‹ Traite de zoologie concrète (volume 2)Chapitre 11 sur 70 · Partie supérieure du corps de Bonellia viridis $ (im. Spengel · texte numérisé non relu

Partie supérieure du corps de Bonellia viridis $ (im. Spengel

col. il., collier nerveux ; o. sp., conduit sperniatique ; n., tronc nerveux ventral; o. g, orifice du conduit sperniatique; s.sp., sac sperniatique; s. vs., sac viscéral.

Fig. 37.

Bonellia viridis <f (im. Spengel).

oav. g., cavité générale; int., intestin ; o. £, orifice mâle ; pav., pavillon vibratile du sac sperniatique; per., péritoine; p. v. «1., pore excréteur ventral droit ; «pi;-..

masses spermatiques ; vit., contenu de l'intestin.

Coupe transversale du corps

de Bonellia viridis $

(d'ap. Spengel).

kciik itmr.s

Fie. 38.

Hamingia (Danielsson el Koren) (10, fig. 'i el fig. 38 à est presque identique à celui de Thalassema, mais la couleur est verte comme chez Bonellia; il n'y a pas de soies et les orifices Femelles au nombre de deux symétriques sont portés au bout d'une paire de petites papilles allongées, contournées, situées à la place où sont ordinairement ces orifices. Les dessins et descriptions montrent l'animal comme dépourvu de trompe.

Mais cela tient à ce que cet organe, très fragile, s'était détaché sur les échantillons observés. 11 a été étudié par R. Lankester qui le donne comme

40). L'aspect général

Fig. 39.

Ha m ingia gla cia lis (d'ap. Horst).

Organisation générale

ht m ingia glaci

(d'ap. Horst).

Fig. 40.

pores ventraux qui sont ceux des organes excréteurs (fig. :i*>, p.r.d.). Chez B. minor, il \ a, vers la partie supérieure de la l'ace ventrale, une paire de crochets constitués comme ceux di' la femelle (fig. 34, cr.); le mâle de B. viridis est inerme.

La paroi du corps est. sauf les cils, assez semblable à celle de la femelle. La cavité générale est libre seulement dans sa partie axiale contenant les principaux viscères; la partie périphérique est occupée par un parenchyme semblable à celui des Planaires et montrant un vague indice de dissépiments. Un revêtement péritonéal [fig. 35,per.) tapisse ce parenchyme et le sépare de la cavité axiale, mais il est probablement incomplet el les mailles du parenchyme doivent communiquer avec la cavité centrale, car ou \ trouve des éléments sexuels.

Le tube digestif (int.) esl un cylindre clos aux deux bouts qui occupe presque toute la longueur du corps; en haut il se termine eu pointe obtuse; en bas il s'attache par une sorte de ligament au point où devrait être L'anus. Jl esl formé d'une

enveloppe périlolléale, d une rouelle cellulaire hépatique, d'illle

conclu' musculaire et d'un épithélium intérieur cilié. Il est rempli de grosses gouttes huileuses, restes des boules vitellines de l'embryon. Il y a un cordon nerveux semblable à celui de la femelle, formant en haul un collier (fig. 36, col.n.), mais ce collier entoure le canal éjaculateur et non la partie supérieure du tube digestif. Il existe un volumineux organe segmentaire qui occupe la moitié supérieure de l'axe du corps. Il si' compose d'un grand sac formé d'une couche épithéliale propre et d'un revêtement péritonéal qui serl de réservoir du sperme s. sp.). Il en pari un pavillon vibratile [pav.) qui, né -iules parties latérales, descend accolé' à sa paroi et se termine un peu au-dessous de lui par un entonnoir cilié': il v aurail une valvule destinée à empêcher le reflux du sperme par ce canal. Enfin, de sa partie supérieure, aaîl le canal éjaculateur [fig. 'M), c. sp.) qui va s'ouvrir au point où devrait être la bouche. L'est évidemment l'homologue de l'organe segmentaire de la femelle, mais eu raison de ses rapports avec le collier nerveux, Spengel pense que peut-être il s'esl approprié' la partie supérieure du tube digestif pour former son canal éjaculateur. Dans le tissu réticulé parenchymateux et sous la surface du péritoine, se trouvent des cel-

Extrémité supérieure du corps d'Hamingia arctica

(d'ap. Danielssen et Koren).

GEPHYRIENS

semblable à celui de Thalassema et aussi long que le reste du corps (*). Il y a un dimorphisme sexuel semblable à celui de la Bonellie. Le mâle, presque identique à celui de B. minor, muni de crochets comme celui-ci, a été trouvé dans le pharynx. Le caractère de ces crochets achève de déterminer la position taxonomique du genre qui, par l'absence des soies, ressemble aux Géphyriens inermes. ($ Qm,10 à 0m,12, <? 1mm.; dragué dans les mers Arctiques).

Fij.

Saccosoma (Danielssen et Koren) (10, fig. 5 el 5' et fig. 41). Le corps est formé moyenne globuleuse revêtue d'un tégument très mince, transparent, qui laisse voir au-dessous les circonvolutions intestinales; d'une partie inférieure à parois épaisses et opaques qui coiffe la première comme un petit dôme et est percée au bout par l'anus; et d'une partie supérieure à parois épaisses et opaques aussi, qui s'allonge comme un col, et porte à son extrémité la lu niche bordée d'une petite lèvre saillante. Il n'y a ni trompe, ni soies. Tout près de la bouche, du côté ventral par rapport à elle et un peu à sa gauche, est l'orifice génital.

De la bouche part un étroit œsophage rectiligne qui traverse la partie effilée du corps et aboutit à un estomac renflé, et l'appareil se continue par un h"ès long intestin à parois d'une minceur et d'une transparence extrêmes, qui remplit de ses circonvolutions la portion globuleuse du corps. Dans la portion opaque inférieure se trouve le rectum musculeux, à parois opaques. Il n'y a pas de cœcums anaux. Le cordon nerveux,

d'une partie

Iules germinales qui se segmentent, forment des amas et tom- Saccosoma vitreum

bent dans la cavité générale. Ces masses cellulaires sont formées, (d'ap. Danielssen et Koren) comme chez la femelle, d'une assise périphérique entourant

une cellule centrale. .Mais celle-ci dégénère bientôt et ce sont les cellules périphériques qui donnent les spermatozoïdes. Ceux-ci passent par le pavillon dans l'organe segmentaire pour être éjaculés au moment voulu. Enfin, il existe une paire d'organes excréteurs formés d'un simple tube qui débouche au dehors au point indiqué (fig. 35, p. v. d.) et se termine au dedans par un court pavillon cilié' qui ne vibre que d'une manière intermittente. Cet appareil représente à la fois une pain' d'organes segmentaires typiques et les cœcums anaux de la femelle.

Le développement des mâles est. jusqu'à la phase larvaire, entièrement semblable à celui de la femelle, mais la larve se montre déjà privée de bouche et d'anus et conserve son revêtement ciliaire. A ce stade, les mâles se placent dans la gouttière de la trompe de la femelle, puis descendent dans son œsophage où ils restent au nombre de deux à vingt se nourrissant en parasites, à ses dépens. Quand la maturité sexuelle approche, ils ressortent par la bouche, entrent par l'orifice externe dans l'organe segmentaire et se logent dans la chambre des mâles décrite plus haut où ils fécondent les œufs au fur et à mesure de leur passage.

(') Pour le reste, l'organisation est à peu près conforme à celle de notre type général. L'intestin est extrêmement long et contourné, sans être spiral : le siphon est h'ès long, mais en bas il dégénère en une gouttière intestinale séparée de l'intestin par une lamelle décomposée en une double série de petites languettes et il n'y a pas de gouttière intestinale. Les cœcums anaux sont courts, touffus, ramifiés. Chacun est formé d'un tronc principal, court, qui se subdivise en une riche touffe de petites branches dont quelques-unes se ramifient une seconde fois. Ces ramifications portent chacune de nombreux filaments qui sont autant de pavillons vibratiles portés sur un long et grêle pédoncule. Il y a une paire d'organes segmentaires courts et renflés que l'on trouve à la saison convenable remplis d'œufs. L'ovaire, les vaisseaux et le reste ne présentent rien de bien particulier. Notons cependant qu'ici aussi, des globules rouges se rencontrent dans la cavité générale.

ECHIURIDA

(GENRES

Fig. 1. Echiurus Pallasii (d'ap. Greeîf).

Fig. 2. Bonellia (d'ap. Lacaze-Duthiers).

Fig. 3. Thalassema Baronii (d'ap. Greeff).

Fig. 4. Hamingia glacialis (d'ap. Horst).

F/g. 5 ef 5'. Saccosoma vitreum (vu par la face dorsale et par l'extrémité inférieure (d'ap. Danielssen et Koren).

Fig. 6. Epithetosoma norvegicum (d'ap. Danit'lssm et Koren).

Zoologie concrète T. Y

l-.CIIIlItlDI'S

42 et 43).

■ corps allongé, m

Fis. 12.

rmiforme,

bvuch

Exlréniilé supérieure du corps

d' Epithetosoma norcegicum vue de dessus

(d'up. Danielssen et Koren).

Fie. 43.

très net dans la portion colliforme, n'a pu être suivi sur la portion globuleuse du corps et son collier n'a pas été nettement vu. L'ovaire -suit le cordon nerveux. Dans la portion effilée supérieure du corps est un unique organe segmentaire gauche, conforme à la structure typique, muni d'un pavillon cilié, el s'ouvranl au devant de la bouche. Mâle inconnu. On peut se demander si l'absence de trompe est bien réelle et si quelque détérioration accidentelle n'a pas provoqué ici la méprise qui, pour Hamingia, a été relevée par Raj Lankester. L'auteur du genre proposait pour lui une familledes Saccosomatixjë [Saccosomatidx (Koren et Danielssen [0m,03 dont la moitié pour la portion allongée; un seul exemplaire cuire l'Islande et la Norvège] :

Epithetosoma (Danielssen et Koren 10, juj. 6 el Fig. esl surmonté d'un 1res long prolongement fusiforme terminé en pointe, rond sur la coupe et communiquant avec la cavité générale, qui représente la trompe. Laboucheest à la base du côté ventral, l'anus esl terminal inférieur; un peu en avant et a droite de la bouche, est un minime pore génital.

Il n'y a pas de soies. Sur les côtés de la hase de la trompe, un peu dorsalement, se voienl deux lentes courbes, à concax ité tournée vers la trompe, dont le fond est percé de quatre petits trous, alignés à la file, qui conduisent dans la cavité générale. De la bouche part un court œsophage qui s'ouvre par une conslriction dans un large intestin qui parcourt le corps en ligne droite et aboutit à l'anus. Sa tonne générale est cylindrique, mais il est fortement gaufré, sauf le long de la ligue dorsale où règne une large bande musculaire rectiligne, disposition comparable à celle du gros intestin des Mammifères, mais avec une seule bande musculaire au lieu de trois. Un mésentère ventral rattache l'intestin à la paroi du corps. Celle-ci est mince ; la ca\ ité générale est presque \ irtuelle, l'intestin la comblant presque entièrement. Le cordon nerveux a la disposition habituelle, il est fixé à la paroi et parcouru par un large canal épendymaire. Sur le côté droit de l'œsophage esl un organe segmentaire conformé et disposé comme celui de Saccosoma, mais dont le pavillon n'a pas été nettement vu. Les cellules germinales paraissent se développer sur les côtés du mésentère intestinal. Il n\ a pas de cœcums anaux. ( tn ne peut dire s'il \ a dimorphisme sexuel. ni les cellules germinales ni le contenu de l'organe segmentaire n'ayant permis de distinguer les sexes.

Cette très curieuse organisation s'éloigne sensiblement de celle des autres Géphyriens, en particulier par ces deux fentes s'ouvrant par (]c> trous dans la cavité générale el que les auteurs du genre considèrent, certainement sans raison, comme un appareil respiratoire. II est boude remarquer que ce genre n'étant connu que par deux échantillons fort détériorés, les descriptions précédentes ne peuvent être acceptées que sous réserve. (Corps 0m,0i2 sur 0m,002 de large; trompe II1",!):! sur 0m,008 de large: dragué près des côtes nord de Norvège'.

Sternaspis (Ollo) (11 et fig. 44 à 4G) est constitué d'une manière fort différente des autres Echiurides et Ton peut dire des autres Géphyriens. Le

(Ce

Ce rué

Organisation interne de L'extrémité

supérieure à! 'Epithetosoma norvegicum

(d'ap. Danielssen et Koren).

GEPIIYRIENS

Fig. 44.

te c&£

Soie de

Sternaspis spinosus

(d'ap. Sluiter).

corps, long de 2 à 3 centimètres, ressemble à celui d'un Annélide {fig. 1). Il est, en effet, divisé en une vingtaine de segments réguliers très nets. A l'extrémité supérieure, mais un peu ventralement, est la bouche (Jb); les trois anneaux suivants sont munis, sur les parties latérales de leur face ventrale, d'une rangée de soies, longues et fines, très visibles à l'œil nu (s. et fig. 44). Un peu au-dessus de la partie moyenne du corps,

se trouve Vanneau génital marqué par la présence d'une paire de longues papilles cylindriques, molles, partant du bord inférieur de l'anneau et portant à leur extrémité Y orifice génital (fig. i, o.gt.). Au-dessous de la région génitale, les anneaux sont incomplets sur la face ventrale. Il y a là une large bande médiane sur laquelle les segments n'empiètent pas. A l'extrémité inférieure de la face ventrale, cette bande s'élargit et porte un important épaississement cuticulaire, le bouclier ventral (bel.). Ce bouclier n'est formé que d'une lame chitineuse, mais il est saillant sur les bords, fort épais, et a l'aspect d'une production indépendante; de son centre plus saillant, partent des côtes radiaires qui divisent sa surface; de ses bords, échancrés ou ondulés en correspondance avec ces côtes, partent des faisceaux de longues et fortes soies, beaucoup plus développées que celles des anneaux supérieurs. Il y en a dix faisceaux environ de chaque côté. Au-dessous du bord inférieur du bouclier, se trouve, sur une surface appartenant encore à la face ventrale, une paire de plaques cuticulaires épaissies, allongées en travers, à angles arrondis, percées d'une rangée de petits trous disposés transversalement (pi.). Par ces trous sortent autant de longs filaments branchiaux, très fins, très mobiles, souvent entortillés en ressort à boudin (fl. br.). Enfin, tout à fait à l'extrémité terminale inférieure, est Vanus (an.) porté au sommet d'un petit cône saillant. La face dorsale ne présente rien de particulier. Il résulte de la disposition des stries et des soies du bouclier que la région de cet organe représente une dizaine d'anneaux sétigères rapprochés et fusionnés : les côtes du bouclier représentent les lignes de soudure et c'est seulement par un phénomène secondaire qu'elles sont plus ou moins convergentes vers un point de la ligne médiane, au lieu d'être disposées transversalement. Cela accentue le caractère annelé, on pourrait dire annélide, de l'animal et ce caractère sera encore plus évident si l'on ajoute que les autres anneaux du corps, non pas tous, mais les sept à huit moyens, sont aussi porteurs de soies, disposées comme celles des anneaux céphaliques, mais rudimentaires et souscutanées, ne traversant pas la cuticule. Enfin, sur toute la surface du corps, sont de minimes papilles filiformes, invisibles à l'œil nu, que l'on appelle cirres.

Il nous reste à décrire un organe important sur lequel planent encore

i.ciiirnii»i:s

certains doutes, la trompe. Chez S. spinosus de Java, Sluiter a constaté l'existence d'une trompe (fig. 45) très développée, plus grande que le corps (0m,03à 0">,0^. Celle trompe commence à l'extrémité supérieure du corps par un pédoncule étroit sur la face ventrale duquel est percée la bouche; mais aussitôt au-dessus de celle-ci elle se divise en deux cornes

Fia;. 45.

Extrémité supérieure du corps

de Sternaspis spinosus (d'après Sluiter'

1»., bouche.

qui vont en grossissant jusque vers le milieu, puis en s'effilant du milieu jusqu'au bout, qui de nouveau est un peu renflé. Ces deux cornes sont partout cylindriques sur la coupe, nulle part creusées en gouttière. Elles sont souvent enroulées sur elles-mêmes. Cette trompe se détache avec la plus grande facilité et l'animal cicatrise la plaie et ne paraît pas autrement incommodé. Sur les espèces de nos pays, ni Rietsch ni Vejdovsky qui ont manié des centaines d'exemplaires n'ont trouvé trace de trompe. On remarque seulement, en arrière de la bouche, une petite protubérance conique, imperforée au sommet, munie d'un sphincter à sa base. Comme chez S. spinosus, de même que chez beaucoup d'autres Géphyriens, la trompe se détache avec une facilité extrême, on peut se demander si cette protubérance ne représente pas la base d'une trompe tombée, mais ni Rietsch, ni Sluiter lui-même n'y ont trouvé trace de cicatrice. Il reste donc possible, soit que la trompe soit rudimen taire chez la plupart des espèces, soit qu'elle se détache dès le jeune âge par un fait de caducité normale.

La paroi du corps est formée par les couches habituelles, mais la cuticule est très développée et se prolonge sur toute la trompe où elle est fort épaisse; nulle part (sauf dans la bouche) il n'y a de revêtement ciliaire. Une paire de grands muscles rétracteurs sous-péritonéaux (11, fig. 5) dépendant de la couche longitudinale (mais assez comparables néanmoins aux rétracteurs libres dans la cavité générale des Siponculides) s'attachent en bas au bouclier ventral, montent le long de la paroi

GEPHYMENS

ventrale et se dissocient en haut chacun en quatre faisceaux qui s'attachent à l'anneau buccal et aux trois anneaux sétigères suivants. Ces muscles invaginent la partie supérieure du corps. Les cirres sont de fins prolongements cuticulaires creux, implantés sur une base épaissie. Leur cavité traverse toute l'épaisseur de la cuticule et, par ce canal, pénètre jusque dans leur intérieur un prolongement des parties molles dans lequel Rietsch voit une connexion nerveuse, ce qui en ferait des organes sensitifs, tandis que Vejdovsky et Sluiter, constatant que les vaisseaux vont jusqu'à leur base, leur attribuent une fonction respiratoire. Les soies sont constituées (au point de vue des relations histologiques) comme celles du type des Echiurides; sous leur

base le cul-de-sac épithélial qui les conlient porte une énorme cellule qui semble spécialement destinée aies former. La trompe (fig. ïQ) est occupée intérieurement par un parenchyme musculaire réservant de larges mailles où le liquide cavilaire a accès. Ces muscles sont formés par la couche longitudinale qui échange des faisceaux d'un point à l'autre en travers de sa cavité; quant à la couche circulaire, elle n'est point modifiée.

Le tube digestif (11, fig. 4) commence par un pharynx ovoïde (ph.), à replis fortement saillants dans sa cavité, garni de cils, et continue par un œsophage (œs.) rectiligne, cilié aussi, renflé en bas en un jabot (jb.). Puis, vient un énorme estomac cylindrique (est.), non cilié, à épithélium hépatique épais, muni d'une gouttière vibratile ventrale, mais non d'un siphon, qui descend en décrivant de nombreuses circonvolutions presque sous le bouclier; de là, remonte un intestin plus étroit (int.), qui entortille ses circonvolutions avec celles de l'estomac et s'élève jusqu'au jabot, puis un rectum (rect.) qui descend en ligne droite jusqu'à Yanus. La gouttière vibratile continue sur l'intestin et le rectum et ne s'arrête qu'à une petite distance au-dessus de l'anus.

Le système nerveux (fig. 5) présente ceci de particulier qu'il y a, en arrière du pharynx, une paire de petits ganglions cérébroïdes (ggl. crb.) d'où part un anneau (col. œs.) qui se ferme en avant du pharynx pour

Sternaspis spinosus.

Coupe des deux branches de la trompe au niveau de la bouche

(d'ap. Sluiter).

!>., bouche; eut., cuticule; n., acrf's; v. atf., vaisseaux afférents; v. ef., vaisseaux efferents.

ÉCHIURIDES i>

former le cordon ventral {n.). (liiez S. spinosus, il y a en outre une paire de nerfs qui, naissant tin cerveau, se portent clans la trompe et suivent jusqu'au bout chacun Tune de ses cornes. A l'extrémité inférieure, le cordon ventral, qui, dans tout le reste de son parcours, était dépourvu de renflements ganglionnaires, s'élargit et forme une vingtaine de paires de ganglions très serrés les uns contre les autres (fig. 6).

L'appareil circulatoire comprend un vaisseau dorsal (fig. 2, vd.) qui suit la génératrice dorsale du tube digestif d'un bout à l'autre, en fouroissant de nombreux rameaux à cet appareil. Ces rameaux communiquent à la face ventrale de l'organe avec un vaisseau qui suit la gouttière vibratile. En haut, le vaisseau dorsal se ramifie sur le pharynx, et de ces ramifications en partent d'autres qui se réunissent à la face ventrale du pharynx pour former l'origine du vaisseau ventral (v. v.) qui descend sur la ligne médiane, en arrière du cordon nerveux. Ce vaisseau donne des rameaux aux anneaux du corps, au tube digestif (v. int.), aux organes segmentaires et aux organes génitaux (v. gt.). Arrivé au niveau du bouclier ventral, il émet une à trois paires de branches qui se divisent sur la face interne du bouclier en ramifications terminées par des dilatations ampullaires en cœcum. Chez S. spinosus, les vaisseaux dorsal et ventral ne s'épuisent pas dans leurs ramifications pharyngiennes, mais se divisent en deux branches qui suivent chacune jusqu'au bout les cornes de la trompe, sans se jeter l'une dans l'autre, mais en communiquant (du moins le vaisseau dorsal, plus central et plus large) avec les lacunes cavitaires de l'organe.

En bas, le vaisseau ventral et le dorsal se terminent chacun par une houppe de canalicules (v. br.) qui entrent dans les branchies et communiquent entre eux aux extrémités de celles-ci. Chaque branchie reçoit un canalicule afférent du vaisseau ventral (fig. 3, v.br.a.) et envoie un canalicule efférent au dorsal. Les canalicules branchiaux portent à leur origine un renflement ovoïde (*).

Le sang est coloré en rouge, mais sans globules. 11 circule de bas en haut dans le vaisseau dorsal, de haut en bas dans le ventral. L'impulsion lui est donnée seulement par les mouvements généraux, car l'opinion de Vejdovsky que le dorsal serait contractile ne semble pas exacte; il n'a d'ailleurs pas d'éléments musculaires. Les ampoules terminales des ramifications inférieures du vaisseau ventral ne sont pas contractiles; elles serviraient de réservoir au sang pendant la rétraction du corps.

Les organes génitaux (gl. gt.), pareils dans les deux sexes (vu 1 absence complète de dimorphisme), sont situés dans l'axe des circonvolu-

(*) Les observateurs ne sonl pas d'accord ici. .Nous avons suivi l'opinion de Vejdovsky. Pour Sluiter, les relations sonl les mêmes, mais les renflements ovoïdes ae sonl pas sur le trajetdes vaisseaux ; ils conduisent dans la cavité des tubes branchiaux el s'ouvrent en haul dans la cavité générale. Poux* Rietsch, le vaisseau dorsal communiquerai! seul avec les branchies, le ventral se recourbanl en bas pour former l'origine du vaisseau qui suit la i r« mttière vibratile de l'intestin.

46 GÉI'HYRIENS

tions digestives. Les vaisseaux venus du ventral qui vont à ces circonvolutions traversent cet espace axial et là sont chargés d'éléments germinaux. La glande développée forme deux paires de lobes allongés inégaux qui se soudent tous ensemble en haut et émettent en ce point deux canaux sexuels qui montent isolément vers les orifices indiqués. Il ne semble pas, d'après cela, qu'ils représentent une paire d'organes segmentaires.

Il y a une paire <ï organes segmentaires (sg.) situés, comme les organes génitaux, dans l'axe des circonvolutions intestinales, mais plus haut. Ils ont la forme d'une paire de sacs irréguliers insérés à la paroi du corps par un prolongement dirigé en bas et s'ouvrant par là au dehors sur l'anneau génital, au-dessus des papilles sexuelles, par une paire de pores extrêmement petits. On n'a pu leur découvrir de pavillon vibratile ni de communication avec la cavité générale. D'ailleurs, cette communication est inutile, au moins relativement à l'émission des produits sexuels (').

Les mœurs de l'animal sont très simples; il se traîne paresseusement ou reste immobile enfoncé dans la vase qu'il avale, ne laissant passer que ses branchies. Inquiété il invagine la partie supérieure de son corps. On ne sait comment il se sert de sa trompe.

Le peu que l'on connaît du développement ne permet pas de trancher les questions litigieuses qui se posent au sujet de cet être singulier. Il est incontestable qu'il a des caractères de Polychète et de Géphyrien. Il est Polychète par la multiplicité de ses soies, par son annulation et, en partie, par son système nerveux; Géphyrien, par son tube digestif, ses organes segmentaires et génitaux, sa cuticule, ses muscles rétracteurs, etc. La trompe semblerait trancher la question dans ce dernier sens, le fait qu'elle est absente ou précocement caduque chez la plupart des espèces étant indifférent dans la question (*) ; mais par ses caractères anatomiques, cette trompe diffère sensiblement de celle des Echiurides. Tout cela étant compris, le reste n'est plus qu'affaire de goût, puisque l'on manque de raisons décisives. Lîietsch fait du Stemaspis un vrai Polychète ; Vejdovsky en fait la souche commune des Polychètes et des Géphyriens; nous le laisserons avecSLUiTER parmi les Géphyriens en constatant que, parmi les Echiurides qui déjà font passage aux Polychètes, c'est lui qui se rapproche le plus de ces derniers animaux (3) (0,02 à 0,03 sans la trompe ; dans la vase la plus fine des dragages, depuis une profondeur modérée ; cosmopolite).

(!) Rieïsch ne croit pas qu'ils s'ouvrent au dehors; leur union au tégument seraitimperforée. Vejdovsky ne leur trouve même pas de cavité intérieure. Mais Sluiter donl nous acceptons les idées décrit nettement les choses comme nous l'indiquons ici.

(2) 11 est à remarquer que les dispositions anatomiques concourent a rendre plus facile cette chute de la trompe, car le collier nerveux si' fermant à sa base, et les vaisseaux dorsal et ventral communiquant ensemble sur le pharynx, les connexions vasculaires et nerveuses restent parfaites après la chute, ce qui n'aurait pas lieu chez un Échiure ou une Bonellie.

(:)) Il semble raisonnable d'accepter d'en faire au moins le type d'une famille spéciale qui serait celle des St]-:i;x.i.<i'ix.e [Sternaspiden (Sluiter)].

ECHIURIDA

GENRE STERNASPIS

an., anus;

a/7/7, gt., anneau génital;

b., bouche;

bel., bouclier ventral ;

cd. gt., conduit génital;

ce/, œs.f collier nerveux périœsophagien ;

dit., dilatation des vaisseaux branchiaux :

fl. br., filaments branchiaux ;

ggl. crb.f ganglions cérébroïdes ;

gl. gt., glandes génitales;

int, intestin;

jb., jabot;

n., cordon nerveux ventral;

œs.; œsophage;

o. gt., orifice génital;

o. sg., orifice des organes segmentaires ;

ph., pharynx;

pi., plaque criblée à travers laquelle ont

accès les filaments branchiaux:

rect., rectum; s., soies;

sg., organe segmen taire; v. br., vaisseaux branchiaux; v. br. a., vaisseaux branchiaux afférents; v. br

v. d., vaisseau dorsal; v. gt., vaisseaux génitaux ; v. int., vaisseau intestinal; v. v., vaisseau ventral.

e., vaisseaux branchiaux efférents;

Fig.

Fig.

Fig.

Fig.

Fig.

L'animal vu du côté ventral (im. Vejdovsky, Rietsch).

Appareil circulatoire (Sch.).

Appareil vasculaire des filaments branchiaux (im. Vejdovsky).

Appareil digestif (Sch.).

Muscles, organes génitaux et système nerveux (Sch.).

Partit' inférieure du tronc nerveux ventral (d'ap. lUetsch).

Zoologie concrète. T. V

anfff ' "'".-pi

Il L J

jglcrb

col ceô

IIIIYOZOAIRKS

2e Classe

BRYOZOAIRES

BRYOZOARIA

[Polyzoa (G.-W. Thompson); — Bryozoa (Ehrenberg);

Il II [CHYSCOLECIDA (EhLERS)*]

Les Bryozoaires sont 1res variés et présentent dos différences considérables dans les points les plus importants de leur structure. Aussi 1rs caractères communs aux différentes formes composant la classe sont-ils peu uombreux, 1 ► i < ' 1 1 qu'assez importants cependant pour légitimer leur réunion en un même groupe. Il résulte de là que le type morphologique de la classe ne pourra être que très sobrement décrit. C'est seulement pour les sous-classes que nous pourrons constituer des l\ pes morphologiques suffisamment détaillés pour donner une idée à peu près complète des êtres qu'ils représentent.

(FIG. 47 et 48)

Le type du Bryozoaire est un petit être en forme d'ovoïde allongé (fig\ 47), qui vit fixé par sa base dans la mer ou dans l'eau douce. Les faces verticales du corps sont revêtues d'une cuticule sécrétée par l'ectoderme et ne présentent ni orifices ni particularité de structure. L'extrémité supérieure est ornée d'un cercle de tentacules (tt.) qui constitue la couronne tentaculaire. Au centre de ces tentacules est la bouche (b.), en un point de la circonférence est l'anus (an.) qui, par sa position, détermine le côté dorsal. Les tentacules sont délicats, très mobiles, non revêtus de cuticule et garnis de cils vibratilest

Fie. \-,.

(J) Le nom de Polyzoa employé généralement par les auteurs de langue anglaise esl antérieur d'une année environ lfr'" ;i" 'i''11 de l^îl à ''lui de Bryozoa. Mais ce dernier esl universellcmenl adopté sur notre continent. — Ehlers 90 comprend sous le nom de Brachyscolecida les Bryozoaires plus le Cephalodiscus el le Rhabdopleura. Il divise ses Brachyscolecida en trois groupes: 1rs /;. tentaculata qui

sont nus Bryozoaires ectoproctes, 11- cirrata qui sont uns endoproctes <■! /;. branchiata qui correspondent a nos Axobranches ptérobranches voir plus loin) qui comprennent Cephalodiscus '•! Rhabdopleura. Quant ;i Phoronis, il le laisse avec les Géphyriens.

Bryozoai re.

(Type morphologique] s,h.).

Aspect do l'extérieur.

an., anus; !>., bouche; tt., tentacules.

BRYOZOAIRES

Fia:. '.8.

L'organisation intérieure, fort simple, nous montre (fig. 48) un tube digestif formant une anse très fermée entre la bouche et l'anus. Derrière le pharynx, un gang-lion cérébroïde (G.) qui constitue à lui seul le système nerveux central. Ce ganglion émet des nerfs pour les tentacules et sans doute pour les viscères et la paroi du corps, mais les premiers seuls ont été bien constatés. Il n'y a pas d'appareil circulatoire.

Il est impossible de ramener à un type unique la constitution des appareils excréteur et génital, ainsi que les phénomènes de bourgeonnement et de reproduction (').

La classe des Bryozoaires se divise en deux sous-classes (*).

Ectoprocti.k : ayant la couronne tcnlaculaire rétractile dans une portion

..al

Bryozoaire (Type morphologique).

Coupe sagittale.

an., anus; 1»., bouche; est., estomac; G., ganglion cérébroïde : tt., tentacules.

l1) L'appareil excréteur peut manquer [Ectoproctix) ou être représenté par une paire de petits tubes s'ouvrant d'une part dans la cavité' générale ei d'autre part au dehors, entre la bouche et l'anus, par deux petits orifices (Endoproctix). Lorsqu'il n'y a pas d'organes excréteurs spéciaux, l'excrétion se produit, cela est inévitable, mais par des moyens détournés et variables. Tantôt ce sont les leucocytes de la cavité' générale qui se chargent des granulations excrémentitielles et sont

évacuées par un tube en Y, s'ouvrant par deux branches dans la cavité générale et par la branche impaire entre la bouche et l'anus, représentant sans doute l'organe excréteur ci-dessus décrit, mais réduit à un rôle purement mécanique [Phylactolxmida] ; tantôt les granulations excrémentitielles se fixent dans les cellules de l'épitbélium digestif qui sert de rein d'accumulation, et l'organisme ne s'en débarrasse qu'eu éliminant son tube digestif et, par la même occasion, tous ses autres organes internes, ne conservant que la paroi de son corps qui régénère le reste (Gymnolxmida, corps bruns).

Les organes génitaux peuvent constituer deux glandes, munies de canaux excréteurs, s'ouvrant au dehors par un orifice commun entre la bouche et l'anus (Endoproctix] ou se former directement dans la cavité générale aux dépens du mésoderme de la paroi du corps. Leurs produits sont alors évacués : soit (les spermatozoïdes du moins, mais pas les œufs) par le canal en Y lorsqu'il existe; soit par un tube évacuateur temporaire qui se forme à la place où se trouve chez d'autres le tube en Y; soit par débiscence ou rupture de la paroi du corps; soit par le moyen de réceptacles spéciaux qui bourgeonnent, pour la circonstance, sur la paroi du corps; soit enfin en profitant de celte destruction des viscères que nous avons vue être provoquée par l'accumulation de granules evcrémentiticls dans l'épithélium digestif et qui ouvre largement la cavité' générale avant que la régénération de ces mêmes parties soit venue la fermer de nouveau.

Ajoutons enfin que la cavité générale est tantôt occupée par un parenchyme (Endoproctix), tantôt libre, le mésdderme se condensant en membranes plus ou moins nettes sur les parois du corps et du tube digestif [Ectoproctix).

(2) Jullien [91] propose tout un remaniement de la classification des Bryozoaires que

Page 1