DEUXIÈME PARTIE
LES PROTOZOAIRES
C'est seulement lorsque nous aurons étudié les Protozoaires qu'il nous sera possible de les définir et de dire en quoi ils diffèrent des végétaux d'une part et des Métazoaires de l’autre. Disons seulement, pour fixer les idées du lecteur, que nous allons étudier sous ce nom les êtres qui sont unicellulaires ou formés de cellules plus ou moins nombreuses mais similaires et non disposées en feuillets emboîtés ni différenciées en tissus, et qui, pendant leur période d’accroissement, sont doués de mobilité.
Les Protozoaires constituent un embranchement et se divisent en quatre grandes classes: les RH1IZOPODES, les SPOROZOAIRES, les FLAGELLÉS et les INFUSOIRES.
EX CTASSE
HÉAPORODES NE OPODTA
[RurzoPoDA (Dusarnin)]
Les Rhizopodes sont des Protozoaires formés d’une cellule nue et munie, en fait d'appendices locomoteurs et préhenseurs, de prolongements non permanents appelés pseudopodes.
L'être qui résume en lui les caractères généraux des Rhizopodes est, au sens le plus large de ce mot, l’amibe: non pas le genre Amæba, mais l'amœbien en général, forme idéale, que nous appellerons, pour abréger amibe, au féminin, sans capitale et sans italique pour le distinguer du genre Amibe (Amæba) pris, comme d'ordinaire, au masculin.
C'est une simple cellule. À ce titre, 1l possède les parties habituelles de la cellule: le cytoplasma et le noyau, avec leur structure essentielle et leurs propriétés ordinaires. Avec cela sans rien de plus, la cellule de tissu d'un Métazoaire peut vivre, parce qu'une partie au moins de ses
fonctions lui est facilitée par les autres cellules associées à elle pour former Florganisme. lei, il n'en est plus de même. La cellule doit vivre seule, isolée; elle doit par conséquent se suffire à elle-mème pour toutes
Rhizopode (Type morphologique). (Sch.).
chrp., chromoplaste ; end., endoplasme ; e., ectoplasme ; gr. ex., grain d’excrétion ; g. ass., grains d'assimilation ; N., noyau ; psd. 1., pseudopodes lobés ; psd. r., pseudopodes réticulés ; pgm., pigment ; wv. a., vacuole alimentaire; w. g., vacuole à gaz; v. 1, vacuole à liquide; W. e., vésicule pulsatile.
les fonctions essentielles d'assimilation, d'excrétion, de reproduction, de défense contre les intempéries, les agressions, etc... Aussi doit-elle, et cette remarque peut s'appliquer à l’ensemble des Protozoaires, sans exceller en rien, être apte à tout. Cette nécessité va nous donner la raison des particularités de sa structure à la fois rudimentaire et compliquée, et de sa physiologie à la fois simple et complète.
Structure.
Noyau. — Le noyau (W.) est loin d'avoir, ou du moins de laisser voir, la structure compliquée que nous lui avons trouvée dans la cellule en général. Il a une membrane et renferme un suc cellulaire; mais, en fait de parties solides intranucléaires, il ne montre guère que quelques masses chromatiques dans lesquelles on ne peut discerner en général ni chromosomes ni nucléoles. :
Le cytoplasme ne renferme pas de centrosome. IL est différencié en deux parties, une masse centrale, l'endoplasme (end.), et une couche périphérique, l’ectoplasme (e.).
Endoplasme. — L’endoplasme a la structure essentielle de tout cytoplasma. On y reconnait une substance fondamentale hyaline, chargée de minuscules granulations élémentaires et, le plus souvent, parsemée
qu tt
de vacuoles. Tout ce que l’on y trouve en outre est logé en lui sans faire partie de sa structure. Sans parler du noyau, il contient: la vésicule pulsatile (V. c.), vacuole permanente et contractile, dont nous aurons à parler surtout à propos de sa physiologie ; des vacuoles alimentaires (v. a.), contenant des particules nutritives flottant dans une gouttelette de liquide; des vacuoles fécales qui sont les mêmes que les précédentes après l’action des sucs digestifs; des vacuoles simples, ne contenant que du liquide (v. {.) ou des gaz (v. g.); des grains d'assimilation (g. ass.) qui sont des états sous lesquels se condense la substance alimentaire avant d'être utilisée et qui réunissent sous une même rubrique des particules de nature très diverses, grains d'amidon, de paramylon, gouttelettes huileuses, ete.; des grains d'excrétion (gr. ex.) qui, à l'inverse des précédents, sont des substances usées destinées à être éliminées et qui ont revêtu provisoirement l'état solide; souvent des pigments (pgm.) qui doivent avoir une origine analogue; parfois enfin des corps de nature spéciale, comme des chromoplastes (chrp.), petites masses protoplasmiques chargées de chlorophylle, de diatomine ou de substances analogues; et bien d’autres choses encore, à titre d'éléments accidentels, fixes peut-ètre dans chaque espèce en particulier, mais accidentels en ce qui concerne le type général. Tout cela se déplace dans l’endoplasme très mobile, au hasard des déformations incessantes de l'animal.
Ectoplasme. — L'ectoplasme a essentiellement la même constitution que l’'endoplasme, mais sa structure physique est un peu plus ferme ; il est hyalin, homogène, ne contenant aucune des inclusions qui chargent l’'endopiasme, et prend pour lui les fonctions de la vie de relation, protection du corps, mouvements, capture des aliments, ete. Son rôle protecteur, extrêmement sommaire, consiste, en temps ordinaire, à maintenir l'endoplasme trop diffluent. Il a même parfois pour cela, mais pas toujours, sa couche superficielle un peu plus ferme encore que le reste. Pour la capture des aliments et les mouvements, il forme Porgane caractéristique de la classe: le pseudopode.
Pseudopodes. — Les pseudopodes sont des expansions protoplasmiques qui s'étendent, prennent les formes les plus diverses et peuvent à chaque instant rentrer dans le corps sans laisser aucune trace de leur existence, tandis que d’autres se forment ailleurs pour disparaître à leur tour un peu plus tard et être remplacés par d’autres encore.
Malgré leur diversité extrème, on en peut distinguer deux sortes. Les uns sont gros, obtus, peu ou point ramifiés, semblables à des lobes saillants, d’où leur nom de pseudopodes lobés (psd. L.). Leur caractère essentiel est de ne pas se souder entre eux quand ils arrivent à se rencontrer, et de rentrer toujours dans le corps au point mème où ils ont pris naissance. Peut-être sont-ils formés par l’ectoplasme, mais comme celui-ci conserve à peu près sur eux la même épaisseur que sur le reste du corps, il en résulte que, pour peu qu'ils soient gros, l’endoplasme pénètre à leur intérieur. Les autres, au contraire, sont plus
minces, très ramifiés et, lorsqu'elles se rencontrent, leurs branches se soudent volontiers entre elles. Il en résulte qu’elles arrivent à former un réseau, d’où leur nom de pseudopodes réticulés (psd. r.). À chaque instant, dans ce réseau, des mailles se coupent, d’autres se forment, en sorte que le cytoplasma sorti du corps en un point par un pseudopode peut fort bien rentrer dans le corps par un autre point. I1 y a d’ailleurs entre les deux sortes de nombreux intermédiaires, les uns, bien que longs et filiformes s'agglutinent à peine, d’autres, bien que tout à fait réticulés, sont aussi larges à leur base que des lobés.
Physiologie.
Mouvements. — L'animal se déplace par le moyen de ses pseudopodes d'une manière très singulière. Il émet un ou plusieurs de ces prolongements vers le point où il veut aller, puis, au lieu de les faire rentrer dans son corps, fait l'inverse pour ainsi dire, faisant fluer sa substance vers eux, en sorte que, peu à peu, tout le corps se trouve transporté au point où d'abord il n’y avait qu'une faible partie de sa masse. Le mouvement continue ainsi et, de la sorte, l'animal se déplace, mais on le conçoit, d'une manière très paresseuse.
Alimentation. — L'être n’a point de bouche, mais tout point de son corps peut en faire fonction. Qu'une parcelle nutritive vienne à rencontrer la paroi du corps en un point quelconque, l'ectoplasme excité par son contact s'élève tout autour d'elle, l’enserre et finit par l’englober en se refermant au-dessus d'elle, emprisonnant en mème temps une petite quantité de l’eau ambiante. La parcelle alimentaire se trouve ainsi, d'emblée, contenue dans une gouttelette liquide qui constitue une vacuole alimentaire. Mais d'ordinaire, ce sont surtout les pseudopodes, principalement les réticulés, qui servent à la capture des aliments. Rien ne leur est plus facile puisqu'à chaque instant ils se séparent et s’agglutinent dans de nouveaux points. Il leur suffit de s’écarter en face de la particule à saisir et de se refermer derrière elle pour l’englober.
Digestion. — La vacuole alimentaire dont nous avons vu le mode de formation se déplace dans l’endoplasme selon les déformations que subit le corps dans ses mouvements et est promenée ainsi de tous côtés. Le liquide qui entoure la particule alimentaire est d’abord de l’eau pure, mais des échanges osmotiques ont lieu avec celui qui imbibe l’endoplasme, et bientôt il devient acide. La présence de ferments n'a pu y ètre décélée directement, mais elle est démontrée par le résultat physiologique qui est la dissolution de la particule ou du moins de ses parties alibiles. Le liquide digestif se trouve ainsi transformé en une sorte de chyle qui repasse en sens inverse dans l’endoplasme, et le résidu inutilisable est expulsé par une série de phénomènes exactement inverses de ceux de la capture. IH n'y
a aucune place prédestinée à cette issue : tout point du corps peut servir d'anus aussi bien que de bouche. L'animal ne paraît guère en état de faire un choix entre ses aliments, et souvent 1l absorbe des particules qu'il doit rejeter tout entières sans en avoir tiré aucun profit.
Respiration et excrétion. — La vésicule pulsatile est une vacuole permanente, sans parois propres, située dans l’'endoplasme et qui, rythmiquement, se contracte, disparait un moment, puis reparaît à la mème place. Nous verrons plus tard que, chez d’autres Protozoaires plus élevés en organisation, les Ciliés et même les Flagellés, la vésicule communique avec le dehors, au moins au moment où elle se contracte, et expulse le liquide qu'elle contient. Ce liquide a été introduit dans l'organisme, soit avec les aliments, soit par diffusion par toute la surface et, en traversant le corps, il a pu céder au cytoplasme son oxygène et se charger de l’acide carbonique et des produits de désassimilation solubles de celui-ci. Il pourvoit donc aux fonctions respiratoire et excrétrice à la fois. Chez les Rhizopodes, il est extrèmement probable qu'il en est de même, mais la chose est beaucoup moins nette, et bien des observateurs dignes de foi assurent que le liquide chassé par la systole se répand dans la couche superficielle du corps, pour produire une sorte de circulation plutôt que pour exercer les fonctions indiquées plus haut. On ne voit pas bien en quoi cette circulation serait nécessaire, mais il faut bien admettre aussi que les autres fonctions attribuées à la vésicule peuvent s’accomplir sans elle par des échanges osmotiques s'étendant à toute la surface du corps, car beaucoup de Rhizopodes sont absolument privés de cet organe (').
En somme, la question réclame de nouvelles recherches.
Association, colonies. — Cette facilité du protoplasma des Rhizopodes à se souder à lui-même se manifeste non seulement entre les pseudopodes d’un mème individu, mais aussi entre ceux d'individus voisins. Le plus souvent, deux Rhizopodes de mème espèce qui se rencontrent passent l'un contre l’autre, puis s'écartent, tout comme d’un autre objet quelconque. Mais d’autres fois (cela dépend des espèces et de l’état des individus) on les voit se souder et rester unis. L'union peut se limiter aux pseudopodes ou aller jusqu'à la fusion complète des cytoplasmes. Ce n'est pas là d’ailleurs un acte sexuel, car les noyaux nese fusionnent pas, le nombre des individus ainsi réunis est variable et parfois très considérable, et enfin il n’en résulte aucun phénomène de reproduction. C'est une simple association coloniale, végétative, qui a pour but la défense ou l’attaque, l'animal pouvant ainsi, grâce à son volume, échapper à des ennemis trop petits, ou englober des proies plus volumineuses. Le plus souvent, d’ailleurs, ces associations ne sont que temporaires, mais quand la fusion a été complète, il est presque certain que les indi-
. (est possible que la vésicule soit nécessaire seulement chez ceux où les produits excrémentitiels se trouvent être très peu solubles.
vidus ne se reconstituent pas avec leur protoplasma primitif, et se forment d'une masse équivalente du mélange.
Enkystement. — [ans des conditions encore mal déterminées, l'animal se met momentanément à l’abri des influences du monde extérieur, en rétractant ses pseudopodes, s’arrondissant et sécrétant autour de lui une capsule résistante et peu perméable sous laquelle il n’a plus rien à craindre. C'est une phase de vie presque latente. Il en ressort en dissolvant ou rompant son kyste et reprend sa vie ordinaire. Mais c'est là un phénomène rare, relativement à sa fréquence chez les autres Protozoaires.
Reproduction. — Le mode essentiel de reproduction de notre Rhizopode est la division simple à l’état libre. Le noyau s’allonge, prend la forme en biscuit, puis se divise ; le cytoplasma s'étrangle puis se divise, lui aussi, en deux portions qui se séparent, emportant chacune un noyau. L'animal n'a pas même pour cela rentré ses pseudopodes n1 changé rien à ses allures, et les deux individus filles ont d'emblée les caractères de leur parent. Parfois, cette division se fait suivant le procédé classique de la mitose ou selon celui de l’amitose. Mais le plus souvent, on observe une sorte de mitose rudimentaire, incomplète, sans centrosome, sans anses jumelles bien nettes, avec une vague indication de fuseau. Bien que les études les plus récentes aient montré des karyokinèses nettes dans certains cas où on n'avait vu auparavant qu'une division directe, il semble bien probable que la mitose n'est pas générale et que, chez ces êtres inférieurs, elle s’est lentement établie par un perfectionnement progressif dont ils nous montrent encore quelques phases (*).
Ces divers caractères de notre type morphologique ne sont, bien entendu, pas du tout absolus, et nous allons, en entrant dans le détail de notre étude, les voir subir des restrictions et des extensions assez considérables. La distinction entre l'endoplasme et l'ectoplasme est fréquemment nulle. Les pseudopodes sont ou lobés ou réticulés et non les uns
(1?) Dans quelques cas cependant, mais fort rares, le phénomène se complique, soit par le fait d'un enkystement, soit par celui d’une conjugaison. Voici en quelques mots ce qui se passe dans ces deux cas.
Division sous un kyste. — Parfois, c'est au réveil d’un enkystement protecteur que l'animal se divise. Il ne s'était pas enkysté pour ce but, mais il arrive pendant la vie ralentie sous son kyste à cet état de maturité qui précède la division et il utilise son état d'enkystement pour se multiplier sous cet abri. Mais le plus souvent, il s’enkyste spécialement pour se diviser. En tout cas, il est rare qu’alors il se divise seulement en deux. Il se segmente, par division répétée, en un nombre plus ou moins considérable de petits fragments qui constituent des sortes de spores et se transforment, après l’éclosion, chacun en un individu nouveau, simplement en poussant des pseudopodes et en grandissant.
Conjugaison. — Plus rare encore est la conjugaison. Ce phénomène consiste en un rapprochement de deux individus qui échangent une partie de leurs substanees ou se fusionnent complètement. Mais c'est à peine si, chez les Rhizopodes, on a une ou deux observations d'échanges vraiment sexuels entre deux individus soudés.
ss
RIHIZOPODES 65
lobés, les autres réticulés sur le même individu, et leur irrégularité ne dépasse pas, dans chaque espèce, une limite qui permet à celle-ci de conserver un certain faciès presque aussi caractéristique que celui des êtres à forme fixe. La vésicule pulsatile est fréquemment absente, parfois mulüple. L'animal sécrète souvent des capsules ou des coquilles de forme parfois extrêmement compliquée. Enfin le noyau lui-même n'est pas constant et les êtres qui en manquent sont réduits à de simples petites masses de protoplasma.
Toutes ces variations seront étudiées à leur place, au fur et à mesure que nous les rencontrerons (").
(2) La question des Monères. — Nous devons cependant ici dire quelques mots d’une question sur laquelle les avis des naturalistes sont encore très partagés. C’est celle des Monères.
On trouve, chez les Protozoaires, principalement chez les Rhizopodes, des formes dépourvues de noyau. Ce ne sont pas de vraies cellules, mais des cytodes. C'est là un fait d'importance capitale au point de vue de la physiologie de la cellule et de sa phylogénèse.
HäÂckez, qui à surtout étudié ces cytodes et a découvert une bonne partie des Monères, a réuni ces dernières en un groupe qu'il a placé au degré inférieur de l'échelle des êtres vivants. Mais, comme les observations d'Häckel et des autres parrains des Monères remontent à une date assez reculée où la technique microscopique élait encore fort imparfaite, il est arrivé que des observations ultérieures ont montré un noyau chez beaucoup de ces prétendus cytodes, les Vampyrelles, les Protamibes, et d'autres encore, y compris même les Bactéries, et l’on s'est demandé si tous ceux où on n’en à pas encore trouvé n’en auraient pas un également, mais plus difficile encore à déceler. La chose n’est pas probable et jusqu’à preuve du contraire, on n'a pasle droit de se refuser à admettre les Monères. L'existence de ces êtres est d’ailleurs très naturelle, presque certaine même « priori, l'être cellulaire complet ayant presque nécessairement été précédé de formes phylogénétiques d'un degré inférieur d'organisation. Mais de là à réunir les Monères, comme le voudrait Häckel, en une classe, il y à loin; car il n'est pas prouvé que les divers groupes de Protistes [*) descendent les uns des autres, et plusieurs ont des formes monères à leur base, en sorte que c’est violer les affinités zoologiques que d'aller prendre les Monères partout où il s’en trouve et de les réunir en un groupe unique. Nous laisserons donc les Monères où elles sont, parmi les Foraminifères, les Myxomycètes, les Protéomyxés, etc., les considérant simplement comme des formes inférieures de chacun de ces groupes et nous contentant de les signaler au passage comme dépourvues de noyau.
Voici la liste des Monères avec leur place dans la classification adoptée dans cet ouvrage.
Protogenes : Protéomyxé acystosporé. | Gloïdium : Amæbien nu.
Gymnophrys : — — Mycetomyxa : —
Myxodictyum: — == | Chromatella : —
Schizogenes : — == | Gringa : —
Bathybius : = — | Lieberkühnia Wagneri (d’après Verworn) :
Protobathybius : — — Foraminifère imperforé.
Archerina : — Monobia : Héliozoaire Ne égnnu
Vampyrella Gomphonematis : Protéomyxé Lithocolla : = on les obserazoosporé (‘). | Elæorhanis : —— tre Le
Protamæba : Amœbien nu. Hæckelina : —- sence.
(*) HiokeL appelle ainsi l’ensemble des formes inférieures sans noyau, qu'il réunit, animaux et végétaux, dans un groupe dont il fait un RÈGNE !
Or
Nous diviserons les Rhizopodes en six sous-classes : PRorÉOMYxÉS, formes très inférieures à caractères négalifs ; MYcÉTozoAIRES, ayant une tendance à former des plasmodes ; AMOEBIENS, à pseudopodes lobés non anastomosables ; FORAMINIFÈRES, à pseudopodes ramifiés ets'anastomosant en réseau ; HÉéLIOZ0AIRES, à pseudopodes fins, rayonnants, avec filament axile; RADIOLAIRES, caractérisés par une sorte de coquille interne, la capsule centrale.
17e Sous-CLASssE
PROTÉOMYXÉS. — PROTEOMYXIÆ
[Prorzomyx4 (Ray Lankester)]
Dans ce groupe ont été réunies des formes assez nombreuses qui ne constituent guère un ensemble naturel, mais qui n'ont pas non plus d'affinités bien nettes avec les autres groupes de Rhizopodes et qui ont l'inconvénient de détruire l'homogénéité de ceux-ci, lorsque l’on cherche à les répartir entre eux. Nous le diviserons en trois ordres :
ACYSTOSPORÉS qui se reproduisent par simple division, sans formalion de kystes, ni de spores ;
AZOOSPORÉS, qui se reproduisent par des kystes d’où sortent des jeunes qui ont d'emblée la forme d’amibes ;
Zoosporés dont les kystes donnent naissance à des petits êtres flagellés, comparables à des zoospores el qui, plus tard seulement, se transforment en amibes.
ACYSTOSPORÉS. — ACYSTOSPORIDA
[AMOŒBEA RETICULOSA (Bütschli)]
TYPE MORPHOLOGIQUE , (FIG. 46) Re: Le type de ces êtres serait une amibe à pseudo-
podes réticulés, et réduite à une structure extrèmement simple. Le corps est absolument nu, il n'y a point de distinction en ectoplasme et endoplasme, il n'y a pas de vésicule pulsatile, souvent pas de noyau, enfin la forme est extrèmement changeante. L'animal
“he ne s'enkysle jamais et se reproduit simplement et | indéfiniment par division directe.
Acystosporé Malheureusement, la plupart de ces formes ont été
(Type morphologiq.)
(Sch) insuffisamment étudiées, leur cycle évolutif n'a pas été
assez longtemps suivi, en sorte qu'il se pourrait bien que de nouvelles études vinssent changer leur position systématique.
PROTÉOMYXÉS ACYSTOSPORÉS 67
GENRES
| Le plus simple parmi ceux du moins dont l'existence est certaine est
- Protogenes (Häckel) (fig. 47) dont il n'existe qu'une espèce, P. primordialis
. (Häckel), trouvée par cet observateur en 1864 dans la Méditerranée, près de Nice. Il est remarquable par ses fins pseudopodes rayonnants très nombreux ne formant pas de réseaux compliqués. Il se nourrit de Protozoaires parfois presque aussi gros que lui, qu'il capture avec ses pseudopodes (0,1 à 0,2. Mer).
Gymnophrys (Cienkovsky) (fig. 48) diffère du précédent par le fait qu'il n’émet ses pseudopodes, d’ailleurs plus longs et plus réticulés, que par un, deux ou trois points de sa surface (0,05 sans les pseudopodes. Mer) (*).
Boderia (Wright) pourrait être défini un Gymnophrys pourvu de un ou plusieurs noyaux (Mer). ANR (NO
Drotoge ! ; "dura äc
Poniomyxa (Topsent) (Ge. 49) est Pregue ( pm (Mack un être singulier qui forme, en s'étendant, un réseau si irrégulier que l’on ne peut dire ce qui appartient au corps el ce qui dépend des pseudopodes. Il est coloré en jaune d'or
Gymnophrys (G. Cometa) (im. Cienkoysky).
par des granulations de cette teinte et renferme un nombre considérable de petits noyaux (1 à 10mm, Mer) (?).
(1) Il n’y en a qu'une espèce G.Cometa |Cienkovsky) trouvée par ce naturaliste à Naples et à Karkof.
(2) Il est très grand, pouvant, quand il est étendu, couvrir de son réseau tout le fond d'un verre de montre; rétracté, il mesure encore près d'un centimètre carré. Mais ce sont là les grands échantillons, car il en est de toute taille et n'importe quel fragment É séparé avec des ciseaux peut vivre et grandir absolument comme un individu intact.
Pontomyxa (P. flava) (d’ap. Topsent).
Myxodictyum (Häckel) enfin (fig. 50), est remarquable par l'absence de noyau et par ses pseudopodes formant un riche réseau qui s’unit à celui d'individus voisins, en sorte que l'animal forme des colonies où Häckel a compté jusqu'à soixante-dix individus. Il y a là un acheminement vers la condition caractéristique des Mycétozoaires, et peutètre pourrait-on le placer parmi ces animaux si son cycle évolutif n'était entièrement inconnu (Mer) (*).
Fio. 50.
(!) Il n’en existe qu'une seule espèce (M. Sociale,
Häckel) trouvée une seule fois en 1867, à Gibraltar. Nous placerons ici, en appendice, deux formes dont Myxodictyum (im. Häckel). l'existence en tant qu’organismes réels et indépendants
peut être mise en doute. La première est
Schizogenes (Pouchet) trouvé par ce naturaliste dans la cavité viscérale de divers Ostracodes et Cladocères d’eau douce. Ce sont des masses de protoplasma entièrement byalin, sans vacuoles ni noyau, de taille extrêmement variable, de forme absolument indéterminée, sans pseudopodes, qui se meuvent par une reptation indécise et sans cesse se percent de fentes qui, lorsqu'elles sont assez étendues, détachent des lambeaux qui constituent de nouveaux individus (0,01 à 0,03. Eau douce).
La seconde est le célèbre
Bathybius [Huxley) (fig. 51). Cet être serait formé de substance protoplasmique absolument amorphe, sans taille déterminée, sans noyaux, sans trace aucune d'organisation, sans autre caractère d’être vivant que sa composition chimique protoplasmique et sa faculté de se mouvoir et de s’accroître en se nourrissant. Il n'aurait pas de reproduction véritable, étant susceptible d'accroissement indéfini et ne se multipliant que par désagrégation en fragments quelconques sous l’action des traumatismes aceidentels. Il a été trouvé abord en 1868, par Huxzey, dans un limon ramené onze ans auparavant des grandes profondeurs par les sondages pour le càble transatlantique et conservé dans l'alcool; il a ensuite été observé vivant et mobile par Wyvizze THompson et CarpeNTER en 1868 dans les produits des dragages du Porcupine dans le golfe de Gascogne et par Bessezs en 1872-73, dans ceux des dragages du Polaris. Mais le Challenger ne l'a trouvé nulle part. Ses partisans admettent qu'il tapisse des surfaces considérables du fond de la mer dans l'Atlantique Nord, étendant son immense réseau dans les interstices des particules sans nom qui forment le fond vaseux de ces abîimes. Mais son existence a été rendue très douteuse, par l'examen minulieux des faits. Les analyses n’ont décélé en lui que 50/5 de substances albumineuses, tandis que des substances minérales (acide silicique ou sulfate de chaux) forment la plus grande partie de sa masse. En versant de l'alcool fort dans de l’eau de mer, on détermine un précipité de sulfate calcique qui a tout l’aspect de l'organisme en question. Même les petites particules calcaires de forme régulière que l’on Bathybius. avait cru faire partie de son organisation : Coccosphères et Coccolithes, Rhabdosphères et Rhabdolithes lui sont étrangères et sont sans doute même de simples précipités. HARTING a pu les reproduire avec leur forme caractéristique en versant du carbonate de chaux dans une solution albumineuse.
Bathybius élant caractérisé par ces nodules calcaires, Bessezs a appelé Protobathybius (Bessels) la gelée protoplasmique fondamentale, sans ces particules étran-
Fig. 51.
PROTÉOMYXÉS AZOOSPORÉS 69
AZOOSPORÉS — AZO00OSPORIDA
[MoxaninNa 4zoospoREA (Zopf)]
Ce type est une simple amibe, toute semblable à celle du type précé-
dent, mais qui ne manque de noyau qu'exceptionnellement, et possède parfois une vésicule pulsatile. Cette amibe vit en parasite sur des Algues inférieures (a/g.) dontelle dévore le contenu en perçant leur membrane et absorbant leur protoplasma et leur chlorophylle, dont les produits de désassimilation lui communiquent des couleurs variées. Elle peut se reproduire aussi par division, mais son principal procédé de reproduction consiste dans un enkystement (2) suivi d’une division sous le kyste en un petit nombre de petites masses protoplasmiques (embry.) qui sortent du kyste en perçant sa paroi et prennent immédiatement la forme de leur parent pour mener à leur tour la même vie.
Fig. 52,