ita Busk) 2. Fa ciculinata Jullien
/ :t. il : il Orbi
A propos de ces dénominations, signalons le terme d'origelle donné par Jullien à toutes ces formations auxquelles il attribue la signification de bourgeons.
50 BRYOZOAIRES
Idée générale de l'être. — L'animal est fort petit, ne mesurant guère qu'un millimètre de haut. A l'état rétracté (12, fig. 2), il se présente sous la forme d'un ovoïde fixé par sa base aplatie, et percé au sommet d'un orifice (o.) qui, à cet état, est fermé. Mais quand il se développe, on voit sortir par cet orifice une couronne de tentacules délicats dont l'ensemble dessine un entonnoir à base supérieure (12, fig. 1). C'est la couronne tentaculaire (cour. tt.). Au centre de l'espace circonscrit par la base des tentacules, est la bouche (b.); l'anus (an.) se trouve un peu plus bas, hors de la couronne tentaculaire et détermine comme postérieur le côté où il se trouve. La portion du corps que l'on voit quand l'animal est rétracté (12, fig. 2), est revêtue d'une épaisse cuticule (eut.), qui lui donne une certaine rigidité; mais, à l'état d'extension (12, fig. 1), se montre entre la portion rigide et la base des tentacules une zone annulaire souple assez étendue (gaîne tt.). C'est sur cette zone que s'ouvre l'anus. Quand l'animal se rétracte (12, fig. 2), cette portion souple s'invagine en doigt de gant, et les tentacules qui, eux, rentrent en bloc sans s'invaginer, se trouvent contenus à son intérieur. Cette portion de la paroi leur constitue, à cet état, un fourreau qui a reçu le nom de gaine tentaculaire. De la bouche part un tube digestif qui forme une anse très fermée pour remonter à l'anus. Le fond du cul-desac digestif est rattaché au fond de la paroi du corps ou à quelque point voisin, par un cordon de tissu appelé le funicule (12, fun.). Entre le tube digestif et la paroi du corps, est une vaste cavité générale occupée par un liquide périviscéral abondant.
On donne souvent deux noms distincts aux deux parties constitutives de l'animal : la paroi du corps jusqu'à la base de la couronne tentaculaire s'appelle la loge ou le cystide, et on nomme polypide l'ensemble formé par le tube digestif, le funicule, les tentacules, la gaîne tentaculaire et les autres organes. Prouiio appelle bryozoïte l'ensemble du cystide et du polypide. La zoécie est l'individu considéré sans égard à la distinction entre polypide et cystide.
Paroi du corps. — La paroi du corps comprend essentiellement : un êpiderme (12, ex.) à une seule assise, limité en dehors par la cuticule (eut.) qu'il sécrète et en dedans par une membrane basale; une tunique musculaire à deux assises, formée de fibrilles transversales en dehors, longitudinales en dedans; enfin une couche pêritonéale (in.).
Sur les parois de la loge, la cuticule est épaisse et forme une cuirasse protectrice efficace, relativement rigide, mais assez élastique cependant pour permettre certaines déformations. Elle est formée de chitine. Sur la gaîne tentaculaire, elle devient brusquement beaucoup plus mince pour laisser toute sa souplesse à cette région, qui d'ailleurs a moins besoin d'être protégée puisque, en s'invagïnant, elle se dérobe à tous les dangers. Sur les tentacules, elle disparaît tout à fait.
Vépiderme est à une seule assise de cellules cubiques ou prismatiques non ciliées, sauf sur les tentacules (tt.).
ECTOPROCTIÉS 51
La couche musculeuse comprend des petits faisceaux de fibrilles lisses disposées les unes transversalement, les autres longiludinalement, celles-ci eu dedans de celles-là. Leur ensemble constitue les muscles pariétaux. Au pointoù la loge se continue avec la gaine tentaculaire, les transversales sont accumulées en plus grand nombre et forment un sphincter qui sert à fermer l'orifice delà loge quand l'animal est rétracté.
La couche péritonéale est formée d'une seule assise de cellules (').
Tentacules. — Les tentacules, au nombre d'une vingtaine environ, sont des prolongements creux de la paroi du corps. Leur cavité, fermée au sommet, communique à la base avec celle du corps. Ils sont rangés en cercle autour de la bouche et divergent en dessinant un cône à base supérieure. Sur la coupe (12, /ig. 3), leur forme est plutôt trapézoïdale qu'arrondie. Leur face externe est convexe et plus large que l'interne, et leurs faces latérales sont aplaties.
Leur paroi comprend les mêmes éléments que celle du corps, mais avec certaines différences importantes. L'épidémie n'a pas de cuticule; il est formé de grosses cellules dont certaines sont ciliées et les autres nues. 11 v a des cils vibratiles à leur face interne et le long d'une étroite rangée sur leurs faces latérales; le reste des faces latérales est nu. La face dorsale n'a pas de cils, mais porte quelques rares soies rigides qui servent d'organes de tact (s.).
La couche péritonéale se prolonge dans les tentacules et limite leur cavité. Entre l'épiderme et la couche interne se trouvent les fibrilles musculaires qui représentent les muscles pariétaux de la paroi du corps, mais réduits ici à quelques éléments longitudinaux le long des faces interne et externe (mcl. ext. et mcl. int.).
Tube digestif. — Le tube digestif est fort simple, aussi bien dans sa structure que dans sa disposition. La bouche (12, /ig. 1 eï2) est un orifice arrondi situé au centre de la couronne tentaculaire. Il en part un œsophage cylindrique qui commence par une légère dilatation infundibuliforme, lepharynx, et descend vers Y estomac (est.). Celui-ci est ployé sur lui-même avec ses orifices cardiaque et pylorique rapprochés, et forme dans sa partie moyenne un profond cul-de-sac qui descend dans la cavité du corps. L'intestin part du pylore en montant et conduit à un rectum qui aboutit à Y anus (an.).
La structure est semblable à celle de la paroi du corps, sauf les modi-
(!) Le caractère de ces cellules es! assez variable. Chez les Phylactolémides, elles constituent un feuillet épithélial régulier et cilié; chez les Gymnolémides, il n'y a pas de cils;
dans les parties jeunes, la dispositi îpithéliale est parfaite, mais dans 1rs parties vieilles,
1rs ci 'Il nies se dissocient, deviennent fusiformes el forment un réseau plus ou moins irrégulier.
Il > a évidemment là une transition entre la disposition primitive parenchymateuse qui - rencontre chez les Endoproctiés el la tunique régulière el ciliée des Phylactolémides.
On a donné à cette couche, chez les Gymnolémides le uom d'endosarque [Jouet]; el, chez tous lesEctoproctiéSjOn a appelé ectocystela cuticule el endocyste l'épiderme. Les dénominations
de ce genre, données dans chaque groupe sans souci des autres où les mê s choses reçoi-
venl encore d'autres noms, ne font qu'encombrer la langue et doivent être rejetées.
52 BRYOZOAIRES
fîcations inévitables. L'épithélium digestif est assez bas et incolore dans le pharynx, dans l'œsophage, dans l'intestin et dans le rectum. Dans l'estomac, au contraire, surtout dans le cul-de-sac, les cellules deviennent très élevées et se chargent de granulations qui leur donnent une teinte variant du jaune au rouge et au brun. Cet épithélium est certainement glandulaire et, évidemment, capable en même temps d'absorber. L'épithélium est cilié partout sauf dans le rectum; les cils sont rares dans le cul-de-sac stomacal. La couche péritonéale ne diffère en rien de celle de la paroi du corps. La couche musculaire, très forte sur le pharynx et l'œsophage, est surtout représentée par des éléments transversaux qui communiquent au tube digestif des mouvements péristaltiques énergiques. Aux orifices cardiaque et pylorique de l'estomac se trouve une valvule formée par une saillie des couches musculaire et épithéliale interne.
Funicule. — Le funicule (fun.) n'est autre chose qu'un cordon mésentérique dépendant de la couche péritonéale. C'est un tube cellulaire formé d'une seule couche d'éléments qui va du fond du cul-de-sac stomacal au fond de la loge, se continuant par ses extrémités avec la couche péritonéale de ces deux régions, il ne contient pas d'éléments musculaires.
Musculature. — Indépendamment des muscles pariétaux et de ceux du tube digestif, qui font partie intégrante de ces organes, il y a divers muscles extrinsèques. Les plus importants sont les grands rétracteurs (mcl. r.). Ce sont deux grandes bandes musculaires striées, situées à droite et à gauche de l'animal. Ils s'insèrent en haut sur les côtés du pharynx et en bas sur la paroi du corps dans la partie inférieure. Les autres sont les muscles ]jariéto-vagi?iaux (mcl. vg.). Ils sont constitués par des faisceaux longitudinaux qui se portent de la paroi de la loge au point d'union de la gaine avec la loge.
Cavité générale. — Elle est très vaste, occupée par un liquide aqueux contenant quelques rares amœbocytes qui semblent dérivés de la couche péritonéale. Dans la plus grande partie de son étendue, elle est libre. Mais, un peu au-dessous de la bouche, elle est divisée par un diaphragme en deux parties, une très petite appelée le canal circulaire, l'autre très vaste comprenant tout le reste du cœlome. Ce diaphragme, formé d'une simple lame péritonéale, est complet en avant et sur les côtés, s'insérant d'une part au pharynx, d'autre part à la paroi du corps, un peu au-dessus du niveau de l'anus. Mais en arrière il est incomplet et laisse communiquer le canal circulaire avec la cavité générale. Il est traversé par le pharynx, mais non par l'intestin qui reste tout entier au-dessous de lui. On l'a comparé aux dissépiments des Annélides (').
Système nerveux. — Le système nerveux central est représenté par un unique ganglion cérébroïde (G.) situé dans le canal circulaire, mais sous la couche péritonéale, en arrière du pharynx. De ce ganglion partent les
(x) Certains auteurs assurent que, chez les Gymnolémides, ce diaphragme est imperforé, mais la chose ue paraît pas certaine, et chez les Phylactolémides il est certainement incomplet eu arrière ël sui' les cotés.
ECTOPROCTIIE
(TYPE MORPHOLOGIQUE
an., anus;
bouche., ouverture buccale;
cour, tt., couronne tentaculaire;
eut., cuticule;
est., estomac;
ex., ectoderme;
fun., funicule;
G., ganglion cèrébroïde;
g., masse génitale;
gaîne tt., gaîne tentaculaire;
in., couche interne de la paroi et revêtement péritonéal ;
mcl. ext., muscles de la face externe du tentacule;
mcl. int., muscles de la face interne du tentacule ;
mcl. r.. muscles rétracteurs ;
mcl. vg.; muscles pariéto-vaginaux
tt., tentacules.
Fig. 1. Coupe sagittale de l'individu en état d'extension (Sch.). Fig. 2. Coupe sagittale de l'individu contracté (Sch.). Fig. 3. Coupe transversale d'un tentacule (im. Nitsche).
Zoologie con« ni \ e. T. V.
lu
ECTOPROCTIÉS .">.'!
nerfs qui vont aux tentacules et il semble y avoir quelques lilels qui se rendent vers L'œsophage et la gaine tentaculaire, pour se continuer sans doute au delà et aboutir tout au moins aux fibres musculaires.
Appareil excréteur. — Il n'y a pas d'organes excréteurs différenciés
sous tonne de glandes ou de canaux seçmentaires.
Organes reproducteurs. — L'animal est hermaphrodite. Les produits sexuels (g.) se forment sur la paroi du corps ou sur le funicule. Les produits mâles naissent le plus souvent sur le funicule lui-même, ou près de sa hase. Les produits femelles ont plus de tendance à s'écarter du fond de la loge; ils peuvent naître sur le funicule lui-même, on les rencontre principalement à sa hase; mais généralement, ils sont loin de lui vers le haut de la loge. Les uns et les autres sont formés par une simple transformation des cellules périlonéales, précédée sans doute des divisions réductrices nécessaires. Les spermatozoïdes constituent un amas assez considérable pour mériter le nom de testicule, tandis que les œufs se forment en petit nombre à la fois (souvent un seul), en sorte qu'il ne saurait guère être question d'ovaire.
Physiologie.
Habitat. — L'animal hahite la mer ou l'eau douce et vit fixé par la hase de sa loge collée sur quelque ohjet immergé, algue, rocher, débris de coquille, etc.
Mouvements. — Il n'a d'autres mouvements généraux que ceux d'épanouissement et de rétraction. Normalement, il est épanoui, ses tentacules étant étendus et écartés au maximum; mais à la moindre alerte il se rétracte avec la rapidité de l'éclair. Pour cela, il contracte ses muscles grands rétracteurs et entraîne la couronne tentaculaire dans l'intérieur de la loge, la gaîne tentaculaire s'invaginant en doigt de gant pour permettre ce mouvement. La striation de ces muscles rend compte de la vivacité de leur contraction. En même temps, le sphincter situé à l'union de la loge et de la gaîne se contracte et ferme tout passage à l'ennemi.
Les muscles lisses pariéto-vaginaux servent sans doute à maintenir et à assurer l'état de rétraction. Mais, au bout de quelque temps, le sphincter et les muscles pariéto-vaginaux et rétracteurs se relâchent, tandis que les muscles pariétaux de la loge se contractent et tendent à diminuer le volume de celle-ci; ils pressent ainsi sur le liquide cavitaire et font dévasriner lentement la gaine tentaculaire.
Respiration, nutrition. — Quand l'animal est étendu, les cils vihraliles de ses tentacules battent avec énergie et renouvellent autour d'eux l'eau nécessaire à la respiration. Par ce moyen, le liquide cavitaire respire dans les tentacules et, bien qu'il n'y ait pas d'appareil circulatoire, comme il est brassé sans cesse par les mouvements de l'animal, oxygène se répand dans toute sa masse.
Le jeu des cils détermine un tourbillon qui précipite l'eau vers la
54 RRYOZOAIRES
bouche et, avec elle, les particules alimentaires qu'elle peut contenir. Celles-ci sont retenues dans le pharynx où elles s'accumulent jusqu'à ce qu'elles forment ensemble un bol alimentaire assez volumineux. Alors elles sont dégluties d'un seul coup par une contraction du pharynx. L'œsophage les pousse à son tour dans l'estomac où un mouvement péristaltique, aidé des vibrations ciliaires, les brasse en présence du produit de sécrétion des cellules glandulaires de la paroi. Quand la digestion est achevée, le résidu est chassé dans l'intestin d'où il est expulsé sous forme de petites pelotes.
Excrétion. — Malgré l'absence d'appareil spécial, l'excrétion n'en doit pas moins s'exercer. Mais elle le fait par des moyens détournés, différents dans les deux ordres de la sous-classe, et que nous étudierons à l'occasion de ces ordres (').
Bourgeonnement (PI. 13). — L'être que nous venons de décrire ne se rencontre jamais tel, adulte et isolé. Toujours, dès qu'ayant passé l'état de larve il vient de se fixer (et parfois môme avant), il bourgeonne de nouveaux individus et forme une colonie.
En un point (fig. 1, /'.) des parois de la loge, se produit, sous la cuticule (eut.), une invagination de l'épidémie qui refoule la couche péritonéale; bientôt l'orifice d'invagination se ferme (fig. 2), la continuité de l'épiderme pariétal se rétablit et l'on a ainsi une vésicule à deux feuillets (v.), saillante dans la cavité générale, attachée par son feuillet interne en un point de l'épiderme dont elle dérive, et dont le feuillet externe est la continuation directe du feuillet péritonéal de la paroi du corps.
Des seuls éléments de cette vésicule va naître un polypide complet. Bientôt en effet se produit, sous le feuillet péritonéal qui passe sans se détourner, une invagination centripète du feuillet interne (fig. 3).
Cette invagination, en forme de pli profond et étroit, s'avance du pôle libre de la vésicule vers l'intérieur de celle-ci. Elle détermine ainsi dans la vésicule endodermique un diverticule semblable à celui qui résulterait d'un refoulement centrifuge de cette même vésicule. Ce refoulement représente le proctodaeum. Son fond est formé par un amas de cellules granuleuses qui se divisent très activement et allongent le diverticule d'où naîtra toute la partie aborale du tube digestif depuis l'anus (fig. 5, an.) jusqu'à l'estomac inclus (fig. 5, est.). En un point opposé (ib.), un autre refoulement centrifuge, mais large et peu profond, forme le stomodaeum qui donnera le reste de l'anse digestive. Les deux parties de cette anse se joignent (fig. 6) et le tube digestif est constitué.
L'anse digestive étant alors formée, le feuillet péritonéal s'insinue entre elle et la cavité qui la surmonte et lui forme une enveloppe complète. Cette cavité qui surplombe le tube digestif et où débouchent la bouche et l'anus représente la gaine tentaculaire. À son intérieur se
(J) Tout ce que l'on pourrait en dire ici ae serait que la répétition de ee que nous en avons dit ;i propos iln type général tirs Bryozoaires (V. p. 'tS, note).
ECTOPROCTIJE
[TYPE MORPHOLOGIQUE) (Suite).
Bourgeonnement (Sch.).
anus ; h., bouche;
eut., cuticule;
fun.; funicule;
/., point d'apparition du bourgeon;
M., l'animal mère;
mcl. r.f muscle rétracteur;
mcl. v., muscle pariéto-vaginal ;
n.f système nerveux;
o., orifice de la gaine tentaculaire;
tt., tentacules.
Fig. 1. Apparition du bourgeon.
Fig. 2. Formation de la vésicule.
Fig. 3. Un repli de la vésicule sépare le diverticule intestinal, les tentacules apparaissent
ainsi que les épaisissements du péritoine destinés à former les muscles et le
funicule.
Fig. 4. L'estomac commence à paraître.
Fig. 5. Le pédicule du bourgeon se coupe et l'invagination buccale prend naissance. Fig. 6. L'invagination buccale s'est mise en rapport avec l'estomac et l'invagination
nerveuse apparaît.
Fig. 7. L'invagination nerveuse se ferme. Fig. 8. La gaîne tentaculaire du nouveau polypide se met en contact avec la paroi de la
nouvelle loge et l'orifice se perce.
/.ooi.ocn: conçu kti:. T. V.
ECTOPROCTJÉS .">.">
produisenl deux séries d'invagination, l'une à droite, l'autre à gauche du plan de l'anse digestive (tt-). Ces invaginations sonl produites par des refoulements partis de la surface externe de la vésicule et qui font saillie à son intérieur; en grandissant, ils deviennent les tentacules dont la disposition circulaire dérive, comme on voit, dr deux demi-cercles s\ métriques (/).
Entre la bouche et l'anus, dans le plan sagittal, se forme un petit refoulement (fig. 6, n.) qui s'enfonce en sens contraire des invaginations tentaculaires et donne naissance au ganglion nerveux (fig. 8, n.).
Le bourgeon est formé, comme au début, de deux feuillets, un interne d'origine épidermique soudé en un point à l'épiderme pariétal delà mère, et un externe péritonéaï continu aussi avec celui de la mère. Ce second feuillet forme, à l'opposé du polypide maternel, un épaississement sagittal qui bientôt se sépare du reste par une fente, ne restant uni aux parties dont il dérive qu'à ses Aqux extrémités : d'une part à la paroi du corps au niveau du point d'implantation du bourgeon, d'autre part au bourgeon, au niveau du sommet de l'anse digestive. Ce cordon représente le funicule {fig. 7, fun.). L'implantation de son extrémité pariétale tout contre la gaine tentaculaire est, à ce moment, fort différente de ce qu'elle devrait être, mais, par accroissement intercalaire, elle s'éloigne rapidement de la gaine tentaculaire et contracte ses rapports définitifs. De ce même feuillet mésodermique, et d'une manière analogue, naissent les muscles rétracteurs (mcl. r.) et pariéto-vaginaux (mcl. v.). La gaine tentaculaire est encore fermée, mais bientôt la lame ectodermique doublée de la cuticule qui la sépare du dehors se détruit, un orifice (fig. 8, 0.) se perce et le bourgeon n'a qu'à dévaginer sa gaine et étendre ses tentacules pour être en tout semblable à l'animal mère (M.).
Si les choses se passaient exactement ainsi, on aurait deux polypides dans la même loge qui serait percée de deux bouches. Mais, en réalité, pendant que la vésicule formatrice du bourgeon donne naissance au polvpide, la paroi de la loge ne reste pas inactive. Dans la région qui avoisine le [joint d'implantation du bourgeon, elle s'accroît très énergiquement. Cet accroissement intercalaire prépondérant, que nous avons invoqué pour expliquer comment l'implantation fixe du funicule s'éloigne de la gaine tentaculaire, se produit en réalité tout autour de l'insertion de cette gaine sur la loge, et il en résulte une proéminence obtuse qui se forme sur la paroi de la loge tout autour du bourgeon; et le bourgeon, qui reste attaché à son sommet, est entraîné avec elle dans sa cavité. Ainsi se produit donc une loge fille, sous la forme d'un diverlicule de la loge mère et contenant un polypide fille : c'est le
1 La disposition il''- tentacules est a un moment celle d'un ter a cheval dont 1rs deux branches ne seraienl pas réunies. Elle rappelle alors celle des Phylactolémides et certains auteurs s'appuient sur ce fait pour considérer ces Bryozoaires comme plus primitifs que les (i\ mnolémides.
BRYOZOAIRES
commencement d'une colonie. Il se forme, en effet, de nouveaux bourgeons, non seulement dans la loge mère, mais dans celle des individus filles successivement engendrés, et la colonie s'accroît ainsi sans autre limite que celle de la puissance blastogénétique.
Colonies. — On comprend que les colonies formées par ce processus peuvent revêtir des aspects très variés, dépendant du lieu et du
Fig. 49.
Fis. 50.
Plwnalella repens (d'ap. Jullien).
Colonie arborescente?.
Bugula (d'ap. Busk). Colonie arborescente.
nombre des bourgeons qui se forment dans chaque loge et des relations
d'activité du bourgeon-
Fig. 51.
nement dans les loges des générations suc-
Fig. 52
Tubulipora flabellarit
(d'ap. Hincks).
Colonie en lame sur son support.
cessives. Le plus souvent, les loges naissent
directement les unes
des autres et forment
soit des arbuscules
diversement ramifiés
(Plumatella, Bugula)
(fig. 49 et 50), soit des lames fixées {Tubulipora) (fig. 51) ou encroûtantes (Membranipora) ou libres et dressées, foliacées (Flustra) (fig. 52) ou labyrinthiques (Èschara), soit des masses compactes (Alcyonidium) (fig. 53); ou bien, grâce à des anastomoses secondaires, se forme un réseau (Hippothoa, Arachnidium) (fig. 54 et 55), ou bien enfin, sur certaines loges poussent de longs stolons sur lesquels d'autres loges bourgeonnent par groupes ou de façon quelconque (Bowerbankia, Cylindrœcium) (fig. 56), etc.
Tantôt les loges de tous les individus de la colonie communiquent
Flustra foliacé a (d'ap. Hincks).
Colonie foliacée.
Fig. 53.
Fig. 54.
ECTOPROCTIÉS 57
librement ensemble (Plumatella), tantôl elles sont séparées à leur base par un diaphragme percé d'un trou (Bowerbankîa), tantôt enfin elles
se soudent entre elles par des surfaces latérales plus étendues dans lesquelles se percent secondairement de minimes pores, entièrement comblés par les tissus qui les traversent (Flustra).
Émission des produits sexuels. — L'animal n'ayant pas de canaux vecteurs pour ses produits sexuels, émet ceuxci au dehors par divers moyens détournés. Nous les avons déjà rapidement indiqués à propos du type général des Bryozoaires (V. p note); nous les décrirons plus
icvrve
Atcyonidium variegatum (d'ap. Prouho).
Colonie massive.
Hippothoa (d'ap. Busk).
Colonie en réseau.
Fig. 55.
Fig. 56.
en détail en étudiant les Gymnolémides et les Phvlactolémides (V. p. (33, 129 et 135).
Fécondation. — La fécondation peut avoir lieu, soit par les spermatozoïdes formés en même temps que l'œuf dans le même individu, soit par ceux d'autres individus de la colonie, arrivés jusqu'à lui par les voies de communication intérieures.
La fécondation par spermatozoïdes venus du dehors ne semble guère possible. Elle a cependant été affirmée par Joliet et se réalise peut-être dans certains cas. Les spermatozoïdes passeraient, d'après cet auteur, à travers la membrane tentaculaire.
Développement.
L'œuf subit une segmentation totale régulière qui aboutit, au stade 32, à une blastula de forme lenticulaire (fig. 57). Des deux faces de la lentille, l'une représente la face aborale, l'autre la face orale de la
Aracknidium elavatum
(d'ap. Hincks).
Colonie en réseau.
Bowerbanhia imbricata
d ap. .I< illusion .
BRYOZOAIRES
Fig. 57.
future larve (fig. 58). Au centre de la face orale, on constate que quatre
cellules sont plus grosses et granuleuses ; elles représentent l'endoderme. Ces quatre cellules s'invaginent et donnent naissance à une gastrula dont la cavité gastrique est presque virtuelle
ectoprocti.t:.
Développement (Sch.).
A. à /., stades successifs de la segmentation de l'œuf.
ECTOPROi ILE.
Développement (Sch.).
Aspect extérieur de l'Embryon à l'état de slerragastrula.
Fig. 59.
(sterrogastrula) (fîg. 57) ; le blastopore se ferme et l'on voit apparaître dans la cavité de segmentation quelques cellules dont l'origine précise n'est pas connue (14, fig. 1, mes.). Ces cellules, en se multipliant, donneront le mésoderme. Donc, à ce stade, les trois feuillets sont représentés de la manière la plus nette et avec leurs rapports réguliers, fait utile à constater, car plus lard l'interprétation des feuillets chez l'adulte sera moins simple.
A l'équaleur de la lentille, une ceinture circulaire formée de un ou deux rangs de cellules ectodermiques grossit beaucoup, se garnit de cils vibratiles longs et puissants et forme la couronne, organe locomoteur très actif (14, cour.). Au pôle aboral, un épaississement ectodermique
détermine une papille saillante, Y organe aboral (appelé aussi calotte et disque rétractile) (org. ab.). Dans le reste de son étendue, la face aborale est bombée, sauf immédiatement au-dessus de la couronne où règne un sillon circulaire parallèle à l'équateur et appelé quelquefois le sillon palléal (s/7/, pâli, et fig. 59). La face ventrale présente, sur la ligne médiane antéro-postérieure, quatre orifices qui sont, d'avant en arrière : la fente ciliée, la bouche, l'orifice du sac interne et Yanus. Le premier est allongé et son axe s'étend d'avant en arrière; il conduit dans une cavité peu profonde formée par une invagination ectodermique et qui s'appelle Y organe piri forme (fig. 3, org. pirif.). Les cellules de cet organe ne diffèrent guère de celles de l'ectoderme que par une hauteur plus grande. Mais, vers la partie antérieure, s'en trouvent quelques-unes munies de longs cils vibratiles qui sortent
ECTOPROCTIM.
Développement (Sch.).
Embryon après la formation du sillon palléal.