‹ Traité de zoologie concrèteChapitre 32 sur 58 · V. b., organe vibratile · texte numérisé non relu

V. b., organe vibratile

Fig. 1. Oozoite vu du côté droit et pourvu de son stolou formateur des ascidiozoïdes (Sch). Fig. 2 à 7. Stades successifs de la formation de l'ascidiozoïde.

Fig. 2. Tronçon du stolon montrant la disposition de ses organes internes (Sch.V

Fig. 3. Formation du système nerveux et du canal diapharyngien et individualisation des

cavités péribranchiales, du cœur et de l'éléoblaste (Sch.). Fig. 4. Formation du cloaque du tube digestif et de la bouche (Sch.). Fig. 5. Coupe sagittale de l'ascidiozoïde au stade représenté dans la figure 4 (Sch.). Fig. 6. Les pédoncules réunissant les individus s'étirent et les ascidiozoïdes prennent

leur forme définitive (Sch.).

Fig. 7. Coupe sagittale d'un ascidiozoïde après la rupture des pédoncules de réunion (Sch.).

Zoologie concrète. T. YIII. Pl. 42.

LUCIDES — pynosoME

Fis. 176.

Pyrosome.

Coupe transversale dans la région du système nerveux de l'ascidiozoïde (d'ap. Salensky).

c. dia., canal diapharyngien ; d., diverticule buccal ; Sg\., ganglion nerveux: me., cellules mésodermiques.

un organe vibratile primitif (42, fig. 4), mais qui bientôt se comble et se détruit, Yorgane vibratile définitif se formant un peu plus tard par un refoulement endodermique. La vésicule elle-même donne naissance, par sa face profonde, à la glande prénervie7ine, par sa face superficielle au ganglion nerveux.

La bouche se forme par une invagination ectodermique entre le ganglion et le sommet de l'endostyle O.

Des parties latérales du sac endodermique partentdes refoulements parallèles, perpendiculaires à Tendostyle, qui se portent à la rencontre des vésicules péribranchiales dans lesquelles ils finissent

par s'ouvrir, formant ainsi deux séries de fentes stigmatiques transversales (42, fig. 3, f. br. et fig. 177). Ces fentes sont d'abord continues, et

c'est plus tard seulement que se formeront, par bourgeonnement de leurs parois, les séparations longitudinales qui les diviseront en trémas définitifs. Au point opposé à la bouche, les deux vésicules péribranchiales se rapprochent de l'ectoderme et se fusionnent en une vésicule cloacale qui, un peu plus tard, se met en communication avec le dehors par destruction de la paroi intermédiaire {^2, fig. 4, 0. cl. et fig. 5, cl.). — La , vésicule endodermique primitive n'a formé,

'^^^-^ comme on voit, que le pharynx. Le t^ibe ^ >J^^ digestif prend naissance par deux diverti-

\a cules qui poussent au fond du pharynx et

^ ~ se portent vers le bas. Celui de gauche se

détache du pharynx pour se mettre en rapport avec le cloaque et former l'intestin ; celui de droite forme l'œsophage et l'estomac {est.) et se met en communication avec l'intestin.

Les glandes phosphorescentes et hématopoiétiques prennent naissance,

Fig. 177.

Pyrosome.

Ascidiozoïde (d'ap. Salensky).

el., éléoblaste; esty., endostyle; ggl., ganglion nerveux.

(ï) Au moment où l'invagination buccale se forme, la paroi qui la séparait de la cavilô pharyngienne ne se perfore d'abord qu'à droite et à gauche de la ligne médiane. Il reste pondant quelque temps un canal diapharynfiien (42, fui. .5, c. dia.) qui fait communiquer diroclement, à travers la bouche, les sinus ventral et dorsal qu'elle sépare. Ce canal, situé dans le plan sagittal, se détruit bientôt, remplacé par le sinus péripharyngien, et ne semble pas avoif une l)ien grande importance.

244 unocouDEs — ascidies

chacune à la place qu'elles doivent occuper plus lard, par de petits amas d'éléments mésodermiques qui se groupent en ces points (^). De bonne heure, et avant môme que son cctoderme ait achevé d'englober le vitellus, le cyathozoïde commence à se sécréter une tunique dans laquelle émigrent des éléments mésodermiques qui prennent une disposition aréolaire remarquable. La tunique envahit peu à peu le stolon et finit par englober les quatre ascidiozoïdes (41, pu- 5, ascdzd.) qui, ainsi, tiennent leur tunique de leur parent, au lieu de se la former eux-mêmes comme d'ordinaire.

Changements de forme et de position des bourgeons. — Les quatre bourgeons dont nous venons de suivre la formation ont maintenant les caractères de petits Tuniciers, mais ils n'ont point la forme de Pvrosomes, et leur disposition n'est pas du tout celle qu'ils doivent avoir. Les changements de forme et de position qui les amènent à leur état définitif s'accomplissent progressivement en même temps que leur évolution structurale. Nous l'avons négligée à dessein pour ne pas obscurcir la description; il faut l'expliquer maintenant.

Le stolon, au début, est allongé suivant l'axe du cyathozoïde (41, /(//.i). Mais à mesure qu'il grandit et que ses bourgeons se développent, il se détourne vers la droite de manière à s'enrouler en ceinture autour du corps de celui-ci (41, fig. 2, 3 et 4). D'autre part, l'axe bucco-cloacal des bourgeons, qui est en somme leur axe morphologique, est d'abord court et perpendiculaire à celui du stolon. Mais il s'allonge beaucoup plus que les autres axes et finit par devenir le plus long. Par le fait de cet allongement, l'endostyle, qui était horizontal et parallèle à l'axe du stolon, devient peu à peu vertical et perpendiculaire à cet axe, et les fentes stigmatiques qui étaient verticales deviennent horizontales comme chez le Pyrosome adulte (42, fig. 6). Enfin, les quatre bourgeons qui étaient sur le prolongement l'un de l'autre et ne pouvaient modifier leurs situations relatives tant qu'ils étaient reliés par de courts étranglements, deviennent relativement libres par suite de l'allongement des étranglements de séparation en cordons connectifs longs et souples. Ils usent de cette liberté pour se placer non plus à la file, mais parallèlement entre eux et au cyathozoïde (41, fig. 5 et 42, fig. 6). Ils forment ainsi autour du cyathozoïde un cercle, ayant tous leur face dorsale opposée à l'endostyle, tournée vers le corps du cyathozoïde et leur cloaque dirigé vers le cloaque de celui-ci. C'est pendant l'évolution des quatre ascidiozoïdes et lorsque le cyathozoïde, encore volumineux, a englobé tout l'amas vitellin qu'a lieu l'éclosion. La colonie rompt la membrane qui la sépare de la cavité cloacale où elle tombe (41, fig. 5) et bientôt est évacuée au dehors par l'orifice cloacal. La jeune colonie tombe alors

(1) Ces amas niésodei-miqucs sont décrits comme énigmatiquos par les auteurs qui r> ont sUalés. Ils nous senildc indubitai)le, en raison de leur situation, quds représentent le^ glandes auxquelles nous les avons rapportés.

LUCIDES — PVROSOME

au fond de Feau, et c'est seulement lorsqu'elle a commencé à se développer par elle-même, après la disparition du cyathozoïde, .qu'elle remonte à la surface.

Le cyathozoïde d'abord beaucoup plus gros que son stolon a diminué de volume au fur et à mesure que ses bourgeons grandissaient. Au moment oii nous en sommes arrivé, il est épuisé et réduit à un reste insignifiant. Il se détruit enfin tout à fait, ne laissant même pas à la colonie naissante, comme on l'avait cru, son cloaque pour former l'origine du cloaque commun. Les quatre bourgeons, aprè.s sa disparition, se séparent (41, fig. 6) et se placent radiairement autour du point où était le cyathozoïde, vers lequel leurs axes convergent maintenant (41,/?^. l] 8 et 9), et aussitôt ils se mettent à bourgeonner. Chacun d'eux est, en effet, dès le moment où il devient libre, pourvu d'un stolon ventral (42, fig. 7, sti. a.) qui n'est autre chose que le pédicule qui le reliait à l'individu voisin situé distalement par rapport à lui. Ce pédicule se coupe, en effet, au ras de l'individu distal et reste attaché à la face ventrale de l'individu proximal au-dessous de son endostyle (*). Ce pédicule est déjà pourvu des parties constitutives d'un stolon. Il a une enveloppe ectodermique et renferme, dans un diverticule de la cavité générale : 1° un diverlicule du pharynx; 2° un cordon génital {gtx.) provenant du cordon mésodermique dorsal médian que nous avons vu pénétrer du cyathozoïde dans le stolon; 3° une paire de titbes mêsodermiques latéraux provenant des cordons mésodermiques pairs internes que nous avons vus pénétrer du cyathozoïde dans le stolon, et dont un fragment est resté dans chacun des pédoncules constituant le stolon de la deuxième génération blastogénétique.

Bourg-eonnement ultérieur.

Formation de la colonie adulte.

La colonie est, pour le moment, constituée seulement par les quatre premiers ascidiozoïdes nés simultanément du stolon du cyathozoïde, rangés en cercle et disposés radiairement autour de la place occupée par le cyathozoïde disparu (41, fig. 9). Chacun porte, à la face ventrale tournée du côté où sera plus tard le sommet fermé du tube colonial, un stolon allongé. La colonie gît au fond de l'eau, d'où elle ne remontera à la surface qu'après avoir commencé à s'accroître par bourgeonnement.

Ce bourgeonnement alieu naturellement par les stolons (43, /Ç^ç. l,stl.) de ces quatre premiers ascidiozoïdes. Ces stolons se segmentent, non plus, comme celui du cyathozoïde, simultanément en quatre tronçons, mais en un nombre indéfini de tronçons se formant successivement

(^) On ne dit pas d'où vient le stolon du quatrième ascldiozoïde de la série. Sans doute il provient de l'extrémité terminale du stolon primitif qui ne s'est pas renflée.

UnOCOUDES

ASCIDIES

(43, ////. toujours enti-e le corps du ])arcnt et le dernier segment précédemment formé. Chaque stolon se transforme ainsi en une chaîne d 'individus dont le plus distal est le plus Ûgé {brg. 1) et le plus avancé clans son développement et dont le nombre n'est jamais supérieur à cinq, l'individu terminal étant mûr et se détachant au moment où un nouve! étranglement basilaire viendrait former un sixième segment. De plus, les bourgeons, avant d'être mis en liberté, ont d'emblée leur stolon ventral, car leur ventre est dirigé distalement, du côté opposé au corps du parent et, quand le bourgeon distal se détache, le pédicule qui unissait son dos au ventre du bourgeon précédent se coupe au ras de son dos, reste appendu au ventre du précédent et constitue le stolon de celui-ci. L'organogénèse des bourgeons, à partir du moment où les rudiments de leurs organes ont apparu, est la même que celle des quatre premiers ascidiozoïdes ; nous n'aurons donc qu'à la rappeler très rapidement. Mais, dans la formation des premiers rudiments, il y aurait des différences capitales, si du moins le résultat des dernières observations (de Seeliger) est bien définitif. A la vérité on ne peut se défendre de quelque hésitation à les accepter.

D'après Seeliger, les tubes mésodermiques latéraux du stolon disparaîtraient sans former d'organes et, dans le stolon réduit à Venvelofpe ectodermique, 3iU diverticule endodermique (43, fig. 2, sti.) et au cordon génital (gix.), ce serait ce dernier qui donnerait, sauf l'épiderrae, tous les organes, même les vésicules péribranchiales et le système nerveux (n.). KoRSCHELTet Heider font remarquer combien il serait plus naturel que la vésicule nerveuse provînt, comme chez les bourgeons du cyathozoïde, d'une invagination ectodermique, et que les vésicules péribranchiales naquissent du diverticule endodermique. Mais la première origine des organes est si peu constante chez les Tuniciers qu'il faut se méfier, ici

plus que jamais, de la schématisation aprioristique.

Toujours est-il que le bourgeon, peu de temps après sa formation, se montre constitué d'une enveloppe ectodermique contenant, dans un diverticule cœloniique plein de sang : 1" une vésicule endodermique (43, fig. 3 et 4, stI-) provenant du fond du pharynx du parent; 2° un tube nerveux dorsal (n.) : 3" une paire de vésicules péribranchiales latérales; 4" un cordon génital {gtx.) ventral; 5° des éléments mésodermiques disposés sur les côtés ou errant dans les espaces sanguins. A partir delà, l'organogénèse suit à peu de chose près l'évolution déjà décrite. La vésicule nerveuse bourgeonne le ganglion à la face dorsale {^3, fig. 5, n.) et se met en communication avec le pharynx par un canal qui devient Y organe vibratile (lequel sans doute donne naissance à la glande pî'énervienne). Le ganglion (fig. 178, ggl.) émet une paire de nerfs latéraux

Fig. 178.

Pyrosome. Région des papilles (tentacules) d'un ascidiozoïde (d'ap. Salensky).

g^gl., ganglion nerveux ; p. tt. papilles tentacHlaires; y., groupe de cellules en l'orme de lentille.

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Pl. 43.

PYROSOMID^

ITYPE MORPHOLOGIQUE) Développement {Suite).

Formation de la colonie adulte.

ascdz., un des quatre premiers individus de la colonie provenant du stolon du cyathozoïde;

br., branchie;

brg'^, brg^, brg^, etc. premier, deuxième, troisième bourgeon du stolon dans leur ordre d'apparition ;

cl., cloaque;

cr., cœur;

d., diaphragme du tube colonial; el., éléoblaste ;

esty., endostyle ;

f. br., fentes branchiales;

git., substance lunicale du tube colonial ;

gtx., rudiment génital ;

i., région oii se forme l'invagination de

l'ouverture cloacale ; n., système nerveux ;

0., point où se forme l'invagination buccale ; ov., ovaire ; sti., stolon; tst., testicule ;

Fig. 1 a 6. Stades successifs de la formation des idastozoïtes.

Fig. 1. Coupe sagittale d'un des quatre premiers individus de la colonie en place dans le tube colonial (Sch.).

Fig. 2. Coupe sagittale du stolon jeune montrant les organes qui y sont contenus (im. Seeliger) .

Fig. 3. Coupe sagittale du stolon à un état un peu plus avancé que dans la figure 2 (im. Seeliger).

Fig. 4. Coupe sagittale du stolon commençant à séparer un premier bourgeon (im. Seeliger) .

Fig. 5. Coupe sagittale d'un stolon présentant trois bourgeons à divers états de développement (im. Seeliger).

Fig. 6. Coupe sagittale d'un des quatre premiers individus de la colonie déjà représenté dans la figure 1, abandonnant son premier bourgeon qui gagne sa place définitive vers l'extrémité diaphragmatique du tube colonial (Sch.).

Zoologie conchète. T. VIII.

Pl. !i3

LUCIDES — PYROSOME 247

remarquables. La vésicule endodermique devient le pharynx qui, ventralement, forme Vendostyle et, inférieurement, bourgeonne le tube digestif, exactement comme chez les quatre premiers ascidiozoïdes. Aucune ditTérence non plus avec ce que nous avons décrit chez ces quatre premiers bourgeons, relativement à la formation des fentes stigmaliques transversales (ibr.), de la bouche, au-dessous de laquelle bourgeonnent les tentacules, et du cloaque. Les éléments mésodermiques forment : 1° un éléoblaste (e/.) pas très volumineux, situé autour de la racine du pédicule qui deviendra le stolon ; 2° une vésicule péricardique (cr.) d'oii naîtra le cœur par invagination incomplète, la paroi pharyngienne achevant de clore la fente restée ouverte ; 3° les rares muscles de l'animal; 4" deux paires d'accumulations cellulaires données comme indéterminées, mais qui ne peuvent représenter que les organes phosphorescents et hématopoiétiques dont elles occupent exactement la place ; 5° enfin, des globules de sang.

Reste le cordon génital dont il faut préciser l'évolution. Il est placé, à l'origine, à la base du stolon (43, fig. 2, gtx.), du côté ventral, à moitié dans le stolon, à moitié dans le corps du parent oii il se continue avec sa portion proximale qui a formé les organes génitaux du parent. Chaque étranglement séparant un nouveau segment à la base du stolon (43, fig. 4), coupe l'extrémité distale du cordon qui passe dans le segment, tandis que le cordon lui-même s'allonge pour fournir aux frais de ces décapitations successives {^3, fig. 5, gtx.). La portion passée dans le segment s'avance vers sa partie distale, de manière à se loger dans la région oii sera le stolon du bourgeon né de ce segment et là, se comporter de nouveau de la manière que nous venons de décrire, c'est-à-dire, former les organes génitaux du bourgeon (43, fg. 5, ov. et tst.) par sa partie proximale et le cordon génital du stolon de ce dernier par sa partie distale. Quant à la manière dont la portion proximale forme les organes génitaux, nous l'avons suffisamment expliquée en décrivant l'anatomie et l'origine de l'œuf.

Les ascidiozoïdes ayant tous, aussi bien les suivants que les quatre premiers, la face ventrale tournée vers le fond en cul-de-sac du tube colonial, il semblerait que les bourgeons nés du stolon ventral doivent prendre place entre leur parent et cette extrémité en cul-de-sac, en sorte que les individus les plus jeunes seraient au sommet fermé du tube, et les plus âgés vers l'orifice libre ; les quatre premiers ascidiozoïdes seraient alors au bord même de cet orifice. C'est le contraire qui a lieu. Les stolons, en effet, en s'allongeant contournent le corps des parents (43, fig. 6) et leur pointe passe du côté dorsal, en sorte que chaque bourgeon en devenant libre passe au côté dorsal du parent, c'est-à-dire entre lui et l'orifice du tube colonial. Les plus jeunes individus {brg. 1) sont donc toujours les plus voisins de l'orifice et les plus âgés vers le sommet fermé du tube colonial dont les quatre ascidiozoïdes primitifs occupent l'extrémité tout à fait terminale.

'^^^ UROCORDES — ASCIDIES

De la sorte, les individus qui occupent, à un moment donné, le bord de 1 orifice en sont à chaque génération séparés un peu plus et refoulés vers le sommet par les nouveaux venus; et c'est ainsi que, conformément à ce que nous avons expliqué en décrivant l'anatomie, les pioongements musculeux du corps (43, fig. 6, p.) qui servent à mouvoiile diaphragme s'allongent de plus en plus, jusqu'cà ce qu'enfin, ne pouvant plus suffire à cet allongement, ils se détachent de leur insertion au diaphragme, se rétractent vers les ascidiozoïdes qui les portent et se fondent peu à peu dans leur corps.

Les quatre premiers ascidiozoïdes tenaient leur tunique du cyathozoïde, mais tous les individus nés par la suite sécrètent une tunique qui s'ajoute à la substance tunicale commune qui forme le tube colonial et concourt à son accroissement. Tout bourgeon devenu libre au côté dorsal de son parent se met à bourgeonner pour son compte, en sorte que l'accroissement de la colonie a lieu en tous ses points, mais elle est surtout active au niveau de l'orifice où sont les individus les plus jeunes et les plus nombreux.

En somme, si l'on jette un coup d'œil sur l'ensemble de cette évolution, on reconnaîtra que la colonie entière provient de l'accroissement indéfini du stolon du cyathozoïde, et non pas de tout le stolon, mais spécialement de sa pointe et de ses trois étranglements qui deviennent les stolons de la génération suivante; et, dans les stolons de toutes les générations, s'établit la même différence entre les portions renflées, qui limitent leur évolution ultérieure en devenant un ascidiozoïde et les portions étranglées intermédiaires, à accroissement indéfini, qui formeront les stolons de ces ascidiozoïdes et par conséquent donneront naissance à leurs descendants.

Pour ce qui est de la reproduction sexuelle, elle a lieu par les bourgeons qui, devenus adultes, forment chacun un œuf qui se développe en une colonie (un cyathozoïde, plus quatre ascidiozoïdes), laquelle est pondue par le cloaque. Seuls les quatre premiers ascidiozoïdes sont privés d'œuf, ne développant de leur rudiment génital que le testicule dont les spermatozoïdes pourront féconder des œufs de leurs descendants.

GENRES

Pyrosoma (Péron) est le genre unique de cet ordre. Nous venons de le décrire comme type morphologique. (Colonie, 3 ou 4'm à l"i20; ascidiozoïde, 3 à S""" de long, ce qui est aussi l'épaisseur du lube colonial ; toutes les mers chaudes et tempérées, y compris la Méditerranée, jusqu'à des latitudes moyennes, 47° lat. Sud.)

SYNASCIDES

2" Ordre

SYNASCIDES. — SYNASCIDA

[Tethyes composées (Savigny); — Ascidies composées (Délie Chiaje); Synascidim (Hâckel); — Eutremata aplousiobranciiiata (Lahille,^;./^.) -f

EUTREMATA STOUDOBRANCHIATA (Lahille, jO. jO.)] TYPE MORPHOLOGIQUE

Dans la sous-classe des Ascidiaî, l'ordre des Luciaî (Pyrosome) était une forme aberrante modifiée par la vie pélagique et présentant sous plus d'un rapport une transition entre les Ascidies et les Thalies; aussi notre type morphologique des Ascidise ne s'appliquait-il à lui que très imparfaitement. Il n'en est plus de même ici et nous n'avons pour le transformer en celui des Synascides qu'à ajouter quelques mots à sa description (Voir page 228). Que l'on se représente des ascidiozoïdes semblables à celui de notre type morphologique, nés les uns des autres par bourgeonnement et, le plus souvent, logés côte à côte dans une tunique commune. Ils forment ainsi une colonie ou cormus, non pas creuse, mais massive, adhérente à quelque support, rocher ou plante marine, et les individus, courbés enU, communiquent par leurs deux orifices avec la surface extérieure de la colonie. Mais, tandis que les bouches s'ouvrent à la surface toutes isolément, les orifices cloacaux individuels débouchent presque toujours par groupes dans des excavations de la surface qui constituent des cloaques communs. Les individus groupés autour de cloaques communs constituent ce que l'on appelle un système ou cœtiobie et ces systèmes ont parfois des formes géométriques plus ou moins régulières ('). Dans la substance tunicale commune se rencontrent parfois les spicides calcaires ordinairement incolores et réfléchissant de la lumière blanche, parfois colorés de nuances diverses.

Le bourgeonnement qui donne naissance à ces colonies est un trait

(') On distingue les systèmes suivants : Circulaire, bouches en rond autour d'un cloaque central ; Étoile, bouches dessinant une étoile autour du cloaque central; Elliptique, c'est le cercle du système circulaire allongé en ellipse; Méandrique, la courbe formée par les bouches devient sinueuse;

Bicycliqae, c'est la figure que l'on obtiendrait en invaginant une moitié de la circonférence d'un système circulaire dans l'autre; l'espace intérieur prend la forme d'un croissant et le cloaque est entre la courbe concave et la courbe convexe, dans la partie moyenne la plus large;

Lobé, c'est une exagération du système méandrique dans laquelle les lobes de la courbe se détachent et constituent comme autant de petits systèmes isolés et eu apparence dépourvus de cloaque, mais en réalité rattachés par des galeries tunicales au cloaque dont ils se sont écartés; Irréqulier, ce terme se définit de lui-même.

Les quatre premiers systèmes sont dits simples ou directs parce que le cloaque de chaque ascidiozoïde se jette directement dans le cloaque commun; les autres sont dits composes ou indirects, parce que les cloaques individuels communiquent avec le cloaque conunun par des canaux plus ou moins longs et compliqués, creusés dans la tunique commune.

IIIIOCOIIDUS — ASCIOIÉS

caractéristique du groupe. Mais, ici encore, nous devons renvoyer à plus loin sa schématisation, car il se l'ait par des procédés variés que Ton ne peut ramener à un type unique.

L'ordre des Synascida se divise en quatre sous-ordres :

PoLrcLiNiD/E, ascidiozoïdes empâtés dans une substance tunicale commune, formant des cœnobies irrégulières autour du cloaque commun et disposés perpendiculairement à la surface; de forme très allongée, le tube digestif, les organes génitaux et le cœur étant superposés de haut en bas dans un long sac viscéral situé au-dessous de la branchie;

DiDEMNiD/E, ascidiozoïdes empâtés dans une substance tunicale commune, formant d'ordinaire des cœnobies irrégulières autour du cloaque commun et disposés perpendiculairement ou obliquement à la surface; de forme modérément allongée, les viscères étant rapprochés dans un court sac viscéral situé au-dessous de la branchie;

BoTRYLLiDM , ascidiozoïdcs empâtés dans une substance tunicale commune, groupés encœnobies régulières autour de cloaques communs et disposés presque tangentiellement à la surface; de forme très courte, les viscères étant remontés sur le côté gauche au-dessus du fond du sac branchial. — Appendice : PoLYsrYELiDE/E, groupe mal défini et mal connu dont le caractère bourgeonnant n'est pas établi pour tous les genres et qui se rapproche presque autant des Cynthidœ que des Synascida;

C lavelinidjE, ascidiozoïdes disposés sur des stolons rampants, épars ou plus ou moins groupés, mais non empâtés dans une substance tunicale commune, ne formant pas de cœnobies, dépourvus de cloaque commun ; de forme courte sans abdomen, ou modérément allongée avec un abdomen, les viscères étant situés immédiatement au-dessous de la branchie ou rejetés sur le côté gauche de cet organe.

\" Sous-Ordre

POLYCLINIDÉS. — POLYCLINID.^

[POLYCLINIENS (H. Miluc-Edwards) ; — Polyclinidm (Giard); Ascidie glomerat^e p. p. (Giard)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

(Pl. 44 ET FIG. 179 A 183)

Anatomie. — Caractères de la colonie. — La colonie est massive ou encroûtante, mais toujours épaisse, et il n'en saurait être autrement, les individus étant très longs et disposés perpendiculairement à la surface libre (44, fiçi. 1). Leurs bouches (o.s.) sont éparses sans ordre à la surface et, çà et là, se montrent, sans régularité, quelques larges orifices anfractueux (o. cl.) qui sont les cloaques communs. De ces cloaques communs partent des sortes de galeries superficielles creusées dans la

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