‹ Traite de zoologie concrète (volume 3)Chapitre 64 sur 112 · PLAT · texte numérisé non relu

PLAT

res.Cytop-”

Polycyttaire (Type morphologique) (Sch.).

caps. ctrl., capsules centrales; g., gouttes de graisse; gel., gélatine; N., noyaux ; psdp., pseudopodes ; rés. eytop., réseau cytoplasmique.

(1) Genre voisin :

Sorolarcus (Häckel) est semblable mais a, pour coque intracapsulaire, une coquille de Larnacilla (0,17 à 0,25).

Ces deux genres forment la famille des Soxzuwixx | Soreumida (Häckel)]|.

196 LES RIHIZOPODES

individus morphologiques (caps. ctrl.) plus ou moins semblables à celui qui constitue à lui seul les autres types et de taille analogue; il est donc beaucoup plus gros. Il forme une masse sphérique de 10 ou 20m» de diamètre, gélatineuse, demi-transparente. Pour nous faire une idée de sa constitution, représentons-nous de nombreux individus analogues à celui que nous avons décrit comme type morphologique de Radiolaire, groupés de manière à se confondre en une masse commune. Toutes les parties extracapsulaires périphériques, gelée (gel.), pseudopodes (psdp.), réseau cytoplasmique (rés. cytop.) avec ses inclusions y compris les Zooxanthelles, tout cela est confondu en une masse commune à toute la colonie et, dans cette masse, sont logées les capsules centrales (caps. ctrl.) avec leur contenu et même leur couche protoplasmique péricapsulaire, qui ont gardé toute leur individualité (").

Structure.

La gelée commune, le vaste réseau protoplasmique qui la traverse, le réseau protoplasmique superficiel, les pseudopodes, les cellules jaunes, tout cela est identique à ce que nous avons décrit chez le Radiolaire simple. On doit seulement ajouter que la gelée (gel.) est toujours vacuolaire, tandis que dans les types simples, elle ne l'était que fréquemment, et une grosse vacuole centrale (vac.) occupe d'ordinaire le centre de la colonie.

Mais les capsules centrales présentent une particularité remarquable qui est le principal caractère sur lequel on se fonde pour faire des Polycyttaires un groupe à part au lieu de les répartir, comme simples formes coloniales, parmi des formes solitaires avec lesquelles elles présentent le plus d’affinités. Chaque capsule centrale présente à son centre un corps sphérique (g) que l’on serait tenté de prendre pour le noyau et qui est une grosse goutte d'huile colorée; et les noyaux, petits et nombreux (W.), se trouvent logés dans la couche sphérique du protoplasma intracapsulaire ; ils sont formés d'une masse de chromatine homogène (du moins en apparence) et disposés sur une ou deux couches, en cercle régulier.

Les capsules sont donc polynucléaires.

Elles sont d’ailleurs constituées comme celles des Péripylaires, c’est-à-dire percées de très fins pores uniformément répartis sur toute leur surface.

(1) Il faut sans doute considérer les individus comme ayant gardé l’individualité, non seulement de leurs capsules et de leur protoplasma péricapsulaire, mais même de tout ce qui constitue l'individu primaire, avec sa gelée et son réseau protoplasmique jusques et y compris celui qui est couché à plat à la surface de la gelée primaire et qui émetles pseudopodes. Car, dans les formes munies d’une coquille grillagée, nous verrons que ces coquilles restent indépendantes comme les capsules centrales. Tout se passe comme si c'était seulement la gelée secondaire avec les portions correspondantes du réseau protoplasmique qui se fusionnaient.

PÉRIPYLAIRES : POLYCYTTAIRES 197

Physiologie.

L'animal vil absolument comme celui des formes solitaires. Il est comme lui pélagique et marin, comme lui ballotté passivement par les vagues, ne sachant que modifier quelque peu son poids spécifique pour s’enfoncer ou monter à la surface ; il se nourrit comme lui, digère, respire, excrèle comme lui. Il est de mème parfois phosphorescent, et le siège de la lueur est la surface de contact entre la goutte d'huile centrale des capsules et le protoplasma ambiant.

Évolution.

Formation de la colonie. — Dans son évolution, le Polycyttaire présente diverses particularités remarquables, les unes, conséquencenaturelledesaconstitution coloniale, les autres qui sont des caractères spéciaux.

Pas plus ici que chez les formes solitaires, on ne connaît les transformations qui séparent la zoospore de l’ani- Polycyttaire. Développement (Sch.). mal constitué. On sait seule- A, B, C, états successifs des phénomènes qui se passent ment que celui-ci, à son état He A ce capsule entra Je plus jeune, est un individu simple, entièrement formé comme serait un tout petit Radiolaire non colonial. Il à, en effet, dans sa capsule centrale (fig. 302) un unique noyau central (A : N.), et quelques gouttes d'huile éparses (4 : g.) dans le protoplasma N... intracapsulaire. Mais bientôt son noyau se A divise en plusieurs autres qui viennent se ranger contre la paroi interne de la capsule, tandis que les gouttelettes d'huile se fusionnent en une grosse goutte cen- à trale (C':9.)etle caractère essentiel du Polyeyttaire se trouve acquis.

Un deuxième phénomène caractéristique (fig. 303), est la multiplication des cap- € sules (A) par division incomplète, de manière à ce qu'elles restent unies par leur ; TE: substance extracapsulaire et constituent PES pen a peu àpeu la colonie. Cette division alieu 4, » ©, états successifs. caps. etrl., tout simplement par étirement en biscuit capsule centrale ; g., gouttes d'huile ; (B), séparation progressive des deux moi- Mo td liés et partage entre les deux (C') des éléments consécutifs de la capsule,

Fig. 302.

“caps ctrl:

Fig. 303.

Caps .ctrl

protoplasme(ycomprislacoucheextracapsulaire, goutte d’huileetnoyaux). Ainsi la division est ici beaucoup plus fréquente que chez les formes simples, mais elle servirait principalement à l’accroissement des colonies.

Reproduction par division. — Les colonies se reproduisent fréquemment par simple fragmentation en colonies plus petites qui grossissent par multiplication des capsules jusqu'à ce qu'elles soient devenues ellesmêmes en état de se diviser.

Reproduction par isospores (fig. 304). — La formation des spores ne diffère en rien d'essentiel de ce que nous avons décrit à propos du type général. Mais, les noyaux étant déjà multiples, le travail de leur multiplicalion est déjà fait à moitié. La goutte d'huile centrale (A et B: g) se

caps ctrl caps.ckr

Polyeyttaire. Reproduction par isospores (Sch.).

A, capsule centrale contenant la goutte d'huile centrale et les noyaux; B, les novaux se sont divisés ; C, la goutte d’huile centrale s’est dissociée en gouttelettes qui s'associent aux noyaux et aux cristalloïdes; D, la zoospore contenant un noyau, un cristalloïde et des gouttelettes huileuses. eaps. etrl., capsule centrale contenant les noyaux ; erist., cristalloïde ; g., gouttes d'huile; Zsp., Zoospore.

divise en gouttelettes qui viennent prendre place à côté des noyaux (C); il se forme des cristalloïdes (crist.) d’une substance de réserve albumineuse qui prennent place aussi à côté des noyaux. Ceux-ci se montrent nettement biréfringents. Un noyau, un ou quelques cristaux, et un petit lot de gouttelettes d'huile servent à constituer, avec une petite masse du protoplasma ambiant, une zoospore (D: Zsp.) (").

Reproduction par anisospores (fig. 305). — Dans d’autres cas, les spores se forment d'une manière un peu différente et assument un autre caractère. Les noyaux se réunissent par groupes autour d’un petit lot de gouttelettes d'huile issues de la grosse goutte centrale (A), et une petite masse de protoplasma (a) s'individualise autour de l’ensemble. Dans chacun de ces groupes, les noyaux se multiplient activement(C:N.) et l’ensemble prend la forme d’une petite masse en rosette (D) avec les

(1) Ici comme dans le cas général, ces zoospores sont mises en liberté par destruction de la capsule et quand les capsules sont vidées, le reste de la colonie se contracte, tombe au fond et meurt.

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