‹ Traite de zoologie concrète (volume 2)Chapitre 29 sur 70 · Structure d'Actinotrocha · texte numérisé non relu

Structure d'Actinotrocha

. FIG. 347 bis)

L'auteur n'étudie que la larve entièrement formée et avant la métamorphose, mais il ajoute bien des laits importants à ce qui «Hait déjà connu.

Le lobe préoral (A, l.pr.) esl très mobile, concave en dessous, souvent rabattu sur la bouche et la face ventrale du corps; il se rattache au corps par un pédicule étranglé, assez large, mais peu épais qui rend 1res uette sa limite inférieure. Le reste du corps se divise en deux parties : le collier et le tronc dont la limite commune est uni' ligne très oblique en lias el en avant, passant immédiatement au-des>ous de la rangée des lobes ciliés (tentacules larvaires) el marquée intérieurement, non seulemenl par l'insertion d'un diaphragme, mais par un anneau nerveux (A, u.c. . Outre les cils qui revêtent toute la surface a l'exception de la face \enlrale du tronc et du lobe préoral, il y a trois blinde* ciliées; une préorale ou prototroque qui suit le contour du loin' préoral, une collaire ou mésotroche qui suit le bord des franges des tentacules larvaires, et une périanalc mi métatroque, en couronne aul >ur de l'extrémité inférieure du tronc; celle dernière est la plus accentuée el la plus active comme ins-

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triiment locomoteur. Tontes sont tonnées de grands cils portés par des cellules spéciales. En outre, quatre sillons ciliés, formant deux paires, rayonnent autour de la bouche (H) : deux montent en convergeant de la face ventrale vers la bouche à laquelle ils conduisent l'eau et les aliments; deux partent des angles latéraux de la bouche, se portent en dehors vers la région dorsale et servent à emmener l'eau après que les particules alimentaires en ont été séparées en s'agglutinant pour continuer leur route dans le pharynx : elles jouent donc le rôle de fentes branchiales sans en avoir la disposition anatomique.

Le système nerveux, beaucoup plus compliqué qu'on n'avait cru, comprend sept parties :

1° Un ganglion central (A el B, ggl.) situé' dorsalemeni à la partie supérieure de la région collaire; un neuropore (n. p.) plonge à son intérieur sous la forme d'une petite invagination à sa partie supérieure;

2° Un large anneau nerveux postoral part du ganglion et se ferme en bas et en avant, en passant immédiatement en arrière et au-dessous de la rangée des tentacules (A, w.c);

3° Un anneau nerveux préoral [n.m.) suit le bord du lobe préoral, se jette en bas et en arrière dans le ganglion et communique en outre avec lui par trois filets qui suivent la ligne dorsale [n.l.) du lobe préoral;

4° Un anneau nerveux périanal court sous la bande périanale des cils;

5° Le long du dos une bande {n.d.) descend du ganglion jusqu'à l'anneau périanal;

6° Le long de la face ventrale du tronc, une bande (n.W.)suit le bord antérieur de l'anneau postoral à l'anneau périanal;

7° Enfin, il y a un plexus sous-épidermique général.

Sur tous ces points le système nerveux forme un épaississement de la face profonde de l'épidémie avec lequel il conserve ses relations embryogéniques primitives.

Un organe sensitif (ss.) de nature indéterminée est situé sur la ligne médiane dorsale du lobe préoral, vers le milieu de sa hauteur : c'est une simple papille à cellules spéciales en relation étroite avec le nerf sous-jacent.

Le tube digestif, entièrement cilié, ne présente de particularités notables et non encore décrites qu'au niveau de la bouche et du pharynx. Au fond de la cavité buccale se trouve une profonde dépression médiane qui monte vers le ganglion et se termine en cul-de-sac à quelque distance de lui. C'est un diverticule pharyngien, entièrement semblable à celui qui est décrit sous le nom dn notochorde,9 chez Rhabdopleura et Cephalodiscus; l'auteur l'appelle la glande prénervienne (subneural gland). Son origine est, comme celle de la bouche, entièrement épiblastique ; on le voit se former au-dessus de l'imagination buccale naissante et il n'est entraîné au fond de la bouche que secondairement quand le stomodseum se creuse. Sur les parties antéro-latérales du pharynx se forment deux diverticules (B, nch.) qui remontent quelque peu et se terminent en cul-de-sac; ces diverticules, déjà décrits par les observateurs, avaient été considérés, en raison de la coloration foncée de leurs parois, comme des glande* stomacales ou comme un foie. Leurs parois sont formées de cellules, endodermiques comme celles du reste du pharynx, qui subissent une dégénérescence vacuolaire très accentuée; elles prennent sous l'influence de cette vacuolisation [C, D, E) une consistance ferme et un aspect qui reproduit d'une façon frappante celui de la notochorde. L'auteur admet qu'elles représentent en effet une notochorde rudimentaire double et latérale, en sorte que le nom de pleurochorde lui conviendrait mieux.

Le cœlome est tapissé par un péritoine mésoblastique avec un feuillet somalique el un feuillet viscéral. Ces feuillets sont immédiatement appliqués contre l'épiderme ou Pépithélium digestif, sauf dans les quelques points où se trouvent des sinus sanguins, des muscles, ou de rares cellules mésenchymateuses formant une couche squeleltique cartilagineuse. Le cœlome est divisé en trois parties correspondant aux segments du corps: une préorale, une collaire el une abdominale; elles sont séparées complètement par deux diaphragmes péritonéaux qui s'insèrent au corps suivant les limites déjà décrites de ses trois portions. La cavité préorale est parcourue par îles filaments musculaires formant un réseau: elle communique avec le dehors par une paire de pores s'ouvrant sur les côtés du ganglion nerveux. La cavité collaire (B, cav.c.) entièrement libre, est divisée en deux par un mésentère dorsal et se prolonge dans les tentacules; les cœcums notochordaux [nch.) sont saillants à son intérieur, revêtus de son feuillet viscéral. Elle communique avec le dehors par une paire de pores [p.c.) qui s'ouvrent

ADUKNDl'M : ACTINOTROCH I

ventralement, près de la ligne médiane à sa partie la plus déclive, de pari et d'autre du (lira tic u le (c.)qui formera le corps de la Phoronis. Ces pores ne débouchent pas directement

ne

evr^.

Actinolrocha.

A, ensemble de la larve et disposition du système nerveux (im. Masterman).

B, coupe sagil taie Sch.).

C, I>. Ë, Formation de la aotochorde el de ses vacuoles. I'. aéphridie de la région collaire.

(V, ( p.' de l'extrémité inférieure de la larve (d'ap. Mas-

terman).

H, figure montrant la direction des courants buccaux [im. Masterman).

an., anus; b., bouche; cuv. c, cavité collaire; ggl., ganglion; i., diverticule pharyngien : 1., lobes du mésotroque ; I. i>r., loi»' préoral ; n. c, nerf collaire; ncli., notochorde; n.d., nerf dorsal; n. 1, nerf du lobe préoral; n. p., neuropore-; n.v.. nerf ventral; p. C, pore coUaire : v. d., vaisseau dorsal; v.v., vaisseau ventral.

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dans sa cavité; ils conduisent dans un petit bouquet de canaux ciliés (F), ramifiés, qui serpentent dans une niasse cellulaire el se terminent chacun par un entonnoir cilié ouvert dans la cavité générale. Ce sont là évidemment des néphridies larvaires, mais celles de la Phoronis n'en proviennent pas, car elles s'ouvrent dorsalement et appartiennent au tronc. La cavité du tronc occupe toute cette partie du corps et est libre, mais dhisée en deux par un mésentère ventral qui sert à fixer le tube digestif; il n'y a pas ici de mésentère dorsal. A sa partie inférieure, elle est subdivisée par une inflexion de ses parois de manière à former une paire de vésicules qui communiquent avec le reste de la caxité par un orifice infundibuli l'orme et semblent s'ouvrir au dehors par une paire de pores sur les côtés de l'anus (G) : c'est peutêtre le rudiment du rein de l'adulte, mais ils demandent une étude plus approfondie.

Les muscles dérivés des rares éléments mésenchymateux sous-péritonéaux sont tisses et peu développés. Nous avons décrit ceux du lobe préoral; il y en a aussi autour du sinus dorsal qui leur doit sa contractilité et autour du diverticule dont naîtra le corps de la Phoronis.

Un appareil circulatoire existe, plus compliqué qu'on n'avait cru et comprend six parties :

1° Un sinus dorsal [B, v.d.) contractile qui règne le long de la génératrice dorsale du tube digestif;

2° Un sinus prénervien (sin.) situé en avant du ganglion, en arrière du diverticule pharyngien qui plonge à son intérieur; il communique avec le précédent par un canal placé dans la cloison mésentérique qui divise dorsalement en deux parties la cavité collaire ;

3° Un sinus annulaire postoral qui part du sinus dorsal et se ferme en avant, après un trajet obliquement descendant ;

4o Un sinus annulaire périanal ;

o° Un sinus ventral [v.v.) qui part du sinus postoral et descend le long de l'estomac;

6° Un petit sinus annulaire à l'union de l'intestin et de l'estomac.

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