AV
tt.d
GASTR0TRICHE9
ROTIFÈRES INCERT/E SEDIS , Taille exprimée en millimètres
Diplotrocha Schmarda est nageur, piriforme terminé en haut par une courte tête cylindrique, en bas par un pied ridé arec deux orteils; anneaux ciliaires parallèles, entourant l'un le bord supérieur, l'autre le boni inférieur de la tète; position de la bouche non indiquée; un œil cervical rouge; une paire de mâchoires à longues dents étroites, courbes. Il appartient peutêtre aux Ploimida illoricidx [0,25; Le Caire; eau douce).
Monolabis [Ehrenberg), dépourvu de trompe et d'orteils, avec deux yeux frontaux (0,1 à 0,2; Prusse; eau (loue.') et
Hydrias (Ehrenberg), sans trompe, ni orteils, ni yeux (0,15; Afrique; eau douce),
semblent l'un et l'autre, en raison de ces caractères, ne pouvoir prendre place dans la famille si nettement caractérisée des Phibdininx où les place leur auteur; l'indication d'un tentacule ventral impair chez Monolabis paraît indiquer une observation défectueuse.
Notogonia Pertj \ à pied triarticulé avec des orteils sétiformes, deux yeux frontaux, etc., semble, en raison de sa carapace, prendre plan' parmi les Ploimida loricidas, mais il est trop insuffisamment décrit pour que l'on puisse préciser sa position [0,13; Suisse: eau douce*;
Typhlina (Ehrenberg), petit être sans yeux ni orteils, avec une couronne sessile, est insuffisamment décrit [0,035; Le Caire; eau douce);
Typhlotrocha [Schmarda), à couronne infundibuliforme à cinq lobes ciliés, à long pied étroit sans orteils dans lequel l'ovaire se prolonger ait jusqu'au fond, est insuffisamment et sans doute incorrectement décrit; son auteur le rapproche des Hydatines, Hudson et Gosse sont tentés d'j voir un Floscularia [taille?; Amérique centrale ; eau douce).
Orthurus (Thorpe?) est peut-être un genre parfaitement défini; nous le plaçons ici parce que nous avons rencontré l'indication d'une espèce australienne de ce genre, créée par Thorpe; mais nous n'avons pu trouver nulle pari la description du genre.
2e Sous-Classe
GASTROTRICHES. — GASTROTRICHLE
[Gastrotriches; — Gastérotriches; — Gastrotricha (Metchnikof);
Vers monomérides (E. Perrier)]
TYPE MORPHOLOGIQUE (PI. 33 et FIG. 411 a 416)
Nous prendrons comme type de ce groupe peu nombreux et très uniforme celui de ses genres qui est le plus important et le mieux connu,
le genre Chwtonotus.
Anatomie.
Extérieur, orifices. — Le corps mesure environ 0,02 de long. 11 a la forme d'un ovoïde allongé (fig. 411), prolongé en haut en un cou cylindrique portant un renflement, la tête, et terminé en bas par un prolongement bifurqué qui peut être comparé au pied des Rotifères, avec ses deux orteils; toule la surface est revêtue d'une cuticule chitineuse. Du côté dorsal, le corps est garni de longues épines recourbées vers le bas (fig. 412), creuses, portées sur une lamelle pleine qui leur sert de base. Ces épines sont chilineuses et sont une dépendance de la cuticule à laquelle elles sont soudées par leur plaque basilaire, mais sans se con-
TROCHELMINTHES
fondre avec elle. En bas, ces épines se montrent plus développées. Ce sont elles qui ont valu à l'animal son nom générique. Les côtés du corps
Fig. 411.
Fig. 412.
Fig. 413.
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GASTROTRICHIM
(Type morphologique).
face dorsale (d'ap. Zelinka).
an., anus : c.dy, bouquets dorsaux des fonds ; c. 1., bouquet latéral <l<s fouets ; ép., épines cuticulaires ; SJ <'!»•» plaque syncipitale.
GASTROTRICHIM
(Type morpholog.).
Plaque cutieulaire
avec son épine, (d'ap. Zelinka).
sont aussi garnis d'épines semblables. La face ventrale (fig. 413) est divisée en cinq zones longitudinales, deux latérales {z. L), une impaire médiane (z. v.) et deux intermédiaires (z. t.).
Les deux zones latérales sont garnies d'épines semblables à celle de la face dorsale, mais plus petites, et d'au-
tant plus petites que l'on s'éloigne davantage du bord. La zone médiane est recouverte de petites écailles portant chacune une épine minuscule. Les deux zones intermédiaires, plus étroites, sont garnies de fins cils vibratiles disposés sur des rangées transversales. En bas, les zones épineuses se terminent à une petite surface
GASTROTRICHIM
(Type morphologique).
Face ventrale (d:ap. Zelinka).
cl., bouquet latéral gauche de fouets; c. v., bouquet ventral gauche de fouets; ép., épines cuticulaires; o.
<jl., orifice des glandes pédieuses ; pi., plis du cône buccal; s., soies buccales ; x., testicule (?) : z.i., zone ventrale intermédiaire; se. 1., zone ventrale latérale ; z.tr., bande transversale de cils; as.v., zone ventrale médiane.
GASTUOTRICIIF.S 229
garnie d'épines plus développées; les deux zones ciliées s'arrêtent sans se joindre. En haut, les zones épineuses se perdent peu à peu et les zones ciliées se jettent dans une bande ciliée transversale (':.. ir.) qui les réunit à la hase antérieure de la tête. La tête a la forme d'un poli L dôme percé au sommet, rejeté un peu en avant, d'un orifice qui est la bouche. Sa face postérieure plus grande est garnie d'une forte lame chitineusc, lu plaque syncipitale (33, //'//. /, sycp.), formée d'un simple épaississement de la cuticule avec laquelle elle se confond. Elle porte de chaque côté quatre bouquets de longs flagellwms. Une paire de ces bouquets formés de chaque côté de cinq fouets onduleux, longs et forls, occupe les parties latérales (fîg. 411, cl.); une autre paire est ventrale, située un peu plus haut (fîg-. 413, ci'.), formée de fouets plus courts et plus nombreux; les deux autres paires sont situées dorsalement, l'une au-dessous de l'autre, sur les côtés de la plaque syncipitale (fig. 411, cd.) ; ils sont encore plus fins que les précédents. Ces fouets ne sont pas des productions cuticulaires, mais des organes intermédiaires à la soie tactile et au cil vibratile dont ils cumulent les fonctions; ils se prolongent intérieurement jusqu'aux lobes cérébraux avec lesquels ils se mettent en rapport (33, fig. 3, cl. et cd.). En fait d'orifices, il y a, outre la bouche termino-ventralc, un anus (an.) situé dorsalement, un peu au-dessus de la bifurcation terminale (33, fig. /, 0. exe), une paire de minimes pores rénaux au milieu de la face ventrale, séparés l'un de l'autre par une dislance un peu moindre que celle qui les sépare des bords et une paire de pores glandulaires (fîg. 413, o. gl.) à l'extrémité des branches de la fourche terminale. On n'est pas certain de l'existence de 'pores sexuels.
Paroi du corps. — Elle se compose simplement de la cuticule chilineuse, mince, uniforme, avec les épaississements et épines décrits cidessus et d'une assise épidermique syncytiale où l'on ne distingue qu'une mince couche protoplasmique uniforme avec de rares noyaux au niveau desquels elle forme un épaississement. La ressemblance avec les Hotifères est évidente. Il n'y a pas de péritoine, ni de musculature circulaire. Les seuls muscles qu'il y ait sont des réfracteurs longitudinaux correspondant à ceux de la cavité générale des Rotifères. Ces muscles forment six paires (33, fig. 3) : une dorsale, commençant en bas par deux chefs dans les branches de la fourche pédieuse; une latérale destinée à cette même fourche, s'insérant à la partie externe de ses branches d'une part, à la paroi du corps voisine d'autre part; enfin quatre paires ventrales naissant, l'une non loin de la ligne médiane, l'autre près des bords, vers le milieu de la hauteur du corps, et se portant deux en haut, deux en bas, celles-ci vers le pied, celles-là vers la tête où elles se terminent par deux ou plusieurs chefs.
Cavité générale. — Elle est entièrement libre, sans endothélium péritonéal, ni sur les parois, ni sur les viscères, et contient un liquide coagulable où l'on n'a point signalé de globules.
Appareil digestif. — Pris dans son ensemble, le tube digestif est recti-
TROCHELMINTHES
ligne, s'incurvant seulement en haut, un peu en avant vers la bouche, en bas, un peu en arrière vers l'anus. La bouche a la forme d'un court canal conduisant à l'entrée beaucoup plus étroite de l'œsophage (fig. 1, œs.). La cuticule céphalique, en se repliant pour pénétrer à son intérieur, forme un tube saillant à deux parois, une externe lisse, une interne plissée en filtre. Celle-ci se continue avec la mince cuticule qui tapisse l'œsophage et, au point d'union avec celle-ci, porte quelques petits denticules chitineux. Un peu au-dessus de ces denticules s'insèrent des soies chitineuses disposées en cercle et dirigées vers le dehors où leurs extrémités s'avancent en divergeant assez loin hors de la bouche (s.). Cet appareil est tout à fait comparable à X organe en nasse (Reusenapparat) des Infusoires ciliés et fonctionne de la même manière.
L'œsophage, long et gros, a cependant une lumière très étroite. Ses parois sont, en effet, très épaisses (fig. 414, œs.), formées d'une mince et souple cuticule interne, d'une membrane externe anhiste et d'une masse intermédiaire constituée uniquement par des fibres musculaires (mcl.) disposées radiairement, insérées d'une part à la membrane externe, d'autre part à la cuticule. Cette disposition résulte d'une transformation complète des cellules épithéliales en éléments musculaires. Il ne faut voir dans cette transformation qu'un état plus avancé de celle qui est commencée dans les éléments épithélio-musculaires d'autres animaux.
Chaque cellule a formé un faisceau de fibrilles et il n'est resté d'elle que son noyau. Ces faisceaux sont disposés en trois champs, un dorsal et deux latéro-ventraux entre lesquels persiste une étroite fente antéro-postérieure qui est la lumière de l'œsophage. Accollées à la face externe de l'œsophage, sont deux paires de grosses cellules qui sont peutêtre des glandes s aliv air es (33, fig. 2, gl.). La cuticule œsophagienne se termine en bas à l'entrée de l'estomac par un appareil qui rappelle les soies buccales mais qui est formé en réalité par une membrane chitineuse continue, plissée, dont le bord libre est dirigé en bas, dans l'estomac (33, f/g. 1, valv.).
L'estomac (est.) est long, volumineux, formé de quatre rangées verticales de grosses cellules granuleuses (fig. 415, cell. est.), et revêtu d'une mince cuticule. Son orifice a sur la coupe transversale la forme d'une fente cruciale (cav. est.) (').
Fi£. 414.
GASTROTRIC/II.E (Type morphologicr.).
Coupe transversale du corps
passant par le cerveau et l'œsophage
(d'ap. Zelinka).
c, cerveau; cils, cils des zones intermédiaires de la face ventrale ; nul., muscles œsophagiens ; œs., lumière de l'œsophage.
(a) Même observation qu'à la page 186, note.
<; wmoTiticiiKS
:çeLL. &ét
COM Cet
c.&occ
ou:
GASTROTRICHim (Type morphologique).
Coupe transversale au niveau des orifices
des canaux excréteurs (d'ap. Zelinka).
cav. est., cavité stomacale ; oeil, est., cellules de la paroi de l'estomac; c. éxc, appareil excréteur; o. exe, orifice excréteur.
L'intestin est, comme chez les Rotifères, court, vésiculeux, muni d'une cuticule mince, d'une paroi épilhéliale et de fibrilles musculaires en cercle dont les extrêmes forment un sphincter supérieur et un sphincter anal (33,////. /, sp.).
Il se recourbe en arrière pour s'ouvrir à l'anus.
Appareil excréteur. — Il se compose de chaque côté d'un tube très long- et très fin (33, //'//. 3 et ;. exe.) qui part de l'orifice décrit plus haut et qui forme sur les côtés de l'estomac de nombreuses circonvolutions don tu ne isolée des autres remonte jusque sur les bords de l'œsophage. Il se termine par un organe vibratile assez difficile à voir au milieu des circonvolutions du tube.
Cet organe terminal a la forme d'un bâtonnet rectiligne de 20 [/.
de long-, fermé à un bout, se continuant à l'autre avec le tube et contenant une très longue flamme vibratile (ou peut-être une succession de petites, mais c'est moins probable) qui en occupe toute la hauteur. Le tube lui-même est formé d'une paroi cellulaire dont les éléments sont chargés de grains d'excrétion. Dans la partie inférieure du corps se trouvent, de chaque côté, deux grosses glandes pédieuses (gl. pcl.) qui se prolongent dans les branches de la fourche pédieuse et vont, comme chez certains Rotifères, s'ouvrir à leur sommet.
Système nerveux. Sens. — Il y a, en arrière de la partie supérieure de l'œsophage, un très volumineux cerveau (C), formé par un épaississement de la face profonde de l'épiderme avec lequel il reste uni. Il est constitué par une masse centrale ponctuée et d'une couche corticale à cellules ganglionnaires formant quatre paires de renflements superposés avec lesquels les flagellums viennent se mettre en rapport par leur pied. Ces derniers sont les seuls organes sensitifs, car il n'y a pas d'yeux (sauf peut-être chez C.brevispinosus) et les épines chitineuses ne servent point au toucher. Le cerveau émet de chaque côté un nerf qui descend sur les parties latérales et un peu ventrale du tube digestif et se perd assez bas.
Organes génitaux. — ■ Les sexes sont réunis. V ovaire (ov.) forme de chaque côté une petite masse nue, située dans l'angle que forment la glande pédieuse et la vésicule intestinale. On n'a point vu d'oviducte, et l'on ne sait comment sortent les œufs (').
(*) Ludwig aurait troiiu* un orifice conique à la hase de la fourche caudale; Zelinka n'a
232 TROCHELMINTHES
Ceux-ci pour mûrir remontent sur les côtés de l'estomac où ils deviennent très gros, se nourrissant sans doute de substances empruntées directement au chyle contenu dans l'estomac.
On n'est pas bien sûr qu'il faille considérer comme testicule une petite masse (x.) située ventralement entre les deux ovaires, renfermée dans une membrane et pleine d'une substance protoplasmique avec de petits grains, tètes de spermatozoïdes peut-être, mais dont on n'a jamais pu voir les queues. Stockes [88] a décrit un long spermiducte dirigé en bas que Zelinka n'a jamais pu retrouver.
Physiologie.
On trouve le Gastrotriche, surtout au printemps et à l'automme, dans les mêmes lieux que les Infusoires et les Rotifères dont il se rapproche par sa taille.
Il nage en avant, jamais à reculons, avec les cils de ses bandes ventrales, ou se tient fixé par la sécrétion de ses glandes pédieuses. Jamais il ne rampe ni ne saute (sauf Dasydites salticans).
Il se nourrit de Diatomées, de petites Algues ou de particules diverses. Les cils ventraux, du moins ceux de la partie supérieure, ne font pas en effet seulement écouler l'eau le long de la face ventrale, ils lui font décrire des tourbillons verticaux dans lesquels les molécules descendent d'abord le long de cette face, puis remontent dans un plan un peu plus antérieur, décrivant des ellipses allongées dans divers azymuths autour de la tête. Les particules alimentaires sont ainsi amenées dans la région des flagellums. Ceux-ci vibrent parfois à la manière des cils; mais, le plus souvent, ils sont animés d'un lent mouvement ondulatoire ou restent immobiles. Dès qu'une particule vient à les rencontrer, avertis par leurs propriétés sensitives, ils entrent en action plus énergiquement et la précipitent vers la bouche ou la rejettent loin du tourbillon selon qu'ils veulent ou non la capturer. Arrivée à la bouche, la particule y pénètre directement ou est saisie par un mouvement de l'appareil en nasse qui est projeté au dehors largement ouvert et se ferme en rentrant dans la bouche. L'œsophage se dilate pour le passage des aliments sous l'action de ses fibres musculaires; enfin, la valvule chitineuse œsophago-slomacale empêche toute issue des proies vivantes arrivées à l'estomac. L'animal ingurgite en même temps beaucoup d'eau qui doit servir, comme chez les Rotifères, à un lavage respiratoire et à la dépuration du liquide cavitaire.
Pour le rôle de l'appareil excréteur, Zelinka [89] propose une explication fort suggestive et qui s'applique sans doute aux organes simi-
rien constate de ce genre et pense que, s'il y a un orifice, il doit être pair, tl se pourrait cependant qu'il se trouvât, comme chez les Rotifères, dans le tube inlestino-anal qui ferait fonction de cloaque. On a vu que, chez divers Rotifères [Bdelloida), on n'a pas non plus trouvé d'oviducte.
GASTROTRICHI/E
(TYPE MORPHOLOGIQUE
an., anus;
C, cerveau;
c. d., bouquet de cils dorsaux;
c. /.; bouquet de cils latéraux:
c. v., bouquet de cils ventraux;
exe, appareil excréteur;
êél- 1, j
, ' > îlots des cellules ganglionnaires ;
est- 3,
ggl- *, J
gl., glandes salivaires;
gl. pd., glandes pédieuses;
mol. œs., muscles de la paroi de l'œsophage ; mcl. r., muscles rétracteurs; mcl. v., muscles ventraux; œs., œsophage; o. exe, orifice excréteur; ov,, ovaire;
s., soies du tulie buccal ; sp., sphincters; sycp., plaque syncipilale; valv., valvule chitiueuse:
x., testicule (?).
Fi g. 1 . Coupe sagittale.
Fig. 2. Face ventrale.
Fie. 3. Face dorsale.
(Fig. 1. 2 et 3 iiu. Zelinka.
Zoologie concrète. T. V.
GASTROTRICHES
Fit;-. 416.
laires des autres animaux. La flamme vibratile n'aurait qu'une fonction mécanique, celle de déterminer dans le tube un courant d'eau vers le dehors: el les cellules du tube lui-même seraient chargées de la dépuration, empruntant au Liquide cavilaire les principes excrémentiliels que les organes y ont déversés, et les précipitant à son intérieur sous la forme de grains d'excrétion qui se dissolvent ensuite lentement et sont emportés par le courant d'eau intérieur. Cette explication est la seule qui rende compte de la longueur considérable du tube et de ses circonvolutions.
Développement .
On ne sait à peu près rien du développement.
11 existe des œufs munis d'une coque chitineuse élastique qui sont pondus dans des coquilles vides d'Ostracodes ou dans de petits amas de substances végétales et qui correspondent aux œufs d'hiver des Rotifères.
Les œufs d'été indiqués par Metchnikof n'ont pas été revus et semblent ne pas exister.
On a constaté un stade de segmentation à deux sphères égales. L'embryon se montre sous la coque de l'œuf, complètement ployé en deux, la bouche à côté de l'anus (fig 416). Il éclôt en faisant éclater cette coque et se montre sensiblement différent de l'adulte, non seulement par la taille, mais par les proportions des parties du corps. Il n'y a cependant pas de métamorphoses. Le jeune prend peu à peu les caractères du parent.
■ ceJ
GASTROTBICHIM (Type morphol.).
Embryon dans la coque de l'œuf.
(d'ap. Zelinka).
l>., bouche j est», estomac ces., œsophage.
La sous-classe des Gaslrolriches se divise en deux ordres :
Ichthydida, dont le corps est terminé par un pied fourchu ;
Apodida, dont le corps n'est pas bifurqué inférieurement.
Nous n'aurons pas à décrire de types morphologiques pour ces ordres, car le premier ne différerait en rien de celui de la sous-classe et le second n'en diffère que par le caractère indiqué dans la diagnose.
TROCHELMINTHES
1er Ordre
ICHTHYDIDES. — ICIITHYDIDA
[Evjchtbydina (Zelinka)]
Gastrotriches dont le corps se termine inférieurement par une extrémité bifurquée que l'on appelle queue ou pied et qui représente un pied de Rotifère très réduit en longueur et porteur de deux orteils divergents, au sommet desquels s'ouvre la glande pédieuse, et qui lui sert à se fixer par la sécrétion qui s'en écoule.
GENRES
Chsetonotus (Ehrenberg). C'est notre type morphologique. Il est caractérisé génériquement par sa fourche pédieuse simple et son revêtement d'épines cuticulaires situées soit directement sur la cuticule, soit sur des écailles (0,06 à 0,4; Europe, Amérique"; eau douce).
Ce genre forme avec le suivant la famille des Cii.etonotwjE [Chxtonotidx (Zelinka)] caractérisée par ses épines:
Chaetura (Metchnikof) (fig. 417) en diffère par sa queue dont chaque branche se divise encore en deux autres et par son corps qui forme comme des bourrelets superposés (taille non indiquée; Russie; eau douce stagnante).
Fio-. 417.
Fig. 'il8.
Chaetura capricomia
(d'ap.
Metchnikof).
Ichthydium (Ehrenberg) (fig. 418) diffère de Chsetonotus par sa peau nue, sans épines, écailles ou papilles quelconques
(0,07 à 0,18; Europe, Amérique, Geylan?, Nubie?; eau douce).
( le genre forme avec les suivants la famille des Ichthtdinje [Ichthydidx (Zelinkal] caractérisée par l'absence d'épines :
Lepidoderma (Zelinka) (fig. 419*, peau recouverte d'écaillés ou de papilles (0,08 à 0,2; Europe, Amérique; eau douce);
Larella (Eichwald) diffère d' Ichthydium par la présence d'yeux (taille non indiquée, Russie; eau douce).
2e Ordre
APODIDES. — APODIDA
[Apodina (Zelinka)]
Ichthydium podura
(d'ap.
Zelinka).
Fig. 410.
Lepidoderma ocellatum
(Metchnikof).
Le corps se termine inférieurement, en place de pied fourchu, par une extrémité simplement arrondie ou lobée.
GENRES
Dasydites ((iosse) (fig. 420) a l'extrémité inférieure simplement arrondie,
TKOCIIELMINTIIF.S
la tête bien dégagée, sans tentacules, et sur le corps de longues soies (0,08 à 0.17; Europe, Amérique; eau douce).
Gossea (Zelinka) [fig. Sâi) diffère du précédent par sa tête moins dégagée du cou et pourvue d'une paire de tentacules, par son extrémité inférieure dessinant trois petits lobes avec des faisceaux de poils raides, cl par les suies de sou corps plus courtes 0,15; Angleterre; eau douce).
Le genre Gastrochxta (Grim) placé quelquefois parmi les Gastrotriches est uu Nématode. Hemidasys (Claparède), vu par Claparède seul, et jamais retrouvé après lui, a des caractères d'Annélide ou de Némertine plutôt que de Gastrotriche. Il a uu parenchyme dans la cavité générale, un appareil mâle développé, avec canal déférent, pénis chitineux, etc., en haut deux fossettes ciliées comme les Némertes, une seule bande ciliée ventrale ne parcourant que les deux cinquièmes de la longueur du corps, le dos nu et la face ventrale armée de prolongements creux contenant un filament plasmatique axile. Il faut le placer parmi les Plathelminthes. Il eu est de même de Turbanella (Max"Schultze] qui a des appendices dorsaux dans lesquels est implantée une fine soie, la face ventrale entièrement ciliée, pas de cuticule chitinèuse, deux fossettes ciliées céphaliques, etc.
BARROIS (C. R. Ac. Se. Paris, 1877) a décrit, sans la nommer, une forme ressemblant extérieurement aux Ichthydida, mais que Ton ne peut laisser dans les Gastrotriches en raison de la segmentation du corps et de la présence d'un pénis.
Fis. 420.
Fie. 421.
Affinités des Trochelminthes
Le nombre et la valeur des caractères
énumérés dans la diagnose de la classe
(lusse a anten n ige r (d'ap. Gosse).
Dasjioites
sallitans
(d"ap. Stukes).
(V. p. 182) suffit à montrer les affinités qu'ont entre eux les deux groupes qui la constituent et à légitimer leur réunion dans une classe commune. Il reste maintenant à indiquer leurs affinités avec les classes voisines avec plus de précision qu'il n'était possible de le faire avant de les avoir étudiés.
Les relations entre les Rotifères et les animaux à larve trochopbore, Annélides et Mollusques, auxquels se rattachent aussi les Bryozoaires par Phoronis et sa larve Aclinotrocha sont rendues évidentes par la considération du genre Trochosphœra (V. p. 201) qui, malgré son apparence exceptionnelle, ne diffère au fond du type normal des Rotifères que par des particularités d'importance subordonnée : il n'a pas de pied, mais il en est de même chez Atrochus et Asplanchna; la situation ventrale de son ovaire se retrouve chez Seison; enfin son hémisphère apical n'a qu'à s'invaginer pour devenir une couronne normale.
Quelques zoologistes, Salensky [72], Hartog [96] sont d'avis que les affinités des Rotifères sont plus réelles avec le Pilidium des Némertes qu'avec la Trochopbore. Pour établir cette comparaison, Hartog admet que le pôle apical sensitif du Pilidium correspond au pied du Rotifère
236 TROCHELMINTHES
et est devenu l'organe de fixation de celui-ci; en sorte que le Rotifère, pour être placé dans sa position morphologique devrait être retourné, en bas la bouche, et en haut le pied représentant le pôle apical. Cette vue nous paraît difficile à admettre, car la région sensitive du Rotifère est certainement Taire coronale qui représente une région préorale du corps.
La ressemblance remarquable de certains Rotifères (Pedalion, Hexarthra) avec les Crustacés est certainement le résultat d'un phénomène secondaire de convergence, et l'on ne saurait admettre avec Tessin [86] une correspondance morphologique entre les parties similaires.
Avec les Nématodes, c'est par les Gastrotriches que s'établissent les affinités.
La ressemblance des Echinodères avec les Nématodes saute aux yeux et elle va être démontrée quand nous étudierons ce groupe; et, d'autre part, celle des Gastrotriches et des Echinodères est si réelle que Hatsgher d'une part, dans son groupe des Cephalotricha et Bïtschli d'autre part dans celui des Nematorhyncha les avaient réunis. Les caractères communs sont : la constitution de la peau avec sa cuticule épineuse, son épidémie syncytial; le tube digestif rectiligne avec le pharynx revêtu de chitine et l'intestin moyen prédominant; la constitution des organes excréteurs, entre lesquels la flamme vibratile des uns et le revêtement cilié des autres établit une ressemblance aussi grande au moins qu'avec les tubes rénaux des Nématodes. Nous aurions même accepté l'idée de placer les Echinodères dans une même classe avec les Rotifères et les Gastrotriches si les découvertes récentes de Zelinka sur le système nerveux des Echinodères n'étaient pas venues montrer une différence qui oblige à les en séparer en même temps qu'elle les rapproche des Nématodes. Nous placerons donc les Echinodères dans une classe spéciale que nous allons maintenant étudier.
klNORHYNQUES
Fig. 422.
5e Classe KINORHYNQUES. - KIN0R1IYNCIIIA
[ECHINODÈRES (Dl'JARDls) ; — KlNORHYNCHA (HeinhARd)] (PI. 34, et FIG- 422 et 423)
Celte classe conlient le seul genre Echinodères qui, naturellement, doit être décrit en lui-môme.
Extérieur. Orifices. — L'animal est allongé, vermiforme et mesure environ 0,1 de long. Son corps est recouvert d'une épaisse cuticule chitineuse et distinctement divisé, sans compter la trompe, en onze anneaux légèrement imbriqués de haut en bas (fig. 422). Cette cuticule porte, sur le dos et sur les côtés, de longues et fortes soies (p.); la face ventrale peut en porter aussi quelques petites, mais cela est exceptionnel. La surface est, en outre, garnie de petits poils sensitifs disposés en rangées transversales.
A l'extrémité inférieure, se trouvent d'ordinaire deux longues soies terminales (s. t.) plus fortes que celles du corps et qui rappellent les orteils des Rotifères. En haut, le premier anneau est surmonté d'une puissante trompe rétractile (fig. 423) qui, lorsqu'elle est saillante au maximum, se montre formée de trois segments séparés par deux étranglements peu accusés. A l'union des segments moyen et inférieur est une couronne de fortes épines rabattues en bas (ep.). Cette couronne comprend quatre rangées circulaires, dont la supérieure seule est formée de grandes épines, les épines des trois autres étant beaucoup plus courtes et de moins en moins développées à mesure qu'elles appartiennent à une rangée plus inférieure. Vers la partie supérieure du segment moyen est une couronne de neuf épines (c.) plus faibles que les grandes de la couronne inférieure et, à la partie inférieure du segment terminal, encore un cercle d'épines plus petites (c'.). A l'extrémité supérieure de ce dernier segment se trouve la bouche (34, fig. 1, hch.), rigoureusement terminale, dans l'axe du corps;
o.ecc
KINORHTNCHIA. Aspect dorsal de l'animal avec sa trompe rétractée (Sch.).
1 à 11, numérotage des anneaux du corps; an., anus: o. éxe, orifices de l'appareil excréteur; o. gt., orifices génitaux; o. invg., orifice
d'invagination de la trompe; p.
épines latérales des anneaux du corps ; s. t., soies terminales.
KINORHYNQUES
Yanus (an.) est au bout du dernier anneau; une paire de pores génitaux est située de part et d'autre de l'anus un peu en avant de lui (34, fig. 3, o. gt.); enfin y il a une paire de joores excré- p. 423
leurs (o. exe) à la face dorsale du neuvième c>
anneau du corps.
Paroi du corps. — Cette paroi est formée seulement de la cuticule, doublée d'une couche épidermique et de divers muscles qui appartiennent les uns à la paroi du corps, les autres à la catégorie de ceux que, chez les Rotifères, nous avons attribués à la cavité générale.
La cuticule chilineuse qui détermine l'annulation du corps est divisée en plaques. Il y a pour chaque anneau une plaque dorsale impaire, plus bombée et deux plaques latéro-ventrales symétriques (ces dernières parfois fusionnées entre elles). Le premier anneau du corps cependant a quatre plaques, une dorsale, une ventrale et deux latérales. Ces plaques ne sont que des épaississements d'une cuticule mince continue qui forme aussi la lame d'union entre les bords imbriqués des anneaux, comme chez les Insectes. Cette cuticule recouvre aussi la trompe et nous verrons qu'à la bouche elle se réfléchit dans le tuhe digestif. Les soies sont des productions cuticulaires de même nature.
L'épidémie est formé, comme chez les Trochelminthes, d'une lame protoplasmique syncytiale parsemée de quelques noyaux, seuls indices des cellules fusionnées, ou non séparées, qui la constituent; cette lame est parsemée de granulations pigmentaires. Elle envoie aux fines soies que nous avons appelées poils sensitifs un mince prolongement qui perfore la cuticule et pénètre dans leur intérieur.
La musculature est formée de fibres striées. Il y a d'abord une couche générale de faisceaux longitudinaux disposés par paires dorsales et ventrales, qui s'étendent d'un anneau à l'autre dans toute la longueur du corps et qui peuvent incurver celui-ci d'un côté quelconque ou le rétracter dans son ensemble. Il ne paraît pas y avoir de faisceaux circulaires, mais il y a tout un système de faisceaux dorso-ventraux (34, fig. 2 et 3, mcl. d.) situés vers le milieu de chaque anneau, l'un à droite, l'autre à gauche, et dirigés un peu obliquement d'arrière en
o eocc
KINORHYNCHIA . Aspect de l'animal vu de profil avec sa trompe dévaginée (Sch.).
c, couronne des épines du deuxième anneau de la trompe ; c'., couronne des épines du premier anneau de la trompe ; o. exe., orifice de l'appareil excréteur; p., épines latérales des anneaux du corps; s. t., soies terminales.
KINORHYNCUIA