‹ Traite de zoologie concrète (volume 3)Chapitre 49 sur 112 · PS PPS PE 7 OU RE ST · texte numérisé non relu

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continuation de l'attraction sexuelle, et bientôt ils arrivent à se joindre, mais non loin du centre, car l'élément (W. 4) mâle continue d'être plus actif, plus mobile et fait la majeure partie du chemin. La différence d’aspect entre les deux pronucléus est au début très grande. Celui de l'œuf est gros, clair, et montre ses chromosomes distincts, comme à la fin d'une division, qui vient en effet d’avoir lieu pour l'élimination du second globule polaire. Celui du spermatozoïde, au contraire, est petit, opaque, à la manière d’une matière très condensée. Pendant ce court voyage, il se gonfle, devient à peu près aussi gros que le pronucléus femelle, s'éclaireit et montre bientôt à son intérieur des chromosomes distincts qui sont ceux qu'il contenait à l’état de spermatide et s'étaient tassés et condensés pour occuper moins de place. Les chromosomes sont donc en nombre juste égal à celui qui se trouve dans le pronucléus femelle. Quand les deux noyaux se sont rencontrés, ils se fusionnent en un seul, constituant un noyau unique, le noyau de segmentation. Ce dernier se place au centre de l'œuf. Il contient exactement deux fois plus de chromosomes que les noyaux sexuels. La fécondation a donc effacé l'effet provisoire de la division réductrice. Pendant ce temps, le spermocentre (ctrs.) se divise en deux centrosomes qui se placent aux deux pôles du noyau de segmentation et serviront à ses divisions ultérieures.

Cela montre : 1° que le noyau de l'œuf fécondé est formé de la fusion des pronucléus, c’est-à-dire des noyaux mâle et femelle, et que, par suite, les noyaux de toutes les cellules de l'être futur seront formés de la même façon; 2° que le centrosome de l'œuf fécondé, et par suite celui de toutes les cellules du futur animal, provient du spermocentre, c'est-à-dire du centrosome paternel (*).

(1) Nous avons décrit ainsi les choses pour tenir compte, comme c'était notre devoir, des découvertes les plus récentes. Mais nous ne pouvons nous résigner à laisser de côté une série d'observations qui ont, les premières, il n'y a que peu d'années, jeté une vive lumière sur les phénomènes de la fécondation et qui n'ont peut-être pas été aussi complètement renversées qu'on veut bien le dire.

Nous voulons parler de celles de H. For.

D’après ce savant (fig. 44), l'œuf a un centrosome, l’ovocentre, tout aussi bien que le spermatozoide. Le spermocentre et l’ovocentre sont situés, pendant la fécondation, derrière les pronucléus dont ils dépendent et, après la fusion de ceux-ci, se trouvent placés en deux points diamétralement opposés du noyau de conjugaison et non loin de sa paroi. Là, ils se divisent de la même manière que dans la division cellulaire : leurs deux moitiés, glissant autour du noyau, se placent chacune à 90 degrés de leur position initiale; elles se rencontrent par conséquent et, en.deux nouveaux points diamétralement opposés, se trouvent réunis un demi-spermocentre et un demi-ovocentre. Ces deux demi-centrosomes se fusionnent entre eux, comme ont fait les pronucléus et constituent les deux centrosomes de l'œuf fécondé, déjà en position pour effectuer la première division nucléaire qui va se faire presque aussitôt. Dans tous leurs mouvements, les centrosomes sont accompagnés d'un aster dont ils occupent le centre, tout comme dans la division cellulaire.

Cet ensemble de mouvements si admirablement combinés, si singulièrement symétriques a reçu de H. Fos [91] qui l’a découvert le nom expressif de quadrille des centres. Ge savant considère la part des centrosomes comme aussi essentielle que celle

En somme, si l'on jette un coup d'œil général sur l’ensemble des phénomènes qui constituent la fécondation on voit que, chez deux individus semblables entre eux sauf le sexe, une cellule de lorganisme apte à la reproduction de l'espèce et destinée à cette fonction s'est d'abord rendue incapable de la remplir en se dépouillant d’une partie des substances qui lui eussent été nécessaires pour cela et qu'elle possédait à l’origine. Chez le mâle, ce sont les substances nutritives et le trophoplasma; chez la femelle, c’est le centrosome formé de kinoplasma ; chez l’un et l’autre, c'est en outre une moitié des chromosomes. Ces deux cellules incomplètes se sont rendues ainsi complémentaires l’une de l'autre, chacune ayant gardé, accumulé en elle, ce qui manque à l’autre. En se fusionnant, elles forment donc une cellule complète qui offre, en outre, cette particularité de réunir en elle les substances de deux individus distincts.

des noyaux dans la fécondation et définit cette dernière : la fusion de deux deminoyaux et de quatre demicentrosomes, provenant d'éléments de sexe opposé, en un noyau et deux centrosomes formés, par parties égales, des substances des deux parents. Ces observations ont été faites sur des Echinodermes et, pendant quelques années, on a cru que les choses se passaient suivant deux modes : le mode d’Ascaris, sans 0vocentre, et le mode des Echinodermes avec ovocentre et quadrille des centres. On tendait seulement à considérer ce dernier comme un processus eXCeptionnel, ancestral peut-être et tendant à disparaître.

Mais voilà que MaTREws [95] vient de faire voir que le prétendu ovocentre des Echinodermes n'est qu'un second spermocentre qui se trouve là seulement dans le cas de dispermie, c’est-à-dire de fécondation À : à par deux spermatozoïdes, Fécondation ayec ovocentre. Quadrille des centres. cas assez fréquent chez (Scb.). ces animaux. Mais peut-

être ne faut-il pas trop se

hâter de conelure sur des observations encore si récentes et de rejeter l'ovocentre et le quadrille avant que de nouvelles recherches aient tout à fait tranché la question.

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