ECT0PR0CT1JE
(TYPE MORPHOLOGIQUE) {Suite).
Développement
cav. gen., cavité générale;
cav. sg., cavité de segmentation;
cour., couronne ciliaire;
d., cellules du tube. digestif phagocytées par
les cellules mésodërmiqués ; disq. ad., disque adhésif:
end., endoderme ; gl., cellules glandulaires de l'organe piri-
forme ; int., intestin; mes., mésoderme; muscle., tractas musculaire s'étendant de
l'organe ahoral à l'organe piriforme;
org. ab.f organe aboral;
org. pirif., organe piriforme;
plumet., plumet formé par les cils vibratiles de l'organe piriforme;
pr., invagination proctale;
sac. int., sac interne;
s/7/, pall., sillon palléal;
som., feuillet somatique formé par les cellules mésodërmiqués ;
stomod., stomodeum.
Fig. 1 à 5. Cinq stades successifs du développement vus en coupe sagittale (Sch.). Fig. 1 . Larve au stade sterrogastrula.
Fig. 2. Larve pourvue de son sillon palléal et commençant à former ses organes internes. . Fig. 3. Larve après la formation des organes internes. Fig. 4. Larve après la dévagination du sac interne.
Fig. 5. Larve fixée par son disque adhésif et chez laquelle les organes internes sont entrés en dégénérescence.
Zoologie concrète T. V.
cau.aen
sac in t.
mes end lac int stomod
cour
muscle
orcf.piril
stomod ^ ,
ory.aï plumet
si/l.paiï &
org.pirif
stomod plumet
cour muscle
mes
cour
BCTOPROCTIES
Fit
ECTOPROCTIJE. Développement (Sch.).
Embryon après la formation du plumet.
de la fente «'I constituent une petite houppe, le plumet (////.:; et fig. 60). A l'extrémité toul à l'ail antérieure de l'organe, en avant du plumet, quelques cellules oui subi nue différenciation glandulaire igl.)-
Le sac interne (sac int.) est une profonde invagination d'origine ectodermique qui se place dans la concavité de l'anse digestive et débouche au dehors par un orifice arrondi. Les cellules ont subi une certaine différenciation glandulaire el sont destinées à sécréter un liquide adhésif. Le tube digestif forme une anse entre la bouche (stomod.) et l'anus (pr.). Il est peu développé et semble peu actif, la larve n'ayantguère à en faire usage jusqu'à sa fixation qui est très précoce. La partie moyenne est un mésentéron provenanl de l'endoderme de l'embryon; la bouche et l'anus résultent de deux invaginations ectodermiques le stomodœum et le proctodœum. A l'intérieur est une vaste cavité générale (cav. £én.), occupée par un mésoderme (mes.) rare, formé de cellules dont les plus voisines île la paroi montrent quelque tendance à se grouper en feuillet, tandis que celles du centre deviennent des globules errants. Certaines ont formé des fibrilles musculaires. Entre l'organe aboral et l'organe pi ri forme, s'étend un tractus musculaire (muscle) accompagné de fines fibrilles qui semblent bien être de nature nerveuse. Certaines de ces fibrilles se rendent, suivant la même voie, de l'organe aboral aux cellules de la couronne ciliaire. Les organes aboral et piriforme forment sans doute avec ces filets nerveux et la couronne ciliaire un appareil destiné à transformer les impressions sensitives en actes locomoteurs, et peut-être à déterminer les actes remarquables que nécessite la fixation (*).
La larve nage quelque temps, sans prendre de nourriture, car son tube digestif, simple souvenir phylogénétique sans doute, est inactif. Bientôt, ayant choisi un lieu de fixai ion. elle dévagine par un brusque ell'oil son sac interne (14, ////. k el lin. <il), et s'attache par le fond de ce sac, devenu saillant comme une sorte de pied et constituant un large
Fig. 61.
ECTOPROt ///.. Développement (Sch.) Vspccl extérieur de l'embryon après dévagination de son ~ac; interne.
1 !e i> |"' de larve, très complet, De se rencontre que chez les formes où l'œui se développe hors de la mère directement, sans rien lui emprunter. Nous l'avons pris intermédiaire au Cyphonautes des Membranipora el autres el à la larve $ Alcyonidium Mytili. .Moi s quand la
larve éclôl plus ou ins tardivement el emprunte à sa mère des éléments nutritifs, elle subil
réductions portant d'abord sur le tube digestif el qui peuvent être considérables. Les larves de Lepralia, Bugula, puis celles des Cyclostomidés el surtout relies des Phylactolémides montrent la série progressive de ces réductions.
60 BRYOZOAIRES
disque adhésif (14, fig. 5). Dès lors et très vite, on voit l'organe aboral s'enfoncer et disparaître sous l'ectoderme dorsal qui se reconstitue audessus de lui; tout Je tégument ventral, depuis et y compris la couronne ciliaire jusqu'aux bords du disque adhésif, rentre en dedans, le bord de l'ectoderme dorsal (15, fig. 1 et 2, p.) se met en contact avec celui du disque adhésif et se soude à lui, en sorte que la surface libre est constituée exclusivement par la partie (p. à p.) de l'ancien ectoderme. Entre le bord du disque adhésif et l'ectoderme dorsal, le reste de l'ancienne face ventrale, y compris la couronne ciliaire, forme une cavité annulaire (15, fig. 2, c.) où se rencontrent aussi les orifices digestifs et l'organe piriforme. Mais toutes ces parties ainsi que les muscles et l'organe aboral subissent une histolyse rapide (15, fig. 3, p.) et disparaissent, en sorte que la larve, quelque temps après sa fixation, n'est plus constituée que par un sac ectodermique plat d'un côté par lequel il est fixé, et bombé de l'autre qui constitue sa surface libre. Ce sac se revêt d'une cuticule sécrétée par les cellules ectodermiques (eut.); des éléments mésodermiques se disposent à sa face profonde en une couche plus ou moins continue (fig. 1 et 2, mesd.) et tout l'intérieur est occupé par des cellules dégénérées, mais riches en substances assimilables résultant de l'histolyse des organes disparus.
Nous sommes là bien loin en apparence de l'oozoïte qui nous a servi de type morphologique. En quelques mots, cependant, nous allons passer du premier au second. Il suffit de faire remarquer que cet ensemble est très semblable en somme à la loge de cet oozoïte. Or nous savons que cette loge est capable de bourgeonner un polypide. C'est ce qui arrive en effet. Au sommet de la voûte, se fait une invagination sous-cuticulaire (15 fig. 2, inv.) qui donne naissance à une vésicule ectodermique doublée d'une lame mésodermique (vés.), première origine d'un bourgeon qui se développe (15, fig. 2 k 6) comme ceux qui ont été décrits précédemment à propos de la formation de la colonie. Ce bourgeon ouvre la loge au sommet, s'épanouit, et l'on a alors un oozoïte identique à celui qui nous a servi de point de départ (').
La sous-classe des Ectoproctiés se divise en deux ordres : Gymnoljemida : à bouche nue; à couronne tcntaculaire circulaire sans repli fixe de la gaine tentaculaire; à cavité générale fermée à
[l) Relations entre les organes et les feuillets. — Nous avons vu que la larve avait un endoderme parfaitemenl caractérisé, mais que cet endoderme disparaissait dans l'histolyse consécutive a la fixation. Le cystide primitif d'où naîtra le premier polypide est donecomposé uniquement d'un ectoderme et d'un mésoderme. Son tube digestif se formant pas une invagination ectodermique. certains observateurs en concluent, que cet organe est ectodermique; d'autres, se refusant à une telle conclusion, pensent que l'ectoderme larvaire n'est pas un vrai ectoderme différencié, mais un feuillet indifférent qui ne se différencie en ectoderme vrai qu'après la formation de l'endoderme secondaire du tube digestif. Ce sont là de pures querelles de mots qui montrent seulement, ce qui résulte de tant d'autres considérations, que les termes ectoderme et endoderme n'ont qu'une valeur relative et ne correspondent nullement à des
ECTOPROCTIM
TYPE MORPHOLOGIQUE) Développement (Sch.) [Suite).
b., bouche;
c-, cils de la couronne ciliaire;
cuf.; cuticule;
disque ad., disque adhésif;
est., estomac;
fun,; funicule;
gn.; ganglion nerveux;
inv.f orifice d'invagination du bourgeon;
mcl. v., muscles pariéto-vaginaux;
mesd-, mésoderme;
n., invagination du système nerveux;
o., invagination qui formera l'orifice de la
gaine tentaculaire ; p.; bord de l'ectoderme dorsal formé par
les cellules de la couronne ciliaire
de la larve; r., muscle rétracteur gauche; rect., rectum; tt., tentacules; vés., bourgeon à l'état de vésicule.
Fig. 1. Incurvation des bords de l'ectoderme dorsal vers le disque adhésif, et disparition
de l'organe aboral.
Fi g. 2. Soudure des bords de l'ectoderme dorsal au disque adhésif et apparition du
bourgeon.
Fig. 3. Disparition des cellules de la couronne ciliaire et développement du bourgeon. Fig. 4 et 5. Le bourgeon continue à se développer. Fig. 6. Soudure de la gaine tentaculaire à la paroi de la loge.
Zoologie concrète T. V.
uiv
GYMNOLÉMIDES 61
la base de chaque loge, ou ne laissant qu'un petit orifice de communication; presque tous marins;
P iiYi.Acroi. km ida: à liouchc protégée par un êpisbome; à couronne tentaculaire en fer à cheval; à gaine tenlaculaire restant invaginée d'une manière permanente dans une partie de son étendue; à cavité générale communiquant largement d'un individu à l'autre dans toute l'étendue de la colonie; tous d'eau douce.
I" Ordre
GYMNOLÉMIDES. — GYUNOLMMIDA
[GYMNOLÈMES; — Gymnoljemata (Ail m an) ;
Stelmatopodes ; — Stelmatopoda (Van der Hôven);
Infundibulata (P. Gervais)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
(PI. 16 et 17 et FIG. 62 a 66)
Les Gymnolémides étant plus simples et, selon toute apparence, plus primitifs que les Phylactolémides, il se trouve que leur type morphologique est beaucoup plus voisin de celui que nous venons de décrire que n'est celui des Phylactolémides. Aussi n'aurons-nous que peu à faire pour l'établir, en partant du type général de la sous-classe.
Anatomie.
Le corps, la gaine tentaculaire, les tentacules, les muscles grands rétracteurs, le système nerveux, ne diffèrent en rien de ceux du type précédent (16, fig. 1.)
Les muscles pariéto-vaginaux (mcl. vg.) forment une ou plusieurs paires bien développées.
Le tube digestif forme toujours un cul-de-sac stomacal (est.) très marqué et ce cul-de-sac serait peut-être plutôt à assimiler à un foie qu'à une portion de l'estomac lui-même, car les aliments n'y pénètrent guère, en sorte qu'il aurait un rôle essentiellement sécréteur, bien en rapport avec la nature glandulaire des cellules qui le tapissent. La portion pylorique de l'estomac est pourvue de cils vibratiles et l'on voit les aliments tournoyer longtemps à son intérieur avant de passer dans l'intestin.
La couche péritonéale , sur le tube digestif et la paroi du corps, ne réalise une disposition épithéliale que dans les parties jeunes de la colonie. Sur les parties âgées, ses cellules se dissocient, deviennent fusiformes
objets réels fondamentalement distincts. Il est incontestable que l'ectoderme et l'endoderme primitifs sonl aussi caractérisés que dans aucune autre larve; incontestable aussi que l'épithélium digestif de l'adulte esl aussi exactement adéquat à ses fonctions que s'il provenail de l'ectoderme primitif. El cria prouve qu'à un moment quelconque, un ectoderme pas trop différencié esl capable au besoin de former un endoderme secondaire, lorsque les conditions nécessaires à sa production se trouvent réabsées.
et se disposent en réseau plus ou moins irrégulier, tapissant les parois et s'envoyant parfois de l'une à l'autre quelque tractus (16, fig. 2). La disposition de ce réseau n'a rien de permanent, ses cellules étant mobiles et changeant leurs rapports avec la plus grande facilité.
Le diaphragme (diaph.) qui sépare l'espace sous-tentaculaire du reste du cœlome est bien marqué et, d'après Salensky et Freeze, formerait une cloison complète déterminant un canal circulaire sans communication directe avec le cœlome. Mais ce point mériterait d'être confirmé.
La cuticule ne reste pas toujours chitineuse; souvent, du calcaire
se dépose dans son épaisseur et la transforme Fig. 62. , , â , ~ ., . . , . , .
en une coque tout a tait rigide et résistante (').
Enfin, dans les colonies, les diverses zoécies sont bien séparées les unes des autres, soit par des diaphragmes percés seulement d'un ou
Coupe dune plaque de corn- , . ±«» • ■ •« < -. i i i
munication de pheru.m tu- plusieurs petits trous et situes a la base de buiosa en place dans la chaque loge (c), soit par une lame de tissu •couche colloïde mésodermique qui, au niveau du point où
(d ap. Prouho). J l 1
une loge fille a bourgeonné sur une loge mère, passe sur l'orifice et le comble entièrement (fig. 62).
Physiologie.
Habitat. — A la seule exception du genre Paludicella tous les Gymnolémides habitent la mer.
Mouvements. Digestion. Respiration. — Sous le rapport de ces trois fonctions, notre type ne diffère en rien de celui des Ectoproctiœ. Ajoutons seulement que, si le diaphragme qui limite le canal circulaire était vraiment complet, il faudrait qu'il cédât par osmose au liquide cavitaire l'oxygène emprunté à l'eau par le liquide des tentacules.
La dèvagination de la gaine tentaculaire et la sortie des tentacules, si faciles à comprendre chez les formes à loge flexible, s'explique moins aisément chez celles où les parois sont calcaires et rigides. Nitsciie semble admettre que, du côté dorsal tout au moins, la paroi molle de la loge est simplement appliquée contre la paroi calcaire en sorte qu'elle est mobile et peut se contracter sous l'action de ses muscles pariétaux (fig. 63). Pergens [89] interprète tout autrement les choses. D'après lui, il existe vers le haut de la gaine tentaculaire une petite ouverture musculeuse (fig. 64) (*) s'ouvrant d'une part dans la cavité de la gaîne où
(x) Cette coque ne se forme pas d'ordinaire par un dépôt uniforme. Il reste des lacunes occupées par dos îlots de cellules ectodermiques et qui apparaissent comme des trous lorsque les parties molles oui été détruites. Mais [dus tard ces cellules sécrètent du calcaire et comblent ces lacunes. Ces trous ne sont donc pas des formations permanentes et ne peuvenl être utilisés comme caractères de diagnose ainsi qu'on le l'ail souvent (Pergeiss [89]).
(•) Pergens assimile cet orifice au Diaphragma deNitsche. Ce diaphragma sérail, d'après Nitsciie, un simple repli semblable à la du pliai turc de la gaîne des Phylactolémides, mais
G YMNOLJEMIDA
(TYPE MORPHOLOGIQUE)-
an., anus;
b., bouche;
c, orifices de communication entre les loges ;
can. c. canal circulaire limité par le diaphragme;
cliaph., diaphragme;
est., estomac;
fun., ftmicnle;
gai. tt., gaine tentaculaire; g. n., ganglion nerveux; mcl. r., muscles réfracteurs:
mcl. vg., muscles pariélo-vaginaux ; o., orifice d'invagination de la gaîne tentaculaire ; prtn., péritoine; tt., tentacule.
Fig. 1. Trois individus A, B, C, montrant, dans A, le polypide dévaginé et, dans B, le polypide rétracté (Sch.).
Fig. 2. Aspect du péritoine (d'ap. Nitsche).
Zoologie concrète T. V.
y/, te.
GYMN0LÉM1DES
sont les tentacules, d'autre part dans le cœlomc Oiiand, la loge étanl fermée et l'opercule rabattu, l'animal veut sortir, il pompe par relie
ouverture du liquide (eau de mer) contenu sous l'opercule dans la gaine
Fis. 64.
Décollement de la paroi dorsale du corps de celle de la loge pendant l'extension (Sch.). <!., espace résultant du décollement.
Position de l'orifice de la gaine tentaculaire livrant passage au liquide dans les mouvements d'extension et de rétraction (im. Pergens).
d.. ouverture [diaphragma) ; oper., opercule.
tentaculaire et le fait passer dans le cœlome, ce qui pousse la gaîne et fait soulever l'opercule dépourvu de muscles élévateurs; ce jeu continue jusqu'à dévagïnation complète. Pour se fermer, il fait l'inverse et fait passer du liquide cavilaire d'abord au dehors, puis dans la cavité de la gaine invagïnée. De cette manière il maintient toujours un équilibre de pression entre son liquide cavitaire et le dehors, quelles que soient les positions relatives de sa gaine et de ses tentacules (').
Excrétion. — Vu le manque habituel de communication entre la cavité générale et le dehors, l'excrétion se fait ici par un de ces moyens détournés auxquels nous faisions allusion à propos du type général des Bryozoaires (V. p. 48, note). C'est l'épithélium digestif qui sert de rein
musculeux et pouvant se fermer par-dessus les tentacules invaginés. D'après Pergens ce serait au contraire l'appareil que nous décrivons ci-dessus et qui aurait été mal compris par Nitsche. Gel appareil existerai! chez les seuls Chilostomidés.
1 Pergens nous écrit qu'il s'est tormellemenl assuré de l'existence de ces mouvements eD mettant dans l'eau des particules de carmin qu'il a retrouvées dans la cavité générale et vues entrer el sortir par l'orifice qu'il appelle diaphragme.
64 BRYOZOAIRES
d'accumulation. Mais, en se chargeant des produits excrémentitiels solides, ses cellules se condamnent à mort et le tube digestif finit par devenir hors d'état de remplir ses fonctions. 11 semblerait que, privé de cet organe essentiel, l'animal dût mourir. Il n'en est rien. La partie atteinte meurt et entraîne la mort de la plupart des autres parties molles (gaîne tentaculaire, tentacules, ganglions nerveux, muscles extrinsèques et funicule) ; mais la loge, le cystide, reste vivant, se ferme et, après quelque temps de repos, régénère un nouveau polypide.
Bourgeonnement. Formation des colonies. — Le bourgeonnement et la formation des colonies ont lieu comme dans le type des Ectoproctise. Ajoutons seulement que les bourgeons se forment toujours du côté neural ou anal de l'animal mère, tandis que chez les Phylactolémides c'est l'inverse, ainsi que nous le verrons plus loin.
Régénération (PI. 17). — La régénération du polypide se fait par un processus de bourgeonnement identique à celui qui donne naissance à la colonie et que nous avons décrit plus haut (V. p. 54), sauf en quelques points qu'il faut préciser. Le bourgeon se forme, comme d'ordinaire, en un point des parois de la loge (17, fig. i, b.); mais, au lieu de rester attaché en ce point et de déterminer la formation d'un diverticule qui deviendra une nouvelle loge destinée à le contenir, il se sépare de la paroi, devient libre dans la loge (fig. 2), sauf son attache par le funicule déjà formé à ce moment, et vient se mettre en rapport, par sa gaîne tentaculaire de nouvelle formation, avec l'orifice de la loge (fig. 5). Les muscles grands rétracteurs de l'ancien polypide ont disparu avec celui-ci et le nouveau apporte les siens avec lui. Pour ce qui est des muscles pariéto-vaginaux, ceux de l'ancien polypide restent vivants et actifs pendant que le nouveau polypide se forme, servant à maintenir la loge fermée; mais ils se détruisent dès que le nouveau polypide s'est soudé à l'orifice de la loge et sont remplacés par de nouveaux muscles (fig. 5 et 6, mcl. v.g'.) que celui-ci apporte avec lui.
Corps bruns. — Les tissus du polypide mort (p.) se ratatinent et forment au fond de la loge une masse volumineuse, irrégulière, fortement teintée en jaune, marquée de brun rouge par les éléments pigmentaires de l'estomac et qui a reçu le nom de corps brun. Ce corps brun pris jadis pour un élément reproducteur renferme, comme nous l'avons vu, les granulations excrémentitielles accumulées dans les cellules digestives et qui doivent être expulsées de la loge. Mais il contient en outre une masse importante de substances albumineuses provenant des cellules et des muscles, que le nouveau polypide utilise à titre d'aliments de la manière suivante. Son estomac s'applique par le fond sur le corps brun, l'entoure peu à peu (fig. 5), s'ouvre pour lui livrer passage, et enfin se referme sur lui après l'avoir englobé dans sa cavité (fig. 6). Il n'a plus alors qu'à le digérer et à évacuer par son anus les parties inutilisables (*).
(rj Cela n'est pas tout a lait général. Dans quelques cas le corps brun n'est pas englobé par
Pig. (;.">.
GYMN0LÊM1DES '*'
Émission des produits sexuels. — L'animal étant dépourvu d'organes segmentaires ou autres faisant communiquer la cavité générale avec L'extérieur, on se demande comment les produits sexuels, tombésà maturité dans le cœlome, peuvent arriver au dehors. Pour les spermatozoïdes, il n'est pas bien sûr que l'émission soit nécessaire, la fécondation étant interne le plus souvent et peut-être toujours. Mais il faut bien quel'œui fécondé arrive au dehors. 11 y parvient par des procédés détournés et très variés. Dans certains cas (Lepralia, Vesicularia) il y aurait déhiscence de la gaîne tentaculaire. Ce cas affirmé par Jouet, confirmé par Ostboumof est au moins très exceptionnel. Ailleurs (Cylindrœcium)
Prouho a vu les larves éclore dans la cavité générale, sortir en s'ouvrant une voie à travers la paroi môme de la zoécie, qui se déprime, forme un diverticule et finit par céder (fîg. G5). Dans certains genres (Lepralia, Membranipora, Alajonidium, Hypophorella), mais non sans doute dans toutes leurs espèces, Prouho a montré que Yorgane intertentaculaire découvert par Fa h re était un véritable oviducte. Il existe seulement chez les individus producteurs d'œufs. Il consiste en un volumineux canal saillant entre les tentacules en arrière de la bouche et du ganglion nerveux (fig. 6Q), cilié à l'intérieur, dilaté en pavillon à son orifice externe et s'ouvrant d'une part au dehors, d'autre part dans la cavité générale. Les œufs (of-) devenus libres et fécondés s'insinuent dans ce canal en s'effilant et passent par là dans la gaîne tentaculaire, c'est-à-dire en dehors.
Mais les moyens les plus habituels d'évacuation des œufs sont les deux dont il nous reste à parler. Le premier consiste dans ce fait que l'individu producteur de l'œuf meurt dans sa loge et cela précisément parce que, ne possédant ni organe excréteur ni voie de communication entre la cavité générale et le dehors, il est obligé d'accumuler ses excréta dans son épithélium digestif et meurt de cette sorte de gravelle intra-
Kinission des produits sexuels
par perforation de la paroi de la zoécie
(d'ap. Prouho).
o.,o'., larves : t., tube formé par étirement de
la paroi de la zoécie au moment de la sortie <lr*. larves.
Fig. on.
Disque tentaculaire vu de face et montrant la sortie de l'œuf par l'orifice intertenlaeulaire (d'ap. Prouho.)
1»., bouche : g., ganglion nerveux ; of., œuf sortant par l'orifice intertentaculaire.
le tube digestif. Alors, ou bien il reste dans le cystide à titre de corps étranger, ou bien, lorsqu'il j a un oviducte spécial organe intertentaculaire] comme nous le verrons dans un iustant [Alcyonidium, certains Membranipora, etc.), il est expulsé par celte voie.
66 BRYOZOAIRES
cellulaire. Mais il est remplacé par un autre individu bourgeonné dans la zoécie et qui, avant de se souder à l'orifice de celle-ci, prend l'œuf dans sa gaîne tentaculaire et le pousse au dehors. Nous étudierons plus tard à propos du genre Bowerbankia, un cas type de ce genre. Quant au dernier moyen, il consiste dans les formations des ovicelles ou des zoécies reproductrices. Mais nous réservons son étude pour les types morphologiques des Cyclostomidés et des Chilostomidés, seuls groupes où il se rencontre. Le développement ne diffère pas de celui du type de la sous-classe.
L'ordre des Gymnolémides se divise en trois sous-ordres ('): CyclostomiDjE : à loges calcaires, allongées, tubuleuses, dépourvues à l'orifice de tout appareil de fermeture; tous marins ;
(a) Avant de passer à l'étude des genres, il n'est pas inutile de faire connaître la terminologie assez compliquée employée par les zoologistes spécificateurs et en particulier par les
géologues. Nous n'emploierons pas tous ces termes, mais il est nécessaire de les connaître
pour comprendre les diagnoses des divers ouvrages.
Zoécie, loge ou cystide : c'est la ehambrette à surface chitineuse, calcifiée ou non, qui forme la paroi externe de la cavité générale ; le
Polypide est le contenu du cystide ; Prouho a proposé d'appeler Fig. 67.
Bryozoïte l'ensemble du polypide et du cystide.
Zoarium : c'est ce que nous nommerons partout la colonie.
Orifice : c'est la vraie bouche du polypide, tandis que
Aperture est l'orifice de la zoécie, librement ouvert chez l'individu mort, se continuant par son bord avec la gaîne tentaculaire chez l'individu vivant ; V aperture primaire est celle de la zoécie jeune, Y aperture superficielle ou secondaire est l'aperture reportée avec l'âge au bout du prolongement tubuleux. Le mot aperture n'étant pas français, nous appellerons bouche ce que les Anglais nomment orifice, et orifice l'ouverture de la zoécie, qu'ils nomment aperture; nous dirons de même orifice primaire et orifice secondaire ou superficiel.
Gonœcies : Bryozoïtes transformés en loges marsupiales, comme chez Entalophora nitidula ; ce sont les cellules citernes (cistern cells) de "Walford.
Gonocystes : cavités marsupiales situées dans l'épaisseur de la colonie et ne résultant pas de la modification d'une zoécie unique, comme chez Berenicea parvitubulata.
Oécie : dénomination s'appliquant à la fois aux ovicelles, gonocystes et gonœcies.
Dactylèthres : zoécies abortives réduites à un court canal fermé aux deux bouts, comme chez Terebellaria.
Mésopores (fig. 67, b.) : zoécies abortives [dus petites que [les normales, comme chez quelques Cerioporinx.
Tubes médians : Ulrich appelle médian tubuli, de petits tubes faisant communiquer les zoécies et la lame zoariale dans certaines colonies foliacées.
Cancelli : communications entre les zoécies de certains genres, par exemple chez Lichenopora ; quand elles prennent la forme de tubes, elles ne diffèrent pas des tubes médians ; Busk emploie ce terme pour désigner ce qui est ici appelé mésopores.
Acantliopores : épines creuses insérées sur des tubes qui courent le long des parois des zoécies; se rencontrent chez les [Trepostomata] et peut-être chez eux seuls.
Diaphragmes : lames transversales complètes ou incomplètes cloisonnant la zoécie.
Cystiphragmes (fig. 67, a.): lames calcaires courbes (c.) qui se développent sur le tube de certains Bryozoaires et l'entourent d'une couche vésiculeuse qui le renforce.
Epithêque : couche calcaire qui se dépose à la siudace externe de certaines colonies ; épaisse et continue surtout vers le bas [Apsendesia] ou mince et irrégulière, comblant seulement les dépressions de la surface (Berenicea); côtes transverses de certaines zoécies (Berenicea).
Tissu intervésiciilaire : lissu calcaire parfois interposé entre les zoécies [Fistulipora).
G YMNOLMMIDA
(TYPE MORPHOLOGIQUE) Régénération.
b.f bourgeon donnant le zoïde nouveau; eut., cuticule; fuit., funicule «lu bourgeon; mcl. r., muscle rétracteur gauche du nouveau zoïde;
mcl. vg., muscles pariéto-vaginaux du zoïde
dégénéré; mcl. vg'., muscles pariéto-vaginaux du nou-
veau zonle;
p.; zoïde en dégénérescence.
Fig. 1. Le zoïde dégénère et un bourgeon se forme sur La paroi de la loge (Sch.).
Fig. 2. Le bourgeon se détache de la paroi du cystide (Sch.).
Fig. 3 et 4. La dégénérescence du zoïde s'accentue et le développement du bourgeon se
poursuit (Sch.).
Fig. 5. Le bourgeon s'est développé en un nouveau zoïde qui englobe dans son estomac
le zoïde dégénéré (Sch.).
Fig. 6. Le nouveau zoïde a soudé sa gaine tentaculaire au cystide et un nouveau bryozoïte
est ainsi constitué (Sch.).
ZOOLOOIE CONCRÈTE T. V.
eut
eut
TTICL . V