VI
IlOTIFERES : ItDEI.I.OlDES
malemeni rétracté entre les doigts cylindriques, coupé à pic, percé au boni «1rs orifices des glandes péclieuses (28, fig. 2, o. pcl.) (*); et qu'à la face dorsale du quatrième anneau (premier au-dessous de la bouche) est
un petil tentacule sétigère (28, fig. 2, tt.). Il n'y a d'excepln el que la
trompe {tr.), prolongement du corps, mobile et rétractile, qui n'existe pas dans les autres ordres. Klle est formée de deux anneaux, terminée par une extrémité obtuse ciliée et protégée par une paire de petites écailles membraneuses, dressées; elle est à la fois un organe
de tact et un
Fig. 361.
me
me
organe
locomoteur, comme nous le verrons bientôt; elle est capable de s'imaginer complètement et se réduit alors à un petit tubercule froncé à la face dorsale de l'anneau buccal (fig. 361) (*).
La couronne (c.) forme à l'extrémité du corps un simple rebord évasé assez épais, limitant une cavité intérieure peu profonde dorsalement, mais qui se creuse en avant pour conduire à la bouche; en avant de la bouche (o.), elle se prolonge en une sorte de lèvre inférieure. Dans l'aire de la couronne, à droite et à gauche de la bouche, se trouvent deux gros disques pédoncules rétractiles (28, fig. 3, rg. et rd.). Ces disques, en
BDELLOIDA (Type morphologique) (Sch.).
Dévagination de l'appareil rotateur.
i>.. bouche : c, bord antérieur de la couronne ciliaire : mol., muscle de la (rompe; îiirl'., muscle du disque rotateur gauche; o., orifi l'invagination <!<■ l'appareil rotateur; i». r., papille du disque rotateur gauche ; r. g., disque rotateur gauche; tr., trompe; tt., tentacule dorsal.
tr
p) Certains auteurs, à tort, distinguent ces deux orteils sous le nom. d'éperons, ou considèrent le quatrième anneau comme un troisième orteil.
- Zf.i.i.nkv 88 propose pour l'explication de cette trompe une Interprétation qui semble acceptable. L'espace compris <l;ms l'intérieur de l'anneau ciliaire préoral représente, comme cela se voit bien chez Trochosphxra , le lobe préoral des larves trochophores qui esl essentiellement une région nerveuse et sensitive. D'ordinaire, chez les Rotifères, elle devient plate ou concave et porte des yeux et des soies tactiles (figure ci-contre, A). Supposons que la partie sensitive de cette aire se soulève en une proéminence au sommet de laquelle les yeux et les poils sensitifs viennent • grouper, qous aurons une sorte de trompe intracoronale I!. Vienne maintenant cette trompe à se porter en arrière, elle se placera d'abord sur le trajet des anneaux ciÙaires, au niveau de la lacune dorsale qu'ils présentent si souvent. Ce sera le cas du genre Rhinops C. Qu'elle se porte plus en arrière encore, elle sortira de l'aire coronale qui rétablira sa continuité en avant d'elle. Ce sera le cas des Bdelloida l>. Los schémas ci-contre font bien comprendre ce mode de dérivation.
204 TROCHELMINTHES
effet, grâce à des rétracteurs spéciaux dont ils sont pourvus, peuvent se rétracter complètement par invagination de leur paroi cutanée latérale. Ils apparaissent alors sous l'aspect de deux orifices situés à droite et à gauche, en arrière de l'orifice buccal (fig. 361). Mais quand, sous la poussée du liquide cavitaire, ils ont émergé au dehors, ils forment de part et d'autre de la bouche une volumineuse saillie claviforme. Un peu au-dessous de leur face supérieure, règne un sillon horizontal dans lequel sont implan tés de puissants cils vibratiles formant l'anneau préoral.
L'anneau postoral suit le bord libre de la couronne et se continue en avant sur la lèvre inférieure et clans la bouche; en arrière, il présente une lacune médiane et se détourne pour monter en hélice sur le pédoncule des deux disques claviformes et se continuer avec le cercle préoral; arrivée à la lacune dorsale, la ligne ciliaire de l'anneau postoral se continue avec l'anneau préoral qui rebrousse chemin, se porte en avant, en dedans et en haut pour monter en rampe oblique sur la face postéro-externe du disque claviforme du côté correspondant et, devenant bientôt horizontal, forme une circonférence pas tout à fait complète audessous de la face supérieure de ce disque. L'anneau préoral est donc formé de deux parties indépendantes l'une de l'autre, continues chacune avec un des côtés de l'anneau postoral. Ses cils sont beaucoup plus grands que ceux de ce dernier. La face supérieure des disques (28, fig. 3, rd. et rg.) est nue, mais toute leur paroi latérale, ainsi que la face interne de la couronne sont finement ciliées : il doit, en effet, en être ainsi, car toute cette surface ciliée représente l'espace entre les deux anneaux ciliaires. Il est aisé de voir que, malgré son apparence étrange, cet appareil est parfaitement conforme au type général; il ne présente d'autre particularité que la présence dans l'aire coronale de deux saillies rétractiles sur lesquelles vient se placer l'anneau préoral.
Ces traits de l'organisation externe constituent ce qu'il y a de plus intéressant dans notre animal. L'organisation interne ne présente que quelques particularités d'intérêt secondaire que nous allons énumérer rapidement et qui se lisent aisément sur les figures. L'épiderme, qui offre le caractère syncytial habituel, est revêtu d'une mince cuticule chitineuse; sous le sommet de la trompe, à sa base, dans l'angle qu'elle forme en avant avec l'anneau buccal et sous la base supérieure des disques claviformes, il s'épaissit en une masse volumineuse qui fait saillie dans la cavité générale et que l'on appelle assez improprement une papille hypodermique. La papille de la trompe est sans doute formée de cellules sensitives et est en rapport avec un ganglion spécial (28, fig. 2, ggl.tr.); celles des disques trochifères (p./1.) s'insèrent à la base de ceux-ci, mais sont libres de toute union avec leurs parois latérales, de manière à ne point gêner leur mouvement d'invagination. L'annulation du corps est exclusivement limitée aux téguments et ne s'étend en rien aux organes internes ni à la cavité générale qui est entièrement libre, sans dissépiments d'aucune sorte. Elle n'est qu'une
ROTIFÈRES : BDELLOÏDES 205
adaptation secondaire dos téguments aux nécessités de la protection chez un animal dépourvu de cuirasse et de tube.
L'appareil musculaire (////. 2) très développé comprend, en outre des faisceaux habituels, des ré trac leurs spéciaux pour la trompe et pour les disques trochifères; ces derniers s'insèrent non au manche hypodermique de l'organe, mais dans l'angle entre la base supérieure et sa paroi cutanée; il y a en outre des rétracteurs du pharynx, de l'œsophage et du rectum, s'insérant d'une part à la paroi du corps, de l'autre à ces organes. Au fond du pharynx {ph.) est un petit maslax avec une paire de fortes mâchoires du type ramé (mch.); plusieurs glandes salivaires unicellulaires (gl-m.) sont annexées au mastax ; les glandes gastriques (gl.gs.) sont aussi unicellulaires ; le cloaque n'est pas cilié. L'appareil excréteur (C.exc.) ne présente pas de tortillons au niveau des cornets à flamme vibratile. La glande pédieuse (gl. pd.) est formée de quatre séries de grosses cellules glandulaires convergeant vers une partie inférieure commune et s'ouvrant au sommet du quatrième anneau du pied par dix petits orifices disposés en deux groupes symétriques de cinq (fig.3, o.pd.). Le cerveau (C), très volumineux, envoie, outre les nerfs habituels, une paire de filets pour un ganglion (ggl.tr.) situé sous la papille hypodermique du sommet de la trompe, une paire pour les deux grosses papilles hypodermiques des disques trochifères et un filet pour la papille hypodermique intermédiaire à la trompe et à l'anneau buccal. L'ovaire est pair (gl-gt.) et chaque glande est formée de trois parties, l'ovaire proprement dit (gerinigène) en dedans, un vitellogène en dehors et une cavité en bas où s'accumulent les œufs. Le tout est entouré d'une enveloppe qui se prolonge en haut en un ligament (rattache et en bas en un oviducle qui se dirige vers le cloaque. 11 semble que ce soit pour s'y ouvrir, mais on n'a pu voir le fait et Plate [86, 87] affirme que l'ovaire n'a aucune communication avec le dehors (*), mais Janson [93] est d'avis contraire.
Locomotion. — L'animal est capable de nager avec son appareil rotateur, mais il use peu de cette faculté, et elle lui serait peu utile, car il n'habite pas en pleine eau comme les autres Rotifères, mais sur des plantes (Hépatiques) à des places où peuvent s'accumuler quelques gouttes d'eau seulement. Pour se déplacer, il lâche prise et rampe comme les Sangsues ou les Chenilles arpenteuses en fixant sa trompe le plus loin possible, puis son pied près de sa trompe, s'élendant de nouveau pour porter la trompe plus loin et ainsi de suite. Pour se fixer, il fait saillir le quatrième anneau de son pied, sécrète le liquide adhésif et quand celui-ci a pris consistance, rétracte ce quatrième anneau en sorte que les orteils viennent embrasser Je support.
Enkystement. — Les particularités de leur habitat, particularités qui, au détail près, sont les mêmes pour les autres genres du groupe qui se
i1! Plate part de là pour établir dans lés Rotifères deux grands groupes, les Ductifera el AducHfera [Y. p. li'o).
TROCHF.I.MINTHES
rencontrent dans les gouttières, la mousse des toits, etc., exposent les représentants de cet ordre à se trouver à sec lorsque la pluie ou la rosée ne vient pas réparer les effets de l'évaporation.
Par suite de ces conditions s'est développé en eux la faculté remarquable de résister à la dessiccation et de reprendre vie après une mort apparente lorsqu'ils sont humectés de nouveau. On a dit et écrit que l'animal pouvait résister indéfiniment à une dessiccation réelle de tous ses organes. Gela est faux et voici à quoi se réduit le phénomène dont les conditions ont été bien déterminées par Davis [73, 86]. Si on place un Rotifère de cet ordre (c'est sur des Philodina que Davis expérimentait, mais la chose doit être la même pour tous) sur une lame de verre dans une goutte d'eau et qu'on laisse l'eau s'évaporer, le Rotifère se dessèche et meurt bel et bien et on a beau l'humecter il ne revient jamais à la vie. Mais si à l'eau où il baigne on ajoute du sable ou de la mousse, on peut le dessécher, même sous la machine pneumatique, même à 90 degrés centigrades, même en ajoutant SO4 H2 pour absorber les dernières traces d'humidité, le Rotifère desséché ne meurt pas et, après des années, se ranime si on le replace dans l'eau. Cela tient à ce que, dans ce cas, l'évaporation étant lente, l'animal a le temps de la sentir et d'y parer en se rétractant et sécrétant autour de lui une enveloppe gélatineuse qui s'oppose à la dessiccation des parties internes. Dans le premier cas, au contraire, la rapidité de l'évaporation ne lui avait pas laissé le temps de
FiS. 302
Aspects divers que peut présenter Philodina roseola fixé par son pied (d'ap. Baker).
sécréter son enveloppe protectrice. On voit qu'il n'y a là qu'un de ces faits à'enki/stement comme nous en avons vu tant d'exemples chez les Intusoires, et les mots de reviviscence, résistance à la dessiccation, doivent
ROTIFERES : SEISOMDF.S
disparaître «lu vocabulaire zoologique en ce qui concerne les Rotifères. Il faut remarquer aussi que, dans les conditions naturelles, l'animal n'esl jamais soumis qu'à la dessiccation lente contre Laquelle il a appris à se protéger. — Le màlc est inconnu dans tout cet ordre.
GENRES [Taille exprimée partout en millimètres.]
Philodina (Ehrenberg) (fig-. 3G2) ne diffère du type morphologique, et par conséquent de Callidina, que par la présence d'une paire d'yeux cervicaux ^0,06 à 0,5; cosmopolite; eau douce).
Ce genre est le chef de la famille îles Philodimn^e [Philodi>iad% (Hudson el Gosse comprenant aussi les genres suivants :
Rotifer [Schrank] fig. 363) qui D'en diffère que par la situation de ses yeux sur la trompe (0,2."i à 0,7: cosmopolite; eau douce, sauf R. citrinus et II. vulgaris qui habitent aussi l'eau salée) : Fig. 363.
Actinurus Ehrenberg] [fig. iîtiï et 365) a les yeux comme Rotifer, mais
s'en distingue par une forme allongée el surtout par son pied extrê ment
long ri mince (0,35 a 1,1 ; Europe. Chine, Australie;
eau douce . Fis- 365-
A la même famille appartiennent les deux genres suivants :
Callidina (Ehrenberg) (PI. 28) qui a été pris pour type morphologique ; génériquement, il se distingue de Philodina par l'absence d'yeux (0,2 à 0,35; Europe; eau douce, le plus souvent sur des Hépatiques ou sur les membres de petits Crustacés).
Discopus (Zelinka) (PL 29) se distingue du précédent par son pied à trois anneaux seulement, terminé par une grande ventouse formée d'un piston mobile dans une cavité munie h. l'entrée d'un puissant sphincter (29, fig. 3). Ce piston représente le sommet morphologique du pied, le troisième anneau, la cavité et les doigts appartiennent au deuxième anneau et les cellules de la glande pédieuse, formant deux rangées transversales seulement, viennent s'ouvrir au sommet du piston chacune par un petit canal distinct; leurs canaux (29, fig. 1, c. g/, p.) sont contenus dans une vésicule membra-
Fig. 364.
Actinurus Neptunius
retracté
(d'ap. Hudson et
Gosse).
vulgaris
Rotifer
rétracté (d'ap. Dujardin)
Actinurus Neptunius étendu (d'ap. Hudson el Gosse).
TROCHELMIINTIIES
Fie. 3G6.
neuse spéciale (s.)- La structure du pied constitue le caractère générique différentiel, mais il existe d'autres particularités intéressantes. Le corps n'est pas complètement rétraclile, le pied ne l'est pas du tout. L'estomac (est.) a des parois extrêmement épaisses ne laissant qu'une étroite lumière sinueuse; il y a deux glandes gastriques dorsales et une ventrale (gl. gs.). Les tubes excréteurs (c. exe), sans vésicule pulsatile, se jettent directement (o.exc) et isolément dans le cloaque (cl.) ; les pavillons vibratiles, au nombre de quatre seulement, sont très haut dans la cavité générale. Enfin, il existe un ganglion sous-œsophagien très net (ggl. s. œs.), réuni au cerveau par un court et large connectif (0,13; Manche et Adriatique; marin, vit fixé par sa ventouse sur la peau des Synapta entre les ancres qui sont un peu plus grosses (0,16 a 0,20) que le parasite).
AdinetR (Hudson) (fig.366) diffère sensiblement du type morphologique par la constitution de sa couronne. Celle-ci, en forme de cuiller, disposée verticalement, est formée en somme simplement par la face antérieure de la région céphalique large et légèrement excavée. Il n'y a pas d'anneaux ciliaires, toute la cavité de la couronne est simplement garnie d'un revêtement général de cils, réservant cependant sur la ligne médiane une étroite surface nue qui conduit à la bouche. La trompe, si développée dans le type, est ici réduite à un petit appendice du dos de la tète, terminé par une paire de crochets disposés horizontalement en travers. Il n'y a pas d'yeux (0,6 à 0,7; Angleterre, Guernesey; eau douce).
En raison des particularités de sa couronne, on en a l'ait le type d'une famille des Adixetix.e [Adinetadx (Hudson et Gosse)] dont il est l'unique représentant.
3e Ordre
SEÏSONIDES. — SE ISO NID A
[Seisonidm (Plate); — Seisonacem (Hartog)*]
TYPE MORPHOLOGIQUE (PI. 30
L'ordre ne se composant que de trois genres, dont un fort mal étudié, il nous semble préférable de les décrire directement. Rappelons seulement que l'ordre se caractérise par un corps vermiforme, annelé, par l'absence d'appareil vibratile, caractère en rapport avec le parasitisme. Les mâles sont à peu près semblables aux femelles, de même taille et
Ad i net h t'aga (d'ap. Hudson
et Gosse).
(M Plate en fait une famille: Hudson et Gosse, de même; Hartog les élève au rang d'ordre et avec raison, à notre avis.
BDELLOIDA