‹ Traite de zoologie concrète (volume 2)Chapitre 9 sur 70 · Larve · texte numérisé non relu

Larve

Zoologie concrète. T. Y

PI. fi.

SIPONCULIDES 19

Aux dépens du feuillet somatique du mésoderme, se forme une, paire d'organes segmentaires (sg.) situés assez bas au-dessous de la Louche et par conséquent non céphaliques, formés d'un simple canal en trompette, cilié, contourné et s'ouvrant par l'extrémité étroite au dehors, par l'extrémité évasée dans la cavité générale. Enfin, une rangée horizontale de cellules ectodermiques développe au-dessous de la bouche une couronne cil/aire postorale (4,////. 12, c.p.). Tout est prêt à ce moment pour l'éclosion qui a lieu par rupture des membranes vitelline et séreuse au pôle aboral. La larve en sort en conservant les cils de sa plaque syncipitale qui se dégagent des orifices de la membrane vitelline par lesquels ils passaient.

La larve, qui déjà avant l'éclosion avait commencé à devenir piriforme, s'allonge alors beaucoup; un étranglement situé au-dessous de son cercle postoral sépare la tête du tronc; la plaque syncipitale est refoulée vers le dos par la bouche qui devient terminale. Elle montre une double tache pigmenlaire (y.) faisant sans doute fonction d'œil. Dès ce moment apparaissent, aux dépens du mésoderme somatique, les rétracteurs (mcl. r.) qui s'insèrent en bas au niveau de l'anus et un fort muscle annulaire (mcl. c.) situé au-dessus du cercle ciliaire.

Cette larve n'est pas sans analogie avec la larve trochophore des Annélides. Mais elle est plus parfaite et par toute sa structure se rapproche déjà du Géphyrien adulte (').

Déjà à ce stade elle peut rétracter sa tête et la protéger par la contraction du muscle annulaire qui ferme au-dessus d'elle l'orifice d'invagination (*).

La transformation en adulte a lieu progressivement et est principalement caractérisée par trois phénomènes : le développement du système nerveux, les modifications de la région céphalique et Y allongement de la région postanale du corps.

Le cerveau se développe aux dépens de la plaque syncipitale et ses taches oculiformes s'atrophient (en général du moins, mais pas chez Sipunculus qui garde un œil à l'état adulte); le cordon ventral se forme par un épaississement de l'épidémie ventral ; les connectifs naissent de l'extrémité supérieure du cordon ventral et vont rejoindre le cerveau, se développant ainsi en sens inverse de la direction habituelle. La couronne postorale et les cils du bouquet syncipital disparaissent, la bouche devient tout à fait terminale, les tentacules se développent autour d'elle par de petites évaginations et les organes accessoires du pharynx s'atrophient. Enfin, le corps s'allonge beaucoup et l'anse intestinale descend

(x) Elle n'a pas ici (Siponcle) de cercle cilié préoral, mais il j en a un <-\w. Phascohsoma.

-) La larve du Phascoloso esl d'aspecl sensiblement différent. Elle se distingue, outre

la forme, par une couronne ciliaire préorale, par des crochets situés sur le bourrelel qui forme la couronne postorale el par deux paires (puis trois) de soirs ectodermiques rigides quelque peu comparables à celles des Annélides et situées symétriquement sur les côtés du tronc.

GEPHYRIENS

dans son diverlicule postanal. On voit par ce développement combien le nom de trompe est défectueux pour caractériser une partie qui est, au contraire, la portion principale du corps, tandis que le Ironc résulte d'un accroissement secondaire du diverticule postanal. L'appareil circulatoire se creuse in situ dans le mésoderme; ses globules proviennent de cellules péritonéales détachées; les organes segmentaires forment le diverticule sacciforme qu'ils portent à l'état adulte, et tous les autres détails de la structure s'achèvent enfin sans qu'il soit besoin d'insister pour être compris.

GENRES

Sipunculus (Linné) (fîg. 7 à 10). C'est à peu de choses près l'animal que

FiR. 8.

Fis. 9.

Fi-'. 10.

ici r^r

Sipunculus malus.

Coupe transversale de la peau (d'ap. Andreae).

c, canal cutané; corp. sg., corpuscules sanguins; gl., glandes ; nul. 1., muscles longitudinaux ; mcl. r., muscles circulaires: prt., péritoine; sperm., spermatozoïdes.

Corpuscule sensitil

de Sipunculus nudus

(d'ap. Jourdan).

eut., cuticule; dr,, derme; ect., ectodorme; nous avons pris comme type. Gêné-

S;'esfLtneSnï: riqnement, il se caractérise par ses cellules nerveuses. muscles en faisceaux distincts, dessinant un quadril-

lage, par ses tenta- ^ cules disposés en

cercle autour de la bouche, par l'absence de papilles et de crochets (sauf pour ces derniers,

£. australis) et par la présence d'un deuxième cœcum contractile de l'appareil circulatoire, semblable au cœcum dorsal, mais situé en avant de l'œsophage (Grande taille t*); toutes les mers) (').

Sipunculus robustus (d'ap. Selenka).

(M Quelques autres particularités remarquables sont à signaler : les canaux sous-cutanés, les organes annexes du cerveau et les urnes. — Les canaux sous-cutanés (tig.10) soûl compact Dans tous ces genres, grande taille signifie 10 à 20 centimètres

— — petite — — 1 à 3 centimètres

— moyenne — — entre les deux.

SIPONCULIDES

Phallosoma (Levinsen) n'est qu'un Sipunculus à tentacules lobés ou plumeux, à corps divisé en <lrii\ parties, une supérieure plus grande, quadrillée, une inférieure lisse, brillante '.Mers Arctiques] .

Phascoloma (Sars) n'esl qu'une espèce de Sipunculus.

Phymosoma (de Quatrefages, emend. Selenka <4 de Man) (5, fig. I et fig. 11 à 14) se rapproche beaucoup du précédent mais en diffère, outre quelques carac-

, . i • Fig. 11. Fig. \2.

tères secoudiures (papilles sur le corps, crochets sur la trompe), par la conformation très spéciale de la région huecale (fig. 11 et 13). A une certaine distance au-dessous de la bouche (b.)

est Un repli CU- Phymosoma.

i ' • î • Tête de P. granulation (Leuckart)

tane circulaire (d*p Selenka^

Complet \c')'-) Xi^ bouche en forme de fente entre les

OUI remonte tentacules et la lèvre antérieure;

i il., saillie déterminée par le cerveau :

encapuchonner tt., tentacules.

la tète comme

un prépuce (d'où le nom du genre). Les

tentacules (tt.) forment un cercle incomplet

(4/5 de circonférence) non autour de la

bouche, mais en arrière de celle-ci, et ils sont soudés à leur base en

Phymosoma. Organisation interne de P. varians (d'ap. Shipley).

rables à ceux que nous avons décrits dans la trompe des Priapulides, mais ils s'étendent ici dans la région somatique également. Ils sont situés dans le derme au niveau dr>s interstices, entre les muscles longitudinaux, et communiquent avec la cavité générale par des ouvertures cachées sous le bord des muscles longitudinaux, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Les œufs tombant ici dans la cavité générale avant d'arriver aux organes segmentaires s'y engagent souvent. On a émis l'idée qu'ils pouvaient servir à la respiration en rapprochant le liquide cavitaire de la surface.

Le cerveau (fig. 7 est garni, à sa partie supérieure, de digitations ramifiées, formées de cellules noyées dans le tissu conjonctif. Vogt et Yung auraient trouvé sur ers digitations des cupules ciliées et les considèrent en raison de ce fail comme des organes sensitifs fournissant des sensations relatives au liquide de la cavité générale [?]. Leurs fonctions el leur signification sont, en réalité, également inconnues. En avant de ces digitations, la face supérieure du cerveau est coiffée par le fond élargi d'un petit canal invaginéqui s'ouvre d'autre part par un minime orifice entre les deux tentacules les pins dorsaux. Ce canal i V. Phymosoma, fig. 13, y), muni a l'entrée d'un sphincter pour éviter l'accès du sable à son intérieur, est cilié. Ses cellules ne sont pas très remarquables, sauf le long du bord antérieur où elles sont hautes, très pigmentées et ont l'aspect d'éléments sécréteurs, et au fond où, sous une cuticule ('paisse et

GEPIIYRIENS

sorte qu'ils se présentent comme des découpures d'une membrane continue. Une autre membrane, mais non découpée, part des extré-

Fig. 13.

Phymosoma. Coupe sagittale de la région supérieure du corps de P. varians (im. Shipley).

ami. v., anneau vasculaire; 1»., bouche; C, cerveau; oav. g., cavité générale; clr., collier formant prépuce; e. n., anneaux nerveux; col. n., collier nerveux; 11. tt., neri's tentaculaires ; n.vt., cordon nerveux ventral; obs. oesophage; sy., squelette; tt., tentacules : v. d., vaisseau dorsal; y., tache oculiforme.

peut-être non ciliée, elles forment une masse bombée intimement unie à la substance cérébrale avec laquelle elle se continue. Ces cellules sont disposées sur plusieurs assises et paraissent se continuer avec des prolongements filiformes venus des cellules gangbonnaires situées plus profondément clans le cerveau. Ici encore on ne sait rien de positif sur les fonctions de l'organe, excréteur et sensitif sans doute [peut-être olfactif], ni sur sa signification. Il est certain, en tout cas, qu'il se forme secondairement après que le cerveau s'est isolé de la paroi, et n'est pas le reste d'une invagination qui aurait donné naissance à cet organe.

Quant, aux urnes que l'on trouve dans la cavité générale, ainsi que dans celle de Phascolosoma, il semble bien démontré que ce sont des Infusoires parasites (Voir ce traité de zoologie, vol. I, p. 439), bien que les recherches les plus récentes n'aient pas éclairci dans ce sens leur signification (Voir Kùnstler et Gruvel, C. Iî. Acad. Se. Paris, 8 février 1897).

Ajoutons enfin que d'ordinaire, chez le Siponcle, le muscle fusiforme détermine à l'ex-

STPUNCULfDA

(GENRES

Fig. 1. Phymosoma (d'ap. Selenka).

Fig. 2. Phascolosoma vulgare (de Blainville) (d'ap. Selenka).

Fig. 3. Phascolion manceps (Selenka et de Man) (d'ap. Selenka).

Fig. 4. Aspidosiphon Steenstrupii [d'ap. Selenka).

Fig. 5. Cloeosiphon aspergillum (Quatref âges) (d'ap. Selenka).

Fig. 6. Echinosiphon aspergillum (Quatrefages) (d'ap. Sluiter).

Fig. 7. Onchnesoma glaciale (d'ap. Koren etDanielssen).

Fig. 8. Stephanostoma Hanseni (d'ap. Danielssen el Koren).

Fig. 9. Dendrostoma blandum (Selenka et de Man) (d'ap. Selenka).

SlPONCl'LIDES

mités de Tare de cercle tentaculaire, el décrit un arc rie cercle1 semblable,

mais en passant en avant de la

[touche, formant ce que Ton appelle la lèvre inférieure. Si l'on considère cette lèvre comme une membrane

tentaculaire non découpée en •limitations tentaculaires , on pourra

concevoir les tentacules comme disposés d'une manière beaucoup moins aberrante, formant autour de la bouche un cercle que Ion aurait fortement étiré transversalement et contourné ensuite en arrière en arc de cercle. Cette disposition rappelle celle des tentacules de Phoronis (Petite taille; tropiques) (').

Phascolosoma (Leuckart) (5, fig. 2 et fig-. 15 et 16). La musculature longitudinale est continue et ne des-

•S&Sîutu^

Fig. H.

Pftymosoma. Appareil vasculaire de P. granulatum (d'ap. Selenka).

sine pas un quadrillage sur les

téguments. Les tentacules (tt.) sont très nombreux, tantôt régulièrement

Fig. 15.

Fis. 10.

c. oc

Phascolosoma. Disque tentaculaire de

P. vulgarc (de Blainville) vu de dessus

(d'ap. Selenka).

!>., bouche ; c. cil., tubercules ciliés ; tt., tentacules.

disposés en cercles concentriques autour de la bouche, tantôt réunis à leur base en un petit nombre de

Phascolosoma. Coupe sagittale de la région supérieure du corps de P. vulgare

(de Blainville) (d'ap. Selenka).

b., bouche; C, cerveau: c. cil., tubercule o î 1 i < > ; «li'iii.. derme; n. vt., nerf ventral; w., sinus sanguins; tt. tentacules; v. tl., vaisseau dorsal; y., tache oculiforme.

trémité inférieure du corps un petit enfoncement en cul-de-sac qu'il ne faudrait pas prendre pour un orifice.

(!) Au centre de cette courbure, juste au-dessus du cerveau, se trouve, comme chez Sipunculuë, uu pore sensitif d'où partent deux culs-de-sac parallèles qui vont coiffer chacun séparémenl une moitié du cerveau. Leur fond dilaté est fortement pigmenté et dessine une double tache oculiforme fig. 13, y).

GEPHYRIENS

gros tentacules ramifiés en houppes. La spire intestinale est libre au bout, le muscle fusiforme est cependant présent, mais n'atteint pas le bout de la spire qui, en outre, n'est que peu ou point attachée par des brides mésentériques et seulement vers le haut. Rétracteurs parfois réduits à deux, les ventraux; deux à trois organes segmenlaires librement pendants (Taille moyenne; toutes les mers) (').

Anoplosomatum (Grube) n'est guère qu'une espèce du précédent;

Phascolion (J. Théel) (5, fig. 3 et fig. 17) ressemble par ses caractères extérieurs à losoma à tentacules indépendants ; mais son intestin forme seulement deux circonvolutions plus ou moins spiroïdes, est dépourvu de muscle fusiforme. et attaché aux parois par de nombreuses brides; il n'y a qu'un organe segmentaire et qu'un organe reproducteur. Il y a parfois des papilles adhésives à l'extrémité inférieure du corps pour la fixation aux coquilles qu'habite l'animal. Il semble que cet habitat ait contribué à ([('terminer une partie des caractères qui distinguent l'animal de Phascolosoma, car on commence à les trouver chez les espèces de ce dernier qui ont un habitat semblable (Petite taille; dans des tubes ou des coquilles de Mollusques que l'animal traîne avec lui. Mers septentrionales, Roscoff);

Aspidosiphon (Diesing) (5, fig. 'i et fig. 18 à 20) se distingue de Phascolosoma par la présence de deux boucliers formés Fig. 18.

par le développement, sur la cuticule, de petites plaques chitineuses très rapprochées : il y en a un qui coiffe l'extrémité inférieure du corps et un autre en forme de plaque, juste au-dessus de l'anus, et en arrière de la base de la trompe qui semble ainsi rejetée excentriqnement. Les tentacules, petits et peu nombreux, sont disposés autour de la bouche en un cercle interrompu en avant ou en arrière ; il y a généralement de petits crochets; les muscles rétracteurs sont réduits à une paire ventrale dont les deux moitiés sont soudées dans toute leur longueur, sauf en bas; l'intestin forme une vraie spire, attachée intérieurement par un muscle fusiforme comme dans le type morpholo-

un Phasco-

Fig. 17.

Phascolion.

(P. strombi, Montaigu

(d'ap. Sluiter).

Aspidosiphon [A. gigas) (d'ap. Sluiter).

Aspidosiphon.

Organisation générale à' A. gigas

(d'ap. Sluiter).

[l) Il peut y avoir des crochets sur la trompe. Il n'y a pas de diverticule cœcal se ren-

Zoologie concrète T. V

ri. 5

>iJ

ECHIURIDA

TYPE MORPHOLOGIQUE

an., anus; b., bouche; bl. st., bulbe sétigère; cœc.; coecums rectaux ; col. n., collier nerveux périœsophagien ; gl. an., cœcums anaux; gt., gouttière intestinale :

gtx., ovaire:

jb., jabot; /., lèvre antérieure;

n. ant., portion supérieure (\\\ collier nerveux ; n. vnt., cordon nerveux ventral ;

o. sg., pores segmenta ires;

ph., pharynx;

rct., rectum ;

S., soies;

sg., organes segraentaires :

s. int., sinus périintestinal ;

sph. i.j extrémité inférieure du siphon;

sph. s., extrémité supérieure du siphon;

t., tractus périintestinaux ;

tr., trompe;

v. I.j vaisseaux latéraux de la trompe:

v. ni., vaisseau médian de la trompe;

v. v,, vaisseau ventral.

Fig. 1.

Fig. 2.

Fig. 3.

Aspect de la face ventrale fSch.).

Coupe suivant un plan transverso-axial (Sch.).

La coupe passe dans l'épaisseur de la partie dorsale de la trompe. L'intestin a été rejeté du côté droit, sa partie moyenne a été enlevée et l'ampoule rectale a été ouverte.

Coupe sagittale (Sel).).

L'intestin a été conservé dans son ensemble, sauf la région de l'ampoule rectale qui a été coupée sagittalement.

SIPONCULIDES

gique, mais sans brides mésentériques pour taires(Petite taille; toutes les mers);

Pseudaspidosiphon (Baird) n'est qu'une espèce du précédent :

Golfingia (R. Lankester) a, en place ilu bouclier supérieur d'Aspidosiphon, un anneau corné du centre duquel

part la troni] I qui est formé par

la base durcie de celle-ci. Six tentacules en cercle, quatre rétracteurs, intestin en spire avec un muscle fusiforme, mais non attaché en lias, deux organes segmentaires libres [Grande taille ; côte d'Ecosse);

Cloeosiphon (Grube) \5, fig. 5) a, en place du bouclier supérieur d'Aspidosiphon, un anneau calcaire (Philippine- :

Echinosiphon (Sluiter) (5, fig. 6 et h>.2iet22)arextrémité inférieure du corps effilée en pointe, sans bouclier et, à la base de la trompe, un bouclier calcaire annulaire qui, lorsque celle-ci est invaginée, coiffe comme un dôme l'extrémité terminale. Ce bouclier est formé de grosses papilles glandulaires dont le centre est occupé par une glande s'ouvrant à leur sommet et la surface par un épais revêtement calcaire, avec la cuticule épaissie et les autres couches dermiques entre celles-ci et la glande. Sur la trompe sont environ vingt-cinq rangées circulaires de minimes crochets acérés (0m,08 ; Java) ;

Petalostoma (Keferstein). Deux tentacules seulement, mais grands, foliif ormes; quatre rétracteurs; intestin libre, faiblement contourné; pas d'appareil circulatoire (Petite taille; Manche);

Onchnesoma (Koren et Danielssen) (5, fig. 7). Pas de tentacules, mais un simple lobe épistomien assez développé, cilié sur toute sa surface et une lèvre ventrale ciliée aussi ; un seul grand muscle ré-

le fixer aux parois. Il y a deux organes segmen-

I'iff. 20.

Aspidosiphon. Coupe longitudinale du tégument

d'A. gigas montrant la disposition des glandes cutanées

par rapport aux plis de la surface (d'ap. Sluiter).

eut'., couche superficielle de la cuticule; eut., couche profonde de la cuticule; ec, ectoderme ; gl., glandes; mol. c., muscles circulaires: mcl. 1., muscles longitudinaux.

Fig. 21.

Echinosiphon.

(E. aspergillunî) (d'ap. Sluiter).

dant à la rencontre du cerveau, mais sur celui-ci sont deux lâches pigmentairesoculiformes(fig.l6,y).On a trouvé aussi, dorsale-

nient entre les tentacules, uni- paire de coussin* ciliés (fig. 18 et 16, cet/.), qui semblent représenter deux tentacules réduits à une papille obtuse. Ce sont sans doute des organes sensitifs, car ils reçoivent des nerfs du cerveau.

Echinosiphon. Organisation générale d'E. aspergillum (d'ap. Sluiter).

GEPHYRIÉNS

tracteur inséré en haut à l'œsophage, immédiatement au-dessous du cerveau, et en bas au

tond de la cavité générale ; pas d'appareil

circulatoire ; un seul organe segmentaire, Fig- 23.

tantôt à droite, tantôt à gauche; le cerveau esl

continu avec l'épidémie (Petite taille; côtes de

Norvège) ;

Tylosoma (Koren et Danielssen). Comme le précédent, mais pas de trompe ; corps couvert de papilles serrées, plus fortes et plus nombreuses aux extrémités; partie supérieure large, tronquée, scutiforme (Norvège) ;

Stephanostoma (Danielssen et Koren) (5, fig. 8).

Disque buccal très large, avec dix grands sipunculwa.

groupes de tentacules entre lesquels sont Types divers de la disposition des tentacules.

des tentacules Simples. Ce genre ne serait. Dans ces figures le petit cercle central représente

d'après SELENKA, qu'un PhaSCOlOSOma (Mer la bouche et le point noir la position du système ner

glaciale) ; Denclrostoma (Keferstein) (5, fig. 9). Tentacules avec des ramifications dendroïdes (Japon , Philippines) .

Nous donnons ci-contre un schéma de la disposition des tentacules par rapport à la bouche chez les principaux genres des Siponculides.

veux; les arcs de cercle en trait plein indiquent la

position des tentacules soudés à leur base.

A., Sipunculus ; B., Phascolosoma ; C, Dendro-

stoma; D., Phascolion : E. et F., Aspidosiphon ;

G., Phymosoma.

3e Ordre

ECHIURIDES. — ECHIURIDA

[Géphyriens armés (de Quatrefages) ; — Gephyrea armata

(de Quatrefages); —

EcmuRW.E (de Blainville) -f- Sternaspidje (Savigny)] TYPE MORPHOLOGIQUE

(PI. 6 à 9 et FIG. 24 a 281

Anatomie.

Extérieur (6, fig. 1). — Le corps est vermiforme, long- de quelques centimètres, assez allongé. Il est surmonté d'un volumineux appendice, la trompe (tr.), mobile mais non rétractile et portant la bouche à sa base, ce qui montre qu'il n'a rien de commun avec la partie qui porte le même nom chez les Siponculides. Chez ceux-ci, c'était la partie supérieure du tronc; ici, c'est un appendice, ou du moins un prolongement préoral, comme serait le lobe préoral d'un Polychète, s'il avait pris un développement extrême. Cette trompe a la forme d'une lame, épaisse au milieu, mince sur les bords, de forme triangulaire, s'insérant au corps par son sommet inférieur légèrement tronqué et que ses bords reployés en avant transforment en une gouttière à concavité antérieure, très large et très ouverte en haut où elle se termine en une lame plane à bord mince, étroite, épaisse et profondément excavée en bas où ses bords se rejoignent môme en avant de manière à la transformer, sur une faible

Zoologie concmète T. V.

ÉCII1URIDES 27

hauteur, en un tube complet. C'est au tond de ce court canal que se trouve la bouche (b.) et Ton pourrait concevoir ainsi la trompe comme formée par deux lèvres buccales, une ventrale courte et une dorsale très grande. A l'extrémité opposée à la bouche est Y anus (an.). Le corps montre une vague annulation superficielle et il est, sur toute sa surface, recouvert de petites papilles disposées aussi en anneaux mais sans grande précision. Le long de la ligne médiane ventrale, une étroite bande un peu transparente indique la place du cordon nerveux. Au-dessous de la base de la trompe, se trouvent disposés, symétriquement de part et d'autre de la ligne médiane : 1° deux petites soies crochues (s.) sortant du fond d'une cupule; 2° un peu plus bas, deux orifices qui sont les pores segmentaires (o.sg.).

Paroi du corps (7. //'//. /). — Le corps est recouvert d'une mince cuticule chitineuse au-dessous de laquelle se trouve un épidémie (ep.) à cellules cylindriques dont le pied se prolonge dans le derme sous-jacent et dont le corps est souvent pénétré d'une substance colorante diffuse que les réactifs précipitent en granulations. Aux cellules ordinaires se trouvent mêlées de nombreuses glandes uni cellulaires (g/.) s'ouvrant d'une part à la surface par un long col, plongeant de l'autre leur partie inférieure renflée dans la couche dermique. Le derme (d.), assez épais, est formé d'une substance interstitielle où l'on trouve de nombreuses cellules conjonctives, des cellules nerveuses ganglionnaires recevant de fins filets nerveux et se continuant d'autre part avec le pied des cellules épidermiques. La musculature est ici composée de trois couches, la circulaire (m cl. c.) externe et la longitudinale (mcl. I.) interne habituelles, disposées en nappes continues, et, en outre, une couche oblique (mcl. o.) située en dedans de la longitudinale, dont les fibres ont une direction plus rapprochée de la circulaire que de la longitudinale. Puis, vient un péritoine bien continu, à cellules plates, non ciliées.

Les papilles sont formées par un épaississement local de la couche dermique avec tous les éléments qu'elle contient; les éléments nerveux y sont même plus développés. Dans l'épidémie qui les recouvre, les cellules glandulaires sont plus nombreuses.

Soies (8, fîg. ï). — Au niveau des soies dont nous avons indiqué la place, les couches pariétales subissent des modifications appropriées à leur formation et à leur fonctionnement. La soie elle-même (s.) a la forme d'une massue dont le manche, un peu recourbé et pointu, formerail la pointe, tandis que la portion renflée s'enfonce profondément dans le corps; la portion cachée de la soie est environ deux fois plus longue que la portion apparente. Au point où elle plonge dans les téguments, elle se fusionne avec la cuticule (eut.) dont elle n'est qu'un épaississement. L épiderme s'invagine pour entourer sa base (b.), formant ainsi un profond cul-de-sac qu'elle remplit tout entier et l'on voit par là qu'elle est entièrement épidermique et constituée par la cuticule épaissie de ce

28 GÉPHYR1ENS

diverticule épidermique. En arrivant à ce diverticule, les couches dermiques et musculaires s'arrêtent, ces dernières (mcl. c, mcl. /., mcl. 0.) s'insérant en ce point à la face profonde du tégument. Mais la soie possède un appareil musculaire propre très développé. Il y a d'abord une couronne de petits muscles dits intrinsèques s'insérant vers le milieu de la hauteur du cul-de-sac et se portant en divergeant vers la peau où ils s'attachent d'autre part; puis, un système de quatre muscles extrinsèques partant d'une calotte musculaire qui coiffe le fond du cul-de-sac et dont trois vont s'insérer aux parois du corps, un au-dessus, l'autre au-dessous, le troisième en dehors de la soie, tandis que le quatrième, dit muscle interbasal (mcl. ib.), s'unit au muscle similaire du côté opposé. Le péritoine (prt.) recouvre tous ces organes en laissant un intervalle, tapissé par lui, entre les muscles intrinsèques et les extrinsèques. Ces soies sont caduques et soumises à des remplacements. La soie nouvelle se forme,

avant la chute de l'ancienne, par un diverticule Fis-2'<- du cul-de-sac épidermique (fig. 24). Après la

chute de l'ancienne, la nouvelle prend sa place et s'approprie aussi ses muscles.

Trompe (7, fig. 3). — Au niveau de la trompe, la structure subit aussi des modifications importantes. L'épiderme et la cuticule ne modifient pas leurs caractères du côté convexe ou dorsal mais, à la face antérieure concave, la

ECHIURWA. . , ' ,, . , . . . ,,

(Soie ventrale) cuticule se réduit a un minime plateau cellu-

à'Echiurus Pailassii portant laire, et les cellules sont ciliées; les cellules

sur le coté une soie de glandulaires n'y sont pas plus nombreuses

remplacement (d ap. Greeff). o ^ J ri

qu'ailleurs. L'espace compris entre ces deux épidermes est rempli par un derme lâche, où se trouvent, outre les éléments nerveux qu'il contient partout, quelques organes que nous allons indiquer, mais où ni le péritoine, ni la cavité du corps n'ont accès. On y trouve d'abord des muscles (mcl.) disposés en minces faisceaux mais très nombreux : les uns sont longitudinaux, répartis dans toute l'épaisseur de la couche, prolongement des longitudinaux du corps; les autres sont transversaux, allant d'un bord à l'autre, parallèlement aux faces, continuation des circulaires; les derniers sont dorso-ventraux. Il s'y trouve ensuite trois canaux vasculaires, un dorsal médian (6 et 7, fig. ?, vm.)et deux latéro-ventraux(v. /.), et enfin deux cordons nerveux (col. n.) situés au côté dorsal des vaisseaux latéraux, en contact avec eux. Ces cordons nerveux (7, fig. 3, n.) émettent des nerfs qui se rendent aux éléments ganglionnaires de la couche dermique.

Cavité du corps. — Elle est vaste, entièrement libre, sans dissépiments, traversée seulement par les brides musculaires qui servent à fixer le tube digestif. Elle est partout tapissée par le péritoine. Nous venons de voir qu'elle ne se prolonge pas clans la trompe. Elle contient un liquide où flottent des leucocytes amœboïdes et des corpuscules

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