‹ Traite de zoologie concrète (volume 3)Chapitre 52 sur 112 · TS · texte numérisé non relu

TS

Azoosporé (Type morphologique) (Sch.).

ale..alouc; embry., embryon; kys., kyste; ©., orifices.

Parfois ces petites masses s'enkystent (fig. 53) pour se mettre à l'abri des

Fig. 53.

Kystes de protection (Sch.).

influences nocives sous une membrane plus épaisse, souvent double, triple ou même quadruple (Xys. 1 à Kys. 4), mais ilest rare que sous ce kyste épais elles se divisent; le plus souvent, elles en sortent simples, sans s'être multipliées. On donne, un peu abusivement, le nom de spores au contenu de ces kystes épais. L'animal

a une certaine tendance à s'unir à ses voisins en un plasmode.

gères. C'est un Bathybius sans nodules calcaires. Mais la nature organique et vivante, même pour ce dernier, est fortement sujette à caution.

70 LES RIHIZOPODES

GENRES

Le représentant le plus complet de ce groupe et aussi le mieux connu est le genre Vampyrella (Cienkovsky)(fig.5#). ci, l’amibe(A) a une forme assez régulière. Elle émetautourd'elle de fins pseudopodesrayonnants peu % réticulés qui lui donnent un air d'Héliozoaire et qui partent d’'unectoplasmeincolore hyalin formant une couche mince autour de l’endoplasme granuleux, vacuolaire et coloré. Elle possède un noyau et une vésicule pulsatile (0,5 à 0,7. Mer et eau douce) (").

Leptophrys (Hertwig et Lesser)

Fig. 55.

<\ } Vampyrella (Sch.).

Leptophrys(L.vorax) (im. Zopf).

(fig. 55) n'est qu'une Vampyrelle polynucléée. Il est remarquable, en outre, par la présence de paramylon dans son endoplasme (0,15. Eau douce).

() La Vampyrelle est en général colorée en rouge. Elle vit sur des Algues (2: alg.), rampe sur elles, perce leur paroi d'un trou rond et, par cetrou, introduit des pseudopodes qui digèrent le contenu sur place ou l'aspirent du dehors sans y pénétrer. D'autres fois, si la proie est assez petite {kyste d'Euglène), elle l'enveloppe toute entière et la digère ainsi. Parfois, elle s'’unit à deux ou trois autres individus en un plasmodium : on voit les deux individus se joindre, se souder, se fondre entiërement l’un dans l’autre; mais ce n'est pas là un acte sexuel, car les noyaux paraissent quelquefois rester indépendants. Dans certaines circonstances, elle s’enkyste (C) sous de nombreuses et épaisses enveloppes qu’elle sécrète en se contractant chaque fois un peu plus. On ne connaît pas le sort de ces kystes de protection. Elle se reproduit par division; mais ce mode de multiplication n’est pas fréquent. Le plus souvent, elle se reproduit après s'être enkystée, soit pour digérer à l'aise une nourriture abondante, soit pour s’abriter {kystes de repos et kystes de protection), c'est-à-dire qu'elle rentre ses pseudopodes, s'arrondit, évacue ses résidus

PROTÉOMYXÉS AZOOSPORÉS 71

Endyonema (Zopf) (lig. 56) est une forme voisine, mais polynueléée, qui vit et s’enkyste Fig. 56.

dans la cavité cellulaire de diverses Nostocacées (0,04 à 0,05. Eau douce).

Vampyrellidium (Zopf) (fig. 57) ressemble aussi beaucoup aux Vampyrelles, mais la division est Pig. 57.

son mode unique de reproduction (10 à 12 y. Eau douce) (").

. Haplococcus (Zopf) (fig. 58) est | remarquable par son parasitisme. Il habite entre les fibres musculaires du Cochon et de quelques autres animaux (?).

. Bursulla (Sorokin) (fig. 59) vit sur le crottin de cheval où ses amibes de couleur rosée rampent et se nourrissent avec leurs pseudopodes rares, et forment parfois des plasmodes de deux à quatre individus.

(10 à 12 » he

Endyonema (E. polymorpha) (d’ap. Zopf).

Re nt à à Aile

Vampyrellidium (V. vagans) (d'ap. Zopf).

Hi 50e

alimentaires, éteint sa vésicule pulsatile et sécrète autour

d'elle une membrane. 7 Bursulla Sous cette membrane, £ é (B. crystallina) (im. Zopf).

A. Le kyste. Vue superficielle pour montrer

elle se divise en un les sculptures. À. Le kyste. Vue superficielle. petit nombre de frag- B. Kyste montrant les amibes amb. quise 2. 1e même ouvert montrant ments (deux à quatre) forment à son intérieur; p., pores de les amibes quis’en échap-

i ques pent.

(D:a,b, c), qui sortent sortie .

en perçant la paroi du kyste (£Æ: a, b, c), en général par autant de trous (o) qu'ils ouvrent chacun en

face de Jui, et se montrent immédiatement avec les caractères de petites Vamprrelles. Les résidus indigérés, s'il en est, restent dans le kyste. Chez une seule espèce, V. Gomphonematis (Häckel), le noyau serait absent. Cette espèce serait done une Monère.

Monadopsis (Klein), n’est qu'une espèce de Vampyrelle.

() De ces kystes, que leur paroi soit mince ou épaisse, il sort toujours sans s'être divisé; il n’a pas de pigment rouge.

@) Là, il forme des kystes de 20 y environ de diamètre, à paroi ornée de sculptures (fig. 59 4\, où son contenu se divise [fig. 58, 2 : amb.) en six à quinze fragments qui sortent par des orifices p.; et l’on serait tenté de voir en lui un Sporozoaire, si ces fragments, une fois sortis, ne se montraient sous la forme de vraies amibes. Il ne parait pas nuire à son hôte.

(*) Les Plasmodes s’enkystent et se divisent sous le kyste en huit portions qui donneront autant d'amibes. Il y a aussi un enkystement de protection d’où le corps protoplasmique sort sans s'être divisé, mais aussitôt forme un kyste de division.

Enteromyxa (Cienkovsky) (fig. 60) est une amibe qui forme, en se fusionnant avec d’autres individus de son espèce, de grands plasmodes, vermiformes qui ont jusqu’à 1mm de long. Les pseudopodes, digitiformes, courts et disposés assez régulièrement, achèvent la ressemblance avec une petite Annélide. Ils partent d’un ectoplasme hyalin revêtant l’endoplasme granuleux. L’ètre, en cet élat, se nourrit de Bactéries et d'Oscillaires. Mais, au moment de former son kyste, celte association temporaire se désagrège et les amibes s'enkystent séparément. Le contenu de certains de ces kystes se divise en deux ou plusieurs parties (Mer et eau douce) (").

Fig. 60.

Enteromyxa.

(E: paludosa) 3 ORDRE (im. Zopf).

ZOOSPORÉES — ZOOSPORIDA [MoNADIN4Z00$P0REA (Lopf)] TYPE MORPHOLOGIQUE (FIG. 61)

L’amibe (A) ne diffère point de celle du type précédent. Elle est tou-

Zoosporé (Type morphologique) (Sch.).

jours petite, le plus souvent nucléée, rarement pourvue d'une vésicule

() Ce genre est placé par Zopf parmi les Myxomycètes. On pourrait peut-être placer ici le genre Wyxastrum (Häckel) que nous avons mis parmi les Mycétozoaires (p. 85).

PROTÉOMYXES ZOOSPORES 15

pulsatile et presque toujours munie de pseudopodes rayonnants non réticulés que lui donnent une certaine ressemblance avec Actinophrys.

Elle montre une faible différenciation de sa couche superficielle en ec-

toplasme hyalin. Il v à souvent plusieurs vacuoles dont certains observateurs ont vu parfois l’une ou l’autre se contracter, mais il y a loin de là à la vésicule pulsatile permanente si nette chez les Rhizopodes supérieurs. Certaines espèces, même dans les genres où d'ordinaire les pseudopodes existent, en sont dépourvues et n’ont que des lobes amæboïdes.

Cette amibe vit en parasite dans la cavité cellulaire même de certaines Algues inférieures (alg.) (Diatomées, Spirogyres, etc.) dont elle dévore le contenu, chlorophylle et protoplasma. Elle grossit ainsi beaucoupetil n’est pas rare qu'elle se fusionne avec les autres individus de son espèce, si elle en rencontre dans la même cellule, en un plasmodium. Mais ce plasmode ne réunit jamais qu'un petit nombre d'individus. Quand elle à assez grossi, elle s’enkyste (2). Pour cela, elle rentre ses pseudopodes, s’'arrondit et se sécrète une cuticule plus ou moins épaisse. Sous ce kyste, elle se divise en un certain nombre de petits fragments nucléés (C) qui s'arrondissent et, à maturité, sortent du kyste (/)) où reste un reliquat de segmentation. Mais voici où git la caractéristique de l'ordre. Ces jeunes, au lieu de prendre immédiatement la forme d’amibes comme leurs parents,se montrentsous l'aspect de petites monades que l’on décore du nom assez mal approprié de zoospores (£). Ils sont formés d’une petite masse de protoplasma pourvue d'un noyau, souvent d'une vésicule pulsatile, et prolongée en avant en un long flagellum. Ce flagellum, d’ailleurs, n'est pas, comme celui des vraies Monades, nettement distinct à sa base : le corps se prolonge insensiblement en larme batavique, et ce flagellum n'est guère qu'un pseudopode mieux dessiné et plus fixe. Il ne constitue qu'un appareil moteur bien imparfait, car l'animal a beau le manœuvrer, il s’agite sur place plus qu'il ne fait de chemin. Néanmoins, il finit par rencontrer une Algue de l'espèce qui lui convient, perce sa membrane (F), pénètre dans sa cavité, perd son flagellum (G), se transforme en amibe (H) et recommence la même évolution (").

Dans certaines circonstances, l'animal forme un kyste durable. I sécrèle alors une membrane beaucoup plus épaisse, après s’être débarrassé de tous ses résidus alimentaires, et vit là un temps si long que la plupart du temps on n’a pu suivre son évolution ultérieure. Il semble que d'ordinaire il en ressorte sans s’êlre modifié. Mais quelquefois il se divise sous ce kyste qui aboutit en définitive à la mème évolution que ceux précédemment décrits (°).

{!} La transition de la zoospore à l'amibe se fait par gradation. La zoospore, à tout moment, est amæboïde; quand elle a pris place dans la cellule, elle le devient davantage, parfois résorbe son fouet, puis le reforme quelque temps après, jusqu'à ce qu'enfin elle le perde définitivement et devienne tout à fait amæboïde.

() Zopf établit une différence tranchée entre ces kystes qu’il appelle sporocystes et les premiers qu'il désigne sous le nom de zoocystes. Mais ils ne différent en somme

GENRES

Pseudospora (Cienkovsky) représente à peu près notre type morphologique. Il est caractérisé génériquement par l’absence de plasmodium ({Zoospore 8 à 10 &. Eau douce) (°).

Fig. 62. Fig. 63.

: C Colpodella (Cien- Colpodella.

kovskv) (fig:.62 C. pugnax) (im. Zopf). Protomonas HAS pus P :

se distingue ce Colpodella: (noue

© . « D pr., proie (Chlarmidomonas) attaquée par les a, b, €, z00spores ; ar l'absence de Colpodella. Fr e: bee

phase amibe (?).

Protomonas (Cienkovsky) (fig. 63), au contraire, a une phase plasmodium (°).

Diplophysalis (Zopf) {fig. 64) n'est, par la plupart de ses caractères, qu'un Pseudospora, mais il est remarquable par la forme éloilée de la membrane interne dans les kystes durables. Il se reproduit par des kystes dont le contenu se segmente et donne des zoospores.

Toutes les formes précédentes avaient ceci de particulier que, avant de s’enkyster, elles ne rejettent pas leurs résidus alimentaires, que l’on retrouve dans le kyste, 2 au milieu ou à côté de la masse protoplasmique. C'est l'inverse dans les quatre genres suivants qui épurent soigneusement leur substance avant de s’enkyster (*).

que par le nombre et l'épaisseur des membranes protectrices et par la présence d'une membrane autour du produit de la division des seconds {spores). Nous rencontrerons dans les Protozoaires supérieurs de ces enkystements de repos ou de protection aboutissant parfois à une division, sans que les auteurs aient songé à voir là un mode spécial de reproduction.

() La zoospore a un noyau et une vésiceule pulsatile, elle peut avoir un ou deux flagellums. L’amibe est parfois dépourvue de pseudopodes. On a observé des kystes durables, mais sans division subséquente et à évolution inconnue.

F) Les zoospores {fig. 63 « à e) de la seule espèce connue, €. pugnax (Cienkovsky) s'attaquent à leur proie (pr.), un Chlamidomonas, par leur extrémité postérieure qui est effilée comme l'extrémité antérieure flagellifère el aspirent son contenu. Elles perdent alors leur fouet (2) et ressemblent à un Colpode. Bientôt l'animal s'enkyste, sous deux membranes et se divise. A Ja maturité, la membrane interne sort de la coque du kyste comme un sac herniaire et, en se gélifiant, met les zoospores en liberté. On a observé aussi un kyste durable dont l’évolution n’a pu être suivie.

(*) La zoospore a un ou deux cils, soit côte à côte au même pôle, soit aux deux pôles opposés. Les amibes qui naissent d'elle, peuvent s’enkyster et se reproduire isolément, mais le plus souvent elles s'unissent d’abord en un plasmodium.

(1) D'après ce caractère, les premiers sont réunis en une famille des Pszunospo-

RS dd à

Aphelidium (Zopf) se distingue par sa reproduction

Pseudosporidium {Zopf) (fig. 66) est remarquable par

PROTÉOMYXÉS ZOOSPORÉS 79

Gymnococcus (Zopt) est, sauf la différence que nous venons de signaler, tout semblable à Pseudospora. Mais en outre il eur

forme volontiers un plasmodium avec les autres 1 individus de son espèce qui peuvent se rencontrer dans les mêmes cellules hospitalières (*).

qui à lieu exclusivement aux moyens de ses kystes durables, munis d'un orifice operculé (?). Protomyxa (lläckel) (fig. 65) est une énorme amibe à pseudopodes extrèmement ramifiés et réticulés pouvant atteindre jusqu'à 1mm, Mais sous celte forme, elle représente un plasmodium, l'amibe originelle étant de taille ordinaire et se fusionnant si complètement à d'autres individus de sa race, que l'amibe résultante est toute semblable et n’en dif- Sa

fère que par la taille. Ni chez l'amibe, ni chez le : plasmode il n’y aurait de noyau; ce serait donc une Monère (Mer) (°).

Protomyxa (> aurantiaca) (d'ap. Häckel).

psdp., pseudopodes,

le fait qu'il ne forme pas de kyste. Cela tient à ce qu'occupant toute la cavité de la cellule hospitalière, il se contente de la paroi de cette cellule,

Pseudosporidium : ; ses (P. Brassanium) (d'ap.

comme protection pour les produits de sa divi- Zopf).

sion. Ses zoospores sont à nu dans la cavité de la cellule qui l'héberge. (Trouvé par Brass dans des infusions végétales). Ce Pseudosporidium nous conduit naturellement au genre

rINæ [Pseuposroræ (Zopf], et les seconds en une famille des Grwvococcrxz [Gruxococcex (Zopf)]l. Zoer établit encore entre ces familles cette différence que, dans la première, les spores durables sont sous un kyste, tandis que dans la seconde, elles sont nues, ce qui veut dire simplement qu'il y a dans le premier cas sécrétion d'une seconde membrane sous la première, après retrait du corps protoplasmique.

(1) La zoospore a deux fouets. On a observé la division transversale et l’enkystement durable.

(2) La de espèce du genre, À. deformans (Zopf), a une zoospore extrêmement petite (2 à 3 y) munie d’un seul fouet. Elle donne une amibe guère plus grosse, que l’on trouve installée dans la cellule d'une Confervacée, Coleochæte, sans savoir si c’est elle ou la zoospore qui y a fait effraction. Là, elle dévore le contenu de la cellule qui s'hypertrophie à mesure, grossit et se divise sans s'enkyster en un nombre immense de minuscules zoospores.

5) D. auriantaca (Häckel), seule espèce du genre, a élé trouvée en 1867 par HÂoker aux Canaries sur les coquilles de Spirula où il forme des taches orangées visibles à l'œil nu. Il n’a pas été retrouvé depuis. Grâce à sa taille, le plasmode peut capturer de grosses proies, en particulier des Péridiniens. Il forme des kystes de 0,2, d’où sortent des zoospores munies d'un gros fouet, qui se transforment presque aussitôt en amibes.

Nous placerons ici provisoirement deux formes encore insuffisamment connues, Ectobiella et Pseudamphimonas, dont la place réelle ne pourra être exactement

Plasmodiophora (Voronin) (fig. 68), qui ne forme pas non plus de kystes, mais dont les produits de division, au lieu

d'être nus, sont munis d’une membrane Mat

à la manière de spores, ce qui rapproche Û

ce genre des Mycétozoaires que nous al- CAN lons bientôt étudier. Le corps protoplas- CN mique se divise en innombrables petites A | CAVE + La masses enkystées séparément et réunies 5x !

entre elles seulement par une certaine B À sn

quantité de substance interstitielle non utilisée. Ici encore, la chose s'explique par le fait que les tissus de l'hôte fournissent à ces spores une protection suffi-

E , : : E sante, jusqu'au moment où elles donnent Pia RO naissance à une zoospore munie d’un cil (P. Brassicæ) (d’ap. Voronin). antérieur et d'une vésicule pulsatile (°). A. Zoospore sortant de son enveloppe;

6 à x TOC B. Zoospore à un âge plus avancé;

Tetramyxa (Uübel) est un genre VOISIN chez C. la zoospore a pénétré dans une lequel l’amibe, avant de sporuler, se di- cellule épidermique de Brassica et se

: À transforme en amibe; D. l’'amibe pévise, se segmente en fragments dont cha- nôtre dendle Dar nthy me Es on

cun produit quatre spores seulement. Il vit en parasite sur diverses plantes aquatiques sur lesquelles il détermine les productions de galles (*).

déterminée que lorsque l’on connaîtra plus complètement leur mode de reproduction. Ectobiella (de Bruyne) (fig. 67) est représentée par une zoospore à deux cils antérieurs qui se transforme en une petite amibe parasite de certaines Diatomées qu'elle perce et dont elle se nourrit à la manière des Colpodella, pour pénétrer à leur intérieur. Elle insinue un court pseudopode dans la cavité de la Diatomée (alg.) et assimile sa substance sur place par ce pseudopode. Elle n’englobe pas, comme les autres, des parcelles solides, mais dissout le protoplasma de l'hôte et l’absorbe par sa surface, à l'état liquide (b). Parle reste de sa surface elle n'émet point de pseu- Ectobiella. (E. Plateaui) dopodes ou parfois fait saillir un ou deux lobes courts et (d'ap. de Bruyne). obtus. À un moment donné, elle s’enkyste et l’on ne sait pas ce qui se passe ensuile.

Pseudamphimonas (de Bruyne) dont on ne connaît que la zoospore à un ou deux cils et

l’amibe qui vit en parasite sur les racines de Caulerpa et forme un plasmodium.

(1) Cette zoospore (fig. 68, 4, 2) très petite (2 à 3 u) comme celle de Pseudosporidium, se rend vers les jeunes radicelles des Brassica (Choux), et se transforme en une petite amibe {C) qui s'introduit (2) dans une cellule épidermique, en dévore le contenu, passe à une cellule voisine et ainsi de suite, en s’enfonçant dans le parenchyme cortical. C’est dans le tissu même, qu’elle forme, après avoir beaucoup grossi, ses spores en quantité immense (Z}. Celles-ci sont mises en liberté par destruction de la plante avec le concours de Bacillus amylobacter. Le nombre considérable des parasites qui attaquent une même plante détermine par irritation des nodosités hypertrophiques et le Chou finit par périr. En 1869 la moitié des Choux fut détruite en Russie par ce parasite. La maladie se nomme vulgairement la hernie du Chou.

(F) Ce genre forme la famille des Pzasmopropnorrne [PLiswopropuorzx, Lopf)] caractérisée par ses spores et l'absence de kyste.

Fig. 67.

MYCÉTOZOAIRES

2° Sous-CLASSE MYCÉTOZOAIRES — MYCETOZOARIÆ [Myxomveëres (Auct.) + LaBrriNrnuLEA (Häckel)]

Ce sont des amibes qui ont pour caractère de se réunir, à un moment donné de leur cycle évolutif, en colonies temporaires ou permanentes. Nous les divisons, en suivant à peu près les idées de Zopf en trois ordres :

PsEUDOPLASMODIDA qui sont les Acrasiées de Van Tieghem;

FicLopLasmopipA qui sont les Labyrinthulés de Cienkovsky ;

EupLAsmopipA qui sont les Myxomycèles des auteurs.

Ces trois ordres se caractérisent nettement par le fait que, dans le premier, les individus se groupent sans se souder (pseudoplasmodium) ; dans le dernier, ils se soudent et se fusionnent temporairement, mais entièrement (plasmodium vrai) ; dans le second, enfin, la soudure n'a lieu que par les ramifications des pseudopodes (plasmodium filamenteux).

1% ORDRE PSEUDOPLASMODIES. — PSEUDOPLASMODIDA

[Acrasiées (Van Tieghem)]

A l’état adulte, l'être est une petite amibe (A) de forme pas trop irrégulière, qui émet de gros pseudopodes rares, lobés, obtus. Il possède un noyau et une vésicule pulsatile. Il vitsur des matières animales humides, semeut,senourrilt, se multiplie par simple division. Après avoir assez longtemps mené cette vie, et généralement quand la nourriture sefaitrare,lesindividus, lorsqu'ils se rencontrent, au lieu de se séparer sans s'occuper l’un de l’autre, restent unis (2) et ainsi, peu à peu, tous ceux d’une même petite région arrivent à se grouper en une seule masse (C). Ce

sont donc, généralement Pseudoplasmodié (Type morphologique) (Sch.). quoique pas forcément, des individus nés d'un parent commun. Une fois réunies, les petites amibes

s’arrondissent, sécrèlent une substance gélatineuse qui comble leurs intervalles et enveloppe leur ensemble, et chacune en outre s’enkyste sous une (1)), deux, ou mème trois enveloppes concentriques. Les kystes mesurent 10 y environ. En cet élat, la pelile masse peut attendre sans danger le retour des conditions favorables. Alors, les corps protoplasmiques sortent de leurs enveloppes (£) et se retrouvent semblables à l’amibe qui nous a servi de point de départ ; ils se dispersent et recommencent chacun le mème cyele évolutif (").

GENRES Pour faire de notre type morphologique un

Guttulina (Cienkovsky), nous n'aurions qu'à préciser la forme de la colonie de kystes qui est sphérique et sessile, ou en massue fixée par le manche, parfois divisée en quelques tubérosités, et forme des taches d’apparence laiteuse (Sur le crottin de cheval et autres substances analoguës).

Copromyxa (Zopf) (fig. 70) semble n'èlre qu’une espèce du précédent.

Dans les autres genres (c'est le cas le plus fréquent chez ces êtres) certains individus restent stériles et se liquéfient sous la membrane épaisse de leur kyste; ils se soudent en outre fortement entre eux après s'être disposés en pédoncules de formes variées. Par ce processus les colonies de kystes arrivent à prendre des formes diverses qui permettent de distinguer les genres.

Chez

Acrasis (Van Tieghem) le pédoncule est filiforme et porte à son sommet les kystes disposés en chapelet. Chez

Dictyostelium (Brefeld) le pédoncule est épais, formé de plusieurs files cellulaires et les kystes forment un petit renflement sphérique au sommet. :

Polysphondylium (Brefeld) est d'abord un Dictyostelium, mais en grandissant il ramifie son pédoncule. Enfin chez

Cœnonia (Van Tieghem) le pédoncule, ramifié ou non, se termine par une capsule à bord denté qui supporte la masse sphérique des kystes.

Fig. 70.

Copromyxa.

(C. protea) (im. Zopf).

() I est à remarquer que cet enkystement n’est pas un phénomène reproducteur, puisque le nombre des individus n’augmente pas par son fait. C’est un enkystement de protection. On ne doit donc pas donner le nom de spores aux petites amibes enkystées. On le fait cependant en général, et cela est légitime dans une certaine mesure, Car nous verrons, dans des formes assez voisines ayant un cycle parallèle, le contenu se diviser sous le kyste; et, d'autre part, tous ces individus qui se réunissent pour s’enkyster sont en général descendants d’un même parent. C’est done comme si celui-ci s'était divisé sous son kyste pour leur donner naissance et les avait ensuite mis en liberlé pour qu'ils puissent chercher leur nourriture. Il n'y a done qu’une anticipation d'un stade du cycle sur ceux qui auraient dû le précéder.

PSEUDOPLASMODIÉS 79

2e ORDRE FILOPLASMODIÉS. — FILOPLASMODIDA vel PRABYRINTAURES LAB YRINTHULIDA [LagrkINTuuLEA (Häckel)] TYPE MORPHOLOGIQUE (FIG. 71 À 78)

Ce groupe ne contenant que deux ou trois genres dont un seul bien connu et certain, Labyrinthula (Cienkovsky), nous décrirons ce genre comme type du groupe.

Structure.

Chez ce Labyrinthula, Vamibe n'est jamais isolée. Elle vit réunie en colonie avec un grand nombre de ses semblables. Elle a une forme

Filoplasmodié : Type morphologique. (Labyrinthula Cienkovskyi) (Sch.).

alg., algue; a, b, amibes.

régulière, celle d'un fuseau (b) de 8 à 10 ou 15 de long et elle ne se déforme guère que pour s’allonger ou se raccourcir plus ou moins.

Elle est formée d’un endoplasma légèrement granuleux contenant le noyau et quelques vacuoles et d’une mince couche superficielle d’ectoplasma hyalin qui forme aussi les pseudopodes.

Elle émet à chacun de ses pôles un pseudopode long, fin, raide, qui s’unit à ceux des cellules voisines et forme avec eux un réseau délicat et très irrégulier. Assez souvent, on voit en outre un ou deux pseudopodes naissant des parties latérales du corps et se jetant sur le réseau pour en former une nouvelle maille. Par le moyen de ce réseau, tous les individus sont donc réunis en un plasmodium, mais de nature spéciale, constitué seulement par des pseudopodes filiformes, d’où le nom de plasmodium filamenteux (nous dirons filoplasmodium) qui lui a élé donné.

Physiologie.

Locomotion. — Les amibes semblent mobiles sur ce réseau, comme si elles pouvaient glisser sur lui et le parcourir tout entier. C’est mème ainsi que leur mouvement avait élé d'abord interprété par Crenkovsky, qui voyait dans le réseau une sécrétion filamenteuse destinée à leur servir de guide. Mais Zorr [92] a montré que le réseau était formé simplement par l’ensemble des pseudopodes filiformes anastomosés et que

Fig. 72.

# Filoplasmodié. Type morpholog.

Labyrinthula (L. vitellina) (im. Cienkovsky).

Fragment de la colonie rétracté montrant des individus commen-

cant à se mettre en marche.

tachent au réseau extérieur.

les amibes, pour se déplacer, contractent et rentrent le pseudopode situé du côté où elles vont, allongent, au contraire, celui qui est du côté dont elles s’'éloignent, ce qui donne absolument l'illusion du mouvement auquel Cienkovsky avait cru. La vitesse est d'ordinaire 20 } par minute. Elle est donc très faible.

La colonie a donc dans son ensemble une forme incessamment variable et très irrégulière. Elle comprend d'ordinaire (fig. 72) une masse centrale de figure quelconque formée par des individus un peu contractés et arrondis, simplement juxtaposés, sans fusion aucune de leur protoplasma. Dans celte masse, les individus superficiels émettentseuls quelques pseudopodes quiles rat- Ce réseau extérieur est formé comme nous

l'avons décrit et les individus qui sont sur lui se déplacent sans cesse, les uns rentrant dans l'amas central, tandis que d’autres, de l’amas central, se lancent dans le réseau. Dans quelques circonstances, tous les

individus sont groupés en

a ni réseau, ni pseudopodes. Mais, à un moment donné, les individus les plus superficiels émettent leurs pseudopodes, les inclinent de tous côtés jusqu'à ce qu'ils en aient rencontré un autre auquel ils se soudent, commençant ainsi le réseau sur lequel ils commencent à se mouvoir. Arrivés à la périphérie, ils font de mème el augmentent ainsi peu à peu le réseau sur

lancent à leur suite.

une seule masse et il n’y

Fig. 73.

lequel les autres individus se

Division. — Les amibes se reproduisent (fig. 73) par division transversale et les deux moitiés du fuseau divisé restent unies par un filament qui devient un pseu- A B dopode commun s'étendant de l’un à l’autre. La nour- Division des Fi- © k ’ É l Ê loplasmodiés riture est capturée par les pseudopodes. Les amibes (Sch.)

pénètrent dans l'intérieur d'Algues inférieures (Diatomées, Spirogyres) et les vident lentement peu à peu on voit les pelites parcelles

FILOPLASMODIÉS OU LABYRINTHULÉS sl

capturées rouler lentement le long des pseudopodes, entrainées sans doute par quelque courant protoplasmique invisible, et arriver aux amibes qui sans doute les retiennent.

Enkystement. — [ans certaines circonstances, les amibes rentrent peu à peu leurs pseudopodes et se réunissent en une masse dense sans trace de réseau. Elles grossissent et s’enkystent individuellement. Au sortir de l’enkystement, elles reprennent leur forme de fuseau et se mettent tout de suite à former des pseudopodes et à constituer le réseau. Toutes celles de la colonie s’enkystent d’ailleurs à peu près en même temps et sortent aussi ensemble de leurs kystes. Ce n’est évidemment, dans ce cas observé chez L. Cienkovskyi par Zopf, qu’un enkystement de repos, puisque le nombre des individus n’augmente pas par ce processus (").

Mais dans d’autres cas, comme celui de ZL. macrocystis (Cienkovsky), toute la masse s’enferme en outre sous une écorce sécrétée en commun, les individus s'enkystent séparément sous cette enveloppe et, dans leur kyste, subissent une division en quatre petites masses nucléées qui, au sortir de l'enkystement, donnent autant d'amibes complètes. C'est alors une véritable reproduction (?).

GENRES

Labyrinthula (Cienkovsky), que nous venons de décrire comme type mor-

phologique, est le seul représentant bien avéré de l'ordre, les genres Diplophrys et Chlamydomyxa () étant encore, celui-ci trop insuffisam-

(:} Zopf n’est cependant pas sûr qu'il n’y ait pas une division en deux dans le kyste.

(?) L'habitat de ces êtres est variable. ZL. vitellina [Cienkovsky) et Z. macrocytis (Cienkovsky) ont été trouvés par cet auteur sur les pilotis du port d'Odessa, un peu hors de l’eau ou complètement immergés. De Bruyne [sw] a retrouvé la seconde à Naples et l'a vue se nourrir de Diatomées dont les valves vidées étaient remplies par ses amibes. Leurs colonies sont visibles à l’œil nu sous l'aspect de petites taches rouge brique ou jaune pâle.

Zopf a trouvé L. Cienkovskyi (Zopf) ë vivant en parasite sur des Spirogyra d'Allemagne dont il perçait les cellules avec ses pseudopodes et dont il vidait le contenu après avoir pénétré à leur intérieur.

Lorsque l’on croyait que le réseau était une sécrétion, la position systématique des Labyrinthulés était des plus embarrassantes. Mais aujourd’hui leurs relations avec les Myxomycètes, et en particulier avec les Acrasiées, sont devenues fort claires. Zopf les réunit à ces der-

Fig. 74. Fig. T5.

nières sous le nom de Sorophorées. Diplophrys Diplophrys (5) Faut-il placer ici le genre (D. Archeri) (D. stercorea) Diplophrys (Barker) placé ordinairement (im. Hertwig u. Lesser). (d’ap. Cienkovsky).

parmi les Foraminifères ?

Si l’on considère D. Archeri (Barker) (fig. 74) qui vit dans l’eau douce, il semble

Chlamydomyxa (Archer) (fig. 76). Cet être qui a reçu le nom

ment connu, celui-là trop hétérogène pour pouvoir être rattachés avec certitude aux Labyrinthulés (8 à 15 p. Mer et eau douce).

évident que cet être, avec sa membrane formant presque une coquille, sa vie isolée à l’âge adulte, est un Foraminifère monothalame voisin d'Amphitrema. Nous le présenterons de nouveau en étudiant les Gromides (V. p. 116).

Mais si l’on examine 2. stercorea (Cienkovsky) (fig. 75), qui vit sur le crottin de cheval, la ressemblance est frappante avec les Labyrinthulés. L'amibe est semblable avec son corps nu, son noyau, ses deux ou trois vésicules pulsatiles, ses deux minces pinceaux de fins Fig. T6. pseudopodes raides, insérés aux deux pôles (4), et surtoutavec son groupement colonial {B) et ses mouvements presque identiques avec ceux des Labyrinthula.

On est peut-être en droit de se demander si ces deux espèces ne constitueraient pas deux genres très différents appartenant, l’un aux Foraminifères, l’autre aux Labyrinthulés. Il faudrait pour se prononcer, les étudier au nouveau point de vue proposé par Zopf et présenté par Cienkovsky lui-même.

Une question non moins délicate se pose au sujet du genre

significatif de C. labyrinthuloïdes [Archer) a, à l'état d'extension, la forme d'un Foraminifère dont le corps serait contenu dans une sorte de capsule cellulosique ouverte en fente au sommet et laisserait sortir un gros tronc protoplasmique bientôt ramifié en pseudopodes réticulés absolument irréguliers. Le tout, en état d’extension, mesure environ un millimètre. Il n’y a point de noyau, mais des vésicules pulsatiles se rencontrent

éparses çà et là dans la partie inférieure. Il se nour- Chlamydomyra rit de proies solides qu'il absorbe à la manière d’une (C. labyrinthuloides) amibe. Plus souvent on le rencontre complètement (im. Archer). renfermé dans son enveloppe cellulosique, et en cet c., capsule cellulosique.

état il peut aussi se développer.

Jusqu'ici rien de bien étonnant. Mais, si l’on examine le réseau, on voit qu'il est parcouru par de petits corps protoplasmiques, non nucléés, qui semblent glisser sur de fins filaments et ces fins filaments sont protoplasmiques et ressemblent absolument à ceux de Zabyrinthula.

Mais alors que signifiént ces vésicules pulsatiles au sein de la masse protoplasmique? Que signifient ces particules englobées comme par une amibe? Tout cela est extérieur au corps vrai des êtres formant la colonie, et si les particules nutritives peuvent à la rigueur se comprendre, les vésicules ne le peuvent pas. Ray LANKESTER a suggéré l'idée que les petits faseaux mobiles pourraient n'être que des noyaux. I faut de nouvelles études avant de se prononcer (Colonie Anm, Eau douce).

nd il pain déctehs DES

etce., circulant dans les interstices

EUPLASMODIÉS OU MYXOMYCÈTES 893

3e ORDRE EUPLASMODIÉS. — EUPLASMODIDA [Myxourcires (Auct.)]

Ici, comme dans le cas précédent, l'être, à l’état adulte et isolé, est une simple amibe lobée et nucléée, Celteamibe(fig.77, A) vitau mieu des substances végétales altérées, bois pourri, tan, feuilles mortes,

Fis, 77.

avecses pseudopodes el se nourrissant des particules assimilables qu'elle rencontre. Ainsi elle s'accroît, se diviseetse multiplie avec aclivité. Si les conditions deviennent défavorables, s'il survient par exemple de la sécheresse ou du froid, elle s’enkyste sous une membrane de cellulose. Au retour de conditions meilleures, elle sort de son kyste et reprend son mode de vie. Quand elle rencontre une autre amibe de même espèce, elle passe indifférente, tant que la nourriture est abondante. Mais quand cette vie a assez duré, et principalement lorsque la nourriture devient rare, les amibes qui se rencontrent restent ensemble (B) et, au lieu de s’accoler simplement comme celles des Pseudoplasmodiés, se fondent entièrement en une amibe plus grosse à deux noyaux. Cela continuant ainsi, les amibes arrivent à former des masses considérables (C), recouvrant parfois plusieurs centimètres ou même décimètres carrés. Leur vie n’est pas changée pour cela, et cet immense plasmode continue à vivre comme les amibes qui ont servi à le former. Il continue à se mouvoir attiré par la lumière faible et l'humidité modérée. Quand il rencontre un obstacle, 1l s'ouvre devant lui, l'englobe, puis, quand il arrive à le dépasser, s'ouvre en arrière pour se dégager de lui. Cela lui donne une forme réticulée (D) absolument variable et irrégulière. Dans les mèmes conditions que les amibes isolées, les plasmodes s’enkystent, Mais ce n’est pas un enkystement #n toto. La masse s’arrèle, se- condense, s’arrondit, puis se découpe en

Euplasmodié (Type morphologique) (Sch.).

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