‹ Traite de zoologie concrète (volume 2)Chapitre 22 sur 70 · corne gauche du li iphophi ire · texte numérisé non relu

corne gauche du li iphophi ire

ml)., membrane intertentaculaire ;

o., orifice réel d'in\ agination :

p., pore de sortir de l'organe excréteu

pr., ouverture d'entrée iln canal excréteu

r., im\ îté de l'organe excréteur.

est

PHTLACTOL EMIDÀ (Type moi"phologique). Coupe sagittale (Sch.

Les tentacules ne sont pas libres dans toute leur étendue. Une membrane intertentaculaire (mb.) réunit, comme une palmature, leurs bases jusqu'à une certaine hauteur. Cette membrane fort mince, festonnée au bord libre, est

BRYOZOAIRES

située en dehors d'eux plutôt qu'entre eux, et réunit la partie inférieure

de leurs bords ex-

Fig. 279.

ternes.

Épistome. — La bouche est surmontée d'une languette mobile, Yêpistome(ep.) située en arrière d'elle et qui a, par rapport à elle, exactement la disposition et les fonctions d'une épiglotte.

Cet épistome est creux, formé par un diverticule de la paroi du corps avec toutes ses couches et contient donc un prolon-

Fiff. 280.

PHYLACTOLJEMWA efi

(Type morphologique) (Sch.). d'il

Lophophore.

an., anus; ep., épistome; tt., tentacules.

PHVLACTOLMMWA (Type morphologique) (Sch.).

Lophophore vu par la face postérieure. Les deux cornes <lu lophophore on1 été coupées à leur base pour montrer la cavité générale de celle région. Ou voit derrière l'organe excréteur le cerveau se continuant dans les deux troncs nerveux (n.) des cornes du lophophore.

an., anus; ep., épistome; ex., organe excréteur; n., tronc nerveux des cornes du lophophore; o., orifice excréteur; p., point où le canal excréteur droit s'ouvre dans la cavité générale.

IMIYI.AC.TOLKMIDKS

gemcnt de la cavité générale. Un petit muscle élévateur sert à le relever ; son élasticité le maintient abaissé lorsque le muscle n'agit pas. Il est cilié sur ses deux faces, comme d'ailleurs toute la surface du lopliophore.

Autres organes. — Le cul-de-sac stomacal (fîg. 278, est.) n'est pas très accentué.

Ce que nous avons appelé la couche péri tonéale a ici les caractères d'une vraie membrane continue, franchement épithéliale, aussi bien sur le tube digestif que sur la paroi du corps et est partout garnie de cils vibratiles.

La cavité générale est libre et, dans les colonies, n'est pas séparée à

Fig. 281.

PHTLACTOLJEMWA (Type morphologique) (Sch.).

Coupe transversale du corps nu-dessus du ganglion nerveux. Entre le ganglion nerveux [gn.) el la vésicule excrétrice (ex.), on voil l'ouverture en forme de fente donnant accès dans la cavité générale au-dessous du diaphragme.

c, orifice du canal faisant communiquer la vésicule excrétrice avec la cavité générale sous-diaphragmatique : d., bord de l'échancrure du diaphragme par où passent les muscles rotateurs du lophophore ; ex., vésicule excrétrice; g. 11., ganglion cérébroïde recouvert par le péritoine qui forme le plancher de la cavité' de l'épistome; le, échancrure du diaphragme par où passent les muscles rotateurs du lophophore; ni., tronc nerveux du lophophore; 11. tt. <!., nerfs des tentacules dorsaux; o., pure de sortie de l'organe excréteur; p., ouverture du canal excréteur dans la cavité générale; prtn., péritoine; s., sphincter.

sa base de celle des autres individus, en sorte que les spermatozoïdes et les larves écloses intérieurement peuvent circuler dans toute la colonie.

Le ganglion nerveux (tig. 281, g.n.), situé à la place ordinaire, est volumineux, creux, et envoie un prolongement, creux aussi, dans chacune des branches du lophophore. Ce prolongement est plutôt un organe central qu'un nerf et émet des filets nerveux pour les tentacules.

Le canal circulaire est ici moins complet que chez les Gymnolémides. Il n'est bien fermé qu'en avant. La membrane (tig. 281, d.) qui le forme est percée sur les côtés (le.) pour le passage des muscles rotateurs du lo-

BRYOZOAIRES

Fi^. 282.

phophore, mais bien plus largement qu'il n'est nécessaire. En arrière, elle manque tout à fait; mais là, le ganglion nerveux sous-péritonéal forme une si forte saillie qu'il ne reste qu'un étroit passage conduisant de la cavité générale au canal circulaire et plus spécialement à la cavité de l'épistome.

Organe excréteur. — Un peu au-dessous de l'insertion des deux tentacules dorsaux, se trouve un petit pore (fig. 280, 281 et 282, o.),

normalement fermé par un sphincter (fig. 281 et 282, s.) et qui conduit dans une cavité à peu près sphérique (ex.).

Cette cavité est fermée au fond, mais de chaque côté elle émet un canal (c.) qui se porte en bas en avant et en dehors en cheminant sous le péritoine et va s'ouvrir latéralement (p.) au-dessous du canal circulaire, à la partie supérieure de la cavité générale, au niveau de la base du ganglion nerveux. Ces deux canaux sont ciliés ainsi que la vésicule à laquelle ils conduisent et leur extrémité inférieure est même un peu dilatée en trompette, ce qui leur donne quelque ressemblance avec des organes segmentaires. Mais leurs parois épithéliales ne sont point glandulaires et, s'ils concourent à l'excrétion, ce n'est qu'à titre de canaux vecteurs.

L'homologie de cet appareil avec l'organe intertentaculaire de certains Gymnolémides a été affirmée mais non démontrée (').

Physiologie.

La présence de la duplicature, de l'épistome, du lophophore n'apporte aucun changement sérieux au fonc-

'-•an

PHYLACTOLMMIDA

(Type morphologique) (Sch.).

Coupe sagittale de la région du ganglion nerveux.

an., anus ; 1»., bouche ; c, pseudo-canal des tentacules dorsaux; cli., chambre de l'épistome : ep., épistome; ex., vésicule excrétrice; ggl., ganglion nerveux; o., pore de sortie de l'organe excréteur: p., entrée du canal excréteur; s., sphincter; tt., tentacule.

(x) La présence de la vésicule excrétrice détermine dans les parties voisines une petite complication à laquelle on a donné beaucoup plus d'importance qu'elle ne mérite. Cette vésicule, étant située immédiatement au-dessous des quatre ou cinq tentacules dorsaux, empêche ceux-ci di' se jeter simplement à pleine bouche dans le canal circulaire comme l'ont les autres. Aussi les cavités de ces quatre à cinq tentacules s'ouvrent-elles dans un petit canal (fig. 282, /'.), situé à cheval sur la vésicule excrétrice et qui débouche un peu plus bas, à droite et à gauche de la vésicule, au sommet de la cavité générale, non loin des ouvertures des canaux excréteurs.

Nous empruntons notre description de l'appareil excréteur à Gori [93] qui est arrivé à îles résultats beaucoup plus satisfaisants que Braem [90]. Gori a fait ses observations sur les Cristatella. Un appareil [dus ou moins semblable se retrouve en général chez les Phylactolémides, mais sans doute avec des différences de détail.

PHYLACTOLÉMIDES 129

tionnement des organes correspondants. C'est seulement dans la motilité et surtout dans l'excrétion et la reproduction que uous allons avoir des différences importantes à signaler.

Locomotion. — Lorsque les colonies sont toute jeunes et que leur cuticule chilineuse est encore molle, elles peuvent se mouvoir par une sorte de glissement très lent. Cela dure en général vingt-quatre heures environ, après quoi elles deviennent immobiles comme celles des autres bryozoaires. Cependant celles de Lophopus et surtout celles de Cristatella peuvent se mouvoir toute leur vie et ne deviennent immobiles que quand elles sont très grandes. Les Cristatelles glissent sous la traction de leurs polvpides étendus et du côté où leurs lophophores sont tournés, dans le sens de la résultante de leurs tractions individuelles. Quand la colonie est contractée, elle ne peut se mouvoir.

Excrétion. — L'appareil excréteur n'a pas d'éléments glandulaires et ne sert pas aux phénomènes intimes de l'excrétion. Celle-ci se fait essentiellement par les leucocytes de la cavité générale qui rampent sur les parois, se chargent des produits excrémentitiels, les précipitent à leur intérieur sous la forme de granulations et, devenus inertes, sont entraînés par les cils de la cavité générale et par les canaux excréteurs dans la vésicule excrétrice. Là, ils s'accumulent et sont de temps à autre rejetés en masse par l'orifice dont le sphincter se relâche un instant. C'est une sorte de miction solide.

L'existence de cette excrétion régulière, en supprimant le rein d'accumulation intestinal, supprime en même temps la nécessité d'une régénération périodique du polypide : aussi n'y a-t-il pas de corps bruns (').

D'autre part, le polypide ne mourant pas après avoir produit l'œuf, celui-ci ne peut arriver au dehors, l'organe excréteur étant bien trop petit pour lui donner passage. Mais l'absence de diaphragmes laissant une communication libre entre les cœlomes de tous les individus de la colonie, toute loge vide (et il y en a toujours dans les parties anciennes) constitue une issue libre.

Bourgeonnement. Colonies. — Le bourgeonnement a lieu ici comme chez les Gymnolémides et comme dans le type des Ectoproctiés pour la formation de la colonie. Il ne présente rien de bien particulier en luimême, mais la disposition des bourgeons les uns par rapport aux autres mérite d'être signalée.

Nous avons vu que le funicule se formait par séparation d'un cordon mésodermique à la surface du bourgeon et que son insertion pariétale s'éloignait peu à peu du bourgeon par accroissement intercalaire, très rapide en ce point.

(x) Wesenberg-Lund [06] en a cependant trouvé chez Lophopus; ils sont formés pendant une sorti' d'hivernage dans lequel les individus meurenl et leurs viscères liassent à l'état de corps bruns, tandis que la paroi de la colonie bourgeonne au printemps de nouveaux

individus.

BRYOZOAIRES

La règle est que tout bourgeon (fig. 283, 1, av) naît dans l'aisselle de l'individu (p.) qui lui donne naissance, c'est-à-dire dans l'espace compris entre le point d'attache à la loge et l'insertion pariétale du funicule de cet individu (p.), insertion qui est située à la paroi ventrale de la loge, du côté opposé à l'anus. De là résultent deux conséquences importantes. La première est relative à la forme de la colonie qui est déter-

Fig. 283.

PHYLACTOLMMIDA (Type morphologique) (Sch.). Bourgeonnement.

Fig. 1 à 5, stades successifs du bourgeonnement.

»h ï»i» ci, représentent les derniers bourgeons qui ont pris naissance respectivement dans chacune des séries a., b., c. ; a., l»>, représentent les pénultièmes bourgeons selon l'ordre d'apparition dans chaque série; a3, 1*3, les antépénultièmes, etc.; p., individu souche.

minée par ce rapport fixe entre les individus qui la forment. On voit à l'inspection des diagrammes ci-contre que la position d'un individu quelconque dans la colonie est déterminée par ses relations de parenté avec les individus voisins.

On voit aussi que chaque bourgeon nouveau naît et reste dans le plan sagittal de celui dont il provient, en sorte que la colonie arbo-

PIIYLACTOLKMIDF.S

Fie;. 284.

rescente vue de face montre tous les individus de ])rofil et tous du même côté (').

La seconde conséquence est que tous les individus d'une môme colonie proviennent d'un môme point de l'oozoïtc primitif et, peut-être, d'un même petit lot de matériel embryonnaire indifférencié qui s'accroît sans cesse par multiplication de ses cellules, pour ne pas s'épuiser. Chez l'oozoïle, en effet, tout cet espace compris entre son point d'attache sur la loge et l'insertion pariétale de son funicule, espace que nous appelons pour abréger Vaisselle, toute l'aisselle, disons-nous, provient de l'extension d'un point précis, situé au bord ventral de la surface d'insertion du polypide sur la loge. S'il y a, en ce point, un petit lot de cellules embryonnaires spéciales, chaque bourgeon peut, en se séparant, en emporter une part qui se multipliera au fur et à mesure de son emploi dans la formation d'autres bourgeons. Cela est surtout ('vident dans ce que l'on a appelé les bourgeons doubles (fig. 284) et qui n'est rien autre chose que l'apparition très précoce d'un bourgeon fille sur un bourgeon qui, lui-même, est à peine formé. On voit nettement ce bourgeon fille se former au collet du bourgeon maternel, exactement au point que nous venons d'indiquer.

Scissiparité. — Les grandes colonies peuvent parfois s'étrangler et se diviser ou détacher des lobes qui continuent à vivre et à grandir. Cela arrive surtout pour celles qui sont mobiles, Crislatella, la formation de ces lobes et leur séparation étant la conséquence des tractions locomotrices (Wesenbe'rg-Lumd [96]).

Statoblastes. — Les statoblastes sont des sortes Je bourgeons qui se développent dans le funicule avec des allures très particulières et plus semblables à celles des œufs parlhénogénétiques qu'à celles des bourgeons ordinaires. Ils quittent en effet le corps maternel sous la forme de kystes contenant une masse cellulaire très analogue à celle d'un embryon avec ses feuillets et n'éclosent qu'après un temps de repos.

PHYLACTOLXMWA (Type morphologique) (Sch.J. Deux stades successifs d'un bourgeon double.

• Bien entendu ces relations ne sont pus absolues, mais elles sont très générales et méritent d'entrer dans la conception du type morphologique.

BRYOZOAIRES

Mais, d'autre part, ils ont pour première origine deux groupes cellulaires distincts, ce qui empêche de les considérer comme des œufs. Pour bien comprendre la première formation des statoblastes; il faut se remettre en mémoire celle du funicule. On se rappelle que celui-ci est un tube formé d'une seule couche péritonéale se continuant d'un côté avec l'enveloppe péritonéale du cul-de-sac stomacal, de l'autre avec celle de la paroi du corps (fig. 285, A, fun.). D'autre part, nous avons vu que l'in-

Fio-. 285.

PHYLACTOLXMIDA (Type morphologique) (Sch.).

A à O Quatre stades successifs de la formation des statoblastes; 1»., bourgeon des statoblastes; ect., ectoderme; l'un., funicule; m., renflement mésodermique du funicule; p., poiute du bourgeon; si, s j, 83, s;, statoblastes clans leur ordre d'apparition.

sertion pariétale du funicule a sa première origine, dans le jeune bourgeon, au collet, c'est-à-dire au point où le polypide s'insère à sa loge. On sait aussi que ce collet est un lieu où les cellules sont douées d'une activité reproductrice extrême. En s'écartant par accroissement intercalaire du lieu de sa première origine pour se transporter vers le fond de la loge, l'insertion pariétale du funicule emporte avec elle un petit lot de ces cellules ectodermiques du collet, si actives. Ces cellules forment là, dans l'espace conique limité par l'ectoderme et la base du tube funiculaire, une petite protubérance, conique aussi (1j.) qui s'avance par la pointe (p.) dans l'axe du tube funiculaire [fun.]. Cette protubérance s'étrangle (B), se détache (C), abandonnant dans l'axe du tube une petite masse libre de cellules ectodermiques (s,) ; puis elle se reforme par foisonnement des cellules restantes (s2), se détache de nouveau et ainsi de suite. Ces petites masses ectodermiques (D,s1,s,,s3,s4.) progressent dans l'axe du funicule et sont l'origine d'autant de statoblastes que l'on trouve ainsi échelonnés dans le funicule comme des grains de chapelet, les plus gros étant les plus éloignés de la paroi. Chacune d'elles est d'abord isolée dans l'axe du tube; mais bientôt il s'y adjoint une seconde masse d'origine mésodermique (m.) fournie pour un foisonnement des cellules funi-

PMYLACTOLEMIIH S

Fig. 286.

PHYLACTOLJEMIDA

(Type morphologique) (Sch.).

Statoblastc présentant sa masse centrale mésodermique entourée de deux feuillets ectodermiques m) el [m') entre lesquels apparaît la couche chitineuse [ch.).

cit., conclic chitineuse; m., membrane ectodermique externe; m'., membrane ectodermique interne.

Fig. 287

culaires et ces deux masses s'accolent, formant ainsi une sorte de morula

dans laquelle la portion d'origine funiculaire

constitue la plus grande partie de la masse,

tandis que la portion ectodermique forme une

simple calotte sphérique. Autour de l'ensemble

est la simple paroi du funicule, à une seule

couche, formant une sorte de follicule.

Telle est l'origine vraie du statohlaste d'après Braem [90]. A partir de là, les choses se passent comme l'avaient décrit Nitsche [68] et Verworn [87] dans des travaux antérieurs. La masse mésodermique devient ovoïde et la calotte ectodermique se dispose en une enveloppe à deux feuillets qui peu à peu entoure la masse centrale. Entre les feuillets de cette enveloppe (fig-. 286, m et m) la lame externe (m.) sécrète une membrane chitineuse (ch.) et le statohlaste est alors composé de quatre parties : 1° une partie centrale mésodermique, comprenant ellemême une masse centrale formée d'une substance commune où nagent des noyaux libres et une couche périphérique de cellules non fusionnées avec les autres; 2° une couche épithéliale entourant cette partie centrale et représentant l'ectoderme par son origine comme par son évolution ; 3° une membrane chitineuse protectrice ; 4° une couche cellulaire d'origine ectodermique et qui va former l'appareil flotteur. Pour cela, ses cellules reslentbasses aux deux pôles, tandis que, dans la région équatoriale, elles deviennent très hautes et se disposent tangentiellement (fig. 287, ch.).

Dans ces cellules équatoriales le corps protoplasmique et le noyau

PIIILACTOLJEMIDA (Type morphologique) (Sch.).

Statohlaste commençant à former les chambres à air du flotteur.

cli., couche chitineuse; ni., cellules de la membrane ectodermique externe ; m'., membrane ectodermique

interne.

Fis. 288.

PHYLACTOLMMIDA (Type morphologique) (Sch.).

Statohlaste après la formation des chambres à air du flotteur. Autour de la masse mésodermique centrale, se forme une couche péritonéale.

1>., épaississemenl de l'ectoderme interne où aaîtra le bourgeon ; cit.,

chambres à air du flotteur; fini., funicule; m., membra) eto-

dermique externe reléguée à La périphérie des productions chitfneuses; m'., membrane ectodermique interne.

BRYOZOAIRES

Fig. 289.

rtï': ect

mcd

PHYLACTOL.EMIDA (Type morphologique) (Sch.).

Statoblaste ayant commencé à développer ses bourgeons.

i>. l> .. bourgeons; cl»., couches chitineuses ; m'., ectoderme; mes., péritoine.

se rétractent vers la portion distale de la cellule, et se séparent par une cloison chitineuse du reste de la cavité cellulaire, limité aussi par une couche chitineuse (fig. 288). Toutes les cellules de cette couche disparaissent alors et il ne reste en dehors de l'ectoderme qu'une lame chitineuse continue assez épaisse et, à l'équateurdu statoblaste, une double rangée delogettes chitineuses vides et bien closes qui constituent un appareil flotteur (fig. 289). Parfois se forment aussi, en outre du flotteur et par les mêmes cellules, des crochets chitineux servant à fixer le statoblaste à des plantes immergées (fig. 290).

Les statoblastes mûrs se détachent du funicule, tombent dans le cœlome et sont expulsés par la voie de quelque loge vide dont le polypide est mort. Après un séjour de un ou deux mois dans l'eau et si la température est suffisante (8 à 10° au moins), ils continuent leur évolution, ce qui fait que ceux du printemps donnent de nouvelles colonies la même année, tandis que ceux d'automne passent l'hiver (*).

Au moment où ils entrent en activité on constate que, sous l'ectoderme, la couche périphérique delà partie mésodermique s'est disposée en une assise cellulaire continue (fig. 288) représentant le mésoderme, tandis que la masse centrale à noyaux libres a dégénéré en une substance nutritive destinée à disparaître pour laisser à sa place le cœlome. On a donc, en somme, une vésicule à deux feuillets représentant un cystide dans lequel le polypide se forme par bourgeonnement, suivant le processus d'invagination déjà décrit et qui est le même pour tous les Ectoproctiés (fig. 288 et 289, 6.). La seule particularité à signaler ici c'est que plusieurs bourgeons (b., b'.) se forment avant que l'éclosion ait lieu, en sorte que, ce qui sort du kyste, est déjà une petite colonie qui n'a plus qu'à grandir.

(:) On a dit que d'avoir subi la gelée était une condition nécessaire de leur évolution. Cela est faux, car il en existe sous les tropiques; mais c'est peut-être une condition adjuvante. En tout cas, un intervalle de repos est nécessaire. Après quatorze mois AYesexuerg-Lund [Pfl les a encore trouvés capables de germer.

Statoblaste de Cristatella mucedo (d'ap. Allman).

IMIYLACTOLKMiniïS

Fig. 291.

Reproduction sexuelle. — Les spermatozoïdes se forment sur le funicule et les œufs sur la paroi <lc la zoécie, du côté ventral, dans l'espace compris entre l'insertion pariétale du funicule et le sommet de la zoécie, mais beaucoup plus près de celui-ci que de celle-là. On voit par là qu'ils se forment au même point que les bourgeons et on peut même ajouter, au même rang qu'eux, car ils naissent toujours au-dessus du dernier bourgeon formé, entre celui-ci et le sommet de la zoécie, c'est-à-dire au point même où se formerait un nouveau bourgeon s'il en naissait un à ce moment. Cela donne à penser que les œufs proviennent de ce même matériel embryonnaire dont nous avons vu les bourgeons se former et qui se conserve et se transmet de proche en proche depuis l'oozoïte pendant toute la vie de la colonie.

La première indication de l'ovaire (fig. 291, ov.) est une petite intumescence cellulaire mésodermique. Dans cet amas, une ou deux cellules grossissent aux dépens des autres et deviennent des œufs, tandis que les autres s'aplatissent, se disposent autour et forment un follicule. Lorsqu'il y a deux œufs, un seul se développe.

La fécondation et la segmentation se font dans le follicule, mais le reste du développement a lieu dans Y oécie (oe.), sorte de marsupium ou de matrice spéciale qui se forme pour ce but (').

Un peu au-dessus de l'œuf (fig. 292, ou.), entre lui et le sommet de la zoécie et, par conséquent, au point où devrait naître le prochain bourgeon, se forme, par invagination sous-cuticulaire, une vésicule à deux feuillets (oe.), un ectodermique interne, un mésodermique externe. Cette vésicule, en grossissant, entre en contact avec l'œuf revêtu de son follicule, se soude à lui, l'englobe et le fait passer dans sa cavité. Mais, en même temps, le feuillet ectodermique de la vésicule dégénère, en sorte que l'œuf se trouve contenu dans une simple enveloppe mésodermique. Il est évident, d'après ce mode de formation, que cette oécie n'est autre chose qu'un bourgeon qui ne dépasse pas le stade de vésicule à deux feuillets et s'est adapté à une fonction spéciale.

L'embryon, en effet, au stade de vésicule à deux feuillets se soude suivant une ceinture équatoriale à la paroi de l'oécie; les cellules de l'un et de l'autre deviennent plus élevées en ce point et forment ainsi une

(i) Oécie est pris ordinairement comme synonyme d'ovicelle. La formation dont il s'agit

ici el les ovicelles sont certaine a\ homologues dans une certaine mesure, mais nous avons

trouvé utile d'attribuer à Pu t à l'autre des noms un peu différents.

PUT LA CTOL.EMWA

(Type morphologique) (Sch.).

Reproduction.

Rapports de L'ovaire, do l'oécie et <!<' la zoécie productrice.

BRYOZOAIRES

sorte de placenta grâce auquel l'embryon va recevoir de l'organisme maternel les substances nutritives dont il a besoin.

Les conséquences de ce fait sont considérables. L'embryon, nourri par la mère, n'a plus besoin de passer par l'état de larve agile, douée d'organes sensitifs et nutritifs. 11 ne forme plus d'endoderme même provisoire, plus de tube digestif, plus d'organe aboral, ni d'organe piriforme. On observe seulement, au pôle oral, un léger épaississement ecto-

oe.

oe .1

oe...

oe.

PHYLACTOLJEMIDA (Type morphologique) (Sch.).

Reproduction.

Six stades successifs de la formation de l'embryon montrant la pénétration de l'ovule dans l'oécie

et la formation de la^ccinture placentaire.

e., mésoderme de l'embryon ; ect., ectoderme ; oe., enveloppe mésodermique de l'oécie ; ov., ovule ;

pi., ceinture placentaire.

dermique qui a la signification d'un sac interne rudimentaire et, comme celui-ci, sécrète une substance utile pour la fixation.

Voici maintenant comment se passent les choses.

L'embryon à deux feuillets, en même temps qu'il forme son placenta annulaire, représente dès ce moment le cystide. Il bourgeonne à l'un des pôles, que ce fait détermine comme aboral, un premier polypide (fig. 293, b.) et presque aussitôt un second (b' .). De plus, la région placentaire se développe en un vaste repli palléal (ceint, plac.) qui remonte vers le pôle aboral et enferme en une sorte de sac ouvert au sommet toute la partie sus-équatoriale de l'embryon. C'est en cet état

PIIVLACTOI.EMIDF.S

Fie. 294.

que la larve (fig. 294 et 295), qui s'est recouverte de cils sur toute sa

surface externe, est émise au dehors.

Elle sort en rampant do l'oécie,

passe dans la cavité générale et de ^f*". ^^£^nt plac

là au dehors par la loge vide de

quelque polypide mort. Presque

aussitôt, elle se fixe par l'épaississe-

ment ectodermique que nous avons L q

ceimtplac

l'flYLACTOL.VMWA

Type morphologique) (Sch.).

Reproduction.

La ceinture placentaire se soude à la paroi de l'oécie et. les bourgeons commencent à se développer.

1»., 1»'., bourgeons; ceint, plac, ceinture placentaire; «'«-t., ectoderme; invag., poinl où Le bourgeon \l>.' s'est invaginé; oe., paroi il'' l'oécie; p., paroi ectodermique de L'embryon.

signalé. Mais cette fixation n'est que temporaire. Bientôt, le repli palléal s'écarte, se renverse en bas, prend contact avec le sol et se soude à lui (fig. 296), formant la base définitive de fixation, tandis que l'ancienne fixation lâche prise. Toutes les parties comprises dans l'intérieur de la

PHYLA CTOL.VMWA

(Type morphologique) (Sch.).

Reproduction.

L'embryon est sorti de l'oécie et, la ceinture placentaire se retrousse pour envelopper l'extrémité supérieure qui porte les bourgeons.

l>., 1»'., bourgeons; ceint, plac, ceinture

placentaire.

Fig. 295.

PIIYI..K lOI.J.MIDA (Type morphologique) (Sch.).

Reproduction.

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