Partie d'une colonie
de
Rliahdopleura Norman i
(d'ap. R. Lankester).
l'TEItomiANCIIF.S
lill\i:i)i)l'l.i:ri; \
sentent comme des ramifications du tube principal. Tous ces tubes sont formés d'anneaux rappelant par leur forme ceux d'un Ténia et librement ouverts au bout. Leur substance est substransparente, d'apparence chitineuse. Cha-
Fig. 338.
so
cunedes branches latérales abrite un individu. L'ensemble est donc une colonie. Etudions un de ces individus.
A Y extérieur, son corps, dont la forme générale est celle d'un ovoïde,
se montre formé de quatre parties superposées : 1° la trompe ou disque prêoral ou lobe préoral (fig. 338, l. pr.) appelée aussi parfois êpistome par comparaison avec celui des Phylactolémides, large lame verticale insérée par un pédoncule situé au centre de sa face postérieure, à la face antérieure de la région suivante; 2° le cou ou région collaire (col.) présentant en avant la bouche (b.) cachée sous le bord du lobe préoral et donnant insertion par ses parties latérales aux deux branches d'un grand appareil tentaculaire comparable au lophophore des Phylactolémides ; 3° le sac viscéral (s.v.) surmonté en arrière d'un rectum saillant que termine l'anus (an.); 4° le pédoncule (pd.) long prolongement s'insérant sur le sac viscéral en un point de sa face antérieure qui, morphologiquement, représente le pôle aboral. La trompe et le cou sont opaques et fortement pigmentés, le sac est demi-transparent et ne présente que de rares taches pigmentaires. A la base de chacune des branches du lophophore est un petit pore nuclial (p. n.) donnant accès dans la cavité cœlomatique du cou. L'existence d'un pore génital mâle sur la marge de l'anus n'est pas certaine. On n'a jamais vu d'organes femelles ni par conséquent de pore génital femelle.
Rhabdopleura (Sch.).
an., anus: 1»., bouclio ; col., cou ; 1., limite intérieure île la cavité moyenne; l.pr.,lol>e préoral; pd., pédoncule; p. n., pore nuchai; s. v., sac viseérah t., tentacules sur
le lophophore.
AXOBRANCHES
L'organisation interne, en somme fort simple, se lit bien sur une coupe sagittale (fig. 339), accompagnée de quelques coupes transversales. La paroi du corps est formée d'une simple couche de cellules ectoder-
Fiff. 339.
cm
Rhabdopleura.
Coupe sagittale (Sch.).
a., anus ; l»., bouche ; c, partie cellulaire de la nolocliorde ; c. i., cavité du sac viscéral: cl., cloison sagittale; cm., cavité du col; es , cavité de la trompe : «1. pli., diverticulum pharyngien; est., estomac; g., partie gélatineuse de la notochorde ; i ni .. intestin ; 1. pr., lobe préoral; mol., libres musculaires lisses; n., prétendue notochorde contenant le diverticule pharyngien; o., cavité allongée creusée dans la cloison sagittale : ces,, œsophage ; |><1., pédoncule; pli., pharyDx; p. n., pore nuchal; s. n., système nerveux: sq., squelette; y., œil.
miques épaisses, diversement pigmentées. Il n'y a pas de derme et les éléments mésodermiques se réduisent à des cellules conjonctives éparses contre les parois.
La bouche (b.) est un vaste orifice beaucoup plus large que haut, situé entre le lobe préoral (l.pr.) et une épaisse lèvre inférieure en forme de bourrelet. Elle donne accès dans un énorme tube digestif qui
PTÉROBRANCHES : RHABDOPLEURA K')7
remplit presque entièremenl le sac viscéral dans lequel il forme une anse qui descend jusqu'au fond el remonte on arrière vers Vanus (an.). La branche descendante, beaucoup plus vaste que l'autre, ne montre presque aucune différence de diamètre permettant de distinguer le pharynx (/>//.), ['œsophage (œs.) el Vestomac (est.) autremenl que par des limites conventionnelles. Au fond de l'estomac, commence un intestin (int.) un peu plus étroit <|ui forme la partie inférieure de l'anse descendante et toute l'anse ascendante. De la paroi dorsale du pharynx part un petit divertieuîe (d. pli.) <jui plonge en cul-dc-sac dans un organe assimilé à la notochorde (n.) et dont il sera question plus loin.
Le lobe préoral (l.pr.) est une vaste saillie surmontant la bouche et formant le point culminant de la région céphalique. Il est entièrement cilié, a des parois très épaisses et très musculeuses (fig. 340). Fig' 34°-
Le lophophore est formé de deux branches épaisses à leur base, insérées sur les côtés et en arrière du lobe préoral et qui se portent en arrière. La surface est garnie de cils vibratiles. n :d^<f
Les tentacules, formant deux rangées Bhabdopleura.
de quinze environ, sont de plus en plus pe- CouPe transversale du lobe préoral
,., i i i , i, . , .,, Tl , ... , passant par le sommet de la noto-
tits de la base a 1 extrémité. Ils sont ciliés chorde («.) (Sch.ï.
sur toute leur surface. Un appareil squelet-
tique spécial, d'apparence cartilagineuse est contenu dans l'épaisseur
des parois du lophophore et des tentacules.
La cavité générale a une constitution très remarquable. Elle se compose de trois parties superposées sans communication entre elles. La cavité supérieure ou cavité de la trompe (fig. 339, es.) occupe tout l'intérieur de la trompe. Elle ne pourrait communiquer avec les parties sous-jacentes qu'en arriére, mais là elle est fermée par un organe particulier appelé, sans grand fondement, la notochorde (n.). C'est une masse claviforme formant cloison transversale dans la cavité générale et composée de deux parties, une antérieure d'apparence gélatineuse (g.), une postérieure, plus petite, cellulaire (c). C'est dans la base du manche de cette massue que pénètre le divertieuîe -pharyngien (d. ph.) signalé plus haut. La cavité du col (cm.) est fermée en haul parla cloison précédente. En bas, elle s'étend sur les côtés de la bouche et est séparée de la cavité sousjacente, suivant la ligne marquée (fig. 338, /.), par simple accolement de la paroi du corps au tube digestif le long de cette ligne. Elle est divisée en deux moitiés par deux cloisons verticales, une postérieure, située en arrière du pharynx, l'autre antérieure, située dans l'épaisseur de la lèvre inférieure (cl.).
Ces deux cloisons s'étendent, de la paroi du corps au tube digestif. Dans l'espace situé entre elles, les <\t>ux moitiés de la cavité sont naturellement séparées par le tube digestif lui-même. Chacune des moitiés
AXOBRANCHES
Fi«'. 341.
donne accès dans la cavité du lophophore et des tentacules du côté correspondant (').
Enfin, chacune des deux cavités collaires communique avec le dehors par le pore nuchal (p-n.) décrit plus haut, qui s'ouvre au sommet d'une
petite papille à la partie postéro-interne de la hase du lophophore (fîg. 341) (*).
La cavité dît sac viscéral (fîg. 339, c. i.) est fort étroite, étant presque comhlée par le tuhe digestif. Ses deux moitiés communiquent librement ensemble. Elle se prolonge dans le pédoncule.
Le système nerveux central (fig. 339, s.n.) est réduit à un épaississement ectodermique de la région nuchal e médiane, au-dessus des pores nuchaux, entre les branches du lophophore. Ya-t-il là une différenciation nerveuse réelle, comme chez Balanoglossu s auquel on a cherché à comparer notre animal sous ce rapport? Les recherches histologiques n'ont rien dit de précis à ce sujet. Un petit amas pigmentaire noir (y.) situé au sommet du lobe préoral est considéré comme un œil.
On ne sait à peu près rien des organes génitaux. Ray Lankester a décrit à droite du rectum un testicule qui s'ouvrirait à la marge de l'anus; mais Fowler a nié son existence. On n'a rien vu en fait d'organes femelles et on ne sait pas si les sexes sont ou non séparés.
Le pédoncule (pd.) est un prolongement de la paroi totale du corps et doit être assimilé, non au funicule des Ectoproctiés auquel on l'a comparé quelquefois, mais au pédoncule des Endoproctiés. 11 a donc exactement la structure des parois du corps; mais il contient en outre une tige squelettique (sq.) de même nature que celle du lophophore et des tentacules et est libre au centre de la cavité du pédoncule. Cette tige se prolonge en bas dans toute la longueur du pédoncule et jusque dans le stolon général dont il sera question tout à l'heure. En haut, elle s'applique à la paroi antérieure du corps et se termine en se ramifiant au-dessous de la lèvre inférieure. Entre cette tige et la paroi antérieure du pédoncule, sont des fibres musculaires lisses (mcl.).
Stolon pédonculaire. — Le pédoncule est très long (fîg. 342) et arrive jusque dans le tube général de la colonie, un peu au delà du point où
Rhahdoplenra.
Coupe passant par les pores nuchaux et l'extrémité inférieure du lobe préoral (Sch.)
cl., cloison sagittale séparant la cavité du col en deux moitiés symétriques : I.pr., coupe de la pointe inférieure du lobe préoral : «>.. cavité creusée dans la cloison sagittale : pli., partie supérieure du pharynx; 1> il. pore nuchal.
(*) Los rapports des cavités du lophophore et des tentacules avec leur axe squelol tique ne sont pas précisés; il est à penser que ceux-ci, étant formés par une condensation mésodermique, sont creux et que la cavité générale se prolonge à leur intérieur.
(2) Ce pore avait été pris par Sars et par Ray Lankester pour un organe sensitif.
PTEUOBHANCIIES
ltlIMihOPUCCHA
le tube de l'animal s'insère; ce dernier se jette sur le stolon général de la colonie dont il va être question bientôt. Cependant, un pou avant sa terminaison, il change brusquement de caractère, devient plus étroit (<>), el s'entoure d'une cuticule chitineuse épaisse; il contient toujours la lige squeletlique, mais n'a [tins de muscles.
Stolon général de la colonie (fîg. 342). — Après un court trajet dans la cavité du tube commun de
Fig. 342.
la colonie, le stolon pédonculaire se rapproche de la paroi et se jette sur un cordon de même structure que lui, situé dans l'épaisseur des parois du tube commun et qui est le stolon général de la colonie (st.). Ce stolon est contenu dans un petit tunnel (c), creusé dans l'épaisseur des parois du tube et d'un diamètre à peine supérieur au sien; il donne naissance à tous les stolons pédonculaires (pd.) de la colonie. Ceux-ci sortent par autant d'ouvertures creusées dans la paroi du tunnel et se continuent chacun avec le pédoncule d'un des individus.
Tube. — L'animal est complètement libre dans son tube spécial (fîg. 342, t.) et n'a d'autres attaches que celles de son pédoncule au stolon général. Le tube commun est divisé par des cloisons chitineuses (cl.) situées immédiatement en deçà de chacun des points où le stolon général donne naissance à un stolon pédonculaire.
Bourgeonnement (fîg. 343). — La plupart des branches de la colonie sont arrêtées dans leur développement ainsi que l'individu qu'elles contiennent : celui-ci ne bourgeonne pas, celles-là s'allongent mais ne se ramifient point. Certaines branches, au contraire, servent à l'accroissement de la colonie: elles contiennent un individu jeune, inachevé (z), qui forme des bourgeons (a, b,c, d, etc.) et ceux-ci donnent naissance à
Rhabdopleura. Appareil slnlonial (Sch.).
La coupe passe suivant l'axe des stolons, sauf à la partie supérieure droite de la figure (si'.), où le stolon a été laissé intact.
c, cylindre chitine ux du tube général de la colonie : cl., cloisons séparant les logos; e., partie rétrécie du stolon pédonculaire entourée par le tube chitineux : o., orifice par où sortie stolon pédonculaire ; pd., stolon pédonculaire : st.,
partie du stolon général accolée au tube colonial; st'., partie <lu stolon général libre dans le tubccoloiii.il: t.. tube colonial.
AXOBRANCHES
Fie. 343.
autant de nouvelles branches (g). Ces individus blastogènes (z) sont au sommet d'un pédoncule très long. Ils donnent naissance, à l'extrémité supérieure de leur pédoncule (et par un processus dont le détail n'a pas
été observé), à des bourgeons. A mesure que ceux-ci sont formés, l'individu terminal allonge son pédoncule et donne de nouveaux bourgeons, en sorte que ceux-ci sont d'autant plus âgés qu'ils sont plus éloignés de l'individu terminal. En se développant, chaque bourgeon devient un individu, d'abord sessile (a,b,c), mais qui se forme bientôt un pédoncule par rétrécissement et étirement de son sac viscéral au point où il s'attache au pédoncule (d). Dès qu'il a acquis un certain développement, l'individu (g) nouvellement formé, perce, on ne sait comment, la paroi du tube, sort par ce trou et aussitôt sécrète un tube formé d'anneaux successifs dont le premier se soude au bord de l'orifice d'effraction. Ce tube s'accroît en même temps que lui; il est sécrété sans doute par son lobe préoral. Il est formé, dans les parties jeunes, demi -anneaux se complétant l'un et l'autre, plus tard d'anneaux complets (fig. 344).
Un peu avant de percer la paroi pour abandonner le tube colonial, le jeune sécrète une cloison transversale (fig. 343, cl.). C'est ainsi que se fait le cloisonnement du tube commun.
Tant qu'il est jeune, et pendant longtemps, le pédoncule garde ses caractères primitifs; mais, au bout d'un certain temps, il se rétrécit à sa base, sécrète une cuticule et devient ce que nous avons appelé le stolon pédonculaire . Le stolon pédonculaire des branches à accroissement indéfini est d'abord, comme le pédoncule, contenu dans l'axe du tube; mais, vers sa base, il s'applique contre la paroi du tube où une sécrétion chitineuse vient le recouvrir. C'est ainsi que s'accroît le stolon général.
de
Rhabdopleura.
Bourgeonnement (im. R. Lankester).
La figure de gauche fait suite à l'extrémité
supérieure de celle de droite.
a à g, bourgeons suivant leur rang d'apparition : a, le dernier bourgeon paru; g, bourgeon le plus âgé qui a commencé à former son tube individuel ; cl., cloison de séparation entre les loges ; st., stolon général de la colonie
Fig. 344.
Rhabdopleura.
Formation des anneaux du tube par deux segments qui se fusionnent après coup (Sch.).
PTF.KOltIUNCIII-S
CEPHALODISt l S
Mouvements. — Les tubes, rampants sur le support et soudés à lui, sonl naturellement immobiles. Mais chaque individu est très mobile dans son tube. En contractant les libres musculaires du pédoncule, il fait glisser les parties molles de cet organe sur l'axe de celui-ci qui se courbe; les parties molles se froncent, le toul se raccourcit et l'animal rentre dans le lulie pour s'y abriter. Quand la contraction cesse, l'axe étant élastique ramène mécaniquement l'étal d'extension. L'animal peut aussi s'aider en rampant dans son tube avec son lobe préoral.
Naturellement, on ne sait rien du développement puisqu'on ne connaît pas les œufs -Marin ; trouvé par des fonds de 75 à 550 mètres sur les côtes d'Irlande, de Norvège, à Roscoff (Jdllien), à Tristan da Gunha par le Challenger et aux Açores par le prince de Monaco).
Cephalodiscus (Mac Intosh) est le second et dernier genre de ce petit groupe. Il forme aussi des colonies qui se présentent sous l'aspect de cordons ramifiés et parfois anastomosés par de courtes branches transversales de manière à dessiner en somme un réseau (fig. 345). Ce réseau est couché à plat et couvre une surface parfois aussi grande que la main. Les cordons mesurent 4 à 5mm de diamètre; ils sont hérissés d'épines molles qui parfois vont de l'un à l'autre et se trouvent alors fixées aux deux bouts. Ils sont formés d'une substance brunâtre semitransparente.
Le tout offre l'apparence d'une plante marine. Les cordons sont
Fis- 345.
Fig. 346.
creux
mais
n'ont pas une cavité continue comme les tubes de
( ephalodiscus.
Fragment du réseau formé parles tubes "I ;i|>. .Mac Fntosh).
Rhabdopleura ; ils sont parcourus par un système de canaux anastomosés, renflés çà et là en
Cephalodiscus.
Extérieur 'le- l'animal ^^^^^" (Sch.).
Le bord latéral du lobe préoral et celui de l'opercule ont été relevés pour laisser voir les orifices et la base des tentacules.
an., anus; i»., bouche; t., fente pharyngienne; o. g., orifice génital: p. col., porc collaire; p. tr.. pore <lc la trompe; t., tentacules.
AXOBRANCHES
logettes percées d'un orifice arrondi qui s'ouvre au dehors. Ces logettes sont habitées chacune par un individu de la colonie qui vit là, libre de toute attache aussi bien avec sa loge qu'avec les individus voisins.
Décrivons un d'entre eux.
Il mesure environ 1 millimètre (fig. 346 et 347). Son corps, dont la
Fig. 347
Cephalodiscus.
Coupe sagittale (Sch).
an., anus; »rg., bourgeon; cv. i., cavité générale du corps avec le mésentère sagittal; cv. m., cavité générale du col; cv. s., cavité générale du lobe préoral ; est., estomac : t.. fente pharyngienne ; lo. pr., lobe préoral; n., prétendue notochorde contenant un diverticule pharyngien: ov., ovaire; p. col., pore collaire; p.tr., pore de la trompe ; t., tentacules : vent., ventouse à l'extrémité du pédoncule.
brg-
rivent
forme générale est ovoïde, laisse distinguer, comme chez Rhahdopleura, quatre parties : une trompe, un cou, un sac viscéral et un pédoncule.
La trompe ou lobe préoral ou disque préoral forme une large lame discoïde, verticale, épaisse, rattachée au cou par un court pédoncule (fig. 347, lo. pr.)', elle montre en général un arc pigmentaire bien dessiné.
Le cou ou région collaire est la partie la plus compliquée de l'animal. Il est situé derrière le disque préoral qui le cache presque entièrement. Sur sa face dorsale il présente, immédiatement derrière la trompe, une paire de pores conduisant dans la cavité de la trompe (p. tr.),
PTÉROBRANCHES : CEPHALODISCUS 17!!
puis, sur la ligne médiane, un remarquable épaississementectodermique qui constitue le système nerveux central. Eu avant, il est percé d'un vaste orifice, la bouche (b.), située immédiatement au-dessous du pédoncule de la trompe, et, par suite, entièrement cachée derrière cet organe. Au-dessous de la bouche, il donne insertion à une large lame disposée comme serait une énorme lèvre inférieure (Iv. i.) qui s'étendrait jusque sur les côtés du cou : c'est le lobe postoral ou opercule. La bouche est donc entre ces deux lobes.
Sous l'opercule se trouvent, sur les cotés du cou, deux paires d'orifices, l'une dans l'angle d'insertion de l'opercule, ce sont les pores collaires (p. col.), correspondant aux pores nuchaux de Rhabdopleura et conduisant dans la cavité cœlomatique du cou; l'autre située un peu plus bas (/".), conduisant dans le pharynx, comme une sorte de fente branchiale dont elle a la signification. Enfin, à la base du pédoncule de la trompe, le collier donne insertion à douze bras tentaculifères disposésen cercles (t.), six de chaque côté. La base de ces bras est cachée par la trompe située au devant d'eux; mais ils la dépassent de beaucoup et forment une couronne au-dessus d'elle. Ces bras sont formés l'un et l'autre d'une tige conique, renflée au bout en une petite boule de couleur jaune foncée. Ils donnent insertion chacun à une cinquantaine de tentacules insérés sur deux rangées latérales. Ces tentacules forment une masse touffue qui cache une bonne partie des bras tentaculifères. Ceux-ci sont comparables aux bras du lophophore d'un Phylactolémide.
Le sac viscéral est uniformément arrondi et ne présente de particularités qu'en deux points. A sa partie supérieure qui continue la face dorsale du cou, on trouve trois orifices, un impair postérieur, l'anus [an.), et deux formant une paire antéro-latérale, les pores génitaux femelles (fig. 346, o. g.); ces derniers sont entourés d'un cercle pig-menté qui leur donne l'aspect bizarre de deux grosses taches oculaires, et on les avait pris en effet pour des yeux. Le second point remarquable du sac viscéral est le centre de sa face antérieure (représentant en réalité son pôle morphologique inférieur) où il donne naissance au pédoncule.
Le pédoncule est beaucoup plus étroit que le sac viscéral, à peu près long comme lui (plus ou moins selon son état d'extension); il se termine par une ventouse élargie (fig-. 347, vent.), mais sans glande spéciale. Au-dessus de la ventouse se trouvent en g-énéral deux ou trois bourgeons (brg.).
V organisation intérieure est plus simple que l'extérieur.
La paroi du corps est formée d'un haut épiderme doublé d'une lame conjonctive et, à certaines places, de muscles. Les observateurs pensent que l'épiderme est partout cilié, bien qu'ils u'aienl pu voir les cils. Les muscles prennent naissance autour de la bouche et s'étendent, d'une part dans le disque préoral qui est très musculeux, d'autre part dans la paroi antérieure du sac viscéral, d'où elles passent dans le pédoncule.
La cavité générale est ici plus remarquable encore que chez Rhabdo-
174 AXOBRANCHES
pleura. Elle est formée de trois étages entièrement séparés : la cavité de la trompe, celle du cou et celle du sac viscéral. La première est impaire, les deux autres sont doubles, étant séparées par un mésentère complet en deux moitiés sans communication entre elles. La cavité de la trompe (cv. s.) s'ouvre au dehors parla paire de pores (p. tr.) que nous avons signalée sur le cou immédiatement derrière la trompe. Elle s'étend dans la trompe seulement. La cavité du cou (cv. m.) occupe surtout les côtés de cette région, mais elle se prolonge d'une part dans les tentacules, d'autre 'part dans le lobe postoral; chacune de ses moitiés communique avec le dehors par l'un des pores (p. col.) que nous avons décrits sous l'opercule, dans la région latérale du corps. La cavité du sac viscéral ne communique pas avec le dehors ; elle est bien développée autour de la région œsophagienne, mais devient virtuelle dans le fond du sac où l'estomac et l'intestin sont accolés entre eux et à la paroi du corps. Elle se prolonge dans le pédoncule.
Le tube digestif forme une anse très fermée, il commence par la bouche située entre les deux lobes pré- et postoral à laquelle succèdent un pharynx et un œsophage très larges et presque sans délimitation ; le pharynx s'ouvre au dehors par deux fentes branchiales (/.) situées sur les côtés du cou, au-dessous des pores collaires, cachés par le lobe postoral. Puis vient un très large estomac sacciforme (est.) d'où part en avant un intestin assez étroit qui passe sous l'estomac, puis en arrière de lui et va déboucher à Y anus (an.). La trompe est creuse et a des parois musculeuses.
Ici aussi on a donné le nom de notochorde à une massue épithéliale (n.) en continuité avec l'épithélium pharyngien et qui monte dans la cavité du cou, appliquée à la face postérieure de la cloison qui la sépare de la cavité de la trompe. Mais le diverticule de la cavité pharyngienne, si net chez Rhabdopleura, est ici très réduit.
V appareil tentaculaire a la même structure que les parois du corps, mais il contient en outre un appareil squelettique tout à fait comparable à celui de Rhabdopleura. 11 est creusé à la base d'une cavité en communication avec celle du cou. Le renflement terminal des bras tentaculifères est dû à ce que les cellules épidermiques sont à ce niveau très grosses et glandulaires. Il n'y a pas de muscles dans les tentacules ni dans les bras qui les portent.
Le système nerveux est ce renflement épidermique que nous avons décrit à la face dorsale du cou. 11 s'étend avec les mêmes caractères à la face dorsale des bras tentaculifères sur une certaine étendue. Il est peu étudié au point de vue histologique; on sait seulement qu'il comporte des cellules et des fibrilles et qu'il est tout entier en dehors de la basale, comme chez les Echinodermes et le Balanoglossus.
Les ovaires (ou.), au nombre de deux, sont contenus dans la partie supérieure de la cavité du sac viscéral, en avant du rectum, accolés au mésentère dorsal. Les oviductes, indépendants l'un de l'autre, sont très fortement pigmentés, d'où l'aspect de taches oculiformes que prennent
ADDKNDUM 175
leurs orifices. Les œufs, très gros et entourés d'une enveloppe pédoneulée, se trouvent en grand nombre dans les tubes de la colonie. On ne sait rien de L'existence de mâles ou de testicules.
Le pédoncule est musculeux, ses muscles étant la continuation de ceux delà face ventrale du sac viscéral. Pour le reste, il a la structure des parois du corps. Il se termine au bout par une ventouse, mais sans glande ad hésive.
Le bourijeonncment, très actif, se fait à l'extrémité du pédoncule, immédiatement au-dessus de la ventouse. On trouve là, chez l;i plupart des individus, de petits diverticules qui deviennent autant de jeunes individus, lesquels se détachent à maturité, en sorte qu'il n'y a pas continuité entre les membres de la colonie. Le développement de ces bourgeons (brg.) n'est connu que dans ses traits généraux. On constate qu'à un moment ils sont formés de trois régions, séparées par deux étranglements bien nets et qui ont déjà leurs cavités générales entièrement séparées.
On ne sait à peu près rien de la physiologie de l'animal qu'on n'a pu observer vivant. On pense que les individus peuvent se mouvoir dans les cavités qu'ils occupent, rampant sans doute au moyen de leur pédoncule et de leur lobe préoral. Ils se nourrissent de particules diverses et de petits animaux et végétaux, principalement de Diatomées qui, sans doute, sont attirés dans leur bouche par le jeu des cils insérés, à ce que l'on pense, sur les faces en regard des lobes préoral et posloral légèrement écartés (Marin; trouvé par le Challenger dans le détruit de Magellan à 245 brasses de profondeur).
ADDE NDUM
Masterman [97] vient de publier sur l'Actinotroque H le Céphalodiscus un important bravail qui a paru trop lard [unir que nous ayons pu en tenir compte dans notre texte, mais dont nous pouvons donner une brève analyse sous la forme d'Addendum au chapitre des Axobranches.
Ce tra\ ail comprend trois parties : une étude de l'Actinotroque, une étude du Cephalodiscuse\ des considérations générales phylogénétiques et taxonomiques.