée de ce même tissu conjonctif rudimentaire que nous avons vu former le derme de la paroi du corps. Les épithéliums œsophagien et stomacal sont formés de petites cellules cubiques non ciliées. Mais le long de leur bord dorsal se trouve une puissante bande vibratile formée par la pénétration de la bande ciliée ventrale du pharynx à leur intérieur. L'intestin est partout tapissé de cellules cubiques finement ciliées.
(1) Aux exti-cmités dos fentes brancliiales, répilhéliuin n'est pas cilié ; il est formé là petites cellules qui servent sans doute à l'accroissement de ces organes en longueur.
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Pl. 36.
DOLIOLIDA
(TYPE MORPHOLOGIQUE) Forme asexuée stolonifère ou oozoïte. Formation du bourgeon.
an., anus;
b., orifiro supr-riour ou bouche; br., branrhi(ï percée de stigmales; C, cœur; cl., doaiiue;
cis., cloison conjonctive médiane de l'appendice dorsal ;
cv., cavité interne du dolioluni après la dis- ])arition des organes;
d,, tube digestif,
E., endostylc;
es., estomac ;
f,, prolongement sensitif;
gl. p., glandes pyloriqucs;
mcl., muscles;
ms., mésoderme;
n. (fig. 1, 9 et 10), nerfs; n. (fig. 3 à 8), système nerveux formé par les divi'rticulos cloacaux réfléchis; œ., orifice Oîsophagien; 0. g., organes génitaux; ot., otocyste; pbrg., probourgeons; p. c, appendice dorsal; ph., pharynx;
ph'., diverticules pharyngiens; pl., placenta du bourgeon; pr,, arc ciliés péricoronaux ; st., stolon;
t. cl., diverticule cloacal gauche;
t. ph'., diverticule jjharyngien gauche;
t. V., organe vibralili'.
F'ig. 1. Coupe sagittale de l'oczoïte de Doliolim (Sch.).
Fig. 2. L'oozoïte de Doliolum émettant les probourgeons après la disparition de ses organes internes (Sch.).
Fig. 3 à 10. Stades successifs de la formation du bourgeon (Sch.).
Fig. 3. Coupe transversale du stolon jeune montrant la disposition des organes qui y sont
contenus (Sch.).
Fig. 4. Coupe sagittale du stolon jeune (Sch.).
Fig. 5. Coupe transversale du stolon montrant le commencement de la fusion des diverticules cloacaux réfléchis et la division longitudinale des tul)es pharyngiens (Sch.).
Fig. 6. Coupe transversale du stolon montrant la fusion complète n des diverticules cloacaux réflécliis et celle des moitiés internes des luix'S pharyngiens (Sch.).
Fig. 7. Coupe transversale du stolon à un stade un peu i)lus avancé que celui représenté dans la figure 6, indiquant la destination des divers organes (Sch.).
Fig. 8. Couiie transversale du stolon montrant l'extension des bandes musculaires (Sch.).
Fig. 9. Bourgeon vu du côté gauche, montrant par transparence les rudiments des organes et commençant à former son cloaque par invagination (Sch.).
Fig. 10. Bourgeon ayant formé son placenta (Sch.).
Zoologie concrète. T. VIII.
Pl. 36.
DOLIOLIDES
Fig. 158.
Coupe transversale du cœur (d'ap. Grobben)
<!., piu'oi dops;«Io ; V., paroi ventrale.
Il y a une paire de glandes pyloriques (êl-P-) lubulcuses, ramifiées, étalées sur les deux faces de rinteslin, dont les canaux excréteurs se réunissent en un seul impair qui se jette dans Tcstomac, au pylore.
Cœur. — Le cœur (36, /ig. 1, C et fig. 158 et 159), situé obliquement au-dessus de Testomac, est constitué comme celui des Salpides, c'est-à-dire formé d'un cylindre musculeux invaginé
dans une membrane épithéliale qui lui sert de péricarde.
Cavité générale. — La cavité générale est constituée par l'espace compris entre les parois cloacale et pharyngienne et la paroi du corps. Elle se continue entre les deux lames de la branchie et ne devient un peu vaste que dans le nucleus, autour du cœur et du tube digestif. Elle n'est point cloisonnée ni divisée en sinus. Elle est seulement traversée par quelques trabécules conjonctifs s'étendant entre les couches dermiques qui limitent ses parois ou tapissent l'appareil digestif. Dans l'appendice dorsal seul existe une cloison délimitant deux canaux sanguins bien définis. Elle contient un liquide oii errent de rares globules incolores (*).
Système nerveux. — Le système nerveux central est principalement formé par un ganglion fusiforme (36, fig. 1, gl.) situé dorsalement dans la cavité générale, dans le quatrième espace intermusculaire. Il est formé d'une écorce cellulaire et d'une partie centrale fibrillaire. En outre des nerfs proprement dits, il émet vers le bas un prétendu 7ierf branchial dirigé vers l'insertion dorsale de la branchie, au niveau de laquelle il se perd, et qui est en réalité un prolongement médullaire du ganglion comparable à celui des Appendiculaires et des Ascidiés.
En fait de nerfs véritables, il émet un nerf supérieur impair qui se rend vers la bouche et se distribue aux organes sensitifs des festons de son bord libre, et trois paires latérales qui se rendent aux muscles et aux organes sensitifs des téguments. Une branche (n.) de la troisième paire est spécialement destinée aux organes tactiles des festons de l'orifice cloacal et à ceux du prolongement caudal.
Sens. — Il n'y a d'autres sens que des organes tactiles et une olocyste.
Coupe longitudinale du cœur et du stolon (im. Grobben).
C, cavité du cœur; d., paroi vunli-ale du cœur: ec, ectoderinej incl., muscles; st., stolon.
(1) Il existe parfois dans la cavitô générale, accolées à la paroi du corps, éparses (;à cl là, des cellules pigmentaires.
l'"lg. 160.
Fig. 161.
Organe laclile du poui'lour de l'orifice cloacal (d'ap. Uljanin).